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Consultation des chefs de partis en vue du prochain remaniement :Boni Yayi trompe-t-il la classe politique ?


Le ministre de la Défense nationale, Issifou Kogui N’douro aurait été commis par le président de la République pour discuter du prochain remaniement du gouvernement avec les chefs de partis politiques, rapportent certaines sources proches du palais de la présidence. Mais l’ouverture de ces consultations seraient selon certains milieux qui disent ne pas être dupes, un simple jeu politique.

L’ouverture des consultations avec les chefs des partis politiques dans le cadre du prochain remaniement ministériel est perçue par certains milieux politiques comme un jeu politique du chef de l’Etat, le président Boni Yayi. A en croire ces milieux qui pour la plupart disent n’être guère dupes, le président Yayi a déjà bouclé ses consultations et conclu la liste de son nouveau gouvernement avant d’instruire son actuel ministre de la Défense nationale, Issifou Kogui N’douro pour engager des discussions avec certains animateurs de la vie politique nationale. La stratégie du chef de l’Etat a consisté selon ces milieux à contacter individuellement certains cadres ciblés au sein des partis politiques dont les responsables sont concernés par les consultations annoncées. Lors de ses prises de contact le président Yayi aurait réuni pas mal d’informations sur chacun de ces cadres ciblés. Ceci à travers des échanges qu’il a eus personnellement avec certains parmi eux mais aussi le biais des services de renseignements généraux de l’Etat. A la demande donc du premier magistrat, les services de renseignements généraux auraient réussi à infiltrer les grandes formations politiques pour identifier les cadres susceptibles d’être proposés par les responsables de ces formations pour être nommés dans le gouvernement. Les informations recueillies ont par ailleurs renseigné le chef de l’Etat sur la moralité des personnes ciblées et leur aptitude ou capacité à satisfaire d’une part aux exigences de la mise en œuvre de la vision du changement et d’autre part à ne travailler désormais que dans l’intérêt général et au besoin pour une assise politique du chef de l’Etat même au détriment des intérêts politiques de leur formation d’origine. Ces précautions prises par le président Yayi avant l’ouverture des consultations et dont disent être informés certains responsables de partis politiques fondent leur constat selon lequel le président Yayi et sa mouvance restreinte pensent les tromper par ces consultations qui ne relèvent selon eux que d’une formalité.

Encadré : De l’amateurisme à la ruse ?
Au terme de la formation du premier gouvernement du changement, plusieurs personnalités proches du pouvoir ont eu l’honnêteté d’avouer que la plupart des ministres n’ont eu leur premier contact avec le président Boni Yayi qu’à l’occasion du premier conseil des ministres. Car les consultations et la formation de cette équipe gouvernementale auraient été confiées à des personnalités politiques ayant milité dès e départ pour la candidature et la victoire du docteur Yayi. Ce procédé a conduit au choix de plusieurs cadres que Yayi n’avaient jamais connus et dont il n’aurait jamais lu le Curriculum vitae avant la signature du décret portant leur nomination. Si ces aveux qu’ont faits plusieurs personnalités proches du président Yayi sont vrais, alors il ne serait pas excessif de penser qu’il a fait preuve d’amateurisme lors de la formation de son premier gouvernement. Une insuffisance avec laquelle il semble vouloir rompre à l’occasion du prochain remaniement. Car les informations et autres confidences distillées jusqu’ici sur la stratégie qu’il développe dans le cadre de ce remaniement montrent qu’il n’est pas loin des ruses et autres subtilités auxquelles son prédécesseur, le général Mathieu Kérékou fait souvent recours chaque qu’il se sent dans l’obligation de former un nouveau gouvernement. Cette stratégie prend en compte aussi la publication dans la presse de faux indices et informations sur de probables membres de la nouvelle équipe à la déstabilisation des formations politiques en passant le long suspens qui entoure l’acte essentiel. Et tous ces éléments ont été remarqués depuis le président Yayi a tourné le mois dernier la page des législatives donnant sur la nécessité de former un nouveau gouvernement. C’est dire qu’à l’occasion de sa seconde épreuve, le président du changement a choisi de se référer aux astuces et autres stratégies de son « maître prédécesseur ».


Janvier Zocli
13 Juin 2007

Tag(s) : #Politique Béninoise