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08 juin 2007

Il ne faut pas isoler le Nigeria, dit Mme Frazer à une sous-commission parlementaire

Propos de la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines

Washington - Il convient de tenir compte de l'importance du Nigeria en tant que facteur de stabilité en Afrique et puissance économique, bien que des observateurs étrangers des récentes élections présidentielle et législatives de ce pays aient fait état de nombreuses irrégularités, a déclaré la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, à la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants le 7 juin.

Certains de ceux qui ont critiqué le déroulement de ces élections organisées les 14 et 21 avril « ne manqueront pas de nous exhorter à isoler ce pays, mais les enjeux sont trop grands pour se détourner du Nigeria », a-t-elle dit.

Mme Frazer a reconnu que des informations dignes de foi, provenant de groupements tels que l'Institut républicain international et l'Institut démocrate international, faisaient état du « truquage du scrutin, du bourrage des urnes et du dépouillement des votes sans transparence », mais elle a ajouté que le Nigeria demeurait très important pour les États-Unis sur les plans de la sécurité, de la démocratie, du commerce et de l'énergie.

En outre, elle a rappelé aux parlementaires le cadre dans lequel les élections avaient eu lieu. Le président Musa Yar'Adua, a-t-elle dit, est le premier président nigérian à succéder à un président qui n'était pas un militaire, fait remarquable dans un continent où les dirigeants sont peu empressés d'abandonner le pouvoir.

Après huit années pendant lesquelles le président Olusegun Obasanjo a été à la tête du pays et a fait participer son pays à plusieurs missions importantes de maintien de la paix en Afrique de l'Ouest, le Nigeria constitue une force essentielle pour la stabilité de l'Afrique. « Il demeure un des nos alliés les plus sûrs (…) en ce qui concerne diverses initiatives diplomatiques relatives au Darfour, au maintien de la paix et à la lutte contre le terrorisme. »

Le Nigeria est l'un des pays qui participent le plus aux opérations internationales de maintien de la paix ; plus de 6.500 de ses soldats ont récemment contribué au maintien de la paix en Sierra Leone, au Liberia, en Angola, au Rwanda, en Somalie et au Mozambique. Il a aussi envoyé des forces en Bosnie-Herzégovine, en Irak, au Koweït, au Cambodge, au Liban et au Pakistan.

Le général nigérian Martin Agwai, qui a dirigé des opérations de maintien de la paix en Sierra Leone et au Liban, a été récemment nommé à la tête des 7.000 soldats de la force de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour.

Par ailleurs, Mme Frazer a indiqué que, sur le plan économique, le Nigeria, qui comptait 140 millions d'habitants et dont le produit intérieur brut était le second du continent africain, constituait un marché naissant important. Il fournit déjà 12 % du pétrole que les États-Unis importent et est actuellement l'un des grands importateurs de blé américain.

Pendant son entretien, le 29 mai, avec le président Yar'Adua, Mme Frazer a abordé diverses questions telles que les réformes politiques, la sécurité régionale et les possibilités économiques. Elle a souligné que les États-Unis pouvaient offrir une assistance technique à des organismes de la société civile si le gouvernement nigérian était décidé à agir de son côté.

Depuis le début de la démocratisation en 1999 avec l'élection du président Obasanjo, le Nigeria a fait des progrès importants, a-t-elle dit en ajoutant que, en particulier, les pouvoirs judiciaire et législatif avaient acquis une grande indépendance.

Pour sa part, le président de l'Institut républicain international, M. Lorne Craner, selon lequel les récentes élections nigérianes figuraient parmi les pires que son organisme ait pu observer, a déclaré que « l'indépendance de l'appareil judiciaire nigérian avait constitué une lueur d'espoir tout au long du scrutin ».

Il a déclaré que, tout comme le Congrès des États-Unis avait adopté une réforme électorale après l'élection présidentielle de 2000 (qui avait été contestée), le président Yar'Adua pouvait tendre la main à l'opposition pour réformer le régime politique et le régime électoral de son pays de sorte que les prochaines élections ne soient pas entachées des mêmes irrégularités.

De son côté, le président de l'Institut démocrate international, M. Kenneth Wollack, a mis l'accent sur les progrès accomplis récemment par les parlementaires nigérians. En mai 2006, a-t-il dit, l'Assemblée nationale a rejeté, après un débat serré, une proposition de loi des partisans du président Obasanjo visant à modifier la Constitution nigériane de manière à permettre au président et aux gouverneurs des États fédérés de rester à leur poste plus longtemps.

Tout comme M. Craner, M. Wollack a rendu hommage aux magistrats des hautes cours du Nigeria pour avoir fait preuve d'indépendance en appliquant strictement et avec impartialité le droit nigérian. Il a également fait l'éloge d'organismes de la société civile pour leur contribution à l'organisation des élections. « Les syndicats, des organismes œcuméniques et les médias, a-t-il dit, ont fait des efforts extraordinaires pour informer les Nigérians et pour les inciter à participer aux élections. »

Tag(s) : #Politique Africaine

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