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Yayi 1er : le règne de l’hypercommunicateur !

 

 

S’il est un aspect avec lequel Yayi Boni 1er rigole le moins, c’est bien son image. Un quotidien béninois l’a rapidement appris à ses dépens au lendemain de l’intronisation du nouveau souverain. Alors qu’il titrait sur l’état de santé d’un des princes du roi, le malheureux journaliste a été écroué avant d’être libéré après un tollé général. Tollé qui était sur le point de jeter du discrédit sur son régime. On avait alors cru à un faux pas normal d’un nouveau roi novice qui ne connaissait que très peu les usages du palais. Mais quelques mois plus tard son Altesse allait récidiver car comme l’a fait remarquer Montesquieu, «tout homme qui a du pouvoir est tenté d’en abuser».
La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) lui propose de façon réglementaire une liste de personnalités à nommer à la tête des médias publics mais comme il se croit «Dieu vivant» au-dessus de tout, il jette la liste proposée à la poubelle et propulse de façon péremptoire ses proches. Ici, ce n’est pas la compétence qui compte, mais le degré de docilité et de dévouement aux ordres de la cour royale. Les membres du clan ainsi propulsés autorisent le matraquage médiatique régulier de l’image du roi et de ses activités. Le 20 heures de l’Office de Radio et Télévision du Bénin (ORTB) s’écrit et se monte pratiquement dans les alentours du trône royal. La radio nationale accueille ses hommes de fer, chanteurs émérites des mérites et des louanges du roi. Le quotidien royal «La Nation» est écrit, relu et corrigé par les conseillers spéciaux avant publication. Mais sa Majesté Yayi Boni 1er ne s’en arrête pas là. C’est un roi qui, dit-on, communique directement avec Dieu. D’ailleurs il ne peut tenir un discours sans prononcer le nom de son mentor légitime. Les mauvaises langues racontent qu’il a souvent des visions et des révélations pour son peuple. Et pour passer le message au peuple, il faut donc des messagers. Il a alors formé des émissaires au métier de communicateur et comme il peut facilement délier les cordons de la bourse à sa guise, il achète tous les médias privés. Au royaume du Bénin aujourd’hui, il ne se passe de jour où des messagers du roi n’aient de "bonne nouvelle" à annoncer au peuple. Quand ils n’ont rien à dire, ils en inventent. Ces conseillers-soldats taillés et rôdés à la langue de bois, sont réfractaires à toutes contradictions et sont prêts à tout raconter au peuple pour défendre l’image et les projets fictifs du roi. Des émissions produites clefs en main ont même été conçues sur des télévisions privées. Des émissions animées par des bouffons du palais pour amuser le roi et le peuple.

Béninois, résistons ensemble !

Il est difficile dans le Bénin d’aujourd’hui, de faire la différence entre un journal de l’ORTB et celui des médias audiovisuels privés. Golf TV, LC2, Canal 3 et autres sont mêmes pires. On a l’impression qu’à coup de nos espèces sonnantes et trébuchantes, son Altesse Yayi Boni 1er a également réussi à acheter l’âme des journalistes béninois. Les journaux privés ont évidemment tous signé le contrat d’exclusivité. Ils ont été payés pour lécher les bottes au roi à l’échelle internationale. Quand des journalistes titrent : «Geste historique : Yayi Boni offre 60 millions aux écureuils après leur victoire» ou «5% de croissance économique en vue pour le Bénin à la fin de l'année 2007 : Un admirable pari de gagné pour Boni Yayi (Les opérateurs économiques jubilent)»ou encore «Report de la suspension de Areeba et Moov : La décision courageuse de Yayi Boni», nous sommes carrément dans un royaume où sa Majesté a complètement fini de maîtriser ses sujets. La société civile a subitement disparu avec notamment les grands ex "défenseurs" de la démocratie tels que Reckya Madougou (FORS-présidentielle 2006), Martin Assogba (ONG ALCRER) et Roger Gbégnonvi (Transparency international) qui sont dangereusement devenus des griots du régime. Et notre souverain envisage, dans sa logique de régner de main de fer, de créer un parti unique parce que, justifie-t-il, «les pays émergents sont ceux qui ont un parti unique». Le parti royal sera bientôt mis en place et gare à ceux qui n’en seront pas membres. L’instauration du despotisme est à l’étude et ne serait plus qu’une question de temps. Mais l’hypercommunication, la propagande effrénée a des revers dangereux. Elle peut conduire à l’incommunication c’est-à-dire à la résistance des peuples à cette forme de communication à outrance. Et c’est bien dans ce sens que nous lançons le mot d’ordre : Béninois, résistons ensemble à Yayi Boni 1er.


regardsurlebenin@gmail.com
Tag(s) : #Politique Béninoise

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