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LE BENIN DU FUTUR
(Rediffusion du texte authentique adressé à tous les « grands candidats » à l’élection présidentielle de 2006 en République du BENIN)

  

Auteur: Benoît ILLASSA

 

 

A - COMME AGRICULTURE

 

De l’avis général, l’agriculture, dans toutes ses variantes, occupe 80% de la population béninoise. Cette agriculture représente 80% de nos exportations et compte pour plus de 60% dans la richesse nationale brute.

 Quarante cinq ans après l’indépendance de notre pays, il y a moins d’une dizaine de tracteurs dans tout le Bénin pour nos paysans. Les revenus de l’or blanc servent à payer les Agents Permanents de l’état (A.P.E.), le service de la dette, après les rançonnements opérés par des escrocs sans foi ni loi. En réalité, tout le monde profite du travail et de la sueur du paysan, sauf le paysan lui-même.

 Pour remédier à cette situation, le prochain Président de la République doit, avant le terme de son mandat, aider chaque Commune du Bénin à acquérir deux tracteurs. Pour mémoire, un tracteur coûte moins cher qu’un bolide 4X4 offert à chaque Député de notre Représentation Nationale.

 La mécanisation de notre agriculture doit devenir une priorité nationale pour attirer les jeunes et réduire le chômage et la pauvreté dans notre pays. Concrètement, pour financer ce plan d’action, sur dix francs dépensés sur le budget national (hors dépenses de souveraineté et salaires des APE), l’état doit réserver deux francs à la mécanisation de notre agriculture. En quelques années, le Bénin deviendra ainsi le grenier de la sous-région. On pourra ainsi troquer notre excédent de production agricole, avec le Nigéria voisin, contre des hydrocarbures.

 B - COMME BUDGET

 

Il convient de mettre fin à une pratique courante dans les ministères. En effet, beaucoup de ministères ne consomment pas la totalité de leur budget au cours de l’exercice N. Deux à trois mois avant le terme de l’exercice budgétaire, certains Ministres n’hésitent pas à se lancer dans des dépenses futiles pour consommer coûte que coûte le reste du budget. Ils espèrent ainsi échapper à la rigueur des finances publiques qui veut qu’un ministère, qui ne dépense pas la totalité de son budget de l’année N, obtienne moins au titre de l’année N+1. 

  C - COMME CONSTITUTION

  La Constitution du 11 décembre 1990 a créé un régime présidentiel fort avec des contre-pouvoirs que sont: l’Assemblée Nationale, la Cour Constitutionnelle, la Cour Suprême, la HAAC, la Haute Cour de Justice et le Conseil Economique et Social.

 Après quinze ans de la pratique, il faut tirer les enseignements de ce qui a fonctionné et ce qui ne l’a pas été. Les contre-pouvoirs ont bien joué leur rôle mais l’exécutif pèse trop sur les épaules d’un seul homme, le Président de la République. Chaque citoyen, membre du gouvernement ou non, ne tire sa légitimité que de celui-ci. Il n’a aucun « parapluie » et n’est pas à l’abri des « affaires ». Ce centralisme jacobin prend à contre-pied la décentralisation voulue par le peuple béninois. Disons-le net. Le prochain Président de la République doit modifier la Constitution pour changer le régime présidentiel actuel en régime parlementaire avec la création d’un poste de Premier Ministre, chargé de l’action gouvernementale et responsable devant l’Assemblée Nationale. En contrepartie, le Chef de l’état disposera du droit de dissolution de la même Assemblée. 

D - COMME DIPLOMATIE

 

Le prochain Chef de l’état doit mettre un terme à une pratique qui veut que certaines de nos Chancelleries soient réservées exclusivement à certains partis politiques. Cette situation est malsaine. En effet, les occupants de ces Chancelleries rendent compte d’abord à leurs partis politiques avant de le faire à leur Ministre de tutelle.

 Il faut mettre un terme à la nomination de francs-tireurs à la tête de nos représentations diplomatiques.

 Enfin, il faut transformer le Consulat de PARIS en Consulat-Général pour permettre à nos compatriotes des provinces de France d’exercer leur devoir de citoyen: participer au scrutin présidentiel.

  

E - COMME EDUCATION NATIONALE

 

 C’est par l’enseignement que le savoir et les valeurs fondamentales se transmettent aux futures générations. L’instruction civique doit devenir obligatoire dans l’enseignement de base et secondaire. Il faut réintroduire, dans toutes nos écoles, la levée du drapeau du lundi matin et du vendredi après-midi.

 Il faut créer un tourisme scolaire qui permet aux élèves et étudiants de notre pays de se rencontrer afin de mieux se connaître. Si on n’y prend garde, avec la création de l’université de Parakou, un jeune du nord pourrait terminer tout son cycle scolaire (de la maternelle à l’université) sans jamais connaître le centre et le sud de son pays. A moyen terme, cette situation pourrait faire le lit des régionalistes de tout bord. Pour réaliser ce programme, outre l’incitation fiscale à la création de familles d’accueil, l’état doit aider les investisseurs privés à la création des auberges de jeunesse dans les grandes agglomérations du Bénin.

 Pour éviter la fuite des enseignants vers les cabinets ministériels, l’état doit réévaluer à la hausse les salaires des enseignants. Le critère d’attribution des bourses d’études doit exclusivement reposer sur le mérite et non sur le clientélisme. Les élèves et étudiants doivent bénéficier de services d’orientation qui privilégient les formations techniques aux formations généralistes longues et sans débouchés.

  

E - COMME ECONOMIE

 

Comme certains pays développés, le Bénin est un pays essentiellement agricole. Pour cette agriculture, je renvoie au chapitre supra. Outre l’agriculture, le socle du développement de notre pays passe par le tertiaire en attendant la découverte de richesses minières. A cet effet, un effort considérable doit être mis sur la recherche des gisements miniers sur terre comme sur mer.

 La création des zones franches doit continuer. Le Bénin, dans ce domaine, peut devenir la Suisse de la sous-région si les efforts sont dirigés vers la coopération sud-sud. Il faut absolument rationaliser la coopération avec l’ancienne puissance coloniale qui a désormais d’énormes soucis budgétaires.

 Le Président de la République doit devenir le VRP de l’économie béninoise. On devrait désormais se diriger vers les nouveaux pays développés que sont la Chine, l’Inde et la Corée. Ces pays sont moins réticents au transfert de technologies que les pays du nord. Il faut rappeler à nos commerçants que les produits qu’ils achètent « made in France » sont en réalité des leurres. En vérité, ces produits sont désormais fabriqués au Magreb, en Turquie ou dans le sud-est asiatique.

 

F - COMME FAMILLE

 

Pour endiguer le phénomène de la traite des enfants et des « vidomègon », le prochain Président de la République doit lancer un ambitieux programme de planning familial. Il faut tordre le coup à ce délire qui veut que les populations défavorisées de notre pays n’aient, pour toute activité distractive, que le sex. Les moyens de la médecine moderne permettent d’éviter les grossesses répétitives.

  

F - COMME FONCTIONNAIRE

  

La prochaine équipe gouvernementale doit introduire une dose de l’avancement au mérite dans la mentalité de nos A.P.E.

 Il faut encourager le recrutement au tour externe pour attirer de nouvelles compétences dans la fonction publique.

  

H - COMME HAUT CONSEIL DES BENINOIS DE L’EXTERIEUR

  

Lors de sa dernière A.G. des 22 et 23 décembre 2005 à Cotonou, un nouveau bureau a été élu. Cette nouvelle équipe doit renouer le dialogue avec les autorités de notre pays.

 Pour financer les activités du H.C.B.E., je demande au futur Président de notre pays d’organiser un prélèvement à la source sur toutes les transactions financières opérées par les Béninois de l’Extérieur vers le Bénin. Ce mécanisme pourrait revêtir la forme d’un prélèvement de l’équivalent de 2% sur toute somme envoyée au pays. 1% serait à la charge de l’auteur du transfert et 1% à la charge de l’institution chargée de celui-ci. Idem pour l’échange en numéraire effectué au guichet d’une banque par un béninois de l’extérieur.

 La gestion de la somme recueillie se ferait conjointement par le H.C.B.E. et un Administrateur ad hoc nommé par l’autorité de tutelle. Elle servira à la réalisation des projets de développement conduits par des béninois de l’extérieur, à la création d’une Caisse de mutuelle et alimentera un fonds spécial réservé à l’installation de nos compatriotes rapatriés ou expulsés.

 

I - INSTITUTIONS 

 Le prochain Président de la République ne disposera pas de majorité au Parlement. Pour réussir la mise en pratique de son programme, il doit créer un parti présidentiel. Tous ceux qui veulent soutenir son action doivent rejoindre le nouveau parti ainsi créé.

 L’Assemblée Nationale actuelle ne représente pas fidèlement toutes les composantes de la société béninoise. Pour remédier à cette situation, il convient d’introduire une dose de proportionnelle au scrutin de liste actuellement en vigueur. Cette modification permettra d’avoir des majorités stables au Parlement. De surcroît, elle permettra l’émergence de partis politiques d’envergure nationale en lieu et place des partis politiques ethniques et du « tube digestif » actuels.

 

J - COMME JUSTICE

 

 La Justice a perdu ses lettres de noblesse à travers les affaires dites « Hamani » et des « frais de justice ». La justice, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui dans notre pays, est inaccessible à la majorité des béninois. Cette triste réalité est le fait des parquets et des auxiliaires de justice. En effet, ces derniers préfèrent, et de loin, les affaires criminelles et les délits relevant du droit des affaires, aux affaires civiles qui sont moins rémunératrices. Or, historiquement, le droit civil est le socle de la justice.

 Pour remédier à cette absence de justice au plus grand nombre, il faut renverser la vapeur. Au lieu que les béninois aillent vers la justice, la justice doit aller vers eux. Dans cet esprit, on pourrait créer la justice ambulatoire. Composée de juges de paix (à recruter parmi les OPJ à la retraite, les officiers de la gendarmerie à la retraite, des magistrats honoraires et les praticiens du droit retraités), ils auront pour fonction de sillonner toutes les Communes de notre pays pour juger les affaires uniquement civiles dont la liste serait fixée par décret. Cela amènera la paix des âmes dans tous les foyers et résoudra des frustrations parfois historiques.

 Tout n’est pourtant pas si noir. En effet, il faut saluer l’esprit d’ouverture dont a fait preuve le notariat béninois qui vient d’ouvrir la porte de la corporation à plusieurs béninois de l’extérieur.

 

M - COMME MILITAIRE

 

 En temps de paix, il convient d’affecter certains militaires du génie à l’effort national de construction des infrastructures de notre pays. Il n’est pas normal qu’un militaire, de son recrutement à sa retraite, se contente des exercices pour se maintenir en forme alors qu’un redéploiement s’impose.

 Des patrouilles conjointes de sécurité doivent être généralisées à l’ensemble de nos frontières terrestres pour décourager les bandits de grand chemin qui ne connaissent pas de frontières. Toutes les frontières de notre pays, notamment avec le Nigéria, sont aujourd’hui perméables et vulnérables.

 

S - COMME SANTE

 

La santé est l’un des droits sacrés reconnu à l’Homme. Il n’est pas normal que, de Bohicon à Parakou, soit sur environ 300 Kms, il n’y ait pas d’Hôpital digne de ce nom. L’état, garant de la santé de tous les béninois doit prendre ses responsabilités. Il faut créer la médecine ambulatoire chez nous. Les médecins occidentaux vont sur toutes les scènes des catastrophes du monde entier. Les médecins béninois se doivent d’aller dans toutes les Communes du Bénin où le besoin est réel.

 Enfin et pour terminer, je vous invite à méditer sur cette affirmation de Charles MAURRAS: « Tout désespoir en politique est une sottise absolue ».

  

Benoît ILLASSA

 

 

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