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04/01/2016

BENIN : Une fin de règne tumultueuse qui résume l’absence d’une autorité morale dans le pays

Par Benoît ILLASSA

Ce premier weekend de l’année 2016 aura montré la déliquescence du tissu social et politique au Bénin. Vingt-cinq ans après l’historique Conférence Nationale des forces vives de la nation, tous les signaux sont au rouge. Signes évidents de l’absence d’une autorité morale dans le pays. Pendant dix ans, Boni YAYI et les change-menteurs ont liquidé tout dans le pays. Les politiques sont cantonnés dans un rôle peu reluisant de mendiants, lorsqu’ils ne sont pas liquidés purement et simplement. Les chefferies traditionnelles et le clergé sont manipulés et, de ce fait, ont perdu tout rôle de régulateur de la société. Quant à la Société civile, l’argent et le clientélisme ont fini de les saborder.

Au Burkina Faso, ils ont leur Mogho Naba, le roi des Mossis que toutes les populations respectent. C’est donc logique que dans ce pays voisin, malgré la révolte populaire qui a chassé le dictateur, la transition démocratique se passe très bien. L’union sacrée de ce peuple a même permis de faire échec à un push, les mains nues.

Au Bénin, le délitement de la classe sociopolitique est perceptible, même par la horde des analphabètes maintenus en laisse comme du bétail électoral. Et voici un Etat républicain qui se permet de pondre un message gouvernemental pour répondre à un député de base, qui n’est même pas chef d’un parti politique. Le parallélisme des formes ferait sourire si on n’était pas dans un pays qualifié jadis de quartier latin de l’Afrique. Aussi bien dans le fond que dans sa forme, la réplique gouvernementale à l’élu de Parakou montre le degré zéro de la politique et le niveau de caniveau des intellectuels apatrides béninois moulés dans la « ventrocratie ». Comme dans « GERMINAL » d’Emile ZOLA, Boni YAYI est devenu « le dieu repus et accroupi, auxquels les mineurs donnaient tous leur chair ». Ici, il s’agira de remplacer « mineurs » par intellectuels tarés !!!

C’est dire que, tout ce à quoi on assiste actuellement au Bénin, à deux mois d’une échéance capitale et à trois mois d’une alternance obligatoire, n’honore personne. Ni les gouvernants actuels, ni tous ceux qui aspirent à leur succéder. On croyait le travail d’Hercule terminé avec le Président Nicéphore SOGLO. On découvre que, dix ans de gestion de pouvoir dans l’opacité la plus totale, ont maintenu le pays dans une sorte d’anesthésie générale. Tous les grands partis politiques du pays sont dans le couloir de la mort. Ils attendent, dans des calculs et une onomatopée délirante, qui viendra les délivrer avec des sacs de jute remplis de billets de banque. Ils n’ont cure de l’intérêt général. Tout ce qui les préoccupe, c’est bien leur ventre.

Sous d’autres cieux, on dirait non-assistance à un peuple en danger. Vivement que les populations s’approprient les projets de société des candidats courageux qui, malgré les difficultés, ont décidé de se lancer dans l’arène. Dieu reconnaîtra les siens. A défaut, le diable aussi veille.

IB

BENIN : Une fin de règne tumultueuse qui résume l’absence d’une autorité morale dans le pays
Tag(s) : #EDITORIAL

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