Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 20:59

Sarkozy ne veut pas d'images du Tchad

Surprise, ce dimanche matin, pour les envoyés spéciaux de TF1, France Inter et Paris Match. Alors que les trois équipes avaient obtenu toutes les autorisations nécessaires, du ministère de la Défense et du ministère des Affaires étrangères, pour s'embarquer sur un vol militaire à destination de N'Djaména, elles ont dû redescendre sur le tarmac de l'aéroport de Villacoublay, juste avant le décollage du gros porteur Hercule C-130 qui devait les convoyer au Tchad.

L'explication? Un coup de téléphone de l'Elysée qui, au dernier moment, a fait descendre les journalistes. La présidence de la République ne veut pas d'images des combats qui ravagent la capitale tchadienne depuis deux jours. Pas d'images, pas d'infos: tous les communicants connaissent l'adage. Dans ce cas, pourquoi les deux ministères d'Hervé Morin et de Bernard Kouchner ont-ils donné leur aval aux rédactions? Y aurait-il de la friture sur la ligne entre la rive droite et la rive gauche?

A lire les dernières explications du ministre des Affaires étrangères sur la "neutralité" supposée de la France, on comprend que Nicolas Sarkozy ne partage pas l'avis des diplomates, estimant que la chute de Déby serait une vraie claque pour Paris.

Par illassa.benoit - Publié dans : POLITIQUE FRANCAISE
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 20:42

L'accord secret qui lie la France au Tchad

"Nous avons un accord avec le Tchad, nous mettrons en oeuvre cet accord." Le ministre de la Défense, Hervé Morin, s'est-il trop avancé, jeudi à Washington, en évoquant la crise tchadienne? Officiellement, la France et le Tchad sont liés par un accord bilatéral "d'assistance logistique et de renseignement". Mais il existe aussi un accord secret toujours en vigueur...

Le laboratoire des liens militaires franco-africains

Les africanistes ont coutume de décrire le Tchad comme le coin supérieur droit du pré carré. S'il tombe, alors tout l'édifice s'écroule. Une vision un peu mécanique, mais qui a toujours inspiré les chefs des armées de la Ve République. Le Tchad fait en effet partie des premiers signataires des accords de défense ratifiés par la France dans la période des indépendances.

Puis, en 1976, sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing, les deux pays remplacent l'accord de défense par un accord de coopération militaire technique. La principale différence de ce type d'accord tient au contenu de l'article 4, qui définit le cadre d'intervention des forces françaises:

"Les personnels militaires français servent dans les forces armées tchadiennes avec leur grade. Ils revêtent l'uniforme tchadien ou la tenue civile suivant les instructions de l'autorité militaire tchadienne. (...) Ils ne peuvent en aucun cas participer directement à l'exécution d'opérations de guerre, ni de maintien ou de rétablissement de l'ordre ou de la légalité."

En théorie, les soldats français de la coopération militaire n'ont pas le droit de faire la guerre. En pratique, il suffit qu'ils soient en dehors de ce cadre de coopération pour jouer un rôle actif. Tous les observateurs ont en mémoire le massif déploiement aérien d'avril 2006 qui, non content d'effrayer les rebelles, avait surtout permis de fournir aux forces tchadiennes des renseignements indispensables pour mettre en déroute la colonne de pick-up menaçant N'Djaména.

Une convention secrète de maintien de l'ordre remontant à l'indépendance

Cette dernière précision sur le "maintien de l'ordre" n'est pas anodine, car dans plusieurs états africains, une convention secrète de maintien de l'ordre a été signée, dès les années 60, pour garantir aux potentats locaux la tranquillité. Une sorte d'assurance-vie ou plutôt d'assurance de conserver le pouvoir. Comme Rue89 le révélait en juillet 2007, ces textes secrets prévoient une intervention, à la discrétion du président de la République française, en faveur des présidents africains qui en font la demande:

► Premier point: la France "peut" intervenir, mais n’a aucune obligation de le faire. C’est à la discrétion du président de la République française, seul décisionnaire sur ce sujet. La demande passe par l’ambassadeur de France.

► Deuxième point: c’est le chef de l’Etat africain qui formule sa demande "dans une situation particulièrement grave". Laquelle situation n’est pas plus détaillée: il n’est pas fait mention d’agression extérieure ou de menace quelconque. Les termes restent suffisamment vagues pour justifier toute demande.

► Troisième point: le commandement des troupes locales et l’usage du feu sont immédiatement transférés à l’officier français envoyé sur place.

Ces textes seraient toujours en vigueur, si l'on en croit du moins les explications données en mars 2006 par le général Henri Bentégeat au Sénat, qui venaient compléter ces propos de 2002 tenus à l'Assemblée nationale:

"Personne n'imagine aujourd'hui une application des accords de défense en dehors des situations ne correspondant pas à une agression extérieure, même si certains accords de défense passés par la France comportent des clauses secrètes prévoyant des cas d'intervention plus larges."

En résumé, si la France n'intervient pas, ce n'est pas parce que le cadre réglementaire le lui interdit, mais bien sur une décision politique. Un sujet auquel le législateur devrait s'attaquer, car ces textes semblent bien obsolètes dans le contexte actuel.

L'invention du Dami pour le renseignement et le maintien de l'ordre

L'histoire du Tchad prouve que les nouveaux accords des années 70 n'ont rien changé à la conception foccaro-gaulliste de l'Afrique. Aussitôt conclus, les nouveaux accords de coopération vont se doubler d'un dispositif ad hoc baptisé Dami, pour Détachement d'assistance militaire et d'instruction. Officiellement, il s'agit de promouvoir une coopération plus légère, plus efficace et plus professionnelle.

En fait, les Dami, composés de troupes issues des forces spéciales -très souvent les 1er et 8e RPIMa-, vont devenir des unités de renseignement et de protection du pouvoir en place. Placés du sommet à la base de la hiérarchie de l'armée tchadienne, les conseillers Dami forment une chaîne de commandement parallèle à la hiérarchie officielle. Cela permet à la France de maintenir ou de changer les dirigeants en place, avec l'intervention discrète de la DGSE si nécessaire. Hissène Habré, puis Idriss Déby en sont les exemples achevés.

Ainsi, au printemps 2006, lors d'une précédente tentative de coup d'Etat, Idriss Déby fut protégé par un petit Dami composé d'hommes du 1er RPIMa. Des "gros" -leur surnom dans le milieu- pour assurer une protection personnelle au chef de l'Etat. Aujourd'hui, cette protection a disparu. Nul hasard. La coopération militaire est donc loin de jouer son rôle officiel, dont l'objectif est ainsi décrit sur le site de l'ambassade de France:

► "Accompagner d’une part l’armée nationale tchadienne dans sa réorganisation conforme à la stratégie nationale de bonne gouvernance.

► Conforter d’autre part sa capacité à garantir la souveraineté de l’Etat tchadien."

Au sud du Sahara, la "bonne gouvernance" est toujours aussi fluctuante.

A voir:

La carte du dispositif militaire Epervier.

L'accord de coopération militaire technique de 1976.

La convention de soutien logistique aux forces armées tchadiennes.

Le protocole additionnel de 1990.

 

Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Africaine
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 20:04
La crise financière au delà du tête à tête Trichet Bernanke Version imprimable
03-02-2008

C’est une récession atypique qui s’annonce. La division entre Amérique et Europe sur la réponse persiste. Les regards se tourne vers l’Asie.

Par Ihsane El Kadi, Alger.

La crise née au mois d’août dans l’immobilier américain a avancé un peu plus pour prendre l’allure d’un krach boursier planétaire les lundi 20 et mardi 21 janvier. Les principales places mondiales ont perdu en moyenne 6% de leur capitalisation. Le trésor d’une année de hausse. La bourse a anticipé la récession américaine désormais donnée pour certaine dans le ventre mou de 2008. A Davos, le menu a forcément changé et tous les intervenants ont du proposer leur sortie de crise. Mais de quelle crise s’agit il ? Pour le milliardaire Georges Soros ce sera « la plus sérieuse à laquelle le monde devra faire face depuis la seconde guerre mondiale ». Mais encore ? Une crise mutante, qui ne ressemble pas à celles que l’on connaît et dont l’effet récessif est complexe. L'économiste indépendant Bernard Baumohl relève que, cette fois, la récession n’emprunte pas le scénario de la baisse de la production des entreprises, d’une hausse des taux un peu trop brutale ou des sur-investissements comme pendant la bulle internet : « ce qui pousse l'économie mondiale vers la récession, c'est la détérioration rapide du système financier mondial. Ce qui a commencé comme un problème limité aux subprimes aux Etats-Unis s'est transformé en resserrement rapide du système financier mondial ».

 

Jean Claude Trichet

 

« Ce qui pousse l'économie mondiale vers la récession, c'est la détérioration rapide du système financier mondial. »

Ligne de partage Dans une récession classique, les banques ne trouvent plus à qui prêter. Dans celle qui se profile les banques ne peuvent plus prêter. Que vaut alors la vieille ligne de partage Ben-Bernanke - Jean Claude Trichet ? Le premier, président de la FED, décide que la récession étant aux portes, il convient de donner un signe fort au marché en rétablissant les liquidités. La FED a baissé, dès le second jour de la panique boursière, de trois quarts de points son taux directeur, n’attendant même pas le jour de réunion mensuel de son board. Le second, gouverneur de la banque centrale européenne est arrivé à Davos attendu comme jamais : pour finalement répéter sa foi de toujours. Il ne suivra pas le mouvement amorcé par la FED. L’inflation doit être la seule préoccupation de la BCE et la croissance en Europe est « non négligeable ». Elle n’a pas besoin d’un coup de pouce, la baisse des taux directeurs, qui, en plus, n’en est pas un. Les deux continents historiques de la croissance mondiale, l’Amérique et l’Europe, n’arrivent plus à s’entendre sur la recette : lutter contre la récession ou contre l’inflation, pour la croissance ou pour la stabilité des prix. C’est l’occasion, pour le FMI, d’évoquer, par la voix d’un président hors profil, Dominique Straus Kahn, que le pilotage de la solution à la crise sera mondial ou ne sera pas. Le plan Bush de 150 milliards pour soutenir la croissance n’a pas fouetté les psychismes aux Etats Unis. Son tort, il n’était pas concerté avec le reste du G8. De même que seule la banque centrale du Canada voisin a suivi la FED dans la baisse des taux, une action qualifiée, en outre, de prématurée par Stephen Roach, patron des opérations asiatiques chez Stanley Morgan.

 

Ben-Bernanke

 

Fonds souverains Nous assistons à une crise de rareté des liquidités pour cause de dépréciations astronomiques des actifs financiers. Il va falloir s’y faire. Et chercher les solutions au-delà du tête à tête Trichet-Bernanke. L’épargne « souveraine » était à l’ordre du jour de Davos : 2900 milliards de dollars consacrés à l’investissement entre les mains d’Etat pétroliers ou commercialement excédentaires comme la Chine. Seuls 70 milliards de dollars sont venus à la rescousse des fonds propres des entreprises occidentales depuis que leurs banques ont la tête ailleurs ces cinq derniers mois. Les fonds souverains vont se renforcer dans les années qui viennent. La Chine avec 11,7% de croissance en 2007 continuera à produire des excédents et de l’épargne et le prix du pétrole ne redescendra pas sous les 75 en 2008, malgré le ralentissement qui s’annonce. Le capitalisme va-t-il se mondialiser réellement dans un mouvement circulatoire ?

 
Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Internationale
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 14:16
 
 
 

Frédéric Kanouté sacré "ballon d’or africain" 2007 

L’attaquant franco-malien succède à l’Ivoirien Drogba

La troisième édition de la remise du trophée de "ballon d’or africain", a vu le sacre de Frédéric Kanouté, l’attaquant Franco-Malien de FC Séville (1re div. espagnole). Il a remporté le titre de meilleur joueur de football africain de l’année 2007, vendredi, à Lomé, devant l’ivoirien Didier Drogba, son prédécesseur au palmarès, et le Ghanéen Mickael Essien. Reportage.



samedi 2 février 2008, par Jean-Claude Abalo function fbs_click() {u=location.href;t=document.title;window.open('http://www.facebook.com/sharer.php?u='+encodeURIComponent(u)+'&t='+encodeURIComponent(t),'sharer','toolbar=0,status=0,width=626,height=436');return false;}  


Notre correspondant à Lomé

« Je suis vraiment surpris par ce prix. Je n’y croyais pas trop », a confié à afrik.com le lauréat, Frédéric Kanouté, tout ému. Et "Frédi" d’ajouter qu’il n’est « même pas venu avec un membre de sa famille pour savourer ce trophée ». L’avant-centre du FC Séville a été plébiscité par les 53 sélectionneurs des équipes nationales de football du continent africain. « Fréderic a fait une très bonne saison avec son club. Ce qui lui vaut un second succès en coupe de l’UEFA. En plus, c’est un joueur qui est intelligent et toujours effacé », nous a expliqué un technicien de la CAF qui a requis l’anonymat. Pour d’autres, il est étonnant de constater que Didier Drogba soit surclassé par le Malien, quand on sait que l’ « éléphant » est élu meilleur Africain au ballon d’or France Football, ainsi qu’au classement FIFA, et qu’en plus, il mérite plus ce trophée cette que l’année dernière.

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Komlan Mally remettant son trophée à Frédéric Kanouté

Le Premier ministre togolais, Komlan Mally, a eu l’honneur de remettre le trophée au joueur, en présence du président de la CAF Issa Hayatou, ainsi que de plusieurs sommités du football au cours de cette soirée de près de 3 heures au Palais des congrès de Lomé.

Outre le trophée de meilleur joueur africain de l’année, lors de ces CAF Awards 2007,le titre de meilleur joueur junior a été décerné au zambien Mulenga Clifford, celui de la meilleure joueuse à la nigériane Cynthia Uwak, et le meilleur entraineur à Yemi Tella (équipe nationale cadet du Nigeria). La Côte d’Ivoire a été désignée meilleure équipe nationale, tandis que le trophée du meilleur club a été attribué à l’Etoile du Sahel (1re div. tunisienne). D’autres joueurs à l’instar de Eto’o, Roger Milla Cameroun), Rabba Madjer (Algerie), George Weah (Liberia), Didier Drogba (Côte D’Ivoire), Ossam Hassan (Egypte), Abédi Pélé (Ghana) étaient également honorés.

Les mérites de Kanouté

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Agé de 30 ans, Fréderic Oumar Kanouté (1,92 m) a débarqué à Séville en 2005 où il a explosé. Il a fait ses débuts à Lyon en 1997, son club formateur, où il s’est vu cantonné au banc malgré des statistiques intéressantes (16 buts en 33 matches). Forcé de s’exiler, il est échangé en mars 2000 à West Ham avec le camerounais feu Marc-Vivien Foé. Dans une équipe moyenne où la concurrence est rude avec Paolo Di Canio, Davor Suker et Titi Camara, l’Aigle fait son trou. Malgré plusieurs blessures, il parvient à disputer 84 matches, marquant à 29 reprises en trois saisons. Lorsque les Hammers sont relégués en 2003, Kanouté signe à Tottenham. Ses débuts sont fracassants. 7 buts lors des 15 premiers matches dans une équipe en plein boom. Mais par la suite, la situation se gâte... Kanouté décide de participer en Janvier 2004 à la CAN avec le Mali, provoquant la colère des dirigeants des Spurs. Il porte le Mali en demi-finales, avec quatre buts en autant de matches et un titre de meilleur buteur.

Le retour à Tottenham, sur fond de conflit, est difficile. Et c’est logiquement que le revanchard Kanouté rejoint l’ambitieux FC Séville en août 2005. En Espagne, Frédi fait des merveilles en Liga, et surtout en coupe de l’UEFA. Le Malien plante six buts dans la compétition.

Le FC Séville de Kanouté surfe sur l’euphorie en écrasant Barcelone (3-0) en Supercoupe d’Europe pour entamer la saison 2006/2007. Mais pour cette année, le FC Séville a décidé d’aller loin. Kanouté plante tout d’abord 21 buts en 32 rencontres de championnat, le Malien se classe 3ème au classement des buteurs, tout comme son club en fin de saison. La fin de saison est tonitruante. Tout d’abord, le FC Séville bat Barcelone en finale de la Coupe UEFA et remporte la compétition pour la deuxième fois de suite. Kanouté aura encore grandement servi les siens. Le chouchou du public sévillan fera d’ailleurs des malheurs face à Getafe en marquant le seul but en finale de la Coupe du Roi avant de se faire expulser. Il réussit également à qualifier son pays pour la CAN qui se joue actuellement au Ghana.

Les CAF Awards victimes de la guerre des sponsors

Bien des observateurs ont critiqué la tenue de cette cérémonie de remise des distinctions aux footballeurs en pleine compétition de la CAN. Pire encore, le déplacement des joueurs sur Lomé. « Cette date est décalée. On est en train de vivre une compétition et on nous désigne un meilleur joueur qui ne concerne pas la compétition que nous vivons », s’indignait Joseph Antoine Bell, l’ancien goal des Lions Indomptables.

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Le sélectionneur du Mali, Jean-François Jodar, n’avait pas caché sa colère contre la CAF. Un programme que le sélectionneur français avait qualifié d’ « inapproprié ». Avant que le Mali ne sorte de la compétition, il avait menacé de ne pas libérer Kanouté afin d’effectuer le déplacement de Lomé. Claude Leroy, sélectionneur des Blacks Stars a également eu du mal à liberer Essien. « C’est une folie de d’organiser cette cérémonie à deux jours d’un quart de finale capital contre le Nigeria », a-t-il déploré. Seul Gérard Gili, le coach des Eléphants de Côte d’Ivoire a pu retenir Didier Drogba.

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Mike Adenuga

Selon nos sources, un conflit d’intérêt serait né entre Globacom (le géant des télécommunications du Nigeria et organisateur de la CAF Awards), sponsor officiel de l’équipe nationale du Nigeria et MTN (un operateur de téléphonie mobile), sponsor de la CAN 2008 au Ghana. Les propriétaires de Globacom se sont vus interdits par MTN d’imprimer leur logo (Glo) sur le maillot de leurs protégés (les Super Eagles). Une situation que les dirigeants de MTN ont trouvé « indécente » d’autant plus qu’ils sont les sponsors officiels de la compétition, et qu’en aucun cas, Globacom n’a le droit de « venir piétiner dans leur plat ». Du coup, Mike Adenuga, Président du groupe Globacom et son équipe ont préféré se rabattre sur Lomé (15 mn de vol d’Accra).

« Ce qui m’inquiète dans cette affaire : la cohabitation de deux ennemis, ou disons concurrents, au sein de la famille du football africain m’a toujours inquiétée. Je trouve que cela fait désordre et qu’il sera impératif pour la CAF de faire un choix à un moment donné », pense François Kitengué, un des responsables de ASTV (télévision sud-africaine), bien impliqué dans ce dossier. Affaire à suivre…

Par illassa.benoit - Publié dans : Actualités Africaines
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 14:06
 
Courrier international - 1er févr. 2008
Article
INDE - Des justicières en sari
Face à l'inaction des autorités et à la violence quotidienne qu'elles subissent, des femmes prennent les armes et leur destin en main. Le site d'informations Asia Sentinel, basé à Hong Kong, a rencontré ces "Robin des Bois" d'un autre genre.
Le district de Banda, dans l'Etat de l'Uttar Pradesh [dans le nord du pays], l'un des moins développés de l'Inde, défraye la chronique. C'est dans cette région du nord que sévit le Pink Gang [le gang rose], un groupe de 200 femmes qui se présentent comme les héritières de Robin des Bois. N'hésitant pas à répondre à la violence par la violence, ces redresseuses de torts punissent les assassinats d'épouses dont se rendent coupables certaines belles-mères, les sévices conjugaux, voire la corruption ou l'incapacité des élus. Ces femmes exubérantes et intrépides, reconnaissables à leurs saris roses, sont les ennemies jurées des maris violents et des fonctionnaires incompétents. Ayant personnellement subi des sévices sexuels, elles traquent les violeurs et les époux indignes, font la morale aux malfaiteurs et envahissent les postes de police pour réprimander les agents qui ne font pas leur travail.
Créé en 2006 par Sampat Pal Devi, une femme de 45 ans mariée de force à l'âge de 9 ans et devenue mère quatre ans après, ce groupe agit comme une bande de justicières dans la zone de non-droit qu'est Banda. "Personne ne vient à notre secours, ici. Les fonctionnaires et la police sont corrompus et hostiles aux pauvres. Aussi sommes-nous parfois obligées de faire respecter la loi par nous-mêmes. Nous sommes une bande de justicières, pas un gang", a récemment déclaré la fondatrice du Pink Gang. Excédée par la corruption du système et les discriminations sociales dont se rendent coupables les autorités [notamment à l'égard des femmes, des basses castes et des intouchables], Sampat Pal Devi a décidé de passer à l'acte en apprenant que sa sœur avait été traînée par les cheveux dans la cour de sa maison par son mari alcoolique.
Souhaitant "donner une leçon aux hommes fautifs", elle a rassemblé des femmes de son quartier ; le groupe, armé de bâtons, de barres de fer et d'une batte de cricket, est allé trouver le beau-frère, l'a pourchassé jusque dans un champ de canne à sucre et roué de coups. Certaines actions sont couronnées de succès. Ainsi, le groupe a réussi à restituer à leurs maris respectifs onze filles qui avaient été jetées dehors par leur belle-mère en raison de leurs dots insuffisantes.
De façon générale, les indicateurs de développement humain du district sont évidemment très médiocres. Le taux d'alphabétisation féminin plafonne à 23,9 %, contre 50,4 % pour les hommes ; le ratio hommes/femmes est de 846 femmes pour 1 000 hommes, alors que la moyenne de l'Etat est de 879 [et qu'au niveau international le rapport est inversé : 105 filles pour 100 garçons]. Et, si la violence conjugale fait des ravages, l'arriération des femmes est encore renforcée par le poids du système de castes.
Mais le Pink Gang s'en prend aussi bien aux maris qui brutalisent leur femme parce qu'elle ne réussit pas à leur donner un fils qu'aux fonctionnaires qui s'enrichissent en vendant au marché noir des céréales subventionnées par l'Etat et normalement destinées aux plus pauvres. Alors que les ressources naturelles du district pourraient normalement assurer des moyens de subsistance à tous les habitants, elles sont pillées par un petit nombre d'entre eux en toute impunité parce que les autorités locales ferment les yeux sur ces agissements. Dans certains villages, les paysans ne sont même pas payés et ne reçoivent qu'un kilo de céréales par journée de travail. Et le nombre de travailleurs réduits en esclavage reste très important.
Selon certains sociologues, le seul espoir pour toute une frange de la population spoliée et méprisée réside dans des mouvements collectifs comme le Pink Gang. Même si le groupe n'a pas de bureau, ses membres se réunissent régulièrement chez sa fondatrice pour discuter des cas à traiter et de la stratégie à adopter. L'apparition d'une milice de femmes dans le district de Banda est le symptôme des graves problèmes sociaux qui traversent la société indienne. "Lorsque les élus refusent de répondre aux demandes des citoyens ordinaires", observe Prerna Purohit, un sociologue de New Delhi, "ces derniers n'ont pas d'autre choix que de prendre les choses en main par eux-mêmes. C'est un coup de semonce pour le gouvernement de la plus grande démocratie du monde."

Dessin de ST paru dans Profil, Vienne
©cartoons@courrierinternational.com
Neeta Lal
Asia Sentinel
 © Courrier international 2008 | ISSN de la publication électronique : 1768-3076    
Par illassa.benoit - Publié dans : INEDITS
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