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Non-Droits des Pas assez Blancs : Sélection génétique, Quadrillage ethnique, Obligation de Délation 
19/10/2007

 

Pierre Kassenti

La chasse à l’étranger, au type basané, foncé, charbonné, noir, est en passe de devenir le sport le plus pratiqué par la classe politique et administrative française aux affaires, prisé dans le camp englobant de la majorité présidentielle de M. Sarkozy. La créativité des édiles et caporaux n’a semblerait-il plus de bornes pour trouver le stratagème qui permettra de réaliser les 25 000 reconduites aux frontières par an promises par le président de la république, ou à défaut, de casser du Nègre pour le plaisir du spectacle. On n’est pas une minorité visible impunément.

 

Depuis le passage de M. Sarkozy au ministère de l’Intérieur sanctionné par le devenu célèbre nettoyage des banlieues au "kärcher", puis son élection à la présidence de la république, un vent peu singulier traverse la France. La terre toujours officielle des Droits de l’homme, s’active tellement en procédures, actes administratifs et répressifs ciblant les Etrangers, que ses dispositifs juridiques, judiciaires, policiers, son inspiration, font penser chaque jour davantage à l‘arsenal raciste et fasciste de l’époque vichyste, hitlérienne.

 

Il suffit d’en juger par la superposition et l’empilement obsessionnels des mesures de flicages vidéo-surveillés, de fichages administratifs, de repérages spatiaux et de bureaucratisation de la xénophobie, sous le regard inquiétant, à l’inventaire de l’histoire, d’un peuple que la propagande des enquêtes d’opinion affiche systématiquement en accord avec son président. Au rythme où les chiffres sont fabriqués, tout se passe comme si on sonderait les "Français" sur des réformes inconnues de tous qu’il ne sortirait que "soutien" et "approbation sans réserve", des boîtes magiques des "enquêtes d’opinion". Seul pré requis, que ces intentions soient attribuées au président de la république …

 

La traque aux Nègres et aux Sans-papiers est désormais ouverte dans tous les recoins de l’hexagone. Mardi 16 octobre 2007, l’AFP faisait savoir que les agents de l’ANPE (Agence nationale pour l’Emploi) et des Assedic, l’assurance chômage, avaient obligation de transmettre aux préfectures les photocopies des titres de séjour des étrangers s’adressant à eux. De façon systématique et automatique. Tous les jours avant la mise en œuvre d’une procédure électronique, les photocopies sont envoyées aux préfectures par lettres recommandées avec accusés de réception !

Les choses ne s’arrêtent pas là. En surcroît des obligations de suspicion, de délation auxquelles ils sont tenus, les agents des ANPE et Assedic doivent sacrifier aux injonctions de discriminations xénophobes, en différant le traitement des demandes d’allocation, et donc de versement de celles-ci, jusqu’à la réponse de la préfecture. Un travailleur qui aurait cotisé aux assurances sociales comme un autre, parce qu’il serait étranger, n’aurait pas droit à la même qualité de service, à la même célérité dans le traitement de ses dossiers. Tant pis pour sa situation si les préfectures mettaient du temps à vérifier son titre de séjour, cela ferait gagner de l’argent aux Assedic... Du grand art humaniste.

 

Ces nouvelles mesures découlent du décret d’application de la loi Sarkozy sur l’immigration du 24 juillet 2006. Le décret d’application daté du 11 mai 2007 apporte son obole à un vaste maillage du suspect national N°1, "l’étranger", africain de préférence. Si l’introduction de tests d’ADN dans les procédures de regroupement familial a fini par réveiller une frange critique de citoyens refusant d’avoir la mémoire courte et obligeant le Parlement à vider le contenu de la sélection génétique, le symbole demeure. Citoyenneté, immigration, identité nationale, génétique se touchent désormais dans les esprits de tous.

C’est un vaste mouvement qui veut contenir le péril noir et arabe de l’immigration, responsables de tous les maux passés, présents et futurs de la nation blanche. Les associations travaillant avec les Etrangers sont appelées par la police à dénoncer les irréguliers. L’association Cabiria qui s’occupe de prostituées a vertement refusé ces délations en publiant un communiqué de presse le 27 septembre 2007 dans lequel des intimidations aux membres de l’association sont révélées. En septembre 2007, l’inspection académique du Haut-Rhin demandait par mail à 850 directeurs d’écoles de recenser les élèves sans papiers. En 2006 les associations se plaignaient des expulsions d’étrangers contre les avis médicaux délivrés dans les hôpitaux publics. Quant à la justice, la Chancellerie ne trouve pas mieux que de demander aux Juges des Libertés et de la Détention la transmission des documents de jugements avec noms et prénoms des justiciables.

Différentes manœuvres tentent de déprotéger les étrangers et sans-papiers dans l’accès aux soins de base, et aux centres d’hébergement. Les résistances sont fortes, mais là encore le plus grave réside dans les intentions, et l’acharnement contre des pauvres, qui cumulent défaite sociale, non représentation politique et faciès interdit avec une situation administrative promue en grande abomination nationale.

La gendarmerie pour sa part souhaiterait une cellule spécialisée par département, affectée à cette priorité nationale, en contact avec les préfectures, les inspections du travail, les bailleurs sociaux (Cf. La canard enchaîné du 17.10.07, citant "L’Humanité"). Le tout en intensifiant la surveillance routière, autoroutière, ferroviaire. Ils viennent de partout ces étrangers, une véritable invasion, un fléau.

 

A défaut de croissance économique, de promesses tenables autres qu’une communication par l’hyper présence présidentielle qu’en d’autres lieux les bien-pensants nomment culte de la personnalité, la traque spectaculaire aux minorités visibles est l’activité la plus adaptée à la simulation d’un volontarisme politique. Elle pousse insensiblement les Français à accepter ce qu’il y a quelques mois ils n’auraient jamais imaginé, lâchement convaincus qu’ils ne sont pas concernés. Pour le moment. Ceci traduit la superficialité de l’attachement aux valeurs dites de la république, et la prégnance d’un vieux fonds raciste et xénophobe que les difficultés économiques ravivent, et qu’une formation politique au pouvoir depuis des années sans résultats a vite fait d’instrumentaliser.

Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE
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