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Restauration de l’image du parlement béninois

Les désillusions du président Mathurin Nago

vendredi 8 juin 2007 par Administrateur

Le président de l ‘Assemblée tient beaucoup à la restauration de l ‘image du députés béninois qui a pris un coup depuis quelques années. Mais aussitôt qu’il a engagé cette bataille, le professeur d’université se retrouve face aux réalités de l ‘Assemblée nationale , une institution hautement politique. Ses collègues tout comme les députés de la quatrième législature tiennent à leurs avantages (véhicules 4x4, 407, 607 et les primes mirobolantes) comme la prunelle de leurs yeux. Ils oublient peut être que la restauration de l’image du député qu’ils sont, passe d’abord par là.

Par Armel FERAEZ

Depuis quelques années l’opinion publique a une très mauvaise impression du député et du parlement béninois. Pour nombre de personnes, une fois qu’ils franchissent le seuil du Palais des Gouverneurs de Porto- Novo, les députés oublient leurs mandants c’est-à-dire le peuple qui les a élus. Ils s’octroient des avantages faramineux sur le dos des pauvres contribuables. Véhicules de luxe 4x4, 407, 607 à des centaines de millions de francs .Salaires et primes exorbitants à faire couper le souffle. En plus de cela, le constat crève aujourd’hui l’œil que l’Assemblée nationale de notre pays devient le repère d’individus acteurs ou complices de crimes économiques dans des sociétés d’Etat. A tous ces maux dont soufre notre parlement, il faut ajouter des lacunes telles que l’absentéisme, l’assiduité, le retard .... Ce tableau sombre ne peut qu’entamer l’image de l’institution parlementaire. Mais il faut signaler que pour une raison ou pour une autre, des hommes politiques ou de pseudo associations de la société publique ont eu à mener des campagnes de désinformation qui ont davantage terni l’image du parlement surtout vers la fin de la quatrième législature. Ne pouvant laisser les choses s’aggraver, le nouveau président du parlement a entrepris de restaurer l’image de l’institution dont il a désormais la charge. Mathurin Nago est tellement conscient de la situation qu’il n’a pas hésité le jour même de son élection à la tête du parlement à afficher clairement son intention d’œuvrer pour redorer l’image du député béninois qui entre temps, s’est effilochée. Il a réitéré le même engagement dans son discours de prise de service et d’investiture. Du coup, on peut dire qu’en voulant projeter une bonne image du parlement, le Pdt Nago a fait une bonne option. Cela ne fera que rehausser l’image de la deuxième institution de l’Etat et par ricochet de notre jeune démocratie. Des doutes subsistent quant à la réalisation de ce vœu puisque c’est bien de cela qu’il s’agit en réalité. Ils sont nombreux, les députés de l’actuelle législature et même des mouvanciers pur sang, des anciens députés et autres hommes politiques qui ne croient pas à la réalisation de ce pari. Pour eux, le président de la cinquième législature doit s’assurer que sa vision est portée par ses collègues députés ou tout au moins une importante frange. Ce qui n’est assurément pas le cas pour le moment. Qu’il vous souvienne que lors de la première séance plénière de la cinquième législature, le président Nago a annoncé les couleurs de l’assainissement des mœurs au parlement en demandant à ses collègues de bien vouloir éteindre leurs portables pendant les travaux, d’être assidus et de faire preuve de ponctualité au cours des travaux en commission et en plénière.

Désillusions

Des semaines après, on se rend à l’évidence que le bilan est mitigé. Au cours d’une séance plénière, le député Augustin Ahouanvoèbla du Prd est allé jusqu’à faire constater au président Nago le retard qu’une séance plénière a connu avant de reprendre suite à une suspension. Dans sa réponse, le président n’a fait que prendre acte de l’observation. Des exemples de violation de ce que l’on peut appeler les commandements de Nago pour la cinquième législature sont légions. Les plus optimistes diront qu’on n’est qu’au début de la législature et que les choses finiront par aller dans le bon sens. Ils n’ont pas tout à fait tort. Mais ils oublient que le premier handicap de la décision du président Nago est lié au fait que le parlement est une institution hautement politique où nonobstant son clan politique, le député a une liberté très large d’agir sans risquer de se faire virer comme c’est le cas au niveau du pouvoir exécutif. Une fois élu, le député béninois a le droit de passer quatre années au parlement. Ainsi donc, quel que soit le cas de figure, il serait difficile voire impossible pour le Président de l’Assemblée nationale d’opérer sa révolution au parlement au motif qu’il veut rehausser l’image de l’institution aux yeux de l’opinion publique. Toutefois avec l’aide de ses collègues députés, il pourrait colmater quelques brèches, remettre certaines choses en ordre, corriger certaines injustices au niveau du personnel et pourquoi pas les députés .Mais en dehors de tout cela, il ne peut par exemple demander que soient ramenés à la baisse le salaire et les indemnités des parlementaires et les ramener à des proportions acceptables. En dehors des salaires qui suscitent beaucoup de controverses, le Président Nago et ses collègues députés doivent renoncer aux véhicules 4x4 qui ont fait couler au cours de la quatrième législature beaucoup d’encre et de salive. Qu’il vous souvienne que ces véhicules ont beaucoup écorché l’image des députés. La restauration de l’image du député doit aussi passer par là.

Tag(s) : #Politique Béninoise