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Politique Béninoise

Mercredi 27 février 2013 3 27 /02 /Fév /2013 20:39

BENIN - Thomas Boni Yayi : "En 2016, Bozizé et moi, la Bible à la main"

 

 

26/02/2013 à 07h:57 Par Malika Groga-Bada

 

 

 


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En 2016, je serais heureux d'avoir un ami ancien chef d'E‰tat prêt, comme moi, à prendre sa bible pour parcourir les contrées et prêcher l'E‰vangile.

Thomas Boni Yayi, président du Bénin

 

 

Le chef de l'État béninois l'assure : il ne cherchera pas à se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat en 2016. Sexagénaire, Thomas Boni Yayi envisage de se retirer de la vie politique pour vivre sa foi. Interview d'un président de la république qui veut tourner la page d'une année mouvementée.

 

L'année 2012 fut, pour le président béninois Thomas Boni Yayi, une année compliquée. À peine avait-il été nommé à la tête de l'Union africaine (UA) qu'il devait gérer l'élection - mouvementée - du nouveau président de la Commission de l'UA. Ce fut ensuite la guerre au Mali, une énième rébellion en RD Congo puis en Centrafrique... La politique béninoise ne lui a pas non plus laissé de répit, puisqu'en octobre dernier l'homme d'affaires Patrice Talon, dont il était autrefois proche, était accusé d'avoir voulu l'empoisonner... Aujourd'hui, Boni Yayi a quitté la présidence de l'UA et affirme envisager son retrait de la vie politique, en 2016, avec sérénité. Rencontre avec un chef d'État qui, à 60 ans, dit avoir hâte d'arpenter le monde « une bible à la main ».

Jeune Afrique : N'est-il pas gênant que la France, l'ancien colonisateur, soit en première ligne au Mali ?

 

Thomas Boni Yayi : Ce n'est pas la question : la lutte contre le terrorisme est de la responsabilité de tous, et la France est intervenue à la demande des autorités maliennes. Il fallait absolument stopper l'avancée des terroristes.

 

N'est-ce pas la preuve que l'Afrique a du mal à gérer ses propres crises ?

 

Non. Ce n'est pas la bonne volonté qui nous a manqué, ce sont les moyens. Prenez l'exemple du Bénin : nous nous sommes engagés à envoyer 650 soldats au Mali [environ 250 sont déjà sur place, NDLR]. Mais comment les équiper ? Comment les transporter sur le terrain ? C'est un problème que nous avons tous.

 

Faut-il, en plus des soldats de la Misma, la mission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), envoyer des Casques bleus au Mali ?

 

Cela permettrait sans doute un déblocage plus rapide de financements internationaux et une meilleure coordination des efforts. Pour le moment, la France est très seule : elle a plus de 4 000 militaires sur place, elle a dépensé près de 70 millions d'euros... Ce n'est pas juste. Nous sommes tous concernés.

 

Que fait-on du capitaine Amadou Sanogo, l'ancien chef des putschistes du 21 mars, toujours très influent à Bamako ?

 

Je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut qu'il retourne dans sa caserne. Mieux, qu'il aille au front, là où on a besoin de soldats. C'est bien pour ça qu'il a pris la tête d'un coup d'État, non ?

 

Il semblerait qu'il se cherche à présent une porte de sortie honorable...

 

Mais la porte est là, grande ouverte ! On m'a dit qu'il dirigeait le Comité militaire de suivi des réformes de l'armée, bien. Mais pour ma part, je pense qu'un militaire qui manque à ses devoirs doit être sanctionné ; il y a des règles dans l'armée pour cela.

 

En tant que président de l'Union africaine (UA), vous avez rencontré votre homologue centrafricain, François Bozizé, fin décembre, alors qu'il était confronté à une rébellion armée. Comment l'avez-vous convaincu de ne pas se représenter en 2016 ? En lui citant votre propre exemple ?

 

Le président Bozizé est un homme mesuré. Lui et moi sommes tous les deux évangéliques, et je lui ai parlé en tant que frère. Je lui ai conseillé de rassurer ses compatriotes et la communauté internationale quant à son intention de ne pas modifier la Constitution pour se représenter à la présidentielle. Et c'est vrai que je lui ai dit qu'en 2016 je serais heureux d'avoir un ami ancien chef d'État prêt, comme moi, à prendre sa bible pour parcourir les contrées et prêcher l'Évangile.

 

Le président béninois (à dr.) et son homologue centrafricain, à Bangui

© Sia Kambou/AFP

 

En quittant la présidence de l'UA, fin janvier, vous avez dénoncé la confusion qui règne à la tête de l'organisation. Aviez-vous des dissensions avec la présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma ?

 

Pas du tout. Mais on m'a confié la maison pendant un an, et j'ai pensé qu'au terme de ce mandat il était important de soumettre mes idées pour en améliorer le fonctionnement. Plusieurs choses ne marchent pas et nous devons revoir nos textes fondateurs pour les rendre plus conformes aux défis qui nous attendent. Pour que l'on sache bien aussi comment se répartissent les rôles au sein des organes directeurs de l'organisation.

 

Vous avez été reçu par François Hollande, le 6 février. Avez-vous évoqué avec lui le cas de Patrice Talon, que vous accusez d'avoir voulu vous empoisonner et dont la justice béninoise réclame à la France l'extradition ?

 

Non. Je suis allé parler de la stabilité du continent. Le sujet Patrice Talon est subsidiaire. Je n'en ai parlé ni au chef de l'État, ni au Premier ministre, ni au ministre des Affaires étrangères... Je suis bien au-dessus de tout cela.

 

Mais vous portez de très graves accusations contre lui...

 

Soyons clairs : Patrice Talon s'est réfugié en France parce qu'il fait l'objet de poursuites pour malversations au Bénin. Depuis la France, il est entré en contact avec ma nièce, que je considère comme ma fille [Zoubérath Kora-Séké], et mon médecin personnel [Ibrahim Mama Cissé ; tous deux sont en prison à Cotonou]. Il leur a promis 2 milliards de F CFA [plus de 3 millions d'euros] pour m'empoisonner, ils ont avoué !

Aucune révision ne touchera aux quatre principes hérités de la Conférence nationale : la laïcité, le régime démocratique, l'âge maximal des candidats et la limitation du nombre de mandats.

Thomas Yayi Boni, président du Bénin

N'en voulez-vous pas à Patrice Talon parce qu'il aurait refusé de vous aider à tripatouiller la Constitution afin de briguer un nouveau mandat ?

 

C'est n'importe quoi ! Les députés béninois qu'il m'accuse d'avoir voulu soudoyer ne sont pas des moutons. Aucune révision ne touchera aux quatre principes hérités de la Conférence nationale : la laïcité, le régime démocratique, l'âge maximal des candidats et la limitation du nombre de mandats. En réalité, il s'agit d'une manoeuvre d'intoxication. Patrice Talon essaie de me discréditer, mais le fond du problème est que ce monsieur voulait faire main basse sur l'économie du Bénin. Il a évincé tous ses concurrents de la filière coton. Au port de Cotonou, sa société Bénin Control SA gérait le contrôle, le scanning et le tracking des marchandises. Là encore, la famille portuaire ne veut plus en entendre parler. En plus, la Direction des marchés publics a cassé ce contrat après avoir constaté des irrégularités. Lorsque j'en ai discuté avec lui, tout ce qu'il m'a dit est qu'il voulait « sauvegarder [ses] acquis »...

 

On doit donc vous croire : vous ne rempilerez pas en 2016...

 

Je l'ai dit à mes pairs africains lors de mon investiture en 2011. Je l'ai dit à Barack Obama, à Nicolas Sarkozy, à François Hollande et même au pape ! Il faudrait que je sois stupide pour me dédire après toutes ces déclarations ! Et puis dix ans à la tête du Bénin, ce ne sont pas des vacances ! Dieu nous a faits avec des limites ! Je vous le dis : je compte les jours qui me séparent de la fin et je n'aspire qu'à une seule chose : être heureux en me rapprochant de mon Dieu. Le 5 avril 2016 à minuit, avec respect et gratitude, je remercierai le peuple béninois pour sa confiance et je partirai.

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Propos recueillis par Malika Groga-Bada



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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 18:58

 26 Février 2013

 

 

BENIN– CCIB : Yayi Boni va-t-il suivre « le yovo béninois » Gnonlonfoun et laisser mourir la CCIB d’hydropisie comme Judas Iscariote ?

 

 

Par Benoît ILLASSA

 

 

Selon James Freeman CLARKE, « La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération »

 

En proposant au Chef de l’Etat d’annuler purement et simplement le processus électoral en cours à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, Joseph Gnonlonfoun ne pense pas à la prochaine génération mais, il se comporte plutôt en politicien irrationnel.« Nous avons estimé qu’il vaut mieux qu’on arrête les dégâts, que le gouvernement prenne ses responsabilités en demandant de reprendre l’opération en mettant les opérateurs économiques eux-aussi devant leur responsabilité » fulmine-t-il.

 

Alors président de la CENA (Commission Electorale Nationale Autonome), le même Gnonlonfoun dira, lors d’une cérémonie officielle à Cotonou le jeudi 17 février 2011 :

 

« Nous voulons que la campagne électorale 2011 ne se transforme pas en combat de gladiateurs. Et vous devez le dire à vos militants si tant est qu’ils combattent en votre nom pour une cause juste ». Il s’adressait aux candidats alors que des contentieux étaient signalés dans le processus électoral.

 

Pourquoi ce qui était bon hier ne l’est plus aujourd’hui ? A la CCIB, nous sommes en présence d’une élection consulaire. A la CENA, nous étions en présence d’une élection présidentielle. Parallélisme des formes oblige, le magistrat honoraire qu’est Gnonlonfoun doit expliquer au peuple béninois sa versatilité en présence de deux élections, certes différentes par leur nature, mais identiques selon les griefs des adversaires du processus.

 

A la CENA, le contentieux entre le pouvoir et l’opposition portaient essentiellement sur la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI). Les partis de l’opposition dénoncent les fraudes dans la mise en œuvre de cet outil électoral. Selon l’Union fait la Nation et la coalition ABT, plus d’un millions de personnes n’ont pas été enrôlées et ne pourront donc pas voter. Ils n’ont jamais demandé l’annulation du processus électoral, mais plutôt son report.

 

A la CCIB, on rencontre les revendications identiques. Que le président de la Commission Electorale Consulaire (CEC) ne s’entende pas avec certains membres de la commission justifie-t-il la solution radicale de l’annulation ?

 

Bien sûr que non. La CENA et la CEC sont des organes indépendants chargés de la gestion transparente et efficace des processus électoraux. Affirmer que le Bénin sort d’élections fortement contestées avec la CENA est un secret de polichinelle. En effet, au contexte politique surchauffé et inapproprié au dialogue, s’est greffée la remise en cause constante et soutenue de chaque étape. Par ailleurs, les critiques étaient devenues progressivement très acerbes à l’endroit de la CENA aussi bien de la part des acteurs politiques, de la société civile que des citoyens ordinaires. Malgré tous ses soubresauts, la CENA des miracles a tenu bon avec son extrême politisation. Pourquoi refuse-t-on d’accorder le même bénéfice à la CEC ?

 

Gnonlonfoun nous assène que « Les représentants des opérateurs économiques qui siègent au sein de la Commission Electorale ont été désignés par le bureau transitoire de la CCIB alors que les nouveaux statuts indiquent qu’ils doivent être désignés par le bureau de la CCIB). Un des principes généraux du droit nous enseigne le principe de la non rétroactivité de la loi. De surcroît, c’est le serpent qui se mord la queue. Comment les membres de la CEC peuvent-ils être issus du bureau de la CCIB qui n’existe plus depuis belle lurette ? C’est justement pour pallier cette carence que les élections sont organisées. C’est ici le lieu de rappeler que le processus de désignation des opérateurs économiques par le comité transitoire a duré trois mois !

 

En réalité, Gnonlonfoun qui n’a procédé à aucune investigation, a seulement rencontré l’une des parties en conflit pour inciter le Chef de l’Etat à aller contre les intérêts du peuple béninois. Il a privilégié les intérêts partisans au détriment de l’intérêt général. On ne va pas séparer deux gamins qui se battent en giflant l’un d’entre-eux.

 

 

Yayi Boni ne doit pas faire siennes les recommandations de ce rapport controversé et édulcoré

 

 

Nous sommes partout à la traîne et, malheureusement, nous n’en sommes pas conscients. La France dont nous avons hérité les pratiques institutionnelles et judiciaires organise des élections consulaires dans chaque Département. Nous n’avons qu’une seule CCIB et nous peinons à la rendre viable à cause des intérêts égoïstes de certains compradore anti-développement.

 

En France, en dehors des aéroports et ports de Paris, tous les autres sont gérés par les Chambres de commerce. Les litiges entre commerçants sont réglés par les tribunaux consulaires, ce que nous n’avons pas au Bénin, malgré notre adhésion à l’OHADA. La création de ces tribunaux consulaires est pourtant indispensable pour désengorger les tribunaux ordinaires et accélérer les jugements pour une sécurité juridique sans laquelle aucun investisseur ne viendra miser sur le développement de notre pays.

 

Au Bénin, les journalistes, les pharmaciens, les architectes, les médecins, les avocats, etc. ont chacun leur ordre par un processus électoral qui fonctionne bien. Pourquoi les commerçants et hommes d’affaires béninois ne peuvent-ils en faire autant ? Faut-il comprendre que cela fonctionne bien chez les premiers à cause de leur niveau intellectuel élevé ?

 

Pour que renaisse la CCIB pour le développement du Bénin, chacun doit méditer sur cette citation de Montesquieu (De l’esprit des lois) :

 

« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie »

 

 

IB

 

 
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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 14:45

Bénin : l’ambassadeur de France, Jean Paul Monchau, expulsé du pays
 
 
 
 
 

 

L’ambassadeur de la France au Bénin, Jean Paul Monchau, vient d’être déclaré persona non grata par le gouvernement béninois, rapporte Koaci.com. Selon le journal ivoirien, une lettre provenant du ministre béninois des Affaires étrangères vient d’être envoyée au Quai d’Orsay pour récuser l’accréditation de l’actuel ambassadeur de France au Bénin. Les raisons de cette expulsion seraient liées à la présence de terroristes sur le sol béninois. La fiche concernant le Bénin a été actualisée au Ministère français des Affaires étrangères dès le 21 janvier 2013. Il indique que le risque d’enlèvement ou d’attentat existe au Bénin comme dans tous les pays de la sous-région. L’actualisation du 22 février déconseille formellement à tous les Français de se rendre dans les zones frontalières du Niger et du Nigeria. Une décision qui n’a pas été au goût du Bénin.

 
 
 
 
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Lundi 25 février 2013 1 25 /02 /Fév /2013 19:17

BENIN - Fin de règne pour Yayi Boni ? Le laboratoire de la démocratie en Afrique est en pleine ébullition…

 

 

 

Publié le dimanche 24 février 2013

 

Écrit par Jacques Delacroix

 

 

Rumeurs de coup d’état, arrestations d'officiers supérieurs de l’armée et corruption à gogo : le laboratoire de la démocratie en Afrique est en pleine ébullition…

 

Le Bénin n’en finit pas de surprendre au cours de ce deuxième mandat agité de son président, Yayi Boni. Après les nombreux scandales de corruption impliquant des proches du chef de l’Etat, après l’affaire de l’empoisonnement supposé du prince, la condamnation d’un ancien collaborateur et d’une journaliste pour « offense au chef de l’Etat », le pouvoir béninois, jamais en manque d’imagination, refait parler de lui.

C’est une affaire dont les contours restent encore quelque peu flous, mais quelques éléments d’appréciation permettent déjà de faire une ébauche de clarification.

 

Ce dimanche 24 février, le procureur de la République, Justin Gbènamèto, invite les journalistes à un point de presse sur les affaires de corruption en cours dans le pays, ainsi que "la tentative de coup d’état récemment déjouée."

 

Quelques heures plus tard, le point de presse, initialement prévu pour 15.00, est purement et simplement annulé.

 

Dans l’entourage du procureur, on précise que ce dernier veut se donner un peu plus de temps pour vérifier certains points.

 

Fébrilité

 

Il faut dire que depuis quelque temps, le régime béninois s’est illustré par une certaine fébrilité qui peut amener de manière légitime à se poser de nombreuses questions sur ces affaires à répétition.

 

D’un côté, la rocambolesque affaire de la tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat béninois, qui soulève davantage de doute que de compassion ; ensuite, les nombreux métastases de cette même affaire, dont le dernier épisode est l’arrestation de M. Johannès Dagnon, cousin du présumé empoisonneur Talon.

 

De quoi s’agit-il ?

 

Le vendredi 22 février, plus d’une dizaine de militaires envahissent l'accueil du cabinet Fiduciaire d’Afrique, le plus ancien cabinet d'audit et de conseil au Bénin, proférant des menaces à l'endroit de la secrétaire. Ils montent ensuite au bureau du directeur, Johannès Dagnon, qu'ils prennent d'assaut.

 

Apparemment, ils étaient à la recherche de « documents compromettants. » Mais bien que n’ayant rien trouvé, ils l’embarquent.

 

Aux alentours de 10 heures, ils reviennent avec l'expert-comptable et cette fois-ci, son bureau est littéralement remué dans tous les sens.

M. Dagnon est depuis en garde à vue et n’aurait pas le droit de rencontrer son avocat, Joseph Djogbénou, également avocat de M. Patrice Talon.

Ce dernier s’est fendu ce week-end d’un communiqué rageur dont Afrika7 reproduit ici une copie.

 

De source proche du dossier, on reproche à M. Johannès Dagnon de rencontrer régulièrement l’ennemi juré du chef de l’Etat béninois, qui vit présentement à Paris.

 

Parallèlement, de source policière, un officier de gendarmerie, le commandant Pamphile Zomahoun, ancien commandant de la brigade territoriale de gendarmerie de Cotonou, a été mis aux arrêts depuis quelques jours.

On lui reprocherait de fréquentes visites à Johannès Dagnon. D’autres sources parlent d’un soupçon de déstabilisation du pays.

L’inspection du téléphone du commandant aurait aussi révélé que les deux hommes communiquent régulièrement par téléphone.

 

Dans l’entourage de Johannès Dagnon, on précise que le commandant Zomahoun fait partie des soldats détachés pour la sécurisation des marchandises destinées aux pays de l'hinterland (Niger, Burkina Faso, Mali), autrefois gérées par la société Bénin Control de Patrice Talon. Or le cabinet de l'expert-comptable Dagnon avait étroitement collaboré avec la société Benin Control...

 

D’où une présomption de concussion brandie par les autorités béninoises.

Dans sa correspondance acide au Procureur, Me Djogbénou écrit : "Il ne pouvait pas vous échapper qu'en plus d'assurer le commissariat aux comptes de plusieurs sociétés de droit béninois et étranger en tant qu'expert-comptable et contre lequel aucun manquement professionnel n'est relevé, l'intéressé est membre de la famille de Monsieur TALON Patrice.

 

Ainsi, le lien de proximité professionnelle à l'égard d'une personne poursuivie, non pour le crime d'atteinte à la sûreté de l'Etat, mais pour une sordide et

supposée affaire dite de << tentative d'assassinat et d'association de malfaiteurs » est élevé au rang d'infraction."

 

Par ailleurs, il convient de noter l’atmosphère générale extrêmement anxiogène dans le pays.

 

Le gouvernement français, sur la base d’une évaluation de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, au lendemain de l’enlèvement d’une famille de ressortissants français au Cameroun, a mis en garde contre des risques potentiels dans le Nord-Est du Bénin, frontalier d’une base arrière de la secte Boko Haram au Nigeria.

 

Simple mesure de bon sens.

 

Mais dans une étonnante mise au point, le gouvernement béninois manifeste sa surprise et dément des « allégations dénuées de tout fondement » (Lire l’article d’Afrika7.)

 

Ce dimanche, dans une interview à diffuser sur RFI, le ministre béninois de l’Intérieur a qualifié d’inamicale la mise en garde du Quai d’Orsay.

Des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères interrogés à Paris, se sont eux, étonnés de la réaction de la partie béninoise, en assurant que ce genre de mise en garde est régulièrement publié par toutes les chancelleries occidentales à l’endroit de leurs ressortissants.

 

« Il est vrai que la région à risque décrite par le Quai d’Orsay ici à Paris comprend la localité de Tchaourou, le village natal du chef de l’Etat béninois… Mais cela suffit-il pour autant à expliquer le communiqué vengeur de Cotonou ? » interroge notre interlocuteur du Quai.

 

L’atmosphère est également caractérisée à Cotonou, par la mise en cause de nombreux ministres de Yayi Boni dans de nombreuses affaires de corruption.

Après les anciens ministres François Noudégbessi, Soulé Mana Lawani et Rogatien Biaou dont le parlement a voté la poursuite devant la Haute cour de justice, le sort d’autres anciens ministres devrait être examiné ce lundi par les députés à Porto Novo…

 

Et pour couronner le tout, une note interne de la Sonapra, la Société Nationale de Production Agricole, vient de contredire les prévisions officielles en matière de production de coton (Lire l’article d’Afrika7.).

Tous ces éléments expliquent-ils le remue-ménage au sommet de l’Etat béninois ?

 

Dans ce capharnaüm général, une chose est sûre : le régime en place à Cotonou est devenu extrêmement fébrile, entre scandales à répétition et suspicions de confication du pouvoir.

 

A Cotonou, où la plupart des hommes politiques et journalistes semblent être sur écoute, de nombreux intellectuels mettent en garde contre un scénario à la malienne : « Nul ne croyait qu’un coup d’état puisse être monté contre le père-même de la démocratie malienne, Amadou Toumani Touré. Pourtant, c’est arrivé. Alors chez nous, il ne faudrait pas qu’on s’étonne que du fait de leur irresponsabilité, les fossoyeurs de la démocratie mettent à mal tant d’années d’effort passées à construire une démocratie viable », explique un professeur d’université joint dimanche soir par Afrika7.

 
 
 
 
 
 
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Lundi 25 février 2013 1 25 /02 /Fév /2013 16:23

BENIN: Panique générale au sein de la haute hiérarchie militaire

  

 

Écrit par Marc David Molli

Lundi, 25 Février 2013

 

 

Depuis ce 23 février 2013, le chef de l’escorte présidentielle, le Commandant Zomahoun, officier de l’unité du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), est mis aux arrêts. L’intéressé se trouve à la disposition d’une commission militaire qui l’auditionne. Pour l’instant, personne n’a une idée claire des faits qu’on lui reproche.

 

Mais selon certaines supputations des milieux proches de la présidence de la république, il serait reproché à l’intéressé d’être impliqué dans une affaire touchant à la sécurité d’Etat. De quelle affaire s’agit-il ? Pour le moment, aucune précision. Dans tous les cas, le Commandant Zomahoun n’est pas libre de ses mouvements, il y a de cela plus de 48 heures. Ses proches, parents et amis sont coupés de ses nouvelles. Des informations font état de ce que son domicile a été perquisitionné. Pourquoi ? Pas de réponse pour le moment. Peut-être que les prochaines heures permettront d’avoir des précisions sur les circonstances de la mise aux arrêts du Commandant Zomahoun.

 

De sources proches de la sûreté, l’ancien chef d’Etat major Général des Armées, le Général de Brigade, Emmanuel Akpona serait aussi recherché. Mais les raisons de cette recherche ne sont pas pour l’instant connues. Il y a-t-il un rapprochement entre la mise aux arrêts du Commandant Zomahoun et la recherche du Général Akpona ? Difficile de répondre avec certitude.

 

 

Source: http://www.beninactu.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2081:securite-detat-le-chef-descorte-de-boni-yayi-mis-aux-arrets&catid=36:une

 
  
 
 
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