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4 décembre 2014

Forclos dans sa course débile pour un troisième mandat, Boni YAYI veut vider les caisses de l’Etat béninois pour sauvegarder ses arrières. Ne le laissons pas faire !!!

La société française Bureau véritas (maison mère de Segub) et la société suisse Sgs, toutes deux nouveaux bénéficiaires du Pvi, sont en passe d’organiser, avec les plus hautes autorités béninoises, une surfacturation criminelle des prestations de scanning et de vérification des importations.


Sur décision du Conseil des ministres réuni en séance extraordinaire le 27 novembre 2014 sous la présidence du Président Yayi Boni, les sociétés Bureau véritas et Sgs, seules soumissionnaires de deux appels d’offres restreints organisés pour la circonstance, se sont vues partager les prestations du Pvi : le programme de certification des valeurs (Pcv) pour Sgs et le scanning pour Bureau veritas.


Les montants indiqués, subrepticement comme redevances à payer à l’une et à l’autre, au terme de ce partage, et paraissent anodins pour le commun des Béninois, relèvent, en réalité, d’un nouveau crime économique sans pareil du yayisme finissant.


En effet, le montant convenu avec la société suisse Sgs pour le Pcv qui est de 9,7 milliards de FCfa sur 3 années renouvelables, soit en moyenne 3,2 milliards de FCfa par année, correspond au double du montant généralement accordé à ce genre de prestation. Il faut signaler que le Pcv constitue, ni plus ni moins, l’examen des factures d’importation de marchandises au Bénin ; examen que des agents de Sgs effectueront, sur place à Cotonou, par comparaison avec les éléments d’une base de données de prix de référence. Ceci, en vue de certifier si les prix indiqués sur les factures d’importation paraissent sincères ou non. Pour qui connait l’Inspection avant embarquement du Pvi Nouvelle génération, le Pcv ne correspond qu’à une partie marginale du contrôle des importations. Dans ces conditions et selon la pratique dans le secteur, le coût du Pcv ne devrait guère dépasser 3 millions de dollars par an, soit environ 1,5 milliard de FCfa, ce qui correspond à 4,5 milliards de FCfa pour les 3 premières années du contrat au lieu de 9,2 milliards de FCfa accordés par le Conseil des ministres. Il se dégage une surfacturation d’environ 4,7 milliards de FCfa.

Le plus flagrant concerne le scanning attribué à la société française Bureau véritas, société mère de Segub, l’enfant chéri de Yayi Boni

Pour l’installation et l’exploitation d’un seul scanner à conteneur au Port de Cotonou et d’un mini scanner à bagages à l’Aéroport de Cotonou, la société Bureau véritas s’est vue accorder la bagatelle somme de 7,5 milliards de FCfa sur 5 années, soit environ 1,5 milliard de FCfa par année pour l’exploitation d’un seul scanner à conteneur.


Comparé aux 7 scanners installés par Bénin Control dont 4 scanners à conteneurs au Port de Cotonou et aux frontières, 2 scanners à bagages et 1 scanner à fret à l’Aéroport de Cotonou, le tout pour une rémunération annuelle de 3,8 milliards de FCfa, soit environ 900 millions de FCfa de revenu par scanner à conteneur, il est flagrant de constater que la rémunération accordée à Bureau Véritas est surévaluée. Ainsi, la surfacturation observée, par rapport aux prix de Bénin Control, s’élève à 600 millions de FCfa par an, soit 3 milliards de FCfa sur les 5 années du contrat. Si le contrat se renouvelle 2 fois, la surfacturation s’élèverait à 9 milliards de FCfa.


Ainsi, sur les deux contrats à signer avec les prestataires « copains et coquins », on relève sur la première période avant renouvellement une surfacturation globale de 7,7 milliards de FCfa. Il n’est point un secret que cette surfacturation se transformera, naturellement, en rétro commissions au profit des personnes ayant manœuvré et instruit l’attribution desdits contrats. On comprend dès lors pourquoi on s’acharne, avec rage et précipitation, pour réattribuer le Pvi sous le prétexte fallacieux de l’urgence des réformes. Ceci, en dépit du risque de condamnation encouru par le Bénin tout entier dans le cadre du litige pendant devant la Ccja.
Plus grave : selon le contrat en cours de signature entre l’Etat de Yayi Boni et Bureau véritas, il est envisagé que le Trésor public du Bénin préfinance, dès le démarrage du contrat, les investissements du prestataire à hauteur de 65% du montant prévu pour les cinq années de prestation. Autrement dit, sur les 7,5 milliards de FCfa fixés pour cinq années de prestation dont 3 milliards de surfacturation, le Bénin accordera à Bureau véritas une avance de près de 5 milliards de FCfa avant même le démarrage du scanning. Au-delà du crime que constitue cette affaire, il s’agit d’un acte de haute trahison contre le peuple béninois. Trop c’est trop !!!
Pour la gouverne de nos lecteurs, nous signalons que l’un des ministres en charge de ce dossier a été vu en compagnie des plus hauts dirigeants de la société Bureau véritas dans un grand restaurant parisien au lendemain de la dernière Assemblée générale de la Banque mondiale. Une telle proximité est interdite pendant le déroulement du processus de sélection des prestataires. Nous attendons le démenti du mis en cause pour produire nos preuves.

Qu’est-ce que le Programme de Certification des Valeurs en réalité ?

Le Programme de certification des valeurs (Pcv) est un contrôle documentaire fait par anticipation ou lors de la déclaration en douane de marchandises. Cette activité n’appelle pas une expertise exceptionnelle en termes d’évaluation, de classification et de vérification des marchandises. Le choix de ce type de contrôle constitue une compromission avec l’administration douanière que l’on ne souhaite pas contrarier dans le but de se garantir un soutien basé sur la corruption. L’objectif n’est réellement pas la lutte contre la fraude douanière et l’amélioration effective des recettes de l’Etat, mais de donner l’apparence d’une réforme douanière. Il s’agit d’un marché de dupe pour l’Etat béninois.

Abdourhamane Touré

Source : Le Matinal

 BENIN - Nouveaux contrats de Pvi : Boni YAYI va-t-il entraîner les sociétés  Bureau Véritas et SGS dans une corruption internationale au sommet de l’Etat béninois ???
Tag(s) : #Politique Béninoise

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