Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Malaise au sein du pouvoir judiciaire

Magistrats, avocats, notaires et huissiers se sont donnés en spectacle devant les investisseurs privés

Monsieur le Ministre, les acteurs de la justice plaident pour des états généraux - 7.4 ko
Monsieur le Ministre, les acteurs de la justice plaident pour des états généraux
 
Les mots étaient durs, les critiques acerbes et peu s’en fallait pour que les hommes de justice en viennent aux mains mardi dernier lors du dîner-débat organisé par le Conseil des investisseurs privés du Bénin sur la place et le fonctionnement de la justice pour la sécurisation des investissements et des transactions commerciales au Bénin. Un thème qui a réuni au Novotel, les différents acteurs de la justice que sont les magistrats, les avocats, les notaires et les huissiers. Les réflexions devraient permettre aux hommes de la justice et aux investisseurs privés de débattre de l’anachronisme de certains textes appliqués devant les juridictions et l’existence d’une seule juridiction ayant une compétence nationale et chargée de juger en 1er et dernier ressort les contentieux administratifs opposant les opérateurs privés et l’Etat. Une situation que les investisseurs privés trouvent injuste et ont donné la parole aux hommes de justice afin que ces derniers les rassurent. La vanne venait d’être ouverte. La première flèche est venue de l’ancien garde des sceaux et magistrat à la retraite, Joseph Gnonlonfoun qui estime que la maison justice va mal, très mal au point où des magistrats sont allés en prison, parce que voulant faire comme tout le monde. Joseph Gnonlonfoun conçoit mal par exemple que des greffiers aillent en grève pendant 4 mois, ou encore que certains auxiliaires de justice mettent 5 années pour rédiger une ordonnance de référé. Comme lui, Me Robert Dossou, Me Djogbénou, Me Pognon ou encore Séverine Lawson diront que la justice béninoise souffre d’un mal congénital désespéré qu’il faut guérir à tout prix pour que vive la République. Ces maux sont légion et vont de la mauvaise maîtrise du droit, à l’application fantaisiste de certains textes dans une société analphabète. Selon ces hommes, la justice qui devrait rassurer les populations est devenue leur bête noire, au point qu’elle est aujourd’hui la justice des justiciers et non des justiciables et accessible aux seuls initiés. Mais le ton montera d’un cran lorsque les déficiences du juridique et du judiciaire trouveront chez certains intervenants leur naissance dans l’enseignement au rabais du droit dispensé à l’université. Me Robert Dossou qui a été enseignant pendant une trentaine d’années à l’Université n’a pas supporté qu’on jette le tort sur les enseignants mais plutôt sur certains collaborateurs de la justice très illuminés, qui préfèrent faire exactement le contraire de ce qu’ils ont appris à l’université. Le combat sera également rangé entre l’agent judiciaire du trésor, Séverine Lawson et le magistrat à la retraite Joseph Gnonlonfoun, notamment en ce qui concerne l’affaire des frais de justice criminelle qui avait emmené plusieurs magistrats en prison. Me Djogbénou qui n’a pas versé dans l’imbroglio qui avait droit de citer dans la salle, a plutôt montré en bon avocat par des démonstrations juridiques, que la base est faussée avec le juridique qui est rempli d’incongruités. En somme, le dîner-débat s’est transformé en un tribunal où procureur, juge et avocat se tiraient dessus à boulets rouges. Et le linge sale a été lavé en public, devant les caméras de télévision sous la grande délectation des investisseurs privés.

Judicaël AYADOKOUN, 30 août 2007
Tag(s) : #Veille juridique

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :