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06 mai 2015

LES POINTS MARQUANTS

  • La Banque mondiale soutient les efforts des municipalités béninoises pour améliorer l’assainissement dans les villes de Cotonou, d’Abomey-Calavi, d’Ouidah, Porto-Novo et de Sèmè-Podji.
  • Ces travaux d’assainissement amélioreront les conditions de vie de près d’un million et demi de personnes et contribueront à réduire de 30 % le nombre de ménages vulnérables aux inondations dans les municipalités ciblées.
  • Le projet entend renforcer les capacités du pays pour améliorer le dispositif national d’alerte et de prévention des risques d’inondation.

COTONOU, le 6 mai 2015 — La peur de revivre les dégâts causés par les inondations de 2010 est sur le point de ne plus être qu’un mauvais souvenir pour les habitants de plusieurs grandes villes du Bénin, et notamment de Cotonou, la capitale économique.

« A chaque saison des pluies, et surtout lors des inondations de 2010, nous avons beaucoup souffert. Il fallait prendre des barques pour faire nos courses en ville et rentrer dans nos maisons. Nous vivions dans l’eau ! » raconte un résident de Fifadji, un quartier de Cotonou très exposé au risque d’inondations.

Le système d’alerte a permis d’anticiper les risques liés aux inondations dans les localités vulnérables et par conséquent, les dernières inondations n’ont causé aucune perte en vies humaines

César Agbossaga
Directeur général de l’Agence nationale pour la protection civile

« Les travaux en cours de réalisation nous permettent de régler de façon durable les problèmes d’assainissement dans nos communes, d’assurer à nos populations un environnement sain et, point très important, de mieux gérer les conséquences des inondations et autres catastrophes naturelles », indique Marc Didier Dubogan, directeur des services techniques de la ville de Cotonou.

Dans le quartier de Fifadji, par exemple, un nouveau pont construit à une hauteur de 6 mètres au-dessus de la digue actuelle assurera la continuité du trafic en toute saison pour les 20 000 véhicules et les milliers de piétons et cyclistes qui empruntent chaque jour cet axe critique de la capitale, auparavant fréquemment coupé en période de pluie.

Les effets du PUGEMU sont aussi visibles dans d’autres quartiers de Cotonou. Le rehaussement des voies de certains axes importants—tels que le carrefour Calvaire dans le quartier de Fidjrossè et une section de voie à la hauteur de la pharmacie Salem sur le tronçon Fidjrossè/Godomé—a apporté des solutions durables au problème d’inaccessibilité en période de pluie pour des milliers de résidents. Il en est de même pour les travaux d’aménagement en cours de construction et de calibrage de 8,57 km de collecteurs d’assainissement primaires.

Le projet dans son ensemble bénéficiera à 1 426 000 personnes (dont 52 % sont des femmes), et contribuera à réduire de 30 % le nombre de ménages vulnérables aux inondations récurrentes dans les municipalités ciblées.

Outre Cotonou, le PUGEMU mène des travaux d’assainissement dans les villes d’Abomey-Calavi, d’Ouidah, de Porto-Novo et de Sèmè-Podji. Il a déjà entrepris d’améliorer la collecte, le transport et l’évacuation des déchets solides ménagers à travers la construction de 40 points de collecte des ordures et de deux centres de transfert des ordures. Le projet a également aménagé, sur environ 5 km, la voie d’accès à la décharge d’Ouèssè (Ouidah) et a financé le creusement d’une nouvelle cellule dans la décharge (également appelée centre d’enfouissement technique) de la même commune. Une étude de faisabilité est en train d’explorer la possibilité de construire une nouvelle décharge à Abomey-Calavi.

Le PUGEMA entend aussi apporter des solutions aux problèmes de gestion des eaux usées au Bénin, en renforçant ses capacités administratives, en développant des plans directeurs d’assainissement et en mettant en œuvre un projet pilote pour améliorer les infrastructures d’assainissement.

Prévenir les inondations

Le Bénin ne pourra mettre un terme aux inondations récurrentes sans renforcer ses capacités de prévention. Un des objectifs importants du PUGEMU est d’aider le pays à mettre en place un dispositif centralisé entre l’État et les collectivités locales pour coordonner leur action et mieux utiliser les informations techniques mises à leur disposition. Ce système mobilisera ainsi tous les acteurs publics. Il permettra aussi de sensibiliser davantage et d’alerter rapidement la population au risque d’inondations.

Pour ce faire, le projet prévoit que les collectivités locales intègrent la prévention du risque d’inondations dans leur plan d’aménagement urbain. Cela s’est traduit par la mise en place d’un plan d’action d’urgence dans les 21 communes les plus vulnérables du pays qui facilitera une réaction rapide et efficace en cas d’urgence majeure. Le projet a déjà fourni 12 voitures pick-up et 38 motos aux services techniques des communes bénéficiaires, ainsi qu’à certaines administrations publiques pour renforcer leurs moyens d’interventions et faciliter le travail de proximité.

« Le système d’alerte a permis d’anticiper les risques liés aux inondations dans les localités vulnérables et par conséquent, les dernières inondations n’ont causé aucune perte en vies humaines », explique César Agbossaga, directeur général de l’Agence nationale pour la protection civile.

Le PUGEMU a bénéficié d’un financement initial de 50 millions de dollars, soit environ 25 milliards de francs CFA de la part du Groupe de la Banque mondiale. En 2014, le projet a reçu un premier financement additionnel de 6,4 millions de dollars. Un deuxième financement additionnel de 40 millions de dollars est en cours de préparation pour aider le pays à satisfaire d’autres besoins d’assainissement identifiés par les villes bénéficiaires.

Le Bénin et la Banque mondiale prennent les devants pour lutter contre les inondations
Tag(s) : #Politique Béninoise

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