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25/11/2014

Sous la gouvernance de Boni YAYI depuis son arrivée au pouvoir en avril 2006, du jamais vu au Bénin : « l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment l’enfermer dans une prison sans jugement, le saisir le
rouer de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
u
n mendigot » Aimé CESAIRE.

Par Benoît ILLASSA

Après quelques hésitations, je décidai d’atterrir à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, à Cadjèhoun. Pour éviter tout comité d’accueil impromptu, je ne prends pas de visa au Consulat Général du Bénin à Paris mais j’ai mes deux passeports béninois et français en cours de validité.

Il faut dire que six mois auparavant, sur les conseils de mes amis, j’avais atterri à l’aéroport de Lomé (Togo) pour rejoindre clandestinement le Bénin par voie terrestre. C’est connu de tout le monde, les frontières terrestres du Bénin sont un vrai gruyère, une vraie passoire !!!

Aux contrôles des passeports, le policier met un plomb à mettre son cachet sur les passeports. Et pour cause, la police béninoise ne dispose pas encore d’un fichier central des personnes recherchées et les contrôles se font à l’œil nus. N’importe qui peut débarquer avec un passeport d’autrui pourvu que la ressemblance soit à peu près acceptable. La nonchalance des policiers et des vas et vient de nombreux quidams en tenues locales montrent bien que nous sommes dans un pays vraiment sous-développé !!!

Arrivé dans l’aéroport, soit disant tout neuf, la chaleur est étouffante et les bagages tardent à se faire voir sur le tapis roulant. Un tour dans les chiottes et vous voilà suivi par trois hommes de ménages (deux hommes et une femme) qui vous proposent qui l’eau, qui le savon. Votre intimité est mise à rude épreuve. Pour un aéroport tout neuf, il n’y a qu’un seul sanitaire exigu !!! Une fois sortie de cette « geôle », vous revoyez les trois gugus se ronger les doigts à l’entrée des sanitaires et vous commencez par vous poser mille et une question.

A l’aéroport international Mohammed VI de Casablanca par exemple, plusieurs toilettes à chaque étage. Mieux, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les WC sont nettoyés toutes les heures par une équipe de femmes de ménages facilement reconnaissable par leurs blouses. Et vous vous demandez si les cadres béninois ferment leurs visages et leurs neurones lorsqu’ils voyagent à l’étranger.

Les bagages finissent par arriver après une attente interminable et vous franchissez le poste des douanes comme une lettre à la poste après juste quelques questions de routine. Dehors, sous la chaleur étouffante, une horde de personnes attend dans un brouhaha énervant. Et là, un quidam vous aide à pousser votre chariot vers le véhicule qui est venu vous chercher à l’aéroport. Le seul parking de l’aéroport étant devenu un vrai racket, peu de béninois s’y aventurent. Voilà des années que ce parking existe et rackettent les usagers sans que personne ne songe à son extension. Personne ne sait non plus qui encaisse les produits, ni sa destination finale. Bienvenu au Benin des change-menteurs !!!

Comme d’habitude, le lendemain de mon arrivée, je cours faire le change, m’abonner au téléphone local et à internet. A la banque, une opération qui prendrait à peine une minute partout ailleurs devient ici un calvaire. Il faut remplir des tonnes de documents et attendre que le courant revienne parce qu’il y a coupure d’électricité. La modernité à travers l’informatique a ses limites au pays de l’émergence chantée à tort et à travers par les gouvernants.

Une fois chez l’opérateur de téléphonie, je constate que, malgré la pléthore d’opérateurs (plus d’opérateurs de téléphonie au Bénin avec neuf millions d’habitants qu’en France avec ses 60 millions d’habitants), les tarifs frisent le racket institutionnalisé. Un petit calcul me montre que le coût de la communication au Bénin est neuf fois supérieur à celui de la France. Un comble pour un pays pauvre. Alors qu’en France, ma facture de téléphone s’élève à 65.000 FCFA mensuels (communication 24H/24, internet 24H/24 avec wifi et ordinateur portable, plus de cinq cents chaînes de télévision, etc.), au Bénin, je dois débourser 150.000 FCFA mensuels pour la seule communication téléphonique et 70.000 FCFA mensuels pour l’internet faussement qualifié de 3G alors que la connexion est un vrai parcours de combattant. Mieux, dans une ville comme Savé, impossible de se connecter au réseau mondial !!!

Justement, au cours de l’un de l’un de mes week-ends à Savé, je tombe nez à nez sur Marcellin ILOUGBADE, Président du machin au nom barbare A.T.R.P.T. (Autorité Transitoire de Régulation des Postes et Télécommunication). Le transfuge du MADEP qui a rejoint Boni YAYI comme beaucoup d’autres ne semble rien maîtriser de sa fonction de régulateur des communications au Bénin. Il marmonne que le coût de la communication au Bénin est le moins cher de la sous-région. Quand je lui demande des éléments objectifs de comparaison, il botte en touche. Quand je lui apprends que je suis surpris que la communication soit dix fois plus chère au Bénin qu’en France, il me susurre qu’avec le jeu de la concurrence, les prix finiront par baisser et le nombre des opérateurs réduit. A l’une de mes doléances pour savoir pourquoi depuis 06H00 du matin je n’arrivais pas à me connecter à internet à Savé, il confirme qu’il n’y a pas de connexion à Savé et qu’il appartient au propriétaire de mon hôtel de s’équiper en wifi avant de s’enfuir, mes questions devenant de plus en plus gênant pour lui. Voilà ce à quoi ressemblent les cadres béninois qui n’ont aucun sens de l’intérêt général. Tous les weekends, ils sautent dans leurs voitures pour aller narguer les populations de nos villes et campagnes. Ils n’ont de compte à rendre à personne. Mieux, ils transforment leurs escapades en mission d’état pour empocher de judicieux frais de mission. Un weekend à Savé coûte au bas mot la rondelette somme de 400.000 FCFA. Rien que pour l’essence, il faut dépenser 100.000 FCFA aller/retour de Cotonou. L’absence des associations de consommateurs livre les béninois à la complaisance et aux abus des opérateurs de téléphonie qui font tout pour prendre dans les poches des consommateurs les 30 milliards du montant des licences payés à l’Etat.

Dans les tomes à venir, vous saurez tout sur le reste de mon périple et mes analyses politiques sur la situation de notre pays telle qu’elle se présente aujourd’hui. Mais pour l’instant, il convient de démonter la grosse arnaque politique de Pascal Irénée KOUPAKI qui circule actuellement sous les manteaux à Cotonou, Paris et ailleurs.

PASCAL IRENEE KOUPAKI OU LA GROSSE ARNAQUE !!!

De retour à Paris, mes amis me demandent mes sentiments sur la situation politique nationale de notre pays. Ils me présentent un sondage commandité par Pascal Irénée KOUPAKI et qui le place en tête des présidentiables dans le Département de l’Atlantique de notre pays. Pourquoi ce seul département me diriez-vous alors que, nominalement, le pays en compte douze ??? Certainement pour quémander des sous et arnaquer ses soutiens extérieurs qui ne connaissent certainement pas la géopolitique du Bénin, à commencer par son soutien le plus en vue, le président ivoirien Alassane OUATTARA.

Voici, en exclusivité, ce que dit le sondage commandité par PIK concernant les présidentielles de 2016 au Bénin – DEPARTEMENT DE L’ATLANTIQUE :

CANDIDATS

POURCENTAGE EN VOTE

Pascal Irénée KOUPAKI

42 %

Léhady Vinagnon SOGLO

10 %

Mathurin Coffi NAGO

8 %

Abdoulaye Bio TCHANE

7 %

Marie Elise GBEDO

6 %

Éric HOUNDETE

6 %

Natondé AKE

3 %

Célestine ZANOU

2 %

Sévérin ADJOVI

2 %

François ABIOLA

1 %

Issa BADAROU

1 %

Roger DOVONOU

1 %

Bulletins Nuls

2 %

TOTAL

91 %

AUTRES : PRD, FRAP, GGR, UN, AND de Valentin Aditi HOUDE

9 %

TOTAL GENERAL

100 %

Sauf à être naïf, mafieux, voir malhonnête, qui peut croire à un tel sondage ???

Durant tout mon séjour au Bénin en général et dans le Département de l’Atlantique en particulier, je n’ai jamais entendu parler de PIK qu’en mal. Le mal qu’il a fait à tout le peuple béninois en cautionnant les errements de son ami Boni YAYI. Tous les béninois disent qu’il est comptable de tous les coups fourrés des change-menteurs et trois affaires lui restent particulièrement collées à la peau : disparition de DANGNIVO, PVI qu’il a torpillé et ICC services dont il serait le premier coupable.

Que ça soit chez les vendeuses de Topa, St. Michel, Gangnito ou dans les gargotes de l’esplanade du Stade de l’amitié à Kouhounou, c’est la même rengaine. Idem chez les étudiants et chez les « intellectuels » rencontrés sur le terrain.

Sociologiquement, KOUPAKI se trompe de population et de pays. En une génération (soit 25 ans), la ville d’Abomey-Calavi est aujourd’hui peuplée majoritairement des populations originaires du Département des Collines et des Départements du Nord. Les autochtones y sont aujourd’hui minoritaires. Par conséquent, cette ville est aujourd’hui majoritairement FCBE et Renaissance du Bénin (RB). Idem pour Godomey sauf qu’ici la RB reste majoritaire devant les FCBE. Dans la Région de Ouidah, Kpomassè, Tori et Allada, FCBE et FRAP se disputent la paternité alors qu’à Zè et environs, c’est Valentin Aditi HOUDE qui dicte sa loi. Cotonou-ville, une partie de Godomey et une partie de Calavi restent un bastion imprenable de la RB.

Dans ces conditions, la RB reste le premier parti politique majoritaire dans l’atlantique. Dans le sondage, il faudrait en conséquence attribuer la première place à la RB contrairement à l’arnaque de PIK.

Mieux, dans la partie méridionale du Bénin, au vue de nos enquêtes et analyses sur place, il est évident que le Premier parti politique reste et demeure la Renaissance du Bénin. Cela s’explique par la faiblesse de ce qui reste de l’Union fait la Nation (UN) et surtout du nouveau positionnement du PRD de Maître Adrien HOUNGBEDJI sur l’échiquier politique national. La division attendue au sein des FCBE après les élections législatives de 2015 confortera ce rôle de leader incontesté des renaissants.

Très déçu par les échecs successifs de Me Adrien HOUNGBEDJI aux scrutins présidentiels, le PRD est aujourd’hui à la croisée des chemins. En clair, il est dans une position de vengeance contre ses amis et alliés d’hier. C’est ainsi que, pour la première fois de son histoire, le PRD risque de ne pas présenter un candidat aux élections présidentielles de 2016 au Bénin. Ce qui se trame dans les coulisses est peut-être contre-nature, mais en politique, tout le monde sait qu’il faut être un tueur !!! Dès le premier tour des élections présidentielles de 2016, le PRD pourrait s’allier à un candidat du nord. Les discussions sont déjà à un stade très avancé, selon nos sources. Mais alors, le PRD risque de se voir tacler de vouloir maintenir le pouvoir au Nord. Mais cela serait sans conséquence, à court terme, pour le parti de Me Adrien HOUNGBEDJI. En effet, les élections intermédiaires n’interviendront pas avant 2019, le temps pour le PRD de consolider ses acquis. Un risque bien calculé en somme !!!

A très bientôt pour le Tome II.

IB

BENIN : LES CAHIERS DU RETOUR DE BENOÎT ILLASSA AU PAYS NATAL – 15 OCTOBRE – 16 NOVEMBRE 2014 – TOME I
Tag(s) : #Politique Béninoise

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