Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 Cotonou subit de nouveau des inondations
BÉNIN - 13 juin 2007 - PANAPRESS
Plusieurs quartiers de Cotonou, la capitale économique du Bénin, ont renoué avec les inondations, sources de nombreuses nuisances, suite aux grandes pluies qui se sont abattues le week-end dernier sur la ville.

 

Si les deux jours de pluies du week-end ont plongé certains quartiers complètement sous l’eau, celles qui s’abattent depuis mardi sur la capitale économique béninoise les ont rendu carrément inaccessibles, des routes impraticables, des maisons inhabitables.

 

A Avotrou, Fifadji, Vossa, Kpankpan, Agla Hlazounto, des quartiers situés dans des zones inondables, les populations vivent déjà le cauchemar et appellent à l’aide les autorités municipales qui, malgré leur volonté, sont visiblement débordées.

 

En dépit de l’opération "Cotonou en campagne contre les inondations" (3CI) mise en œuvre depuis quelques années par la mairie de Cotonou, tout porte à croire que rien n’est fait pour éviter ce cauchemar cyclique aux populations de la métropole béninoise.

 

Outre les motopompes ordinairement déployées par les autorités municipales pour aspirer l’eau, des buses ont également été placées dans quelques localités pour éviter la stagnation.

 

Ces buses, qui auraient pu aider à diriger l’eau vers les caniveaux, ont été obstruées par des inconnus et l’eau ainsi refoulée se retrouve dans des endroits habituellement non atteints par le phénomène.

 

Là où ils existent, les caniveaux n’arrivent plus à contenir toute l’eau qui, faute de débouché, prend d’assaut tous les espaces notamment les routes et les maisons.

 

Plusieurs voies bitumées de la capitale économique béninoise sont parsemées de grands trous, causant de longs embouteillages aux heures de pointe.

 

Des marchés sont par endroit inaccessibles et des magasins fermés, causant d’énormes manques à gagner.

 

Bien que les vacances scolaires soient officiellement fixées au 13 juillet, les écoles des zones inondées sont désertées par les enfants que les parents hésitent à laisser partir, craignant qu’ils n’aillent patauger dans les eaux de ruissellement.

 

Quant à l’administration, elle tourne au ralenti du fait du retard ou carrément de l’absentéisme des cadres dont certains n’arrivent pas à braver la pluie pour se rendre à leur lieu de travail.

 

Certaines populations ont dû déménager de leurs maisons pour se réfugier dans d’autres quartiers. Les moins nantis, qui se contentaient des abris de fortune, sont désemparés et ne comptent que sur la solidarité de leurs compatriotes pour traverser la période.

 

A la pédiatrie du Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoucou Maga, le plus grand du Bénin, on signale une affluence de malades de paludisme, notamment les enfants issus des zones inondées.

 

Quant à la banque de sang du même hôpital, elle a appelé à une mobilisation pour pallier la pénurie du liquide précieux qui fait le plus défaut en saison des pluies.

 

Une solution définitive au problème d’inondation dans la ville de Cotonou nécessite un investissement de 250 milliards FCFA, indiquent les responsables de la mairie.

 

Cette municipalité, dont les moyens sont limités, attend depuis son installation en mars 2003, le transfert de la gestion des recettes du marché Dantokpa (le plus grand du Bénin) encore détenu par le pouvoir central.

 

La ville de Cotonou est en proie et de manière récurrente à des inondations, surtout dans les 12ème et 13ème arrondissements, qui regroupent les quartiers les plus inondables. Plusieurs plans ont été conçus et mis en œuvre par la mairie de Cotonou, sans encore des résultats satisfaisants.

 

Selon des statistiques récentes, les inondations touchent chaque année environ 10.000 logements à Cotonou (près de 10% des logements) et 300 à Porto-Novo (1% des logements).

 

Des pertes importantes sont également liées à la destruction des cultures, même si celles-ci sont partiellement compensées par les bénéfices économiques générées par les cultures de décrue.

 

De sources hospitalières, on explique que le manque d'assainissement est directement responsable d'un accroissement de la fréquence de la diarrhée et de la dysenterie. En outre, la mauvaise gestion de l'eau entraîne directement une prolifération des vecteurs de la malaria.

 

Au Bénin, 190.000 cas de diarrhée et 30.000 de malaria sont signalés chaque année. En prenant en compte l'ensemble des maladies liées à une mauvaise qualité de l'eau et l'ensemble des cas traités et non traités, ce sont environ 350.000 à 400.000 cas annuels de maladies liées à la mauvaise qualité de l'environnement qui sont répertoriés.

Tag(s) : #Actualités Béninoises

Partager cet article

Repost 0