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DOSSIERS DU MÉDIATEUR PRÈS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Les tribulations de la famille d’un ancien Dg Ortb
 
     
 
Si l’institution de la médiation n’existait pas, il aurait fallu la créer. Les nombreux dossiers qui échouent sur la table du médiateur montre bien que le Bénin est loin d’être à l’abri des abus qu’ils viennent de l’administration ou des citoyens eux-mêmes. Une extension des attributions du médiateur exprimant un besoin énorme d’arbitrage de la part des Béninois et le fossé béant entre eux et les institutions censées les défendre. Il existe parmi les nombreux recours adressés au médiateur Albert Tévoèdjrè, de véritables cas de conscience. Ce cas d'un ancien DG ORTB en est un.
 
     
 
Date de publication : 11-07-2007
Auteur(s) / source : Brice Ogoubiyi
 
     
 

   Il y a certaines détresses de citoyens qui, face à la machine judiciaire ou administrative et à l’injustice ne peuvent laisser indifférent. Le cas de cet ancien directeur général est émouvant.

   Lucien Nagnonhou ex-Dg de l’Ortb est décédé le 28 décembre 2000, à la suite d’un grave accident de travail survenu dans l’exercice de ses fonctions en 1975. Pourtant, la société continue de s’acharner contre lui, même après son décès, en tentant de dépouiller sa famille de tous leurs biens. La veuve Nagnonhou née Chagas Angèle vient de formuler un recours auprès de l’Organe présidentiel de médiation (Opm) aux fins de l’aider à trouver enfin une solution à la situation familiale délicate que vivent ses ayants-droits. Selon la veuve, son mari a été victime d’un accident de circulation dans l’exercice de ses fonctions. Après de longs traitements en Chine et en Corée, il fut admis finalement en France dans les services de neurochirurgie de la Pitié Salpetrière. Sur intervention de son médecin traitant Français en rapport avec le médecin conseil de l’ambassade du Bénin à Paris, sous l’ancien ambassadeur Cyrille Sagbo, il a été retenu que le patient reste professionnellement en France à la chancellerie pour continuer de bénéficier de ses soins. Mais contre toute attente, un message du ministère des Affaires étrangères le 03 juin 1991, aurait invité M. Nagnonhou à prendre toutes dispositions utiles et à rentrer sur Cotonou, sur instruction du président de la république d’alors. Un message qui faisait état de sa prise en charge et de son suivi par le Cnhu. Impuissant devant cette décision, il s’est vu obligé de regagner le Bénin. C’est alors que commence ses déboires.

   Depuis 1991, il a été délaissé aussi bien en ce qui concerne sa santé que sa carrière, malgré les cris de détresse de sa famille en direction de son ministère de tutelle et de celui de la santé. Face au silence inexpliqué de l’Etat, il introduisit en Août 1993 un recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême, contre la décision implicite de rejet de sa prise en charge et de son suivi au Cnhu. Un recours en annulation était en examen devant la chambre lorsqu’il décéda malheureusement. Une pression insoutenable sur sa famille. Comme s’ils n’étaient pas au bout de leur peine, c’est la maison où vivait en locataire le défunt et dont il s’était porté acquéreur auprès de l’ex Banque commerciale du Bénin (Bcb) qui fait objet de polémique. A la lumière des débats, il lui a été signifié que cette villa appartiendrait à une autre personne et qu’elle lui avait été illégalement vendue par la Bcb. Par jugement du 16 janvier 1995, la troisième Chambre civile de Cotonou a ordonné son expulsion. C’est ainsi que M. Nagnonhou et sa famille sont constamment sous la menace d’être mis dehors. A ce jour dira la veuve, l’ex Bcb s’est opposée à toute réparation des préjudices, des dommages et intérêts que leur a causé cette vente contestée, laissant la famille dans une situation de location, d’inconfort, et de dépression psychologique. Mieux, les liquidateurs de l’ex Bcb ont exigé de la famille et obtenu l’apurement intégral de la dette du feu Nagnonhou dont la maison avait été achetée sur un prêt dans leur livre, sous peine de poursuites judiciaires. Une pression insoutenable et inhumaine sur une famille, déjà meurtrie par la vie.

   Au moment où la veuve écrit au médiateur, continue de planer sur elle, la menace d’expulsion et le procès qui est toujours devant le tribunal de grande instance de Cotonou fait l’objet de rejet sur rejet. Alors, la veuve demande qu’on intercède pour que la famille connaisse un meilleur sort et sorte de cette détresse et de cette injustice.

 
Tag(s) : #Politique Béninoise

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