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09/12/2014

« Il m’arrivait très souvent de ne pas avoir de l’argent pendant six mois », se souvient-il encore avant d’ajouter : « des fois, je mangeais une fois tous les trois jours. » Tout cela s’est passé au Togo, pendant qu’il était encore élève puis étudiant. Car l’homme avoue qu’il a connu une histoire mouvementée. Jugé antirévolutionnaire par le régime militaire de Mathieu Kérékou, son père avait en effet fui le Bénin pour le Cameroun.

86ème Invité sous votre rubrique légendaire Sous l’arbre à palabre du quotidien l’Evénement Précis, l’ancien ministre de la justice, garde des sceaux, et ancien secrétaire général du gouvernement, Victor Topanou nous a fait part de sa manière de concevoir la gouvernance au sommet de l’Eta. De son divorce avec le président Boni Yayi à ses ambitions politiques, en passant par la proposition de loi sur la sorcellerie dont il est l’auteur et sa lecture de l’actualité nationale, Victor Topanou est resté égal à lui-même. Intellectuel bon teint, il pense que le Bénin est le seul pays au monde où on élit comme président de la République un homme qui n’a jamais milité ou dirigé un parti politique.

Et si on en parlait

Quel bilan faites-vous des huit ans de Yayi au pouvoir ?

Il y a eu un premier mandat dont on peut valablement faire le bilan parce qu’il est prévu par la Constitution que l’on puisse faire un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Et l’on peut considérer que le bilan du premier mandat a été validé par l’élection de 2011, même contestée. Donc, trois ans d’un deuxième mandat ne font pas huit ans. Ça fait un mandat de cinq ans et trois ans d’un un second mandat. Si vous voulez mon avis par rapport au premier mandat, je dirai que le Président de la République a fait, durant les deux premières années, des choses extraordinairement positives aussi bien sur le plan macro économique que sur le plan des infrastructures.
Sur le plan macro économique, je pense que le président ne le vend pas assez. Mais quand il est arrivé au pouvoir en 2006, il avait en charge l’exécution d’un budget qui, lui-même, a été voté en décembre 2005 conformément à la Constitution sous le président Kérékou. Et ce dernier budget était évalué à 650 milliards. Avec un budget de 650 milliards de Fcfa, le Bénin occupait l’avant dernière place de l’Uémoa juste devant le Niger. Mais à partir de 2007, le président Yayi a porté le budget général de l’Etat à 1000 milliards. Et il passera à 1200milliards à partir de 2008, faisant ainsi passer le Bénin de l’avant dernière place de l’Uémoa à la 3ème derrière le Sénégal et la Côte d’Ivoire. On pourra toujours dire que dans l’exercice de ces budgets, il est arrivé qu’on n’ait pas recouvré l’ensemble des recettes prévues et qu’au lieu de 1000 milliards, on a eu 900 milliards, et qu’au lieu de 1200 milliards, on a eu 950milliards, etc. Ce qui me semble important à retenir, c’est que le Président Yayi a fait la démonstration que jusqu’à la fin de 2007, il s’évaporait dans la nature près de la moitié de notre budget. Passer de 650 à 1200 milliards sans qu’on ait découvert du pétrole, ni autres ressources du sous-sol, signifiait simplement qu’il était plus efficace de combattre la corruption en amont qu’en aval. En amont, vous fermez les vannes de la corruption et en aval vous allez en procès contre ceux qui ont volé. Moi je pense que dans la lutte contre la corruption, de ce point de vue-là, le président Boni Yayi a fait de gros efforts, même si sur d’autres aspects, il a failli. Je ne suis pas son porte-parole, je tente juste d’être objectif et je pense que de ce point de vue, on ne peut que lui reconnaître.
Sur le plan des infrastructures, c’est pareil. C’est avec le président Boni Yayi en deux ans (2006-2008) qu’on a construit les axes aéroport-Air Afrique, en passant par la Marina et aéroport-Air Afrique, en passant par la Place des martyrs. J’ai souvent l’habitude de dire que depuis que je suis né en 1963, et jusqu’au bitumage de cette voie par la place des martyrs, tous les ans, la rue qui sépare le CNHU-HKM et la présidence était toujours inondée à chaque saison de pluie. Et depuis qu’on a fait cette voie en 2008, il n’y a plus d’inondation. Parce que cela laissait, quoi qu’on dise, une très mauvaise image de notre pays que la voie principale qui passe devant notre présidence et devant le CNHU qui était censé être le centre de santé de référence, est en permanence dans cet état. Ensuite, on pourrait toujours avancer un certain nombre de voies qui ont été bitumées à l’intérieur du pays etc. Donc, il y a eu de bonnes choses.
Mais, malheureusement, il y en a eu aussi de mauvais.

A partir de 2008 ?


Oui. Pour moi, ce fut le virage en ayant été, moi-même, acteur de l’intérieur et ensuite observateur. L’affaire Cen-Sad a constitué incontestablement un virage important auquel la presse a donné beaucoup d’écho. Dans la foulée, s’est développée l’affaire ICC, même si elle n’a pas explosé en 2008. L’affaire a démarré en 2006, selon certaines enquêtes. Et donc, elle a trouvé un terreau favorable et plus d’écho. C’est aussi que sur le plan politique, on met beaucoup plus l’accent sur ce qui ne va pas que ce qui va ; c’est de bonne guerre. C’est d’ailleurs pourquoi un Gouvernement a nécessairement besoin d’un porte-parole. Parce que c’est à lui qu’il revient de rappeler ce qu’il fait de bien sinon personne d’autre ne le fera à sa place. En Europe, on dit qu’on ne parle pas des trains qui sont à l’heure. C’est des trains qui sont en retard qu’on parle. C’est-à-dire qu’on part de l’idée que ce qui va bien est normal. Donc, c’est normal que les journalistes ne mettent en exergue que ce qui ne va pas bien.

Pour vous qui avez travaillé un peu avec le président Yayi, que retenez-vous de lui ?


Moi, j’ai eu des relations très particulières avec le chef de l’Etat. Je pense que le président de la République m’a pris en affection très tôt. Et qu’au delà des relations professionnelles, il s’est créé une relation humaine entre nous. Il a trouvé en moi, quelqu’un de très loyal, de compétent, dévoué à son service et au service de l’Etat, qui n’en faisait pas trop non plus mais juste ce qu’il fallait. Cela a fait que nous avons eu une relation particulière que je pense, vu de l’extérieur, beaucoup d’autres collaborateurs n’ont pas eue. La plupart de ceux qui ont travaillé avec le Président ont eu avec lui, une relation de réseau. Et comme je le dis, autour du président de la république, il y avait quatre réseaux : le réseau des Tchabè, le réseau des Bariba, le réseau des religieux et le réseau de la belle famille. Donc, quand vous êtes dans des relations de réseau, vous êtes nécessairement dans des relations d’intérêts et les relations diffèrent. Et je pense que chacun parlera de ses relations avec le chef de l’Etat en fonction du réseau par lequel il a travaillé avec lui. Moi je fais partie de ceux qu’on appellerait en analyse politique « les hommes du président », c’est-à-dire, des hommes à qui il est lié par la seule confiance qu’il a en eux. Dans ce cas, lorsque la confiance qu’il a pour eux cesse, la relation aussi cesse. Mais si vous êtes un homme de réseau, il peut ne plus avoir confiance en vous, mais le réseau obtient de lui qu’il vous maintienne malgré tout. Donc, ce sont des relations totalement différentes.

Où se situe le point de rupture entre vous et lui ?


J’aime bien cette question qui me revient depuis quatre ans. Mais j’ai une réponse, je dirai diplomatique. Je n’ai pas démissionné du Gouvernement. Le président s’est séparé de moi. A partir du moment où il l’a fait, il mettait en exécution les dispositions de l’article 54, alinéa 3 de notre Constitution qui lui donne toute prérogative de nommer qui il veut, de déléguer la parcelle de pouvoir à qui il veut et de lui retirer la délégation quand il veut. Dans ce cas de figure, il ne revient pas à celui de qui on s’est séparé de dire pourquoi on s’est séparé de lui. C’est à celui qui détient la source de la nomination et qui dénomme qu’on demande pourquoi il s’est séparé de telle ou telle personne et pourquoi il le fait aujourd’hui et non pas hier, ni demain. Cela me semble alors plus rationnel. Parce que sinon, tous ceux dont le président s’est séparé peuvent venir dire tout et n’importe quoi sur les raisons de leurs séparations. Quand il plaira un jour au Président de la République d’écrire un mémoire, il le racontera.

Quels sont vos rapports actuels avec lui ?


Aucun.

Vous vous êtes déclaré candidat


Le seul pour le moment.

Dites-nous ce que vous comptez apporter aux Béninois lorsque vous serez élu ?


Dans mon esprit, quand je serai élu en 2016, j’aurai trois priorités et deux préalables, mais le tout en vue de la réalisation d’une vision certes modeste mais noble. Ma vision est simple : c’est travailler à réunir dans les 5 à 10 ans à venir les conditions préalables à l’émergence de notre pays. C’est une vision relativement modeste par rapport à ceux qui pensent qu’on peut faire émerger un pays sans remplir des conditions préalables. Et ce sont ces conditions préalables qui relèvent des mes trois priorités dont je parle. La 1ère : c’est l’éducation, la 2ème : c’est la santé et la 3ème : c’est la création des richesses. C’est la partie économique, entre création d’emplois, en particulier l’emploi des jeunes et création de la richesse. Ma conviction, c’est aussi qu’on peut avoir les meilleurs plans sur le plan éducatif, sur le plan de la santé, avoir les meilleurs plans pour la création de la richesse mais si nous ne levons pas les deux préalables, il n’y aura point de résultat. Le premier préalable est politique et a trait à la mauvaise conception que les Béninois se font de l’Etat et du politique. En effet, dans l’esprit des Béninois, l’Etat n’est rien d’autre qu’un « gâteau immense à parts infinies » auquel tout le monde se bat pour accéder afin de « prendre sa part », pour reprendre l’expression d’un tristement célèbre ministre de l’économie et des finances. Si on n’inverse pas cette conception, on peut engloutir tous les milliards du monde au Bénin, tant que tous les cadres, toutes les élites quel que soit leur niveau de positionnement dans l’Etat, se comportent comme des entonnoirs juste pour récupérer leurs parts, on n’aura aucun résultat durable. C’est d’autant plus important que dans l’esprit de nos compatriotes, non plus seulement les élites et les cadres, mais aussi dans l’immense majorité de nos populations, les acteurs politiques sont devenus des parts de l’État et c’est à eux qu’on demande ce qu’on devrait exiger de l’État : c’est à eux qu’on demande de construire les écoles. Ce qui est une compétence régalienne de l’Etat. Vous voyez, dans le Zou, je terrai son nom, il y en a un qui a construit des écoles partout. C’est encore à eux qu’on demande de construire les routes qui mènent chez eux. Cela relève aussi d’une compétence régalienne de l’Etat. Et c’est aussi à eux qu’on demande de construire les ponceaux etc. Tant qu’on sera dans cette conception dans laquelle l’ultime fait consiste à dire que si un jour on a la preuve qu’un ancien cadre ayant été à un poste de responsabilité dans le pays n’a pas volé, n’a pas pris sa part, on le considère à partir de ce moment comme un con, un idiot, un bête, le pays ne pourra pas avancer. Et nous ne pourrons rien faire de beau ni de grand ensemble. C’est une conception profondément ancrée dans l’esprit de nos compatriotes. Et qui conditionne le comportement même de tous les cadres une fois qu’ils accèdent aux fonctions étatiques. Si on ne sort pas de là, tous les efforts sont compromis par avance. C’est ma certitude. Parce que vous débloquez un milliard sur un projet, il s’en trouve 800 millions pour être détournés. Avec 200 millions, vous ne pourrez jamais réaliser un projet de 1 milliard. C’est impossible. C’est impossible. Donc, c’est pour cela que je propose dans mon programme qui est déjà rendu public sur mon site, les états généraux de l’Etat. On a fait les états généraux de tout dans notre pays. Mais jamais, on a fait les états généraux de l’Etat qui est, pour moi, le fond du problème que nous vivons. Qu’attendons-nous de l’Etat et à partir de quand on peut considérer que quelqu’un a détourné ou que quelqu’un est corrompu ? Aujourd’hui, c’est la corruption qui est la règle et le comportement vertueux l’exception. Et cette exception et très mal vécue d’ailleurs par les gens. Puisque, de toute façon, on a le sentiment que la corruption est le « mode de redistribution équitable » de la richesse nationale que nous avons retenu. Ce qui confère à la corruption, une base de légitimité dans notre société. On en est arrivé à une situation où les élites, donc, des gens bien formés à l’université en sont réduits à se faire nommer non pas sur la base de leur compétence, mais sur la base de leur lieu de naissance. Si vous êtes nés ici ou là, vous avez la chance d’être…Et ça, c’est proprement inacceptable. Le deuxième préalable est plutôt culturel et consiste à en finir avec la méfiance constitutionnalisée. En effet, nous sommes dans un pays où, par l’utilisation négative que nous faisons de nos savoirs endogènes, on se méfie trop l’un de l’autre. Vous savez, la Banque mondiale a fait une étude pour montrer combien de relations directes il y a, d’une part, entre le développement des pays et d’autre part, le capital confiance. C’est-à-dire, plus la confiance existe entre les populations d’un même pays, plus le niveau de développement est élevé. J’ai l’habitude de dire que pour l’instant, sur une échelle de valeurs qui va de moins l’infini à plus l’infini, en passant par zéro, le Bénin n’a même pas encore atteint le chiffre zéro de la confiance. Nous sommes encore dans la méfiance, donc dans la négation de la confiance. Il faut qu’on travaille à ce que les Béninois se fassent de plus en plus confiance. Qu’on puisse s’ouvrir les uns aux autres sans avoir peur. Car, on a peur de l’homme. On a peur des conséquences de son acte, des propos, des tares. Ce n’est pas normal. On vit dans le calcul perpétuel. Et c’est ce qui explique à mon avis qu’un Béninois à l’extérieur réussit toujours mieux. Il a des compétences enfouies que seul le système étranger qui le débarrasse de la méfiance permanente vis-à-vis de ses prochains, lui permet d’exprimer. Et c’est aussi ça qui fait le développement. On peut vous donner tous les beaux programmes économiques, tant que ces deux préalables politique et culturel ne seront pas levés, nous tournerons en rond pendant encore 150 ans, voire plus.

La loi sur la sorcellerie se fondera sur quoi ?

C’est vrai que j’ai évoqué le sujet. Mais ce n’est pas dans les mêmes termes que vous. C’est une préoccupation pour moi. Je pars de l’idée que lorsqu’on est acteur politique, ou lorsqu’on choisit de s’engager en politique, c’est pour régler les problèmes de société. Si vous n’êtes pas capables d’aborder les problèmes de société, de les penser et de leur proposer des solutions, vous n’avez rien à faire dans le milieu politique.
Or, qu’on le veuille ou non, à tort ou à raison, plus de 90% de Béninois croient en l’utilisation de ces savoirs. Je ne dirai pas le mot sorcellerie puisque pour moi, il est péjoratif. J’utilise le mot que j’emprunte au professeur Paulin Hountondji, qui parle de savoirs endogènes. Ça permet de débarrasser les concepts de préjugés favorables ou défavorables et d’avoir un débat saint. Et, dès l’instant où plus de 90% de votre population croient en quelque chose, ça devient un fait social. Vous ne pouvez plus cesser de le penser. Ce n’est pas lorsque ça intéresse 2% que vous allez le penser. Non. Un vrai homme politique pense aux faits sociaux et lorsque ça devient un problème, il l’évoque. Tous les Béninois savent se protéger dans le traditionnel. On appelle ça le ‘’Glo’’ en fon pour ceux qui sont fon, c’est-à-dire qu’on empêche les « missiles traditionnels » de nous atteindre. Mais, ceux qui ne font pas confiance en ces systèmes traditionnels ou endogènes qui ne sont pas fiables à 100% se réfugient derrière ce que j’appelle l’adhésion instrumentale aux religions importées. C’est pourquoi, quand vous allez dans les bureaux de l’administration publique, vous voyez derrière ses occupants passagers, qui oublient bien sûr qu’ils sont passagers, des extraits de versets de Bible, soit de psaumes, soit d’autres livres ou encore des sourates du Coran. Et si vous en trouvez, amusez-vous à demander au fonctionnaire « ce que peut bien faire dans un espace laïc, ces extraits religieux » ils vous répondront invariablement : « Mon Dieu est plus fort que tous vos savoirs endogènes ». En fait, on est à la recherche de la sécurité individuelle et collective. En fait, au-delà de cette question, ce qui est en jeu, c’est la responsabilité exclusive de l’Etat au regard de la sécurité individuelle et collective des citoyens. Lorsque les présidentiables seront connus, faites un effort : demandez leur à tous ce que c’est que l’Etat. Vous aurez des réponses à mourir de rire. L’Etat, dans sa conception originelle, a été conçu comme l’outil devant garantir la sécurité collective et individuelle des citoyens et l’intérêt général. Un Etat qui n’est pas capable d’assurer la sécurité individuelle et collective de ses citoyens n’est pas un Etat. Il n’y a pas une autre approche à lui donner. Et, quand on parle de sécurité, c’est dans tous les domaines. La sécurité alimentaire, sanitaire, dans les transports etc… et, c’est parce qu’on ne l’a pas compris, c’est parce qu’on ne l’a pas intégré que notre Etat ne s’occupe pas du tout de notre sécurité. Au Bénin, la sécurité en question a deux dimensions. La dimension moderne que nous essayons tant bien que mal de satisfaire à travers la police, la gendarmerie, l’armée et les dispositifs juridiques, c’est-à-dire, la loi, puis la dimension traditionnelle qui prend en compte l’utilisation à des fins négatives de nos savoirs endogènes. La question de société cruciale qui se pose à tous les politiques est de savoir si nous continuons d’accepter que dans notre société on puisse tuer avec la modique somme de quinze mille francs CFA ? La vie d’un Béninois ne vaut-elle que quinze mille francs cfa ? Il y a donc là un vrai problème. Et pour beaucoup, cela explique le comportement que nous avons vis-à-vis de l’Etat puisque l’Etat n’arrive pas à assurer notre sécurité. Ce qui fait qu’on va chercher cette sécurité ailleurs. Et c’est celui qui assure cette sécurité en ce moment qui est votre Etat. Donc, on est prêt à détourner l’argent de l’Etat puisqu’il ne garantit pas notre sécurité pour aller payer celui qui est supposé le garantir. C’est ça la réalité.

Comment comptez-vous rendre opérationnelle la législation que vous envisagez pour traiter de la problématique des savoirs endogènes ?


Il y a plusieurs étapes. Pour moi, il faut, dans un premier temps, au-delà des textes, aller à la création d’un « Centre béninois des recherches des religions endogènes ». Ce que j’ai en tête, c’est de trouver les voies et moyens pour rationnaliser ce savoir. C’est d’abord ça le but. Je vais vous donner quelques exemples. Ça peut vous faire rire mais j’y crois et c’est un fait social comme je vous l’ai dit tout à l’heure. Moi, mon aïeul avait la réputation d’avoir ce qu’on appelle le pouvoir de raccourcir les distances. C’est ça ce qu’on appelle «fifobo» en fon. Quand il doit aller dans son champ à Kansounkpa qui est situé à 13 kilomètres de chez lui, il avait la capacité de réduire les distances. Il disparait ici et il réapparaissait là-bas. Dans les recherches scientifiques modernes, comme, cela s’appelle la désintégration/réintégration. Pour avoir la désintégration en laboratoire, il suffit de prendre un objet et vous y projetez une matière à la vitesse du son : l’objet se désintègre totalement. Aujourd’hui, la science moderne sait faire ça. Mais, ce que la science moderne ne sait pas encore faire, c’est comment réintégrer en aval ce qu’on a désintégré en amont. C’est pourtant ce qui se produit à longueur de journée à travers le « Fifobo ». Imaginez un peu les conséquences d’une telle découverte par la science moderne sur la vie quotidienne des citoyens ! C’est à côté de tout cela que nous passons sans le savoir. Mais, si on ne s’y intéresse pas comme le font 80% de nos compatriotes qui y croient et qui sont en même temps dans une logique de rejet juste parce qu’ils sont catholiques ou je ne sais quoi, nous perdrons à longueur de journée des savoirs indéterminés aux conséquences parfois exponentielles. C’est ce que voulait dire Amadou Hampâté Bah lorsqu’il dit « En Afrique, lorsqu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Et la bibliothèque, c’est l’incarnation du savoir, ce n’est pas autre chose. Donc, je pensais qu’en allant dans ce sens-là, nous allons vers le seul domaine où on a des avantages comparatifs. Aujourd’hui, il n’y a qu’une circulation unique des avoirs et des idées, c’est du nord vers le sud. Pour qu’un jour, il puisse y avoir une inversion de cet ordre-là, il faut que nous-mêmes, nous ayons des choses à proposer. Ce n’est pas le Guèlèdè, ce n’est pas le Kluito, ce n’est pas le Zangbéto qui vont nous faire développer. Nous avons des savoirs extraordinaires. Mais en même temps, pour y arriver, il faut commencer par s’indigner. Moi, je ne supporte pas de voir des Béninois mourir à douze ans. Cela m’insupporte.

Dites-nous alors quelle religion vous pratiquez ?


Si ça vous préoccupe, je n’en pratique aucune. Mais j’ai une religion d’origine et c’est la religion catholique. Je suis baptisé et marié mais je n’ai pas une vie de grand pratiquant.

Patrice Talon était votre ami. Parvenez-vous à lui rendre visite ne serait-ce que de courtoisie ?


Patrice Talon était mon ami ? Ce n’est pas si sûr. Ceci dit, je le connais bien et j’aimerais tant faire partie de ses amis aujourd’hui. Non, je ne pense pas que Talon puisse vous dire que je fais partie de ses amis. On ne s’appelle pas toutes les semaines ni tous les mois et on ne se voit pas non plus toutes les semaines ni tous les six mois. Nous avons eu des relations très courtoises, je dirai des relations très professionnelles. C’est tout. J’ai été mis en contact avec lui pour la première fois en 2007. À l’époque, j’étais conseiller technique juridique du Président de la République et le Gouvernement venait de procéder à la première privatisation ratée de la Sodéco. Depuis, en effet, nous avons gardé des relations cordiales. Je ne suis pas son ami mais j’aurais bien voulu être son ami.

N’avez-vous pas été aussi à Paris comme les autres pour le voir ?


Vous m’auriez vu dans les photos. Tous ceux qui sont « allés à Paris pour le voir » ont été vus sur les réseaux sociaux et dans Jeune Afrique.


Ou bien vous voulez dire que j’ai pris des dispositions pour ne pas être vu ? Vous pensez que ceux qui sont apparus dans les photos n’auraient pas aimé prendre des dispositions pour ne pas être vus ? Non, je pense qu’ils sont allés pour cela et ne trouvaient aucune objection à être vus car, il y a un vrai problème éthique à voir toute une classe politique se déporter à Paris voir un homme pour solliciter son appui financier pour faire de la politique. J’ai même vu un député à la télé qui disait lors d’un meeting : « Montrez-moi le chemin qui mène à Talon parce qu’hier il a aidé Yayi donc, aujourd’hui, il faut qu’il m’aide aussi ». Je ne fais pas la politique pour être riche, mais je la fais parce que je pense que je peux être utile à mon pays en proposant des réponses aux vrais problèmes de notre société. Je trouve qu’il est important, dans notre pays, d’apprendre à rehausser le niveau du débat public et pour y arriver, il faut que les acteurs, eux-mêmes, y contribuent.

Quels sont vos rapports avec les autres partis politiques, surtout qu’en 2011 après les élections présidentielles, vous avez été porte-parole de candidats malheureux ?


J’ai été porte-parole des candidats avant les élections et non après et je n’ai pas été porte-parole de l’opposition mais des candidats. Ce n’est pas pareil. Je tenais à faire la nuance entre le porte-parole de l’opposition et le porte-parole des candidats parce qu’à l’époque, en 2011, ça a été l’argument des amis de Yayi pour lui dire, « voilà celui dont vous avez fait la promotion qui se retrouve aujourd’hui porte-parole de l’opposition ». Et j’ai demandé qui était de l’opposition puisque dans le collectif des candidats, il y avait tout le monde sauf Yayi. L’opposition, c’était Bio Tchané ou Houngbédji ? L’opposition, c’était Issa Salifou ou Jean-Yves Sinzogan, Joseph Biokou ou Christian Lagnidé ? L’opposition, c’était Victor Topanou ou KéssiléTchala ? Ce n’était pas le collectif de l’opposition mais plutôt le collectif des candidats. Et lorsque l’appel avait été lancé, c’était à l’endroit de tous les candidats et c’était simplement pour discuter de la Lépi. On se rend bien compte aujourd’hui, quatre ans après les élections que nous avions raison. Ce n’est que ça qu’on avait revendiqué. Mais les petits esprits s’étaient empressés de dire que c’est le collectif de l’opposition. A l’époque, j’étais un peu gêné par ces propos, mais c’est du passé.

Quels sont vos rapports avec l’opposition ?


J’étais dans la plateforme qui a demandé à marcher le 29 octobre dernier. Mais, si vous voulez que je vous réponde en toute sincérité, j’ai avec l’opposition une relation minimale. Oui, une relation minimale parce que j’assume mes différences. Je ne suis pas du genre à me fondre pour le plaisir de me fondre. Je vais dans une plateforme parce que j’y suis invité. Si la réflexion qui s’y mène ne me convient pas, je me désolidarise. Si celle qui est menée me convient, je pense qu’à ce moment-là, on a une proximité d’idées. L’opposition aujourd’hui est hétéroclite. Vous avez une opposition parlementaire qui est plus ou moins identifiée ou identifiable. C’est le groupe de l’UN plus le groupe PRD. Mais en dehors de ce groupe, vous avez une kyrielle d’individus qu’on appelle des « personnalités », d’autres qu’on appelle des « leaders d’opinions », d’autres encore qui sont présidents d’Ong quasiment inconnus et qui vous disent tous qu’ils sont dans l’opposition. Quel point commun moi je peux avoir avec eux ? Aucun et ça, j’assume ma différence en ce moment-là.

Avez-vous alors des rapports maximums avec la mouvance?


Avec la mouvance, je n’ai aucune relation.

Pourquoi avez-vous viré dans l’opposition ? Est-ce à cause de votre départ du Gouvernement ?


Est-ce que c’est à cause de mon départ du Gouvernement ou bien de la vision que je me suis donnée en allant en politique ? Vous savez, il y a beaucoup de choses que je dénonce dans notre système politique actuel, lequel système n’a pas été forcément mis en place par le Président Yayi. Il l’a hérité. Mon opposition est donc une opposition à un système et non à un homme, d’où le concept de « rupture » dans mon discours politique. Cette nuance est pour moi, capitale et elle fonde mon action politique. J’ai commencé ma collaboration avec le président de la République en tant que Conseiller technique juridique parce que lorsque le président Boni Yayi a été élu il a demandé à tous les candidats malheureux de lui proposer une liste de noms de trois personnes dont il ferait la promotion. Je trouve que ce n’est pas normal dans un pays qui se respecte que ce soit seulement une fois le président élu qu’il cherche les gens avec qui il va gérer : ça m’a certes profité, mais je me dois à l’honnêteté intellectuelle, de reconnaitre que c’est une faiblesse de notre système. Et c’est aussi ce qui explique que, depuis 1990 que nous avons commencé avec la démocratie, nous n’ayons réussi à porter à la tête de l’Etat aucun responsable de parti politique. Dans un parti, il se fait un travail idéologique, il se fait un travail programmatique, il se fait un travail collectif et quand le parti gagne, tous ceux qui travaillent avec lui partagent le même programme, partagent la même vision. Mais, nous sommes le seul pays qui se veut démocratique au monde à faire ça. Au Nigéria, vous ne pouvez pas être président de la République si vous n’êtes pas président d’un parti ou désigné par celui-ci. Au Togo, vous ne pouvez pas non plus. Au Ghana, c’est impossible. En Côte d’Ivoire, vous ne pouvez pas, ni Sénégal, encore moins en Europe, en Amérique du Nord ou ailleurs. C’est tout simplement inconcevable et c’est ce que j’appelle une spécificité négative de notre pays. Depuis 25ans, nous courons derrière des gens qui n’ont aucun sens du travail collectif puisqu’ils n’ont jamais eu à animer un parti pas plus qu’il ne vous aura pas échappé que depuis que nous avons commencé notre démocratisation, c’est quand les présidents sont élus qu’ils vont en séminaire gouvernemental pour faire le programme d’action du Gouvernement : ça ne fait pas sérieux et il n’y a que chez nous que ça se passe comme ça.

Pensez-vous qu’il faut rompre avec cette pratique ?


Oui, c’est pourquoi, je parle moi-même de « rupture » car pour moi, si on élit encore en 2016 un président sans parti, c’est qu’on perpétue la médiocrité et nous n’avons pas le droit de continuer dans cette voie. Je le dénoncerai jusqu’à mon dernier souffle ; c’est pour cela aussi que je me suis engagé en politique.

C’est pour cela que vous avez créé votre parti politique ?


Non, c’est pour cela que nous avons mis en place notre parti politique. C’est une nuance de langage, le parti ne m’appartient pas mais appartient à ceux qui ont décidé de le mettre en place.

Vous avez dit récemment aux maires de démissionner mais personne ne l’a fait. Est-ce à dire que vous n’êtes pas écouté ?


Non, ce n’est pas ça. En le disant, je savais que je ne risquais pas d’être suivi et pourtant j’étais convaincu que la démission collective était le seul moyen de pression efficace qui pouvait être exercé sur le régime afin d’obtenir l’organisation au plus tôt des élections communales, municipales et locales. J’avais espéré que les partis de l’opposition qui sont été créés avant le nôtre et qui ont des élus locaux et communaux auraient pu utiliser ce moyen, mais même eux, ne l’ont pas fait. Sans doute pour des avantages bassement matériels. Et quand après, ils se font prendre à leur propre jeu, ils demandent, plus d’un an après le vote de la loi de report sine die des mobilisations populaires pour exiger l’organisation des élections. C’est là tout l’enjeu des débats actuels. Personne ne sait dire exactement à quoi servent réellement les législatives au Bénin ; pour beaucoup, elles sont faites pour permettre à quelques individus indélicats de se payer une immunité contre leurs indélicatesses.

Vous faites partie de ceux qui ont proposé un amendement du code électoral. Comment voyez-vous la situation parlant de la Lépi ?


J’avais deux propositions. La proposition politique et la proposition juridique. Celle politique, c’était la démission collective des élus. A défaut de leur démission puisque j’étais presque sûr qu’ils ne le feraient pas, il faut qu’on aille à l’amendement du code électoral. Mais, l’amendement du code électoral, était perçu sous deux angles. Le premier que je défendais était relatif aux dispositions liées à la Lépi. Là où on dit qu’on ne peut aller à l’élection qu’avec la Lépi. Moi, depuis 2006 que j’ai commencé la politique auprès du président Boni Yayi, j’avoue que toutes les lois électorales prévoyaient déjà la Lépi et en même temps les dispositions transitoires de ces lois prévoyaient un article qui disait « en attendant la conception de la Lépi, les élections s’organiseront avec une liste manuelle». Un seul article ou un seul alinéa. Donc, dans mon esprit, lorsque je parlais de l’amendement du code électoral, c’était justement pour dire : « puisque nous avons du mal à corriger la Lépi, puisque la correction de la Lépi nous a amené à poser un acte politique particulièrement violent, car pour moi, le report d’une élection est un acte violent surtout quand on dit sine die, allons aux élections sur la base d’une liste électorale fiable ad’hoc en attendant sa correction ». J’ai toujours dit que je ne comprends pas cette loi que même la Cour constitutionnelle a validé et il me semblait que la seule façon de se rattraper était de dire qu’on allait faire une liste électorale ad’hoc car en définitive, ce dont on a besoin pour aller à une élection c’est une liste électorale fiable et une liste électorale fiable suppose deux conditions. La première, c’est que toutes les personnes en âge de voter retrouvent leurs noms sur la liste et la deuxième c’est que leur bureau de vote soit situé dans leur environnement immédiat. Et pour être sûr d’avoir une liste électorale fiable, il suffit juste de l’afficher afin que les personnes concernées puissent voir et apporter les corrections. C’est ça une liste électorale fiable ; après, vous pouvez l’appeler liste alternative, vous pouvez l’appeler Léi, Léa, vous pouvez l’appeler Lépi ou tout ce que vous voulez. Le seul instrument dont on a besoin pour aller à une élection est une liste électorale fiable.

Victor Topanou a-t-il retrouvé son nom sur la liste affichée par le Cos-Lépi ?


C’est le prochain scandale en vue. J’ai vu le ministre Kassa crier depuis le nord, mais moi aussi je n’ai pas encore vu mon nom. Je suis allé vers les agents qui m’ont dit qu’il y a une liste additive qui doit arriver dans deux jours. Après, si je n’ai pas mon nom, je ferai un scandale.

Votre parti, le FUR sera-t-il présent aux prochaines élections ?


Forcément. Sinon, ce n’est pas un parti politique. Et c’est d’ailleurs ce que beaucoup ne savent pas et disent qu’on a une pléthore de partis politiques. Certains avancent le chiffre de 250 partis, d’autres de 148 au regard des dernières statistiques du Ministère de l’Intérieur en 2012. Mais ce qu’on ne dit pas c’est que la charte sur les partis prévoit qu’un parti qui ne va pas successivement à deux élections de suite est dissout sans qu’il ne soit besoin d’aller devant les tribunaux. C’est que le Ministère de l’Intérieur qui ne fait pas son travail depuis 2002.

Voulez-vous aller en alliance ?


On ne va en alliance que quand on a des intérêts avec d’autres partis politiques. Mais nous autres, nous travaillons à installer, dans la durée, ce parti. Depuis deux ans, on est invité dans les grands débats; l’opposition nous fait appel. Ce qui veut dire que nous avons une place.

Quels sont les prochaines attentes de votre congrès de 2015 ?


Moi, je pense laisser le poste de président à un autre quand bien même c’est un mandat renouvelable. Je finis le premier mandat de trois ans et je passe la main. Je pense bien devenir président d’honneur.

Est-ce-que les événements de Burkina Faso ont impacté les luttes politiques au Bénin ?


Je ne le pense pas. Le Burkina n’est pas le Bénin. Et la Côte d’ivoire n’est pas le Bénin non plus. Ceux qui le croient se trompent. Tout comme quand on a parlé du printemps arabe, on s’est rendu compte que la Tunisie n’est pas le Maroc, tout comme le Maroc n’est pas l’Egypte. Voyons même au-delà pour comprendre que la Syrie n’était pas le Yémen. Donc, il n’y a pas de relations de cause à effet. Moi, je développe une théorie, celle d « seuil de tolérance » que chaque peuple développe. Et ce seuil est flexible en fonction de chaque peuple. N’oubliez pas que le Burkina Faso, il y a de cela dix ans, avait déjà modifié sa Constitution et cela avait été fait comme une lettre à la poste. En ce moment, le seuil de tolérance n’était pas encore atteint et il n’y avait eu aucune marche. Je pense que si Blaise Compaoré n’avait pas commis le péché d’envoyer ce projet de loi au parlement, il serait resté encore Président du Faso pendant un an puisque son mandat prenait fin en novembre 2015. Ce qui veut dire, pour moi, que les incidents du Burkina ne pourront avoir aucun effet sur le Bénin. Vous avez vu au Togo ? Le peuple voulait prendre l’Assemblée nationale, mais mal lui en a pris. Là aussi, le seuil de tolérance n’est pas atteint ; donc, ça ne prendra pas. Il en est de même au Bénin, le seuil de tolérance n’est pas encore atteint et le défi du politique c’est de lire et se sentir le seuil de tolérance de son peuple. Chez nous, il suffit juste que le Président Yayi déclare publiquement demain qu’il veut rester au pouvoir au-delà du 6 avril 2016 pour que le seuil de tolérance soit rapidement atteint. C’est pourquoi, Yayi qui connait très bien les Béninois, contrairement à ce que les gens pensent, ne peut le dire et ainsi, il tue dans l’esprit du Béninois, toutes velléités de revendications. C’est aussi pourquoi, il chante toutes les fois que de besoin qu’il ne fera pas un jour de plus sur son mandat.

Quelle est votre lecture de la dernière décision de la Cour stipulant que la Constitution sera respectée ?


Je vais vous dire clairement. Il y a déjà de nombreux mois, pour ne pas dire de nombreuses années, que je n’ai plus confiance en notre Cour constitutionnelle. C’est une cour qui s’érige en constituant et qui réécrit notre Constitution à sa guise. Parlons de la décision de ce 24 novembre. Même si ça renforçait le camp de ceux qui souhaiteraient que Yayi ne revienne pas, pour moi, c’est un scandale juridique. Simplement parce que c’est porter atteinte à nos libertés fondamentales, résumées dans la liberté d’expression. Il faut comprendre que c’est l’opinion d’un citoyen lambda qui a choisi d’écrire une lettre ouverte même si c’est pour exprimer son désir de voir son leader modifier la Constitution pour rester au pouvoir. Pourquoi la Cour se mêle-t-elle de cela quand on sait que cette lettre ouverte n’enclenche aucun processus institutionnel de révision de la constitution ? A cette allure, la Cour peut demain se lever et dire qu’un journaliste a fait un commentaire dans un article dont une partie porte atteinte à la Constitution et le condamner.. Idem pour les acteurs politiques à la veille d’une élection. En effet, elle pourra se prévaloir de sa jurisprudence pour dire qu’un article de journal viole la constitution en oubliant même que la Haac existe. La Cour n’a pas le droit de réécrire notre Constitution : c’est ma conviction.

Quelle lecture faites-vous aujourd’hui de la justice béninoise, une fois en dehors du système ?


Ma réponse vous surprendra. Il y a beaucoup d’analystes et d’observateurs béninois qui ne savent pas que si vous êtes ministre de la Justice, en réalité, il ne vous reste que la partie administrative à gérer. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Il y a eu les états généraux de la justice en 1996 qui ont pris de grandes décisions. Et l’ensemble de ces décisions ont été mises dans une loi et cette loi n’a été adoptée qu’en 2002. Et c’est cette loi qui décline la carte judiciaire du Bénin. Et c’est l’une des rares lois au Bénin qui a eu une portée pluriannuelle ; ainsi tous les ministres de la justice dans la période de 2002 à 2012 avaient une feuille de route bien tracée. A l’époque, pour faire la loi, on avait mis à contribution l’ensemble des partenaires au développement qui interviennent dans le domaine de la justice. Et donc, pour que la loi soit réalisable, on a échelonné la construction des tribunaux avec la formation de nouveaux magistrats et de nouveaux personnels. Donc, quand moi j’ai été au Ministère de la Justice, je me suis demandé pourquoi on ne pouvait pas généraliser cette manière avec laquelle la loi sur l’organisation de la justice a été conçue. Ici, un président prend une décision et celui qui lui succède vient tout remettre en cause parce que c’est le président précédent qui l’a fait. Si c’est bon pour le développement du secteur, pourquoi ne pas le maintenir ? Et donc pendant les dix ans, on a fait que ce qui nous a été confié. Et celle qui est venue boucler la boucle des dix ans, était la ministre Reckya Madougou. Depuis 2012, la Justice attend sa prochaine loi de programmation, en vain.

N’avez-vous pas aussi fait la chasse aux magistrats ?


Non, je n’en ai jamais fait. Au contraire, j’ai soutenu les magistrats non seulement dans la lutte contre cette loi scélérate, mais aussi et surtout dans leurs revendications légitimes. Nous avons une loi qui prévoit les critères d’affectation des magistrats. Ce que vous ne savez pas souvent est que lorsque vous enlevez un seul magistrat de son poste, ça crée un effet d’échelle, c’est-à-dire que lorsque vous le prenez, lui seul, vous avez le sentiment que c’est lui seul que vous voulez enlever, nommer ou promouvoir. Quand vous le faites, il faut vous assurer qu’il peut occuper le poste que vous lui confiez. Ce corps a des critères d’ancienneté. S’il ne peut pas occuper le poste, c’est que vous avez mal réfléchi en amont. Et ensuite lorsque vous l’enlevez, ça crée un autre effet d’échelle dans le tribunal où vous l’avez nommé simplement parce que n’importe qui ne peut lui succéder. Par exemple, lorsque vous avez un tribunal qui a cinq cabinets de juges, vous ne pouvez pas mettre au 1er cabinet quelqu’un qui est moins avancé que le 2ème, le 3ème et 4ème. Donc, c’est établi comme ça. Dès que vous n’en tenez pas compte, vous créez des réactions en cascade. Si vous mettez les dossiers sensibles au 6ème cabinet lorsque le 1er est là, ce n’est pas une bonne chose. Ensuite lorsque vous faites venir quelqu’un qui a dix ans d’ancienneté que vous mettez au 1er cabinet alors qu’au 2ème cabinet, il y a quelqu’un qui a 12 ans de carrière, ce n’est pas normal. Ce sont les choses du genre qui se sont passées lors des dernières nominations des magistrats. Moi, j’ai souvent tenu compte des critères dans mes nominations. Ce que beaucoup de gens ne savent pas, je peux vous le dire aujourd’hui c’est que pour les nominations que j’ai faites, je me suis repris trois fois. Malgré les conseils des magistrats les plus avérés dont je me suis entouré, le Conseil supérieur de la magistrature m’a demandé de m’y reprendre par deux fois. Je l’ai pris sportivement. Là-bas, il y a aussi des magistrats qui sont les gardiens du temple.

A-t-on le droit d’emprisonner des citoyens à sa guise quand on est ministre de la justice?


Quand j’ai été ministre, j’ai donné des instructions claires à mes procureurs généraux, l’un à Cotonou et l’autre à Parakou. On s’est entendu pour qu’une arrestation ne soit motivée que, soit par une crainte de subornation de témoin, soit par une crainte de subornation de preuves. C’est dire que si vous ne l’enfermez pas, il risque d’aller voir les témoins pour leur donner de l’argent, les corrompre pour demander de ne pas témoigner dans un sens qui lui est défavorable ou encore organiser l’incendie de son bureau pour faire disparaitre des documents de preuve : dans ces cas là, on fait de la détention préventive. Mais ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que dans le système judiciaire de notre pays, il n’y pas que les juges qui enferment. Un commissaire peut aussi enfermer. Mais à l’arrivée, on met tout sur le dos de la justice. Moi, je fais partie de ceux qui pensent que nous avons l’une des meilleures justices de la sous-région.

Mais beaucoup pensent que la justice béninoise est corrompue

Non c’est une affirmation excessive, même si je ne nie pas qu’il puisse s’y trouver quelques juges corrompus, il ne tient pour cela qu’à voir le procès retentissant dit des « frais de justice criminelle ». Le système lui-même n’est pas corrompu. Et l’on devrait voir dans ce procès un modèle d’auto-régulation mais au lieu de cela l’opinion n’a préféré retenir que la présence de juges corrompus. C’est dommage. Et c’est pour ne l’avoir pas compris qu’une ministre qui l’a affirmé urbi et orbi a perdu son poste. Ceux qui le disent ne sont jamais sortis ; qu’ils aillent voir ce qui se passe ailleurs, les instructions viennent de la présidence de la République.

Le procureur de la république est-il au service du peuple où d’un gouvernant ?

C’est le système judiciaire que nous avons adopté qui est ainsi fait que le Procureur reçoit des instructions de la Chancellerie. Mais rassurez-vous, le Garde des sceaux n’intervient pas dans toutes les affaires ; au plus ses interventions représentent à peine 0,0001pour mille. C’est le système judiciaire français. La seule différence est que la France est allée au bout de sa logique en ne parlant pas de « pouvoir judiciaire » mais « d’autorité judiciaire ».

Que vous inspirent les résultats catastrophiques au baccalauréat ?

On est encore entrain de payer le prix du « nouveau système » que nous avons mis en place. Je pense que système a été instauré de façon trop précoce dans un milieu qui lui est totalement étranger. J’espère simplement que c’est la dernière année catastrophique puisque plusieurs établissements ont introduit et réintroduisent une dose de l’ancien système ; ce qui permet de corriger le nouveau système.

Que retenez-vous du bilan de la gestion de l’équipe de Sinsin à deux mois des élections rectorales ?

Je pense qu’on a eu une équipe qui a mélangé toutes les logiques. Pour la première fois depuis que j’ai connu l’université, elle est médiatisée à outrance ; à chaque pose de première pierre ou à chaque inauguration ou encore à chaque prix obtenu, même les plus farfelus, il y a la presse : on se croirait à la présidence de la république. Cette hypermédiatisation cache mal l’incapacité de l’État à créer une université, une seule. Par ailleurs, le Recteur, des fois, se substitue au ministre de l’Enseignement supérieur. Et ça, je peux vous le démontrer à travers deux décisions qu’il avait prises. Il y a un premier arrêté rectoral qui voulait que désormais les enseignements soient bilingues. Ce qui est une très bonne chose. Ça rend nos étudiants compétitifs, sauf que, là où il n’a pas été fichu de comprendre que cette décision dépassait sa compétence. En effet, pour que les étudiants à l’université soient en capacité de recevoir et d’assimiler un cours en français ou en anglais, il eut fallu qu’on leur donne des bases en amont. Donc, il faut introduire une forte dose d’enseignement en anglais, au secondaire afin que les élèves soient immédiatement opérationnels en entrant à l’Université. Il ne s’est pas assuré de ça, il prend son arrêté et il décide de la généralisation du bilinguisme à l’université. C’est un scandale mais personne n’a réagi, c’est passé comme une lettre à la poste. De même, c’est avec ce Recteur qu’on a vu des accords signés avec des établissements privés et qui mettent à la disposition des établissements privés, les enseignants du public. Et il est allé même loin, en disant que si les enseignants du public vont aller enseigner dans les privés dans le cadre de cet accord, il faut qu’ils reversent 30% de ce qu’ils y gagnent à l’université. Il est allé jusqu’à écrire que « ceux qui ne le feraient pas, feraient du travail au noir » alors qu’il n’est pas l’employeur de l’enseignant. C’est l’Etat qui est son employeur et non le rectorat. Moi, je suis un pur produit de l’école publique. Je ne suis pas contre l’école privée, mais je suis pour que le moyen du contribuable soit consacré prioritairement à l’école publique. Je pars de l’idée que ceux qui envoient leurs enfants dans les écoles privées, c’est parce qu’ils en ont les moyens et que ceux qui ne le peuvent pas ne le font pas.

Est-ce que vos propres enfants vont dans les écoles publiques ?

Je ne peux pas envoyer mon enfant dans une école privée parce que c’est ma conviction. C’est idéologique dans ma tête. C’est pour ça que vous ne me verrez jamais enseigner dans une école privée. Tous mes collègues interviennent dans les établissements privés. Il y en a même qui y prennent des postes de responsabilité.

Ça veut dire que l’équipe de Brice Sinsin a été défaillante ?

Défaillante, mais non. Pour moi, elle n’a pas été défaillante mais elle a pris un virage dangereux.

Dans l’opinion, Sinsin et son équipe ont mieux fait ?

Vous avez parlé de l’opinion ?

Ce n’est pas seulement l’opinion. C’est même visible et on voit sur le campus ?

Si c’est dans l’opinion, c’est dû à sa communication agressive. Ce que les autres avant lui n’ont pas fait, à juste titre. Aucun recteur depuis 1970 n’a fait autant de communication dans la presse.

Est-ce qu’ils avaient eu la possibilité de le faire ?

Pourquoi pas ? C’est l’argent public non ? C’est avec l’argent public qu’on fait ça. Pour moi encore une fois, Sinsin a obtenu plus de constructions mais, c’est tout. Et c’est pour ça que je dis que c’est une défaillance de l’Etat. C’est d’abord un établissement public. C’est-à-dire que dans l’esprit du recteur actuel, il est beaucoup plus anglo-saxon. Vous comprenez ? Moi, je suis choqué, je le dis comme je le pense, de voir un amphi qui porte le nom de Houdégbé au sein d’un campus public. Amphi Houdégbé dans un espace public, ce n’est pas l’idée que je me fais de l’Etat.

N’est-ce pas un exemple-type de partenariat public-privé ?

Le partenariat public-privé, c’est un ensemble juridique beaucoup plus complexe.

Etes-vous candidat à la prochaine mandature du rectorat ?

Non. Mais j’ai appris vendredi que le Ministère se préparerait à sortir un arrêté qui autoriserait l’équipe actuelle à se représenter. Alors que tout le monde sait qu’il ne pouvait plus se représenter. Le débat a été mené en début d’année lorsque lui-même a présenté ses vœux. Si tel est le cas, alors vous me retrouverez dans vos locaux, parce que là, je ne vais pas les rater. C’est un piège du politique qui tente de démontrer à l’opinion que « même les universitaires, c’est-à-dire, les plus éclairés de notre pays, tripatouillent les textes pour rester en place au-delà de leurs mandats réglementaires ». C’est très dangereux.

Mais les textes actuels des universités l’autorisent à briguer un autre mandat

Non, il y a des dispositions transitoires qu’il faut relire. Dans les dispositions transitoires, il avait été dit que le premier recteur ne pourra faire qu’un mandat unique de cinq ans. C’est ce qu’a fait Norbert Awanou. Et il est écrit qu’après ce mandat unique de cinq ans, on reviendra à un régime de trois ans renouvelable une seule fois sauf si le recteur élu à la fin du mandat unique faisait déjà partie de l’équipe du mandat unique ; dans ce cas, il ne peut se représenter après son mandat de trois ans. Ce qui est le cas de Brice Sinsin. C’est ce qui fonde d’ailleurs ses propos lorsqu’il présentait ses vœux à la communauté universitaire en janvier dernier.

Donc ça veut dire que, normalement, vous n’êtes pas candidat ?

Non, je ne serai pas candidat ; je veux être Président de la République. Par contre, je souhaiterais que l’on associe les femmes professeures à la gouvernance de l’Université. Une ou deux femmes dans l’équipe rectorale donnerait une belle allure. Et il y en a de braves et de compétentes. C’est important !

Mais si éventuellement le Ministère modifiait le texte…

Ce serait inélégant, voire indigne et je vais les dénoncer. S’ils le faisaient, ce serait désastreux pour l’image des universitaires Béninois et je les combattrai.

Carte d’identité


Il suffit d’entendre Prudent Victor Topanou évoquer son passé : c’est un homme qui ne peut qu’être proche des souffrances des autres. « Il m’arrivait très souvent de ne pas avoir de l’argent pendant six mois », se souvient-il encore avant d’ajouter : « des fois, je mangeais une fois tous les trois jours. » Tout cela s’est passé au Togo, pendant qu’il était encore élève puis étudiant. Car l’homme avoue qu’il a connu une histoire mouvementée. Jugé antirévolutionnaire par le régime militaire de Mathieu Kérékou, son père avait en effet fui le Bénin pour le Cameroun. Lorsque le petit Victor et ses autres frères et sœurs l’y rejoignent quelque temps plus tard, ils doivent affronter une autre réalité. Tombé amoureux d’une autre femme ayant probablement exigé de l’avoir à elle seule, le père se résigne à envoyer sa progéniture à Lomé, dans le pays de sa mère. Celle-ci envoie les enfants à Kpalimè, toujours au Togo, convaincue que Lomé n’était pas faite pour éduquer des enfants. Mais la vie à Kpalimè n’était pas une sinécure. Sans soutien familial réel, tous ses autres frères ne peuvent supporter la misère. Ils retournent à Cotonou. Quant à Victor, il loue une chambre seul, chambre où il ne reste que grâce à la grande mansuétude de son propriétaire. De la classe de 5ème jusqu’à l’université, Victor Topanou vit au Togo où il se débrouille pour passer son BEPC en 1981, le Bac en 1985. En 1989, il décroche à l’université de Lomé une maîtrise en science politique option histoire des relations internationales et part à Paris pour des études de stratégie et de défense. C’était à l’Ecole des Hautes Etudes Internationales qui abrite le Centre d’Etude et de Défense Stratégique (CEDS) et qui délivre un diplôme de troisième cycle en stratégie de défense. Il tombe alors sur le Général Charles de Llambi, qui l’encourage à faire un doctorat à la Sorbonne. Son soutien aura pesé pour quelque chose, puisque le dossier du Béninois est accepté et Topanou sort de la prestigieuse université avec un doctorat en poche. 1998 le trouve à l’université nationale du Bénin où son aîné, le professeur Nouréini Tidjani-Serpos s’est battu des pieds et des mains, pour le faire recruter. « Ma vie, c’est le résultat de petits coups de main qui m’ont été donnés par des gens inattendus », avoue aujourd’hui le Président du FUR. Parmi ces gens, il cite volontiers Célestine Zanou dont il a été directeur de campagne pour la présidentielle de 2006, alors que les deux ne s’étaient connus que le 27 décembre 2005. « Elle avait un discours très cohérent, très percutant sur ce qu’elle appelait le sens des valeurs… Elle a eu des mots pour l’exprimer qui sont extraordinairement percutants », déclare-t-il. Proposé avec d’autres, sur demande de Boni Yayi pour travailler avec le nouveau chef de l’Etat, c’est lui qui est choisi et nommé le 26 mai 2006 pour être son conseiller technique juridique alors qu’il ne l’avait jamais fréquenté auparavant. « Ce système n’est pas bon », s’empresse-t-il aujourd’hui de rectifier, bien qu’il reconnaisse en avoir bénéficié. « On n’attend pas d’être élu pour aller chercher ceux avec qui on va collaborer », dit-il, convaincu qu’il s’agit d’une pratique malsaine nuisant à l’équilibre de l’Etat. En 2008, il est propulsé secrétaire général du gouvernement puis ministre de la justice, porte-parole du gouvernement. Ce passage du secrétariat général du gouvernement au ministère de la justice n’était pas en fait une promotion. Car, une fois nommé, Victor Topanou affirme avoir été attaqué de toutes parts par les quatre réseaux gravitant autour du pouvoir, le réseau Tchabè, le réseau Bariba, le réseau de la belle-famille et le réseau religieux. « Parce que je commençais par contrarier leurs intérêts », dit-il. Tous ces réseaux voyaient l’affection sincère que Boni Yayi vouait à l’universitaire surtout pour sa compétence et sa loyauté. Et concrètement, le Chef de l’Etat ne l’appelait, sauf en public, que par le surnom qu’il lui avait aussitôt donné : « mon petit ». Mais la pression devenait intenable, au point de contraindre Yayi à se séparer de lui en le nommant Garde des sceaux. « Je dis aujourd’hui que je suis le premier cas où la nomination à un poste de gouvernement n’était pas une promotion sociale mais une stratégie de séparation du pouvoir. Beaucoup n’ont pas perçu cela. Moi, je n’ai jamais pris ma fonction ministérielle comme une promotion », déclare-t-il. Sorti du gouvernement, il se présente aussitôt à la présidentielle de 2011, sans succès.
Maitre de conférences à la Faculté de droit et de sciences politiques de l’université d’Abomey-Calavi, l’homme mène aujourd’hui une vie politique très active. Il se plait même à dire qu’il est le seul candidat déclaré à l’élection présidentielle de 201
6.

Intimité: Amateur de gombo et de riz

Victor Topanou vit depuis peu avec une compagne après avoir connu l’expérience du divorce. Sa fille unique fréquente l’école publique parce que le père avoue qu’il ne peut jamais envoyer son enfant dans le privé, par pure idéologie, et surtout parce qu’il est lui-même le produit de l’école publique. Sportif incorrigible, footballeur par-dessus le marché, Prudent Victor Topanou aime vivre dans la simplicité. Gombo et riz figurent au fronton de ses repas préférés : « Je peux en manger du 1er janvier au 31 décembre, sans problème », dit-il.

La Rédaction

Source : http://levenementprecis.com/2014/12/09/declaration-sous-larbre-a-palabres-de-victor-prudent-topanou-ancien-ministre-president-du-parti-f-u-r-au-siege-de-levenement-precis-si-on-elit-un-president-sa/

BENIN – Plein feu sur Victor Prudent TOPANOU « Sous l’Arbre à Palabres » de l’Evénement Précis: « Si on élit un président sans parti, on perpétue la médiocrité »
Tag(s) : #Politique Béninoise

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