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Selon le chercheur en agronomie Moussa Bello, ces mêmes données agricoles traduisent tout simplement un
intérêt décroissant des cultivateurs béninois vis à vis de la filière manioc.
« Les superficies emblavées sont passées de 237.892 ha en 2003 à 220.432 ha en 2006, soit une baisse de 17.469 ha
en moins de trois ans. De même, le rendement sur la même période a légèrement chuté de 12,84 tonnes par hectare en 2003 à 12,72 tonnes par hectare en 2006», a-t-il fait observer.
Pour ce chercheur béninois, le manioc qui était avant 2003 la première culture au Bénin, est actuellement confronté à d’énormes difficultés, notamment le manque des débouchés. «
L’inexistence au Bénin d’unité industrielle de transformation à grande échelle de la production du manioc pourrait être l’une des raisons de démotivation des cultivateurs
béninois», a fait remarquer M. Bello.
Certes, a-t-il poursuivi, des unités artisanales et semi-industrielles, principalement aux mains des femmes,
existent et exportent une partie de leur production de gari (semoule de manioc) dans les pays limitrophes, principalement au Niger et au Nigeria, mais aussi en Afrique centrale.
Cultivé dans l’ensemble du pays, le manioc offre une utilisation tant pour l’alimentation humaine qu’animale. Ainsi, à partir du manioc transformé, on obtient plusieurs produits
dérivés, notamment le gari, le tapioca, le foufou, l’amidon, les cossettes, l’alcool et la farine. Le manioc brut est lui-même utilisable dans plusieurs plats locaux ou
sous-régionaux. En 2000, le gouvernement du président Mathieu Kérékou avait prévu plus de 51 milliards de francs CFA (107.132.678 dollars) pour le projet de développement de la
filière manioc, sans toutefois que ce projet ne soit suivi de la recherche de marchés.
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