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Antilles Esclavisées, Antilles empoisonnées : La grande catastrophe sanitaire nègre 
18/09/2007

En février 2007, seul et courageux au milieu du silence d’Etat, Raphaël Confiant, écrivain créoliste malheureusement enfermé dans des postures viscérales Anti-Afrique, remettait sous les lumières de l’actualité l’empoisonnement aux pesticides dont ont été victimes les populations antillaises depuis des décennies. Afrikara se faisait l’écho de l’heureuse immixtion de l’intellectuel indépendantiste dans un débat enterré après son émergence et nonobstant les nombreuses réactions suscitées en 1999. Un article fut consacré à la question intitulé : «L’Affaire du Chlordécone : Les Antilles ont-elles été empoisonnées ? Raphaël Confiant accuse.». Notre rédaction récidivait en publiant en mai 2007 avec le papier signé :«Empoissonnement des populations antillaises au Chlordécone : Raphaël Confiant appelle l’Afrique au Secours», dans lequel Confiant arguait du devoir de solidarité des chefs d’Etat africains au nom des «ancêtres communs».
 
Malgré la tentative de laisser croupir un tel dossier dont la gravité semblait à priori porter sur les Nègres des Caraïbes, la simple perspective d’un empoisonnement des produits importés des Antilles, et donc d’effets sanitaires en France blanche métropolitaine a probablement suffit à pousser les autorités à regarder de plus près les effets des pesticides comme le chlordécone utilisé dans les plantations de bananes, sur l’environnement et les Nègres… En octobre 2002, plus d’une tonne de patates douces en provenance des Antilles était saisie par la répression des fraudes sur le port de Dunkerque, le signal était cette fois décisif, les Blancs n’étaient pas à l’abri d’un risque sanitaire élevé.
 
Des résultats officiels de cette attention sont portés à la connaissance du grand public français, métropole et Outre-mer, par la médiatisation du rapport du Pr Belpomme cancérologue qui s’alarme d’une situation sanitaire aux Antilles plus grave que celle du sang contaminé qui s’était soldée par des actions judiciaires frappant un ministre et un premier ministre pour ne citer que les hauts responsables politiques.
 
En effet même si les études épidémiologiques n’ont pas encore déterminé avec certitude les causes du phénomène, l’augmentation des cancers de la prostate et du sein est évidente et inquiétante. La pollution au chlordécone est partout, dans les eaux, les sols, les fruits, les légumes racines et même dans certaines viandes. Toutes les mères et tous les enfants sont ainsi concernés et touchés par l’empoisonnement de l’environnement à ce pesticide.
 
Plus grave, d’autres pesticides utilisés dans l’agriculture sont plus toxiques que le chlordécone, à l’exemple de l’herbicide appelé paraquat, légal aux Antilles et encore utilisé.
 
Rien de tout ceci pourtant ne s’apparente à la fatalité puisque le chlordécone est connu pour ses effets cancérigènes depuis les années 70, même si des études systématiques n’ont pas été faites à cette époque. Il fut interdit en France métropolitaine en 1990, et seulement en 1993 aux Antilles nègres. Mais malgré cette interdiction tardive, qu’il faudra bien expliquer, ce produit a continué d’être utilisé clandestinement jusqu’en 2002 ! Connu pour sa forte rémanence et la durée de ses effets dans le temps.
 
Le cancérologue demande une étude exhaustive des effets des pesticides sur les cancers et la santé publique aux Antilles en urgence, et une reconversion de l’agriculture vers des méthodes moins polluantes, l’interdiction de certains produits, le paraquat en premier.
 
L’Etat français doit au minimum une mission d’enquête parlementaire pour expliquer comment un tel empoisonnement a pu se perpétuer pendant plusieurs décennies en connaissance des risques encourus, et malgré l’existence d’organisme dédiés à la mission d’assurer la traçabilité des produits, de fixer et de faire appliquer des normes protégeant les consommateurs et citoyens. Un plan sanitaire d’urgence devrait être déclenché en même temps qu’une reconversion stratégique des filières agricoles des îles. Surtout, les coupables de telles négligences devraient rendre des comptes y compris à la justice.
 
Après avoir été les bêtes de somme d’une économie impériale esclavagiste, vivant de rentes plantationnaires, les Antillais expérimentent désormais l’empoisonnement de leur cadre de vie par des politiques productivistes inhumaines. En plus d’un Etat rangé au côté des forces du marché sauvage. Mieux ou pire ?
Afrikara
Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE
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