Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Garrigues-Sainte-Eulalie, 02/02/15

Bien chers confrères[1] de la presse française,

Mon soutien sans ambages à CHARLIE HEBDO m’a valut de chaleureux remerciements, voire, un message de la rédaction du magnifique satiriste et du Canard enchaîné ; homme qui n’a qu’aune parole je tiens ma promesse.

« Né vers - selon le mode d’état civil de l’époque coloniale, j’aurai 87 ans ; mais eu égard aux précisions du livret de catholicité dans les archives du Séminaire Saint Gall, au Bénin, mon pays natal, j’ai franchi, bon pied bon œil le seuil de mes 89 ans.

Si, vieux confrère, je m’adresse à vous, c’est parce que des jeunes Béninois et nombre de celles et ceux qui ne le sont guère s’adressent à moi en souhaitant que j’attire « l’attention de la presse française sur la situation politique dans notre pays... »

Je n’aime ni les messages anonymes, ni les pseudonymes trop douteux mais la peur des représailles, les assassinats ainsi que les tentatives d’assassinat règnent au Bénin où une forfaiture dénommée KO avait réinstallé Monsieur Thomas Boni Yayi au pouvoir.

Y être opposant, c’est être une cible : « Doyen, ne revenez pas ici, un accident de la route est facilement provoqué… » « Mon Frère ***, par les temps qui courent, même avec ton épouse, abstiens-toi de venir dans ton pays, je sais que tu n’as pas peur de la mort mais tes textes ont fait de toi une cible à ne pas manquer… »

J’ai archivé une centaine d’emails et de lettres de cette teneur.

*

Dans sa diffusion de la lettre ouverte de Léon Basile AHOSSI (cf : BENIN – Affaire AHOSSI c/ CHABI SIKA : La SGP ABOH HOUESSOU confirme le banditisme et la vendetta au sommet de l’Etat). Communiqué de la Présidence de la République.

(Affaire Honorables Députés Léon Basile AHOSSI, CHABI SIKA, COS-LEPI) Benoît ILLASSA, célèbre blogueur qui avait eu maille à partir avec « le chef » de l’État, écrit sans détour:

« En France, François HOLLANDE a connu la fronde de certains députés du Parti socialiste. Ils ont eu de la chance d’être frondeurs sur les bords de la seine. S’ils étaient au Bénin, YABO aurait sorti la guillotine. Le communiqué de la Présidence de la République déshonore l’intelligentsia béninoise aussi bien sur la forme que sur le fond. Dommage, le quartier latin de l’Afrique est devenu le quartier crétin du monde depuis l’arrivée des change-menteurs au pouvoir. Nous pension avoir touché le fond. Paul HAZOUME et Molière doivent avoir la nausée en lisant ce chiffon. Une ineptie doublée de tartufferie !!! » IB

Aujourd’hui, 02/02/15, dans la France profonde où je vis, un anonyme a déposé dans la boîte à lettres un pli contenant « Lettre ouverte à son Excellence Monsieur le Président de la République. »

Hier, le même document mais « sans sujet » ni auteur était déjà dans SPAM !

Chers confrères, puisque le Bénin est un pays francophone et qu’à coup sûr l’Ambassade de France informe bien le Quai d’Orsay, voire Laurent FABIUS lui-même de la « régression préjudiciable » stigmatisée par le regretté R P Alphonse Quenum, et aussi, de la lettre ouverte du regretté Père André S. Quenum, Directeur de La Croix du Bénin, je vous prie de faire largement écho de la Lettre ouverte signée Juge Angelo D. HOUSSOU.

Je ne le connais pas personnellement mais j’admire son courage assez rare au Bénin ; il a dû s’exiler à New York ; serait-il resté au Bénin qu’il n’existerait plus ; en France, les sicaires du régime politique béninois auraient réglé son sort, comme ce fut le cas pour l’opposant tchadien Outel BONO que je connaissais bien et qui fut assassiné à Paris, rue de La Roquette.

Très cordialement.

Olympe BHÊLY-QUENUM.

www.obhelyquenum.com

http://glexwevi.over-blog.com

Lettre ouverte à son Excellence Monsieur le Président de la République

Excellence Monsieur le Président de la République,

C’est un devoir quasi sacré pour tout citoyen de saisir le chef de l’Etat quand la République est en péril. Oui, notre pays est, aujourd’hui plus qu’hier, menacé par le cycle infernal des scandales financiers et les actes de parjure commis par des hommes et femmes choisis par le peuple pour le diriger. Le dernier scandale en date est celui révélé par le député Léon Basile Comlan AHOSSI dans la lettre qu’il vous a adressée en septembre 2014 et dont il a récemment publié le contenu à la face du monde.

Cette lettre met en cause l’un de vos plus proches alliés et parents, le député Karimou CHABI-SIKA. Les faits dénoncés par le député AHOSSI, dont je salue ici le courage politique, sont d’une gravité qu’aucun gouvernement soucieux de transparence ne saurait cautionner. Le sulfureux scandale dit CHABI-SIKA est une occasion pour votre gouvernement de montrer sa bonne foi dans la lutte sans parti pris contre la corruption. Au contraire, aussi curieux et paradoxal que cela puisse paraître, la Présidence de la République, la plus haute administration du pays, s’est plutôt écartée de l’essentiel en rétorquant au député AHOSSI par un texte atypique aux allures de lettre vengeresse empreinte de représailles à peine voilées. Votre réplique, endossée maladroitement par Madame Inès ABOH HOUESSOU, n’honore pas l’institution et l’autorité que vous êtes censé incarner. Elle a, au contraire, sur l’échiquier international, jeté du discrédit sur notre pays en le couvrant davantage de ridicule.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Le communiqué de la Présidence a manqué de hauteur et d’élégance administratives. Surtout, il a raté l’occasion historique d’effrayer les doigts cupides habitués aux attouchements indécents sur les caisses publiques. Plutôt que de s’embarrasser de questions de forme et de politesse, votre gouvernement se doit de se hâter de faire cesser, par tous moyens, les faits de malversation commis au préjudice de l’Etat et portés à sa connaissance. C’est ce pourquoi vous avez été élu par le peuple. C’est d’ailleurs le sens de votre serment. L’attitude contraire serait synonyme de parjure et de complicité.

La lettre ouverte du député AHOSSI, la réaction du député Karimou CHABI-SIKA ainsi que le communiqué de la Présidence de la République, révèlent, s’il en est encore besoin, l’ampleur du pillage des ressources nationales et l’immense défi que Exécutif et Judiciaire doivent relever pour mettre fin à l’impunité dans notre pays.

Personne n’est dupe de la libre prédation à laquelle sont habitués certains citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique. Personne n’est non plus surpris de la honteuse couverture dont jouissent ces hommes du fait du silence coupable de votre régime censé pourtant protéger les caisses publiques et mettre les délinquants économiques et financiers hors d’état de nuire !

Excellence Monsieur le Président de la République,

Si de tels agissements qui ont fini par mettre à terre le pays ne constituent plus une surprise, je peine cependant à m’habituer à la douleur que m’inflige l’incidence de ces inconduites sur la misère des populations. Quand allons-nous réaliser qu’un franc détourné éloigne nombre de nos concitoyens de l’accès aux services sociaux de base ?

La corruption est une gangrène qui a envahi tout le corps social : tout autant elle est au cœur de nos ménages, elle a perverti le fonctionnement de nos institutions. Comment y mettre fin ? C’est la préoccupation majeure aujourd’hui, Monsieur le Président de la République. Et il n’y a pas à fixer de date pour commencer à sévir. C’est maintenant qu’il faut commencer !

Excellence Monsieur le Président de la République,

En 2007, vous avez choisi de marcher contre la corruption au Bénin. Cet événement jamais enregistré sous le règne et la houlette d’un chef d’Etat de notre pays a donné de l’espoir au peuple. En vain. C’est pourquoi, je voudrais vous proposer désormais de marcher sur ce phénomène destructeur sans lequel vous auriez eu des ressources non négligeables pour construire durablement le Bénin. Marcher sur la corruption, c’est de systématiser la punition qui décourage et les délinquants d’aujourd’hui et ceux de demain. Or, c’est sur ce segment de la punition que votre régime a montré toute son incurie, traînant les scandales financiers comme un boulet. On en perd le souvenir et son latin quand on commence par citer les crimes économico-financiers sur lesquels nous attendons que votre gouvernement déclenche une procédure ferme :

-L’odieux gâchis de Maria-Gléta dont les auteurs circulent librement sur les pavés de Cotonou ;

-Les contrats abjects liés à la construction des routes : Parakou-Djougou (lot 1) ; Comè-Lokossa-Dogbo ; Savalou-Tchetti-frontière du Togo ; Logozohè-Glazoué ; Bodjécalli-Madécalli-Illoua-frontière du Nigéria (Lot 2) ; Akassato-Bohicon dénoncés par les syndicats des Travaux publics ;

-Les malversations des maires, dont la majorité provient des rangs des FCBE, dénoncées par l’Inspection Générale d’Etat et récemment encore par une commission d’enquête parlementaire ;

-La scandaleuse passation de marchés publics à la SOBEMAP révélée par le FONAC en mai 2014 ;

-Les concours frauduleux à la fonction publique annulés sous la pression des centrales syndicales ;

-Les affaires liées à la gestion de la CCIB par un cacique de votre régime où le délit d’initié et la surfacturation ont régné en maîtres ;

-Les machines agricoles où l’auteur des faits qui s’est réfugié à l’Assemblée Nationale, y est devenu le chef de file des députés de la mouvance et surtout défenseur de son collègue Karimou CHABI-SIKA,

-Etc.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Dans toutes ces affaires dont le listing souffre de notre faiblesse à garder l’ignoble en mémoire, peu de gens ont été véritablement inquiétés. Votre gouvernement se doit de déférer ces affaires à la justice et donner à cette dernière les moyens et la paix pour situer le peuple et placer les auteurs devant leur incontournable responsabilité.

Nous ne savons pas pourquoi, le gouvernement, à chaque saison de scandale, nous donne l’impression, par son silence et sa tendance à amuser la galerie, d’être le commanditaire du crime ou d’en être le parfait complice. Nous ne savons pas pourquoi…

Aujourd’hui, Excellence Monsieur le Président de la République, le peuple béninois est encore pessimiste d’autant plus qu’aucune lumière ne sera faite sur l’affaire Karimou CHABI-SIKA ni sur celle où votre propre administration met en cause le député Léon Basile Comlan AHOSSI. Le peuple a encore peur que rien ne sera fait ou que tout sera fait pour que les choses en restent là. Voilà l’une des horreurs qui justifient l’urgence d’une véritable rupture ! Sans cette rupture, le Bénin périra ! Mais conforté par l’opinion grandissante d’une masse critique de Béninois, je voudrais vous assurer et vous rassurer que nous ne laisserons jamais notre cher et beau pays que nous aimons d’un amour sans partage, périr de la goinfrerie de quelques-uns. La lutte contre la corruption est possible ; elle peut donner des résultats pour peu que votre gouvernement décide de sévir et de s’allier à la Justice de façon indéfectible. Si vous voulez rentrer dans l’histoire comme Thomas SANKARA, Jerry RAWLINGS, etc. soyez intraitable voire impitoyable avec ceux qui utilisent leur génie pour distraire le patrimoine commun.

Veuillez recevoir, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression ma très haute considération.

New York, le 31 janvier 2015

Juge Angelo D. HOUSSOU

[1] J’ai été directeur/rédacteur en chef du magazine La Vie Africaine avant d’assumer les mêmes responsabilités à L’Afrique Actuelle, premier magazine africain bilingue franco-anglais fondé avec ma femme. Vice Président de l’Association des journalistes d’Outre-Mer des années 1963, ma carte de directeur est probablement dans mes archives

SITUATION POLITIQUE PLUS QUE PREOCCUPANTE AU BENIN : Le Doyen Olympe BHÊLY-QUENUM alerte la presse française
Tag(s) : #Politique Béninoise

Partager cet article

Repost 0