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1. Mon interrogation ne relève pas du scepticisme. Elle suggère deux choses : (1) un regard synoptique et critique sur les premiers quatorze mois de gestion du pouvoir par Boni YAYI ; (2) une réflexion prospective sur les conditions d’un accomplissement heureux du quinquennat du Président de la République. Dans un récent article : « Boni YAYI, à l’épreuve du pouvoir », l’hebdomadaire Jeune Afrique conclut : « Il lui reste quatre ans, avant le terme de son premier mandat, pour ne pas décevoir ». A la vérité, il ne lui reste que trois années utiles, ou 1000 jours pour convaincre. A partir de 2010, le regard sera plutôt tourné vers le scrutin présidentiel de 2011. Dès lors, la pression du temps, l’obligation de résultat deviennent, pour l’Exécutif, des motivations fortes pour, d’une part, faire une auto-évaluation critique des quatorze mois écoulés, et d’autre part, s’armer différemment pour gouverner autrement et mieux, afin de répondre aux impatiences des Béninois.

   I. QUEL REGARD SUR LES 14 MOIS ECOULES ?

   2. Ceux qui espéraient des résultats spectaculaires de la part de Boni YAYI après 14 mois de gestion se font des illusions ! Quatorze mois, c’est trop court pour un bilan de réalisations physiques, en termes de projets. Cependant, on doit s’attacher à évaluer la méthode de gouvernement Boni YAYI, apprécier les tendances et les orientations de politiques ; et se poser la question fondamentale de savoir si le Chef du Gouvernement a pris un bon départ. Un tel « bilan » prend inévitablement en compte le lourd héritage de la forte dégradation de l’économie et des graves déficits structurels à divers niveaux. 3. Au regard de la méthode de gouvernance de Boni YAYI, quatre traits marquants sont observables : Premier trait : on le croyait novice ou neutre en politique ; il s’est révélé un fin stratège : 35 députés FCBE à l’Assemblée Nationale, aux dernières législatives, le contrôle du « perchoir » par un député FCBE, et signature d’un pacte dit de législature (46 députés), noyau d’une majorité parlementaire. Ce sont des résultats positifs. Deuxième trait : la mobilité et le dynamisme de l’homme, en contraste saisissant avec Président KEREKOU ; la passion du terrain, la quête de proximité avec les projets et les acteurs de développement ; le sens de l’écoute et de la communication avec les forces sociales : ce sont des acquis incontestables. Troisième trait : Boni YAYI imprime un rythme « forcené » de travail ; ce rythme est-il productif, est-il soutenable dans la durée ? Il laisse peu de place à l’effort du non-effort, c’est-à-dire au repos et à la détente, pourtant indispensables à la fécondité de toute entreprise humaine durable. Quatrième trait : on note une confusion entre vitesse et précipitation, donnant l’impression d’une certaine improvisation. Accorde- t-on à la préparation, l’intérêt qu’elle mérite ? 4. Au regard de l’application de l’effort de développement par Boni YAYI, que constatons nous ? D’abord, une vision du développement, clairement affirmée, et maintes fois énoncée et rappelée : faire du Bénin un pays émergent, avec, en 2010, un taux de croissance à deux chiffres, source de richesse, pour combattre la pauvreté et améliorer la condition du Béninois.

   L’héritage du déficit financier et l’impératif de l’assainissement

   L’année écoulée a permis de faire un état des lieux, d’identifier et de corriger des déficits. L’assainissement budgétaire, financier, institutionnel et le retour à l’orthodoxie de gestion, ont été au coeur du dispositif de redressement. « Boucher les trous en urgence pour pouvoir décoller de la terre ferme » avait justement expliqué, de manière métaphorique, le Ministre Irénée KOUPAKI. Que sont donc devenus les résultats des audits des Ministères et des Sociétés d’Etat ? 5. Au plan budgétaire, pour la première fois, la Loi des Finances 2007, a reçu l’approbation unanime des députés ; les efforts remarquables de recouvrement fiscal ont sensiblement amélioré la trésorerie de l’Etat. Au plan financier, la confiance des citoyens, des investisseurs et des institutionnels s’est notamment traduite par le succès de l’Emprunt obligataire (2007-2012) de 54 milliards FCFA émis par l’Etat béninois. Notons la mise en place, sur 5 ans, du Millennium Challenge Account (MCA), d’un montant de 170 milliards de FCFA, financé par le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, en support au foncier, (sécurisation des investissements), aux services financiers (micro-entreprises) à la justice (une justice rapide et efficace) et au marché (améliorer la compétitivité du Port Autonome de Cotonou). L’apurement, à fin Mars 2007, de plus de 150 milliards de francs CFA, de la dette intérieure de l’Etat, témoigne d’une volonté réelle d’assainissement et de stimulation des affaires. Le déficit financier hérité du Président KEREKOU a été malheureusement couplé avec d’autres déficits. Une brève revue des plus significatifs. Le déficit de la filière coton 6. Objectif de la campagne cotonnière 2006-2007 : 500.000 tonnes. N’a pu se réaliser qu’à hauteur de 250.000 tonnes, en raison de dysfonctionnements structurels prononcés de la filière et des intérêts contradictoires, voire antagonistes, des acteurs (Gouvernement, privés et producteurs). L’engagement personnel du Chef de l’Etat, l’apurement des arriérés dûs aux cotonculteurs, 14 Milliards FCFA par le Trésor, le limogeage du Ministre de l’Agriculture d’alors, n’ont pas eu raison de la baisse de la production. Heureusement, la campagne 2007-2008 renoue avec un partenariat apaisé et plus constructif entre les différents acteurs de la filière. Le récent Protocole d’Accord des partenaires et le rôle éminent d’une SONAPRA restaurée dans la gestion des intrants, aux côtés des CeRPA, responsables d’encadrer les paysans, augurent de la réussite de la campagne en cours. Le déficit énergétique 7. C’est l’un des plus sévères déficits, en raison de son impact négatif sur l’économie, l’Administration et les ménages. Les besoins du Bénin en énergie électrique sont estimés, selon les experts, à environ 120 MW (Megawatts). La fourniture extérieure d’électricité (Ghana, Nigéria,) et notre modeste production interne laisse un gap, source de délestages. Ces délestages sévères auxquels le Bénin est soumis actuellement, appellent certes le besoin d’une interconnexion sous régionale repensée et moins pénalisante, mais surtout l’impératif de production d’une énergie électrique autonome. Dr. Boni YAYI devra mettre développement économique et sécurité énergétique au premier plan de ses préoccupations stratégiques et inventer des solutions originales. Le déficit sécuritaire 8. Il est manifeste. Il est lourd de menace pour l’ordre public, la paix sociale et l’intégrité de l’autorité politique. Le Général Alassane Kpembi MASSOUHOUDOU, Président de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères, est explicite : « l’insécurité demeure présente au Bénin et prend de plus en plus d’ampleur ». L’attaque du cortège du Président Boni YAYI au Nord le 15 Mars 2007, l’attaque d’une voiture de convoyeurs de fonds dans les environs immédiats du Palais présidentiel, illustrent l’audace des malfrats et leur défiance de l’autorité et du pouvoir. L’insécurité dissuade les investisseurs privés étrangers. Dans un tel contexte, que faire ? L’implication des élus locaux dans la lutte contre la prolifération des armes légères sera déterminante. Le récent séminaire de Parakou, organisé et animée par la Commission nationale responsable de cette lutte, au profit des élus locaux, est une initiative qui va dans la bonne direction. Le déficit de l’école, de la formation et de l’emploi 9. Le Président Boni YAYI a placé au coeur des priorités de son action, le problème de l’école, du système éducatif. « Seule la qualité des ressources humaines garantit l’efficacité et le développement ». La gratuité de l’école maternelle et primaire publique participe de cette vision. Boni YAYI est conscient de la déficience chronique de l’école béninoise. L’emploi des instituteurs dits communautaires pour valoriser l’école maternelle et primaire n’est pas une solution viable. C’est un pis-aller. Le FORUM national de l’Education tenu cette année qui vise à remédier à cette déficience fondamentale, à rompre le hiatus entre la formation et l’emploi, à restituer l’enseignant dans la plénitude de sa mission d’éducateur compétent, motivé, mérite un suivi spécial. Le déficit éthique 10. L’un des maux dont souffre le Bénin, avec des effets pervers d’ordre économique et social, est bel et bien la corruption. Et la lutte systématique qu’organise le Gouvernement et la société civile (FONAC, Transparency International, l’Observatoire) pour combattre le fléau ne peut qu’être saluée et soutenue par les hommes et les femmes de bonne volonté. La corruption est la manifestation criarde d’un déficit éthique. Autres signes du déficit éthique : l’abus de confiance, la parole non tenue, l’incivisme, l’absence de conscience professionnelle, la dilapidation du bien public, la dilution du sens des choses, la tricherie, la ruse etc. On qualifie chez nous, ce lamentable corpus de comportements déshonorants, la « béninoiserie ». 11. Des efforts volontaristes doivent être entrepris par le Gouvernement, (y compris les communes) les citoyens, la société civile pour « gommer » ces mentalités. Les enjeux de la croissance et du développement pourraient durablement en pâtir si rien n’est fait. L’émergence économique du Bénin passe d’abord par un engage- ment éthique ; c’est-à-dire cette capacité de chaque acteur de faire ce qui est con- forme au bien ; et cela passe par « le sim- ple acte de courage de ne pas céder aux tentations de la facilité » (Dherse et Min- guet). La Charte du Gouvernement Boni YAYI est une pertinente balise de gouver- nance publique. Chaque Béninois devrait se donner une charte de comportement citoyen ; l’organe présidentiel chargé de la promotion et de la gestion du changement, a un rôle privilégié à jouer pour faire éclore le désir du changement et le faire « in- ternaliser ». A cet égard, l’initiative récente annoncée d’un service civique, patriotique et militaire est riche de promesses. 12. Le regard sur les quatorze mois écou- lés du Dr. Boni YAYI laisse le citoyen béni- nois interrogateur et perplexe. Le Gouvernement lui-même n’a pas de raison de crier au triomphe. Mais il est contraint de croire en l’avenir et de réussir. Le nouveau Gou- vernement illustre cette prise de conscien- ce et cette projection dans l’avenir. Vision de développement d’un pays émergent, un programme d’action triennal, nouvelle méthode de travail, appel à la gouver- nance concertée, exhortation à l’éthique républicaine, assainissement fi nancier et institutionnel par la maîtrise des défi cits, réforme structurelle, moralisation de la vie publique : c’est à partir de ces fondamen- taux que Boni YAYI devra repartir de pied ferme pour gouverner, le reste du mandat présidentiel. Gouverner, c’est « remplir un devoir d’engagement » (Michel Guénaire, avocat et écrivain français). A notre ques- tionnement, Dr. Boni YAYI peut-il réussir, la réponse est oui ; mais à condition que le Chef de l’Etat s’appuie sur une autorité restaurée, une gouvernance efficace, et une exemplarité sans faille.

    II. QUELLES PERSPECTIVES POUR LE RESTE DU QUINQUENNAT ?

   Dr. Boni YAYI et l’autorité 13. Au préalable, un bref éclairage sémantique s’impose. Qu’est-ce l’autorité ? qu’est-ce le pou- voir? Deux acceptions très voisines l’une de l’autre dans leur emploi, nous dit le Littré, qui précise : autorité implique une « nuan- ce d’influence morale », pas nécessairement contenue dans pouvoir. L’autorité dériverait-elle du pouvoir ? La magistrature suprême à laquelle Boni YAYI a accédé lui confère le pouvoir politique premier de gouverner le pays. Il devient, malgré lui, l’homme politique par excellence, chargé de la Rex Publica. Ce pouvoir, « sacralisé » par un vote populaire massif, devient « consubstantiel » à l’autorité que, dès lors, il détient. La détention de l’autorité impose au chef des droits et des devoirs : le droit de préserver et de raffermir l’autorité comme outil de gouvernance ; le devoir de respecter et de sauvegarder les libertés individuelles des citoyens garanties par la Constitution. L’exercice de l’autorité se joue donc dans ce difficile et dynamique équilibre, toujours à rechercher, jamais définitivement acquise, et qui se situe à la crête du laxisme et de l’autoritarisme, à la manière du courage, qui se situe aussi à un point d’équilibre, celui de la poltronne- rie et de la témérité. On comprend dès lors pourquoi l’exercice de l’autorité est difficile, parce qu’il est un acte de courage. 14. L’autorité s’exprime dans le leadership ; se mettre devant, montrer la voie à suivre, conduire la Nation, vers une mission de restauration économique, politique et sociale, avec la participation des citoyens, pour un bonheur partagé. C’est l’autorité du Chef qui lui permet de proposer une vision de transformation de la société et de s’attacher l’adhésion du peuple. C’est l’autorité du Chef qui lui permet de garantir la sécurité des Béninois, de dépolitiser l’Administration et la rendre plus performante, de redorer le blason de la justice béninoise. C’est également, en vertu de l’autorité du Chef, qu’il peut sommer les directeurs de GSM (téléphonie mobile) à se conformer à la loi, ou à subir, le cas échéant, des sanctions d’interruption de service. 15. Préserver et restaurer l’autorité, ce n’est pas un exercice unilatéral du Chef. Ils supposent l’acceptation de ceux sur qui l’autorité s’exerce. C’est toute la problématique de la reconnaissance et du respect de l’autorité.

   Les institutions de la République, le citoyen, sujet de droits et de devoirs, personne physique ou morale, sont tenues au respect de l’autorité. C’est une exigence à la fois juridique et morale. L’incivisme, phénomène de notre société, bloque l’exercice du pouvoir et de l’autorité. Restaurer l’autorité, c’est combattre l’incivisme (a) d’abord, par la prévention et la sensibilisation, et (b) ensuite par la répression. Et l’autorité qui réprime, con- formément à la loi, est pleinement dans son rôle. Le service patriotique civique et militaire qui vient d’être annoncé par Boni YAYI, peut être un créneau porteur dans la réhabilitation du civisme. La société civile, l’école, les syndicats, la presse, la famille, les élus locaux sont ici interpellés à développer des trésors d’imagination pour susciter un réseau de lutte solidaire contre l’incivisme et pour le respect de l’autorité. Respect dans la forme et respect dans le fond. 16. Autant le citoyen doit respecter l’autorité, l’esprit et la lettre de la règle, autant le détenteur de l’autorité doit respecter le pouvoir qu’il incarne. Il devra prêcher par l’exemple ; une exemplarité qui élève les autres. Au fait, l’autorité c’est « une prise en charge » du citoyen par le Chef, en vue d’un développement de la personne appelée à croître en humanité. Les êtres humains investis d’un pouvoir ou d’une autorité sont portés à en abuser.La pensée de Montesquieu est dans tous les esprits : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites (…). Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». Ainsi donc, le respect de l’autorité se double du besoin de contrôle ou de la contestation intelligente, dans les limites de la loi, de la bienséance et de la convenance. 17. C’est une manifestation de l’autorité que le Chef de l’Etat vient de démontrer en formant le second gouvernement de son quinquennat. Clairement, ce gouvernement rompt avec les jeux de la classe politique traditionnelle et s’oriente vers l’avenir. Cette équipe séduit par le profil professionnel de sa configuration. Des hommes et des femmes compétents pour réussir. Un énorme défi . Mon ardent souhait est que la nouvelle équipe s’affirme en un gouvernement de rédemption, de combat, de désir, et d’efficacité. Il n’a pas droit à l’erreur… Dr. Boni YAYI et l’efficacité 18. La Charte du Gouvernement Boni YAYI stipule, entre autres dispositions, l’obligation de résultat pour le chef et pour les ministres. Pour les destinataires de cette Charte, il serait utile qu’ils la revisitent pour en redécouvrir la lettre, et surtout l’esprit. Jean Guitton est formel : « Nos actes sont des pensées implicites » ; ce sont les valeurs auxquelles nous croyons, les pensées ou idéaux auxquels nous ad- hérons, qui fondent et justifient nos actes, leur donnent sens et cohérence et contribuent à l’efficacité de l’agir. Nous interpellons les Ministres sur ces perspectives. Il est essentiel pour Boni YAYI, de réénoncer sa vision du développement pour le Bénin, et de s’efforcer à retracer dans un programme opérationnel, ses priorités pour les trois prochaines années. Cet exercice est utile pour les ministres, pour la classe politique, les institutions de la République, en l’occurrence les députés, la société civile, les syndicats, la presse, les investisseurs nationaux et étrangers, les partenaires au développement. Cette clarification des objectifs, qui participe de la méthode et du leadership, aidera la gouvernance concertée, chère au Président Boni YAYI. L’Agenda présidentiel inclut trois choses : 1) la gestion politique, 2) la gestion écono- mique, 3) la gestion sociale. En fait d’effi - cacité, ur quels leviers agir, dans ces trois registres, pour provoquer le changement et obtenir des résultats ? Illustrons par quelques considérations. 1. La gestion politique 19. Au plan politique, Boni YAYI a surpris : un véritable « animal politique » !Il a su damer le pion à la classe politique tradi- tionnelle lors des élections présidentielles de Mars 2006 et des législatives de Mars 2007. Enorme et surprenant succès aux dernières législatives qui lui confortent l’Exécutif et lui donnent les moyens de gouverner. Cependant, Boni YAYI n’a pas intérêt à gouverner en solitaire ; ce n’est pas bon pour l’efficacité de son action, ce n’est pas bon pour la démocratie. D’où le besoin d’une opposition, d’un contre- pouvoir à l’exercice de son autorité. A cet égard, il a le devoir de susciter les con- ditions politiques, juridiques et fi nancières d’une opposition, en s’inspirant de la récente expérience mauritanienne où le chef de l’opposition jouit d’un statut élevé avec octroi d’avantages matériels et de considération d’une personnalité politique de haut rang dont la rétribution est prise en charge par l’Etat. Il est impératif de revaloriser la Charte de l’opposition et d’en faire un outil efficace de gestion politique de la démocratie. C’est à la classe politique de prendre ses responsabilités et d’occuper l’espace de l’opposition, sans y être forcée. A défaut, la société civile dont ce n’est pas la vocation originelle, pourrait s’engouffrer dans la brèche. La configuration politique du nouveau gouvernement n’est-elle pas, quelque part, une invite indirecte et subtile à une certaine opposition de se constituer et de s’exprimer ? 20. Rappelons que Boni YAYI est le Chef de l’Etat, le Chef de Gouvernement d’un régime présidentiel, c’est-à-dire d’un régime où l’Exécutif ne peut être renversé par l’Assemblée Nationale qui, elle-même, ne peut être dissoute par le Président de la République. Deux institutions qui jouis- sent d’une autonomie et d’une autorité fortes, dans une cohabitation d’irrévocabilité mutuelle. (Olivier Duhamel). Elu pour cinq ans, le Chef de l’Etat jouit d’une stabilité de vie de cinq ans qui peut même aller à dix, si sur la base d’un bilan positif, il est réélu une seconde fois. Cette stabilité est une force. Au regard de cette garantie de vie, fallait-il que Boni YAYI crée un parti politique ? Toute chose qui comporte des risques partisans et pourrait entamer son leadership de rassembleur et de Chef de la gouvernance concertée qu’il proclame. La question, d’ordre stratégique, au Dr. Boni YAYI est alors celle-ci : pourquoi un parti politique, M. le Président ? 21. Le soutien à la décentralisation me paraît relever d’une priorité politique majeure pour le nouveau gouvernement.

  La dimension politique de la décentralisation pour les citoyens, toujours reconnue, n’a pas été suivie d’un engagement politique de l’Etat central. La création d’un Ministère uniquement dévolu à la décentralisation prouve la volonté politique de Boni YAYI de faire de cette institution, une arme précieuse et indispensable de croissance et de développement dans tous les secteurs de la vie sociale. Faire jouer aux commu nes et entités de base, le rôle démultiplicateur du développement, suppose qu’on leur transfère, conformément à la loi, les compétences et les ressources. Le temps est venu pour l’Etat central, d’opérer ce saut qualitatif dans ses rapports avec les collectivités décentralisées, car la réalisation de la sécurité du pays, la réussite de l’indispensable aménagement du territoire, la bonne exécution des projets scolaires, sanitaires et environnementaux, passe par des entités locales capables et fortes. Ndlr. Dans la prochaine livraison la suite du chapitre « Docteur Boni Yayi et l’efficacité » sera consacrée à la gestion économique, la gestion sociale et l’exemplarité.

 

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