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14/12/2014

Par Benoît ILLASSA

L'abbaye de Royaumont est un ancien monastère cistercien situé dans le hameau de Baillon à Asnières-sur-Oise dans le Val-d'Oise, à environ trente kilomètres au nord de Paris. Cette grande abbaye cistercienne d'Île-de-France, construite entre 1228 et 1235 sous l'égide de Louis IX fut vendue comme bien national à la Révolution française.

En 1297, intervient la canonisation de Louis IX par le pape Boniface VIII, fruit de la participation active de Royaumont[a 5]. La même année, suivant une charte du roi Philippe IV, l'abbé de Royaumont devient le seigneur d'Asnières-sur-Oise et de toutes les terres que possède l'abbaye, dispersées sur un vaste territoire, et exerce désormais la haute, moyenne et basse justice[a 6]. Les différents fiefs érigés à Asnières par la suite dépendaient tous de Royaumont comme fief dominant. En 1316, l'abbaye acquiert par un échange un hôtel à côté de l'église Saint-Eustache à Paris, rue du Jour, pour héberger les religieux que les affaires de l'ordre appellent à Paris ; cette demeure sera plus tard connue comme l'hôtel de Royaumont. Dix ans plus tard, la propriété est agrandie par le rachat de deux petites maisons contiguës[a 7].

Le choix du site ne devait rien au hasard. Il tenait compte de la proximité du château royal d'Asnières-sur-Oise, et répondait aux exigences de l'économie monastique cistercienne, voulant que chaque abbaye puisse subsister en autarcie. Le terrain et ses alentours devaient permettre de pratiquer l'agriculture, de disposer d'une forêt comme ressource de bois et de revenus, et de se prêter à l'aménagement d'étangs pour pratiquer la pisciculture[39]. Elle était primordiale car la consommation de viande était défendue aux moines de Royaumont jusqu'en 1493[b 62], pour rappeler l'état du paradis.

Toutes ces qualités étaient en principe réunies à Royaumont, mais avant la fondation de l'abbaye, les terres étaient encore incultes et les bois abandonnés. Le site choisi se trouvait au milieu de zones humides et de marais, en partie asséchés par les moines, mais le lieu où furent élevés les bâtiments de l'abbaye est légèrement plus élevé que ses environs et de ce fait exempt d'inondations. La nouvelle Thève, déviation de la rivière dont le cours historique subsiste en parallèle, fut creusée dans le contexte de l'aménagement du site de Royaumont[a 26]. Le Bois Bonnet, massif annexe de la forêt de Chantilly et aujourd'hui propriété de l'Institut de France, s'appela longtemps « forêt de Royaumont », comme en témoignent des cartes anciennes[b 63]. Ses produits allaient dans la mense des abbés commendataires.

Le domaine de l'abbaye était initialement organisé en trois ensembles. La partie agricole ou pars ruralis avec granges et écuries, dévolu aux convers, était l'ensemble le plus éloigné du centre de vie des moines. Suivait la partie réservée à la vie des moines, clôturé par une enceinte fermant ce périmètre sacré vers le monde extérieur. Une unique porte, la porterie aujourd'hui disparue, permettait d'y pénétrer. Les moines ne quittaient pas cette pars urbana, mais les visiteurs pouvaient par contre y accéder. S'y trouvaient de divers bâtiments en plus de l'abbaye proprement dite, dont notamment l'infirmerie (face à l'abbaye, perpendiculaire au bâtiment des latrines mais à une certaine distance) et le bâtiment des hôtes. Y furent accueillis également les voyageurs et les exclus, suivant l'exigence de charité et de hospitalité que les Cisterciens s'imposait. Finalement, le troisième ensemble était représenté par l'abbaye proprement dite[40]. Les bâtiments y étaient conçus pour que les moines et les convers ne se côtoient pas au quotidien, et les personnes du monde extérieur accueillies à l'abbaye pouvaient uniquement accéder à l'abbatiale, qui elle-même était subdivisée.

Royaumont conserve aujourd'hui son apparence d'abbaye médiévale en dépit de la destruction de l'église. Si la plupart des dépendances à vocation agricole ont disparu, les bâtiments subsistants, restaurés depuis le XIXe siècle, permettent de se représenter assez facilement son ancienne structure. On peut y découvrir le bâtiment des latrines, le bâtiment des moines, les vestiges de l'église, le cloître, le réfectoire des moines, les cuisines et l'aile des convers. On peut par ailleurs apercevoir le palais abbatial du XVIIIe siècle, visible, mais non-ouvert à la visite[38]. Le bâtiment des hôtes initial a disparu, tout comme le logis de Saint-Louis sur la grande cour d'entrée à l'est de l'abbaye, devenue le parc du palais abbatial au XVIIe siècle : il a été démoli sous l'abbé Alphonse-Louis de Lorraine-Harcourt (1650-1689)[a 27].

Seule l'église, le bâtiment des novices et des bâtiments d'annexe ayant été détruits, Royaumont constitue l'ensemble cistercien le plus grand et le plus complet en Île-de-France. L'abbaye est ouverte au public tous les jours, toute l'année, moyennant un droit d'entrée. Le visiteur entre aujourd'hui par l'est, alors que l'accès se faisait initialement par le côté opposé, où se situe le palais abbatial.

La visite ne concerne que l'abbaye cistercienne médiévale et la partie du domaine repris par la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée en 1864. À l'extérieur, il est possible de faire le tour de l'ensemble de l'abbaye, mais au sud et à l'ouest, le terrain est trop étroit pour pouvoir contempler le réfectoire des moines et le bâtiment des convers avec du recul. L'entrée vers l'intérieur de l'abbaye s'effectue par le passage-parloir dans le bâtiment des moines. Le cloître et quatre salles du rez-de-chaussée sont ouvertes à la visite, à savoir la salle du chapitre (divisée en deux parties), la sacristie, le réfectoire des moines et la cuisine.

Le logis abbatial extérieurement achevé en 1787 et classé monuments historique avec ses vastes jardins ne se visite pas, tout comme la ferme de l'abbaye aménagé dans des anciens bâtiments industriels de la première moitié du XIXe siècle, au nord. Les différents bois délimités au nord par la vieille Thève avec la zone des étangs à l'ouest, délimitée par l'Oise, sont interdits d'accès.

IB

BENIN - SCOOP : GGR, le dauphin putatif et néo-libéral de Boni YAYI, dans un monastère en France. La preuve en images !!!
Tag(s) : #Politique Béninoise

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