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17/12/2015

Le président du FRB, ex FRAP, ancien ministre, invité de « SOUS L’ARBRE À PALABRES » AU SIÈGE DE L’ÉVÉNEMENT PRÉCIS: Les révélations exclusives de Marcel de Souza sur ses années avec Yayi

96ème invité de la rubrique phare ‘’Sous l’Arbre à Palabre’’ du quotidien l’Evénement Précis, l’Honorable Marcel de Souza, ancien ministre du développement et ancien conseiller technique du président Boni Yayi a fait le tour de l’actualité nationale et le bilan des dix ans de gouvernance du président Boni Yayi. Connu pour son courage et ses opinions, Marcel de Souza n’est pas allé du dos de la cuillère pour dénoncer la « médiocrité de la classe politique béninoise, le régionalisme grandissant et les maux qui minent le système éducatif béninois ». La présence de marcel de Souza au parlement ne le dédouane pas des erreurs du régime, car lui-même dit assumer tout ce qui a été fait de bon comme de mauvais « On a travaillé et nous ne pouvons pas dire que tout est mauvais. Moi, j’assume », affirme-t-il.

Et si on en parlait

Bilan après plus de 100 jours à l’Assemblée Nationale


Il s’agira d’un bilan d’ensemble puisque le président Houngbédji a présenté son rapport et le sort de ce rapport est que depuis que nous avons pris fonction du 20 mai au 30 septembre 2015, nous avons eu au total 28 sessions. Une seule était ordinaire et les autres extraordinaires. Alors, de ces 28 sessions, j’ai noté que par rapport aux autres mandatures, le taux de présence est élevé. 71% des députés ont un taux de fréquence entre 80 et 100%. Evidemment, il y a certains qui viennent une fois en passant et puis donnent des procurations. Donc le fait que la majorité qui est de 71% soit présente, est déjà un élément important. Cela veut dire que nous sommes animés de bonne volonté. A cet effet, on a voté trois lois ordinaires et six lois qui concernent les autorisations de ratification. Les lois ordinaires sont les ratifications des statuts des agents permanents de l’Etat, ensuite des statuts concernant la retraite, et les autres sont des ratifications pour donner au gouvernement les moyens d’action au plan infrastructurel. C’est des dossiers que je maitrisais quand j’étais au gouvernement ou que j’ai même suscités. Ils concernent les routes, l’électricité, les hôpitaux, les salles de classe. C’est donc vraiment des infrastructures dont nous avons besoin. Nous devons avoir à l’esprit que le Parlement a deux rôles essentiels : le vote des lois et le contrôle de l’action gouvernement. Et je pense que ce second rôle est faible, car on ne contrôle pas suffisamment. Donc, il faut comprendre que le bilan est positif parce que nous avons eu 28 sessions au total en un temps record. Nous sommes animés par la volonté d’aller très vite et bien, de donner au gouvernement les moyens de travailler, de voir également quoi faire pour améliorer l’action gouvernementale sur l’axe infrastructure.

Contribution à l’énergie


C’est le dernier dossier que j’ai négocié avec le MCA avant d’aller au Parlement. Avec ce dossier, nous avons eu à peu près 408 millions de dollars soit plus de 250 milliards de francs Cfa. Dans ce dossier, nous allons avoir de l’énergie réseaux produite par les Américains et des Béninois, déversée dans le réseau SBEE. Mais l’autre, c’est l’électricité hors réseau. Cela concerne les mairies pour qui on va installer des mini-centrales avec la collaboration du secteur privé. Si on ne règle pas le problème de l’énergie, on ne pourra pas booster notre économie. L’électricité apparait comme le sang dans les veines de l’homme. Si vous n’avez pas l’énergie en quantité, en qualité et à prix réduit, vous ne pouvez rien faire pour l’économie. Je note que l’électricité coûte très chère dans notre pays. Nous sommes à 105 Fcfa le kilowatt, alors qu’en Ethiopie à côté, ils sont à 20 fcfa le kilowatt. Le problème est que nous n’avons pas de source d’approvisionnement. C’est maintenant qu’on les a identifiées. Et depuis l’indépendance, on n’a jamais eu une politique en matière d’énergie. Cette politique consistera à examiner toutes les possibilités que nous avons. L’énergie hydraulique est la moins chère pour les 20 prochaines années tandis que l’énergie thermique touche un peu le problème climatique. Néanmoins, elle a son rôle à jouer. Je veux parler de l’énergie solaire et éolienne. Nous avons adopté une politique pour que chaque année, une fois qu’on aura réglé ce problème de déficit, qu’on ait chaque année 20 à 30 mégawatts qui s’ajoutent. Je le dis parce que la croissance doit s’accompagner avec un rythme de production, sinon on n’ira pas loin. Le vrai problème que nous avons est lié au Nigéria. Notre énergie vient sur la base de 200 mégawatts venant du Nigéria avec TCN qui a été privatisé sans rien nous dire, pour passer à 25 mégawatts. Comment faire pour le complément ? Le Togo a pu réaliser mieux que nous. Il a pu installer une centrale thermique de 100 mégawatts. Mais attention, le montant est très élevé. Néanmoins, cela leur permet de ne plus avoir de délestage. C’est quelque chose de plus. Nous au Bénin, on a mobilisé de l’argent pour réaliser Maria Gléta. Quand j’étais à la BCEAO, c’est moi qui ai pris l’initiative de mobiliser des ressources. Mais malheureusement, nous devons utiliser le gaz venant du Nigéria. La situation a fait que nous sommes obligés d’utiliser le JET A1. Si nous utilisons le JET A1, au lieu que l’énergie coûte 105 Fcfa auxquels la SBEE nous vend, c’est à 250 fcfa le kilowatt. Néanmoins, on a utilisé les turbines qui ont leur rôle à jouer. Avec ça, on a pu s’en sortir en mettant du JET A1 à un prix moins. Ce qui peut secourir. Mais quoi qu’il arrive, il ne faut pas trop en utiliser. Nous avons négocié avec la Banque islamique de développement (Bid) qui doit nous faire une thermique de 400 mégawatts, mais en quatre phases. Dans un premier temps, nous devons réaliser des turbines qui s’achètent. Et pour y parvenir, il faut deux ans. On a déjà lancé les appels d’offre et en principe si déjà nous arrivons à produire cela, on peut souffler un peu.

Sur ce sujet, il y a eu trop d’effets d’annonce


C’est vrai que c’était un effet d’annonce. Les besoins réels d’aujourd’hui sont à peu près de 250 mégawatts et on n’aura plus de problème de délestage au Bénin. Mais ces 250 mégawatts peuvent être obtenus également par les barrages. Il y a le barrage d’Adjarala pour lequel on a déjà sélectionné la société chinoise Sinohydro, mais c’est un barrage commun au Bénin et au Togo et on devait lancer les travaux depuis 2014. Mais il y avait des problèmes de financement. Elle va beaucoup nous servir, mais exige le déplacement de 11 mille personnes des lieux. Les bailleurs veulent que le Bénin et le Togo financent le déplacement de ces populations. Tout cela retarde les choses. Le Parlement est sensible à tout ce qui concerne les infrastructures, au regard du niveau de la pauvreté au Bénin. Il nous faut un minimum d’infrastructures.

Servir au gouvernement et au Parlement, quelles différences ?


Premièrement, lorsque vous êtes à l’Exécutif, vous êtes sous ordre. Deuxièmement vous avez des objectifs à atteindre et dans ce cadre-là, lorsqu’on élisait le chef de l’Etat, il avait un projet de société qu’on a développé. On a travaillé et nous ne pouvons pas dire que tout est mauvais. Moi, j’assume. Quand on prend un gouvernement et que ce qui est positif dépasse un tout petit peu ce qui est négatif, on peut dire que ce gouvernement est bon. Mais, il change tellement de ministres qu’il y a une certaine instabilité au niveau des dossiers pour mieux les suivre. Au moment où le Togo a le même ministre des finances depuis 2005, nous, nous avons déjà changé 06 ministres. Et quand nous allons aux réunions, c’est le même qu’on voit. Cela stabilise les finances. Cela permet de voir les efforts et de corriger les erreurs. On n’a pas le temps de voir les résultats et on procède au changement. Bien sûr que la constitution permet au Chef de l’Etat de changer, mais il faut qu’on recherche l’efficacité et la stabilité. Ce qui est à la base de cela est que les chefs d’Etat qui arrivent ne viennent pas avec l’esprit partisan. Ils ne viennent pas avec leur équipe puisqu’ils ne sont pas issus d’un parti politique. Si vous avez l’habitude de travailler avec des gens, il y a un climat de confiance. C’est arrivé au pouvoir qu’ils trouvent de parti. Au niveau donc de l’exécutif, vous êtes au charbon. Vous êtes tout le temps en conseils des ministres, alors que vous avez des objectifs que vous devez atteindre. Nous avons un chef d’Etat qui veut remplacer les 27 ministres. Or, le député n’a pas de chef. C’est le temple de la démocratie, du débat politique. Vous avez des positions à prendre et devez comprendre que vous avez un mandat et devez protéger ceux qui vous ont mandaté. Vous n’êtes pas mandatés pour votre zone uniquement. Il faut comprendre que tu es député de la Nation. Vous m’avez élu, oubliez que vous m’avez élu et cherchez l’intérêt de la nation. C’est ce qui nous manque. Nous sommes un pays mais pas encore une nation. Regardez la montée du régionalisme actuellement. C’est dangereux pour notre unité nationale. Or, ce qu’on a le plus à conserver, c’est notre unité nationale. Donc le prochain Chef d’Etat qui n’aura pas un programme d’unité nationale n’ira pas loin. Cela passe par la reforme de notre administration. On n’arrive même pas à faire un concours pour recruter parce que chacun veut y mettre un parent. Moi, j’ai honte quand je vois des choses du genre. Quand on fait les quotas pour les concours, on prend des cadres de deuxième zone. C’est-à-dire que quand vous passez un concours, on laisse quelqu’un qui a 13 de moyenne pour prendre celui qui a 08. C’est ce qui gangrène aujourd’hui notre administration. Et ça ne me surprend pas qu’il y ait la bonne gouvernance. Oui, il faut aller voir comment on les a recrutés. Il faut qu’on ait un minimum d’éthique. On ne peut pas gérer un pays avec le régionalisme. Dans tout cela, nous avons une classe politique médiocre et j’en fais partie. La classe politique béninoise est d’une médiocrité rare. Elle est jonchée d’intoxication, de mensonge, de coups bas, de dribles, de transhumances et de corruption à bas prix. C’est honteux.

Comment pensez-vous marquer votre passage au Parlement dans cet environnement?


Je commence déjà à faire un travail. D’abord j’avais eu à élaborer avec l’appui d’un expert français, la loi sur le partenariat public-privé qui est un nouvel instrument que tous les pays visent. Mais, nous on n’a pas encore fait la loi. Il y avait quatre initiatives qui avaient été prises, une par les députés, une par le ministère de la justice avec le comité de la législation, une autre par la Chambre de commerce, et maintenant le gouvernement. Finalement, on a dit, synthétisons le tout pour avoir les meilleurs résultats. Donc on a fait ce travail et transmis avant la Table ronde de Paris. Mais c’est resté bloqué au Parlement et j’en parle toujours. Dans d’autres pays, l’Etat engage les projets et invite le privé à les réaliser. Il y a plein d’infrastructures réalisées de la sorte en France, au Brésil et ailleurs. La deuxième loi pour laquelle, j’ai beaucoup œuvré, c’est la réforme du tribunal de commerce et de la Cour d’appel. Il faut rassurer les investisseurs. On ne se fait pas confiance au Bénin. Il y a une crise inédite. Pour développer, il faut investir. Et quand on investit, on crée l’emploi et on fait bouger la production qui conduit à la croissance. Après cette loi, je me suis dit qu’étant donné que nous voulons contrôler l’action gouvernementale, nous devons adopter une loi d’orientation de notre agriculture. Nous ne pouvons pas continuer comme nous le faisons, crier le coton partout. Il faut qu’on aille vers la diversification agricole avec les produits de rente en mettant en valeur les vallées que nous avons comme ressources. Regardez la vallée de l’Ouémé. C’est un don de la nature. Avec ça, on peut nourrir toute la sous-région si on la met en valeur avec les aménagements. C’est maintenant qu’on a négocié un projet avec la BAD pour 38 milliards de francs CFA qu’ils sont en train de mettre en œuvre. On peut même nourrir le Sahel qui a un déficit de 350.000 tonnes de céréales chaque année. Moi quand j’étais ministre, le Programme alimentaire mondial a demandé une année 300.000 tonnes de maïs et de riz avec l’argent en main. On n’a pu fournir que 15.000 tonnes. C’est Dieu qui a le potentiel. Il y a de quoi avoir de l’espoir. L’heure de Dieu a plutôt fait que nous passons tout notre temps dans l’intoxication, dans une politique terrible.

Comment se porte votre parti ?


Le parti se porte très bien. Je sais de quoi vous voulez parler. Vous faites allusion au fait qu’il y a eu quelques absences lors de notre congrès. Ce sont des gens qui ont démissionné bien avant le congrès. Comme je l’ai dit, quand le bateau tangue, ce sont les rats qui se sont engraissés dans les cales qui sont les premiers à sauter et parfois se font happer par les requins. Comme ils sentent que nous allons vers la fin du mandat de Boni Yayi, ils se disent qu’il faut aller s’accrocher pour les années à venir. Il y en a même qui espéraient aller dans le gouvernement, mais ils ne sont pas nombreux. Dieu merci, je pensais que c’est des gens qui amenaient plus la cohésion, mais j’ai vu qu’il y avait plus de cohésion après leur départ. Je leur souhaite une bonne carrière politique.

Votre parti est-il de l’opposition ou de la mouvance ?


Nous sommes pour le moment de la mouvance. Je ne me suis pas déclaré non inscrit au Parlement. Je suis au premier rang à l’Assemblée, et quand les ministres viennent, je suis celui qui défend avec des arguments scientifiques les différentes décisions du gouvernement. Je sais de quoi vous parlez. Lorsqu’il y a eu le vote du Président Houngbédji, il y a eu des spéculations parce qu’il y avait une guerre de leadership entre nous les ministres.

Le président Boni Yayi a fait des déclarations contre vous


Oui, mais il ne l’a pas fait officiellement. Je ne suis pas informé. J’ai demandé à avoir l’enregistrement des déclarations qu’il aurait faites contre moi, mais je ne l’ai pas eu. Il aurait affirmé que j’aurais pris cinq cent millions chez Patrice Talon pour pouvoir trahir le Chef de l’Etat. Je suis l’ami du chef de l’Etat depuis 38 ans et jamais, nous n’avons eu de prise de bec pour quoi que ce soit. Ce sont les gens qui voyaient venir un certain leadership que j’exerçais qui sont allés raconter plein de coups. Quand le scandale de l’eau a éclaté, les gens ont dit que ça fait un scandale de plus et que j’y étais mêlé. Quand les cabinets internationaux sont venus, avez-vous entendu mon nom une seule fois ? Ils en ont profité. Moi, j’étais parti pour négocier le MCA. J’étais là-bas quand un ministre du gouvernement a donné deux cents mille aux journalistes pour dire qu’étant donné que c’est mon représentant qui est dirige le comité de pilotage, que je suis mêlé à l’affaire. Ce sont les gens de la HAAC qui me l’ont dit. Or, moi, je ne suis chargé que de négocier les différentes politiques de ce projet. Une fois qu’on finit de négocier, on met les ressources à la disposition du ministère sectoriel, qui est le ministère des mines qui réalise le projet. Le comité de pilotage ne fait que deux réunions. Une en début d’année pour voir si le programme élaboré correspond à la stratégie mise sur pied, et une deuxième réunion pour voir si les résultats attendus ont abouti. Mon ministère ne négocie pas de marchés mais quand on veut semer la confusion, on va dire que c’est le ministère du développement qui a piloté. C’était pour m’éteindre, pour me noyer parce qu’ils ont un système au sein des FCBE qui est l’éteignoir qui consiste à éteindre celui qui brille. Ils ont tenté et j’ai lu dans quinze journaux que le Ministère du développement est mêlé à l’eau. J’ai participé à ce qu’un cabinet international vienne faire le constat chez moi. Ils n’ont rien remarqué. Ils ont juste noté qu’il s’agit d’une élaboration des stratégies. Quand le cabinet Kroll a rendu son rapport, les syndicats qui m’avaient accusé n’ont même pas pu présenter leurs excuses. C’est malheureux pour notre pays.

Au congrès du FRAP, vous avez fait noter dans vos propos que le Président de la République est un professeur agrégé en dribles.


J’ai dit qu’il est professeur agrégé, expert en drible et en politique.

Que voulez-vous exprimer par-là ?


Je veux exprimer par-là que les jeunes l’appellent affectueusement « Maradona national ». Il arrive souvent que le Président prenne des engagements sans les respecter. Et c’est ce que la plupart des gens qui étaient ses amis au départ aux FCBE lui reprochent. Il ne respecte pas ses engagements. Je le pense sincèrement mais c’est la realpolitik.

Est-ce le gouvernement qui l’oblige à prendre ces engagements ?


En partie. Quand on est arrivé à l’assemblée, moi qui suis un financier et une fois au parlement, on nous a dit qu’il faut nous mettre dans des commissions. J’ai dit qu’ayant participé à l’élaboration des stratégies, je vais à la commission du plan et du développement. Les quarante députés FCBE m’ont supplié d’aller aux finances car il n’y a pas de financier avéré dans le groupe. J’ai promis y aller à cause de l’intérêt du groupe. Le Ministre Abiola s’est demandé comment sauver mes intérêts si j’allais à la commission des finances. C’est ainsi que le chef du groupe a dit qu’il va mettre huit dans les commissions et ceux de l’opposition mettront neuf. Mais j’ai pris contact avec deux alliés et nous pouvons être président de la commission. J’ai dit qu’on ne respecte pas les engagements parce que pendant que nous avons eu la majorité, vous n’avez jamais donné la commission des lois ou des finances à l’opposition et pourquoi le faire maintenant ? Ils ont répondu que c’est Dieu qui donne et qu’il faut y croire. A dix minutes des élections de commission, ce même président va dire qu’il ne faut pas voter pour moi. Je tombais des nues. C’est ça qu’on appelle les dribles. C’est moi qui ai prononcé à l’époque le KO de Boni Yayi. Maintenant arrivé au parlement, on m’oblige à aller dans une commission que je ne voulais pas, on me dit de déposer ma candidature et on passe par derrière pour me poignarder. C’est être vague d’esprit. Ça là seul suffisait pour dire que je démissionne du groupe des FCBE. Mais, ayant vu les relations que j’avais, j’ai choisi ne pas démissionner et j’assume parce que je ne suis pas de ceux qui quittent le gouvernement pour devenir opposant le lendemain. Je ne suis pas un opposant. J’assume ce qu’on a fait de bon et de mauvais. Mais, j’affirme qu’il y a beaucoup de défis qu’on peut encore relever. On pouvait avoir de meilleurs résultats si on avait travaillé avec méthode. Il y a des défis qu’on n’a pas pu relever et de l’autre côté, toute notre politique a été axée sur l’axe infrastructurel et social. Dans l’axe infrastructurel, il faut avouer qu’il y a eu pas mal de réalisations qui ont été faites. Dans l’axe social également, il y a eu beaucoup d’efforts qui ont été faits dont, la gratuité de la césarienne, la gratuité pour les filles dans les écoles, encore que ces gratuités ne sont pas soutenables à long terme. Dans la gratuité de l’école, on donne une subvention de trois mille francs par enfant. Cette subvention vient en fin d’année. Il y a des écoles qui n’ont même pas de craie pour travailler. Les enseignants sont même obligés d’aller négocier ailleurs. Pour moi, il faut reformater entièrement notre enseignement.

L’économiste de Souza n’accepte pas le non-respect des engagements. Ce qui fait que vous vous déchainez quand vous remarquez que Boni Yayi ne respecte pas ses engagements


Je ne toise pas Boni Yayi. J’ai dit qu’il est un expert en drible et que du point de vue engagement, il revient dessus. Je ne suis pas le premier à le dire. Je vous ai donné un exemple pour dire que le président de la commission passe par derrière pour dire de voter contre ma voix sur les dix-sept.

Quels sont les autres engagements qu’il n’a pas respectés ?


Il y en a eu plein. Au moment où le deuxième questeur partait, on s’est réuni pour désigner quelqu’un pour le poste. Parmi nous, il y en avait deux qui disaient qu’ils voulaient être deuxième questeur, notamment Houngnibo et Agoua. J’ai dit qu’il faut qu’on les soutienne. Ce qui s’est passé est qu’Agoua a eu deux voix et Houngnibo cinq et les autres ont déposé les voix sur Atao Hinnouho qui n’a pas un niveau appréciable pour tenir un tel poste. On dit que c’est la realpolitik. Comment puis-je être avec vous et vous allez donner un mot d’ordre à quelqu’un d’autre pour voter contre vous ? C’est ça les dribles et c’est grave. Regardez la désignation de Lionel Zinsou. Nous sommes FCBE. Nous sommes un ensemble de partis et l’instance la plus haute c’est la Commission des chefs de partis. Il y a 82 partis dans les FCBE et plus de quatre cents mouvements. Mais rigoureusement, cette instance devrait se réunir pour être informée. Moi je fais partie des chefs de partis mais on n’a jamais été associé à quoi que ce soit. Nous étions là quand on a dit que ceux qui souhaitent être candidats à la candidature déposent leurs dossiers dans tel délai. Ils ont fixé les critères. Premier critère, être FCBE. Ça veut dire que vous avez une carte de l’Alliance qui atteste que vous êtes FCBE. Deuxième critère, vous devez avoir un fief c’est-à-dire une base électorale. Troisième critère, avoir bénéficié d’un mandat électif c’est-à-dire que vous avez été élu une fois au moins, soit député, maire ou conseiller communal, ou tout au moins chef de quartier. Voilà les critères qui sont définis et inscrits. A notre grande surprise, il y avait eu onze candidats. Un était farfelu sur les bords, un comité a été créé pour l’écouter. Celui-là a été enlevé et il en restait dix. La commission les a écoutés pour savoir s’ils ont les moyens pour battre campagne. Les moyens que vous pouvez mobiliser en donnant des preuves. La plupart ont dit : « choisissez-moi et je vous dirai comment faire pour trouver les moyens. Les gens ont demandé s’ils ont au moins cinq milliards pour battre campagne. Certains ont dit qu’ils ont été ministre de Yayi Boni et ne savent où trouver cinq milliards. On en était là quand ils leur ont demandé de s’unir pour désigner quelqu’un parmi eux. La commission s’est révélée incompétente parce que malgré tout ce qu’ils ont fait, on n’a pas pu dégager un candidat. C’est là qu’ils ont été voir le leader charismatique pour lui dire de désigner quelqu’un et qu’ils se mettront tous derrière, qu’ils s’engagent à ne pas se présenter mais de désigner quelqu’un qu’ils vont tous suivre. C’est comme ça qu’en entente avec tous, le coordonnateur a annoncé que c’est Lionel Zinsou qui est désigné pour porter le drapeau des FCBE.

Selon vous, est-ce que les critères sont respectés ?


Les instances les plus concernées n’ont pas été appelées. On nous traite comme des veaux. Et moi, je n’accepte pas cela. Je n’ai rien contre Lionel Zinsou. C’est moi qui lui ai passé service. Je le connais. C’est un gars qui a un très bon esprit, une compétence remarquable. Il est professeur d’université. Il est économiste de développement, banquier mais je dis qu’à partir du moment où on sort des textes et des critères, il faut les respecter.

Pourquoi n’aviez-vous pas postulé aux primaires ?


D’abord, je me suis mis en réserve avec tout ce qui se passe. Je n’avais pas reçu l’avis des gens qui ont protesté en disant qu’ils attendent mon dossier. Je dis que je ne me sens pas concerné et quand je me regarde, je ne suis pas dans cette scène, parce que je savais qu’on allait en arriver là. Est-ce que selon vous, nous qui nous sommes battus dans les FCBE depuis dix ans, aucun de nous n’a le niveau pour pouvoir continuer ce que nous avons commencé, rectifier ce qu’on a fait de mal, réajuster ce qu’il faut mieux faire pour que la pauvreté recule ?

Mais on vous a donné l’occasion et vous avez été incapables de désigner quelqu’un parmi vous ?


Non. Je vous dis qu’il y a la plus haute instance qui est la conférence des chefs de partis qui ne s’est jamais réunie.

Depuis le choix de Zinsou, vous vous êtes tous tu, validant ainsi par votre silence ce choix.


On se réserve le droit à tout moment de dire ce qu’il en est, et vous allez m’entendre. J’ai déjà dit dans une interview que je ne me sens pas associé à cette manière de désigner. Je n’ai rien contre le premier ministre. Mais je dis que de la manière dont le candidat a été désigné, je ne me sens pas engagé du tout parce que j’estime que les principes établis n’ont pas été respectés. Si personne ne proteste, je dis que nous sommes traités comme des veaux parce que j’aurais été parmi les dix et tel que ça se passe, j’aurais élevé le ton.

Entre déçus de cette désignation, vous vous concertez ?


Bien sûr. Il y a des fronts qui se constituent, mais comme vous le savez au Bénin, il y a beaucoup de lenteur. Ça traine mais ça va venir. Monsieur Lionel Zinsou a ses chances. Moi je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’il n’est pas Béninois. Lionel Zinsou est de quel pays ? Barack Obama est de quel pays ? Sarkozy est de quel pays ? Le problème est que Lionel Zinsou est dans le parti socialiste en France. Il n’était pas FCBE, à ce que je sache. Peut-être qu’il l’est et que moi, je ne le sais pas. Maintenant, on a établi les critères. Il ne les remplit pas. Qu’est ce qui a fait que c’est lui que la haute hiérarchie a préféré ? C’est à eux seuls de nous l’expliquer. Mais, je trouve que quand vous êtes des combattants, que vous êtes unis par un projet de société, que vous faites ensemble des combats pour le développement, normalement parmi vous, on doit pouvoir trouver quelqu’un, quelqu’un qui a participé à la lutte contre les privations des libertés, quelqu’un qui a lutté contre Ségbana, qui a connu les PCO, qui a connu la faim et la soif. Allez demander à celui qui a été désigné le prix du kilogramme de gari, que voulez-vous qu’il vous dise ?

Les ambitions que nourrissait Marcel de Souza sont-elles éteintes ?


Avez-vous jamais vu un homme éteindre ses ambitions ? C’est quand on est dans la tombe qu’on peut les éteindre. Je nourris toujours mes ambitions mais il faut toujours savoir prendre ses décisions au bon moment et au moment opportun. Regardez les gloires que nous avons actuellement. Il y a des coups de billets qui font qu’on n’entend plus rien, avec les hommes d’affaires. C’est notre constitution qui n’est plus au point. La constitution dit que ce sont les partis qui animent la vie politique. Mais on n’a mis nulle part que ceux qui sont candidats doivent être issus d’un parti politique. En Côte d’Ivoire, si vous n’avez pas un parti politique, vous n’êtes pas chef d’Etat. Mais ici, nous avons adopté le multipartisme intégral. Nous avons deux cents partis et nous aurons deux cents projets de société. Voilà le désordre que nous avons, et comment financer ces partis ? Tout ça ne valorise pas notre démocratie. J’ai vu un candidat à qui j’ai demandé s’il est terrorisé puisqu’on ne l’entend plus. Il m’a répondu qu’il est tétanisé parce que les hommes d’affaires donnent dix ou vingt millions lors des meetings. La pauvreté des populations est telle qu’elles saisissent l’occasion qui se présente à elles. J’ai vu des jeunes qui m’ont dit qu’ils prennent désormais cinq mille au lieu de deux mille. C’est une vue très courte et je crois que les choses vont s’améliorer avec l’alphabétisation. C’est malheureux parce que je ne vois pas quelqu’un de raisonnable se présenter au Bénin contre ces hommes d’affaire. Il va se faire écraser. Je nourris toujours mes ambitions et je cherche toujours le bon moment pour pouvoir intervenir. Si je ne suis pas roi, je peux être un faiseur de roi. C’est ça mon objectif. On ne peut pas être forcément chef d’Etat avant de servir son pays. Gbagbo a dit que le poste de chef d’Etat n’est pas un banc mais plutôt un fauteuil. Maintenant, quand on a la foule derrière soi, cela ne veut pas toujours dire qu’on est populaire. Car quand la foule vient, vous voyez les mêmes personnes qui sont à Zè, après elles sont à Allada pour dire sollicitation, et comme elles le disent, on va croquer les légumes. Mais, ce n’est pas évident que le jour où ils vont voter, ils puissent voter pour ceux qui ont donné de l’argent. Donc, voilà un peu la situation. Je souhaite que vraiment pour les élections-là, ce soit une élection festive, que ce ne soit pas ce qui se passe où les gens se tapent dedans, mais que ce soit dans la joie, dans le respect et qu’on ait quelqu’un qui sache comment mettre notre pays sur les rails du développement et surtout faire reculer la pauvreté puisque jusque-là, la pauvreté ne recule pas.

Directeur de campagne de Boni Yayi en 2011, vous nous avez promis qu’après les élections, la croissance du Bénin passera à deux chiffres. Où en sommes-nous avec cette promesse ?


Deux choses : premièrement, ce n’est pas moi qui ai promis une croissance à deux chiffres. Non, il ne faut pas me faire mentir. J’ai le courage de mes opinions et je n’oublie pas ce que j’ai dit. Même dans dix ans, si vous me demandez ce que j’ai dit aujourd’hui, je vais vous le répéter. Je suis économiste et un économiste avéré. J’ai géré la monnaie et le crédit et je n’ai fait que ça pendant mes trente ans à la BCEAO. C’était une promesse et certains en parlaient. Mais, pour avoir une croissance à deux chiffres, il y a un certain nombre d’éléments qu’il faut réunir. La première des choses c’est l’électricité que vous n’avez pas. L’électricité, c’est le coiffeur, l’électricité, c’est le magistrat, c’est le cuisinier, mais vous n’en avez pas et vous voulez avoir une croissance à deux chiffres. Comment vous allez l’atteindre ? C’est rêver de manière béate ça.

Quel est alors le taux réel de la croissance du Bénin ?


Notre taux de croissance aujourd’hui, on vous l’a dit. Tous les espoirs étaient permis en 2008 quand en 2009, nous sommes retombé à 2,9 parce qu’il y a eu la crise énergétique. Le baril du pétrole était allé jusqu’à 150 dollars US et l’électricité, c’était un problème. En 2010, on est retombé à 2,7, parce qu’il y avait la crise financière et alimentaire. L’Etat devait tout faire pour combler le déficit alimentaire. L’Etat avait sacrifié plus de 90milliards pour faire baisser les prix des denrées alimentaire et permettre à la population d’avoir accès à la nourriture. « Ventre affamé n’à point d’oreille » dit-on. Face à cette crise, nous avons reculé. Et, ce n’est qu’en 2011 qu’on a amorcé un nouveau redressement puisqu’on était à 3,9% du PIB et en 2012, nous sommes passés à 05,2% et depuis, on a un redressement progressif qui s’annonce puisque en 2013, on est remonté à 05,6, en 2014, on a atteint 6% mais, avec le chômage des jeunes et le secteur informel qui joue toujours son rôle, au lieu d’atteindre les 6%, on est là à tourner dans les 05,7%. Pour 2015, on se dit qu’on va atteindre 05,8%. Mais, c’est déjà des taux importants puisque quand vous voyez la France, ils sont à 0,1%, les autres pays sont à 0,3% et nous, c’est en Afrique seule que nous avons encore les taux de croissance les plus élevés. Alors, en Afrique, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont atteint 9%, le Burkina Faso a même atteint une fois 11%. C’est grâce à l’exploitation de leurs mines et nous, c’est maintenant qu’on a fait le scanning de notre sous-sol. Vous vous rappelez, c’était l’année dernière. On a scanné notre sous-sol pour savoir ce qu’on a dans le sous-sol. On a du pétrole, on a de l’or, on a du bauxite, on a pas mal de choses, mais il faut du temps pour exploiter. On n’a pas construit Rome en une journée.

Est-ce que vous considérez que le régime Yayi a échoué, économiquement parlant ?


Non, moi je ne peux pas dire que le régime a échoué. Economiquement parlant, le régime devrait pouvoir faire reculer la pauvreté mais on sait que la pauvreté ne recule pas d’un seul trait comme ça. La pauvreté est teigneuse, ce n’est pas le régime seul qu’il faut accuser, mais nous tous. Nous devons nous accuser, parce que si nous ne changions pas et que nous continuons avec la corruption ambiante, le détournement, où est-ce qu’on peut aller ?
Je considère qu’il y a eu des avancées notables et vous ne pouvez pas me convaincre du contraire. Mais, il y a des défis qui n’ont pas été relevés et qu’il faut relever coûte que coûte. Les avancées, vous avez les avancées au niveau infrastructurel. Est-ce qu’on a déjà eu une seule fois une usine pour monter des tracteurs agricoles pour diminuer la pénibilité et permettre de faire plus de culture ? On est en train de le faire. Est-ce qu’on a mis en valeur la vallée du fleuve Ouémé ? Ça démarre. Vous savez combien les programmes de route sont difficiles à mettre en œuvre mais ça avance quand même. Ensuite, du point de vue aéroportuaire, l’aéroport de Tourou, difficilement on s’en sort, parce que comme les ressources ne sont pas en bloc, il faut désinstaller tout ce qui était là et réinstaller de nouveau, c’est de l’argent. L’aéroport de Glo Djigbé, qu’on a initié depuis trente ans, on a mis les Sud-africains dessus, on a triphasé, mais c’est des ressources qu’il faut avoir. Nous sommes tous pressés. Tout le monde dit, le gouvernement doit, doit, doit, mais on va réaliser ces projets avec quoi ? Nous sommes un pays pauvre et il faut le reconnaître. Nous n’avons que les impôts, la douane, et les taxes de GSM. C’est ce que nous avons. Maintenant à côté de ça, les puits de pétrole qui existent.

Quels sont les échecs du régime que vous reconnaissez vous-même ?


Là où il y a eu peut-être des échecs, nous avons fait un projet pour l’électricité mais le temps n’a pas suffi. Regardez le barrage d’Ajarala, dans le cadre de la CEB. Moi, j’étais en avant-garde avec le Togo. Tout était élaboré et devrait être signé depuis fin 2014 et il faut quatre ans pour le réaliser et si on ne le fait pas maintenant, il y a le temps qui passe, quand est-ce qu’on va le réaliser ?

Deuxième échec ?


Ecoutez, je ne vais pas me mettre à aligner des échecs. Ce que je considère le plus comme échec, c’est la gestion de notre système éducatif. Notre système éducatif fabrique à 90% pour le chômage, puisque ça forme pour l’enseignement général. Il faut reformater tout le système et l’orienter vers le secteur technique, professionnel et entrepreneurial. L’Etat peut embaucher combien ? Aujourd’hui l’administration n’a que 68500 agents. Combien l’Etat peut embaucher ? Je pense qu’il faut aller vers l’auto-emploi. Le chômage des jeunes est un échec pour le gouvernement. Mais quel est le pays qui a pu vaincre le chômage des jeunes ? C’est un problème mondial. Il faut se donner la main pour trouver les solutions. Ensuite, le secteur informel. Le secteur informel grossit. Le pétrole, la Sonacop qui participait au budget national à 20% au moins, aujourd’hui la Sonacop ne participe plus, le Kpayo a pris du terrain et c’est l’Etat qui subventionne la Sonacop. Ça aussi, je le considère comme des échecs. Il y a des choses qu’on ne peut pas négliger mais qu’on devrait pouvoir faire. Ensuite, en matière d’infrastructure. On a dit qu’on va réaliser le port en eau profonde de Sèmè. C’est un port dont on a besoin puisque si on a un port en eau profonde, on peut faire venir de grands bateaux et fluidifier le transport. Là on a besoin d’une profondeur de 20 mètres, alors que le tirant d’eau que nous avons, c’était de 12m et on est en train de tout faire pour aller à 15m malgré les travaux confortatifs qu’on est en train de faire. Et, ça également, on n’a pas eu à le réaliser comme on aurait souhaité.

Que dites-vous des scandales financiers sous Yayi Boni ?


Vous savez, on a un système de compte qui est l’IGE qui a fait des audits. Une cinquantaine de dossiers dans lesquels il y a eu réellement des actes de détournement et autres. Mais, nous sommes dans une situation où on a séparé le pouvoir législatif du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif. Donc, ce sont les magistrats ou la justice qui doit accompagner. Mais la justice n’est pas toujours au rendez-vous. Alors, quand on a envoyé les dossiers de l’IGE, la justice dit non, il faut retourner les dossiers à l’Officier de Police Judiciaire pour que l’enquête préliminaire puisse prendre corps. Ils ont dit bon, l’enquête n’a pas été faite, il faut donc des ressources. On a décaissé les ressources mais l’enquête n’a pas avancé non plus. Donc, la lutte contre l’impunité doit nous servir de boussole. Si quelqu’un commet et qu’on sanctionne je suis sûr qu’on ne serait pas à ce niveau-là. Mais, ce n’est pas l’exécutif seul qui doit jouer ce rôle, il faut reformer la justice pour avoir une nouvelle dynamique pour qu’on prenne des décisions hardies, sinon, l’impunité va demeurer. Voilà des éléments où je dis qu’il y a problème. Pour l’école il y a problème et il faut qu’on arrive à prévenir les grèves. C’est les grèves qui font que l’école ne peut pas avoir un enseignement de qualité. Puisque les enseignants veulent toujours un peu plus. Vous donnez le bras, ils veulent l’avant-bras. On ne peut pas dire que les enseignants n’ont pas été gâtés par le gouvernement quand même. Que ce soit de la maternelle, le primaire ou à l’université, les salaires ont pratiquement été multipliés par deux. Vous avez vu l’échec massif qu’on a eu au niveau de certains examens. Il y a que la qualité des enseignants se pose et c’est au nord que j’ai vu un cas, on les appelle des enseignants multigrades. Ce n’est pas possible. C’est-à-dire que le même enseignant tient trois classes à la fois, comment il pourra s’en sortir. Et, ensuite, j’ai vu des salles de classe tout près d’ici à Ganvié où dans les salles, on voit 107 élèves pour un seul enseignant. Quel enseignement voulez-vous qu’il donne à ce monde-là et les bancs qui sont faits pour deux élèves, on entasse jusqu’à quatre. C’est déjà un bon résultat le fait que tout le monde puisse avoir un accès universel à l’enseignement primaire. Mais, il va falloir revoir la gratuité, revoir la politique en la matière et qu’on travaille pour la qualité sinon, ça ne va pas. Aujourd’hui on a besoin de douze mille salles de classe et de onze mille enseignants sinon, il y a problème et donc, il faut reformater cela. Deuxième élément, nous avons un taux de croissance démographique très fort. Nous sommes passés de 3,25 à 3,50. A cette allure, la population en vingt ans va doubler. Et ça pose le problème de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Vous savez que la qualité nutritionnelle joue sur la qualité des enfants. Quand on prend un enfant en Afrique par rapport à l’Europe, le développement est plus accéléré en Europe que chez nous parce que la nourriture n’est plus une nourriture de bonne qualité et ça joue sur leur avenir aussi. En plus de ça, la croissance est élevée, si on ne met pas un système d’accès au planning familiale, ce n’est pas pour réduire les naissances mais il faut que nous contrôlions un peu notre croissance démographique. Si on n’arrive pas à la contenir, c’est insoutenable. Ça veut dire que ça crée les problèmes de nourriture, et c’est pourquoi notre agriculture, il faut vraiment la développer. Ça crée des problèmes de chômage, parce que les jeunes qui viennent, il faut qu’ils aient du boulot, ça crée des problèmes d’insécurité, les gaymans vont se multiplier, ça crée les problèmes d’urbanisme. C’est-à-dire dans nos villes, les gens vont se rassembler dans les bidonvilles et c’est ça qui donne les Djihadistes que nous voyons. Les Djihadistes, les terroristes recrutent parmi les jeunes. On leur fait voir des choses puis ils deviennent des Djihadistes. En plus de ça, il nous faut des lieux de loisir. Quand le paysans quitte son champ, il y va à 07h, il finit à 11h voire 12h. Il revient chez lui, pas de football, pas de loisirs, il n’y a rien pour l’occuper. Il prend sa femme et il y va. Résultat, il a plein d’enfants. On a dit que c’est gratuit maintenant, non ? Il envoie les enfants à l’école et il croise les bras, les enfants n’ont même pas de sandale à porter. Dans les villages du millénaire que j’ai suivis à Banikoara et à Founougo au nord, je leur ai acheté des kits scolaires, créé des cantines et mis à la disposition des établissements des documents. Mais, à la longue, comment on va s’en sortir ? Ça pose le problème de la séparabilité à terme et chacun doit s’interroger là-dessus. Regardez la gratuité de la césarienne par exemple. On a pris 48 centres hospitaliers. On a dit la césarienne c’est à 100.000 (cent mille) comme c’est gratuit, dès que les femmes arrivent, les médecins ne veulent plus faire pousser, on coupe seulement puisque c’est gratuit.

Votre dernière rencontre avec le chef de l’Etat, ça date de quand ?


Non, nos relations sont très bonnes. Elles étaient bonnes, elles sont bonnes et elles resteront toujours bonnes. En toute relation humaine, il y a des hauts et des bas. Notre dernière rencontre, c’était chez le Général Mathieu Kérékou, lorsque le Général est décédé, on s’est vu là-bas, on s’est parlé. Il n’y a rien de grave. Nous étions amis depuis 38 ans, lui-même dit depuis 40 ans et notre amitié ne sera jamais trahie. Maintenant, il peut y avoir de petits problèmes, mais l’amitié demeure et ce n’est que ça. Même entre frères, on se chamaille, on se donne des coups de poing puis après on continue, c’est ça. En toute relation humaine, il y a des hauts et des bas et moi, je ne me plains pas.

Vous faites partie de ces députés qui ont voté contre la levée de l’immunité du député Barthélémy Kassa. Pourquoi ce choix ?


Voilà, j’apprécie votre question et ça me donne l’occasion de me justifier. La levée de l’humilité de Kassa, était une précipitation non justifiée parce que Kassa peut être écouté comme témoin comme vous aussi pouvez être écouté comme témoin, on n’a pas besoin de levée d’immunité. Ça c’est l’enquête préliminaire. Deuxièmement, l’audit c’est un document administratif, ce n’est pas un document judiciaire. Comment à partir de l’audit on dit qu’il faut lever l’immunité ? Ça ne se fait pas. C’est ne pas connaitre les textes, c’est ne pas connaitre les principes. Le gouvernement s’est précipité pour rien. Donc on a dit, on ne va pas lever l’immunité à cette étape-là. On attend que le juge qui a pris le rapport qui a été établi approfondisse ses enquêtes, les collaborateurs étant toujours en prison. Et puis, s’il se présente devant la chambre d’accusation, le tribunal va demander qu’on lève l’immunité de Kassa et on va le faire. Parce que là il y aura des faits établis. Jusque-là tout accusé est présumé innocent. Pourquoi voulez-vous que pour que la police judiciaire vous écoute, il faut aller lever l’immunité ? Ça c’est de la poudre jetée aux yeux. C’est pour ça que moi j’ai voté carrément non. Ça ne vaut pas la peine, c’est tout. Mais ça ne veut pas dire que la lutte contre la corruption n’est pas forte.

L’impression que cela donne c’est qu’en réalité vous donnez un blanc-seing à tout ministre, à tout cadre qui aurait détourné ?


Non, non ça c’est une impression que vous avez. Moi je suis certain que si les éléments sont établis, nous irons au bout. Le dossier est toujours en cours ce n’est pas enterré. On ne peut même pas l’enterrer, car les Pays-Bas nous guettent. Dans la mesure où il y a des gens qui sont arrêtés, la probabilité que Kassa se présente est toujours là. Le régisseur est là, le comptable, ainsi de suite. Et donc l’affaire doit être jugée. La justice est lente mais souvent efficace.

Pour un technicien du dossier, le rapport Kroll a révélé que les différents forages d’eau ont été faits dans la région du Chef de l’Etat et de Barthélémy Kassa, à Matéri et consorts. Qu’en dites-vous ?


Non, ça c’est des accusations gratuites. C’est vrai que le Chef de l’Etat qui est préoccupé par le fait de donner de l’eau potable aux populations, parfois il arrive dans des zones et prend des décisions. Moi, ce que je connais, c’est la zone de Zè. Pour aller là-bas, la seule route qui y mène est dégradée, les gens n’ont pas de l’eau potable, ni de l’électricité. C’est difficilement que ça vient. Par un cri de cœur, l Chef de l’Etat dit « faites-moi vingt forages ». Ce n’était pas prévu dans le programme. Il revient au comité qui est chargé de faire cela d’établir les urgences et voir comment les choses vont se passer. On ne va dire que cela est un détournement. Enfin quand je dis détournement de budget, le crédit est là. Mais étant donné qu’on constate que ces trucs sont là, en principe il n’y a pas de problème. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’autres magouilles.

En tant qu’économiste, quelle analyse faites-vous des propos du candidat Abdoulaye Bio Tchané qui estime qu’une fois au pouvoir, il pourra rembourser tous les spoliés de Icc- Services ?


Attention, attention ! Il n’a pas dit qu’il va payer tous les spoliés. Il dit qu’il va dédommager et il demande aux autres candidats de se prononcer. Mais, il faut connaître l’état du dossier. Moi, c’est un dossier que j’ai suivi quand j’étais encore à la BCEAO. Deux choses à considérer. Le cas Icc-Services et consorts. Il faut d’abord voir les consorts. Là, c’est un certain nombre de structures qui sont venues à partir d’une religion. D’autres en ont les ressources et ont remboursé intégralement les déposants. Ils sont nombreux. Maintenant, c’est le cas Icc même, c’est des gens qui sont venus de la Côte d’Ivoire où ils ont semé la même chose. Ils ont semé la confusion. Quand vous les interrogez, ils disent qu’ils ont eu quinze mille déposants. La commission ministérielle a introduit une enquête pour demander à tous ceux qui ont des preuves de venir. Les gens ont falsifié des preuves et on a recensé près de cent cinq milles déposants. Entre quinze mille et cent cinq mille, qui vous allez rembourser dans ce beau monde-là ? On a mis la main sur les ordinateurs, ils les ont touchés aussi. On a saisi des maisons, mais elles ne sont pas inscrites au nom des gens d’Icc Services. Les notaires disent qu’il faut les rétablir en leur nom avant qu’on puisse les vendre. Aujourd’hui, nous avons un milliard deux cent millions de FCFA dans un compte au Trésor. Mais on se demande bien qui il faut rembourser, qui il ne faut pas rembourser. Dans la mesure où les gens ont semé la confusion en augmentant le nombre de déposants par des gens qui ne sont pas de réels déposants. Donc, c’est un dossier qui est devenu judiciaire et il faut que la justice fasse son travail. Si la justice tranche, on peut dire que les vrais déposants, les voilà. Là, les autres, c’est des faux. Dans ce cas-là, on peut dédommager. On ne peut pas dédommager à cent pour cent puisque c’est un cas grave. C’est malheureux pour nos propres concitoyens qu’on a spoliés de cette manière-là. Mais eux aussi, ils ont pris des risques. Les banques sont là, les coopératives de crédit sont là et on dit vous déposez, vous avez le double pendant un temps, ils ont pris des risques. Vous savez qu’en Côte-d’ Ivoire, on n’a pas dédommagé des gens. Gbagbo avait dit, et celui qui dépose, et celui qui reçoit, moi je les sanctionne tous et les gens sont partis et c’est terminé. Maintenant, ici on dit qu’on va dédommager, c’est très bien mais il faut purger la liste et savoir ceux qui sont les vrais déposants. Donc, c’est un traquenard, et il faut faire très attention pour ne pas s’enliser.

Maintenant, est-ce que c’est possible ?


C’est possible. A cœur vaillant, rien d’impossible. Mais il faut que les gens d’Icc-Services collaborent. Qu’ils puissent dire nous, au moment où on nous arrêtait, voilà la liste réelle des déposants. Les gens qui ont glissé des noms et qui ont allongé la liste, on doit les sanctionner s’il le faut. Maintenant si on a la vraie liste, même si c’est à hauteur de 10% ou même 15%, qu’on les rembourse comme on a remboursé pour les autres structures. Les gens de Icc-Services sont dangereux. Ils ont semé la confusion dans les listes. Même si vous avez cette liste-là, qui allez- vous rembourser qui n’allez- vous pas rembourser ? Voilà le vrai problème.

Nous sommes à la veille des élections présidentielles et deux hommes d’affaires que vous connaissez très bien se sont lancés dans la bataille et ont pris d’assaut les quartiers et les villages du Bénin. Que pensez-vous de ce phénomène qui prend du terrain ?

Là, moi j’ai trois choses à dire. Une, la constitution leur permet de se présenter. Deux, ce ne sont pas des gens qui ont l’esprit partisan et n’étaient pas dans les partis politiques, mieux, ils collaboraient avant. Aujourd’hui, brusquement, ils disent qu’ils veulent être Chef d’Etat. Moi je n’ai pas appris en France que Bouygues veut être candidat ou bien même Bolloré. Et donc, il faut que les hommes d’affaires restent hommes d’affaires dans leur domaine, qu’ils fassent prospérer le pays et que de par leur travail, ils créent des emplois par ci par là. Mais, lorsqu’ils veulent faire le pas pour aller en politique, attention, c’est grave. Je n’ai rien contre eux, mais le pouvoir de l’argent, l’argent qu’on nous jette et que les gens trouvent facilement, ça nous fait détourner des vrais objectifs que nous avons. C’est même grave pour la sous-région. Si les hommes d’affaires arrivent à avoir le pouvoir ici, ça va se propager dans la sous-région. Quand vous êtes homme d’affaire, ce serait mieux que vous restiez dans votre milieu. Faites vos affaires, faites du social, faites de l’humanitaire en faisant reculer la pauvreté, en créant des emplois, c’est déjà très bien. On n’a pas besoin d’être chef d’Etat avant de servir son pays. Maintenant, les partis politiques, il faut qu’on puisse les revigorer. Que ce soit de vrais partis politiques et non des clubs électoraux. Que ces partis puissent avoir des projets de société, qu’ils forment leurs adhérents et que ceux-là soient de vrais leaders capables de faire des innovations et de traduire ceci en action. Quand vous n’êtes pas de vrais leaders, vous allez échouer, il n’y a rien à faire. Donc, je répète, les hommes d’affaires peuvent y aller, mais il n’est pas évident qu’ils aient pris vraiment le bon chemin. Ils peuvent appuyer les partis politiques sur le terrain, arriver à orienter un peu les choses. Mais eux-mêmes se mettre devant et en sortant des milliards et des milliards, non. Actuellement, je vous dis que les politiciens même sont terrorisés. C’est la terreur et la dictature de l’argent. Face à cette dictature là, si vous avez été ministre et que vous n’avez pas volé suffisamment, qu’est-ce que vous pouvez faire ?

Donc, quand on est ministre, on a l’occasion de voler ?


Non, j’ai dit, quand vous avez été efficace, que vous avez respecté l’éthique, vous ne volez pas, vous n’avez pas de gros moyens. Comment pouvez-vous lutter contre les hommes d’affaires qui ont eu le temps de s’enrichir ? Celui qui prend l’argent chaque fin du mois, ne peut pas tenir tête aux hommes d’affaires qui ont de gros marchés et qui ont assez de sous. Or, nos populations, actuellement, veulent bouffer. Moi je dis, il y a des deniers publics que des gens ont gagnés facilement, parce que l’argent qu’on gagne à la sueur de son front, on ne le donne pas comme ça. Donc, ils n’ont qu’à bouffer. Mais le jour où on doit voter, ils doivent savoir que c’est un vote qui détermine l’avenir du pays, l’avenir de leurs enfants, les emplois, le secteur informel, ainsi de suite, il faut en tenir compte. Qu’est-ce qui nous manque actuellement dans ce pays ? Nous n’avons pas une administration de développement. L’administration, ça ne va pas. Or, pour que les infrastructures, les projets réussissent, il faut d’abord avoir cette administration, des ressources humaines de qualité. Si nous ne l’avons pas, on va continuer comme ça et c’est ça le grand problème. Et donc moi, pour me résumer, je ne suis pas contre les hommes d’affaires, mais quand ils choisissent un créneau, qu’ils restent dans ce créneau. Entre nous, c’est ce qui serait souhaitable.

Depuis 40 ans que vous êtes amis, qu’est-ce que vous aimez spécialement chez le chef de l’Etat, Boni Yayi ?

Lui et moi sommes des amis de très longue date. C’est à travers cette amitié qu’il a trouvé sa femme. Donc quand les gens parlent, je leur dis qu’ils ne maitrisent rien. Boni Yayi était quelqu’un de très humble. C’est cette humilité qu’il tente à tout prix de prouver. Mais, à travers cette humilité, pour qu’il change de face c’est très rapide chez lui.

Il ne supporte pas la contradiction ?


Bon, comme les chefs, parfois il se dit « Kabiési »(Roi), il ne supporte pas toujours qu’on lui apporte trop la contradiction. C’est donc à vous de savoir comment gérer avec lui.

Il parait que dans ses plus grandes colères, vous êtes le seul à l’affronter ?

C’est vous qui le dites. Mais je sais qu’en tant qu’ami, quand les dossiers atteignent un certain niveau, il vient me voir pour m’écouter. Il est arrivé des fois qu’il m’ait appelé, puis fâché, j’ai claqué la porte. Mais le lendemain, à 6heures du matin, c’est lui qui m’appelle pour me demander d’oublier ce qui s’est passé. Et moi j’aime cela.

Carte d’identité: Humble malgré tout

Marcel de Souza se définit d’abord comme un spécialiste de la monnaie et du crédit. C’est toute sa carrière à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui est ainsi déclinée. Mais l’homme estime aussi être un symbole de l’unité nationale. D’un père originaire de Ouidah et d’une mère native de Djougou, Marcel de Souza est né en 1953 à Pobè, ville qu’il considère « effectivement » comme chez lui. Mieux encore, il a fait l’essentiel de ses études à Cotonou. D’abord à l’école primaire Gbégamey Sud (en face du Collège Notre Dame). CEP en 1965, BAC série C en 1973 au Collège Aupiais qu’il a fait de la 6ème en Terminale. Ce fut ensuite l’Université de Dakar (aujourd’hui, Université Cheik Anta Diop). « C’était la seule université de l’Afrique de l’ouest francophone à l’époque», se rappelle-t-il. Sa maitrise en gestion des entreprises en poche, il passe le concours de la BCEAO où il est recruté en 1978, comme un certain Boni Yayi ou Christian Adovèlandé, actuel patron de la BOAD. Lorsqu’on lui demande de raconter son parcours au sein de la Banque Centrale, il montre un brin modeste. « Avec de la chance, j’ai eu un parcours vraiment élogieux. Parce que déjà à 26 ans, j’étais chef de service où je gérais près de 60 personnes. C’était dans un guichet de la BCEAO à Parakou. Et j’avais très peur. Puisque c’est des postes que vous occupez à partir de 39 ans ». Chef de service administratif, chef de service de crédit, contrôleur, c’est-à-dire directeur financier, Marcel de Souza a occupé les postes les plus décisifs de cette grande institution avant d’en être directeur central au niveau du siège à Dakar puis directeur de l’agence principale de Cotonou (pendant 4 ans). En tant que directeur national de la BCEAO, il reconnait que les montants qu’il gérait étaient énormes. « Je gérais régulièrement 1000 à 1500 milliards de FCFA. » C’est au bout de ce parcours qu’apparait la politique, avec l’élection de son « ami de 38 ans », Boni Yayi. Car l’homme a appris à cultiver la modestie et l’humilité. « Et chaque fois que j’ai une promotion, se souvient-il, ma mère m’appelait et me disait ceci : « Saches que tu es au service des autres. Tu te mets à genou devant ton Dieu et devant les autres». Donc, il faut s’abaisser. Car, qui s’abaisse sera élevé et qui s’élève sera rabaissé. » C’est certainement pourquoi, malgré la politique et ses péripéties, l’ancien cadre de la BCEAO reste solidement attaché à sa dignité. « Moi, ma dignité je ne la vends pas. Des milliards contre ma dignité, je choisis ma dignité. Si vous n’êtes pas digne, vous avez tout perdu. C’est pour cela que moi je dis que je ne me vends pas ».

Intimité: Une et une seule femme

Marié et père de six enfants, Marcel de Souza est déjà grand-père. Pour lui, il faut se contenter d’une seule femme si l’on veut vivre heureux. « Il faut décorer ceux qui ont quatre cinq femmes », avoue le banquier. A table, il préfère les mets béninois. Sauce légume à la bonne pâte de maïs comme tout bon Béninois, et il est satisfait. En dehors des sucreries, l’homme préfère de l’eau minérale. « Je n’aime pas l’alcool et je ne fume jamais, » dit-il. Ancien président de la fédération béninoise de natation, il a aussi fait du basket au collège ainsi que le judo Shotokan.

Source : L’Evènement Précis

BENIN : Les révélations exclusives de Marcel de Souza sur ses années avec Boni Yayi
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