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LA FRANCE OFFRE 820 MILLIONS DE FCFA AU BENIN POUR FINANCER LE PROJET ARHES




Discours de S.E. Monsieur Hervé BESANCENOT 

Ambassadeur de France au Bénin

à l’occasion de la signature de la convention de financement du projet ARHES

(Appui à la Restructuration et à l’Harmonisation de l’Enseignement Supérieur)

- Cotonou, Ministère des affaires étrangères, 11 octobre 2007


- Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine, de la Francophonie et des

Béninois de l’Extérieur,

- Madame le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,

- Messieurs les Recteurs des Universités Publiques du Bénin,

- Mesdames et Messieurs les Doyens des facultés, les Responsables des Etablissements

d’Enseignement Supérieur,

- Mesdames et Messieurs les Professeurs et Chercheurs,

- Mesdames, Messieurs,

Au quatrième mois de ma prise de fonction au Bénin, c’est avec beaucoup de plaisir que je m’adresse à

vous à l’occasion de cette cérémonie de signature de la convention du projet d’Appui à la

Restructuration et à l’Harmonisation de l’Enseignement Supérieur au Bénin (ARHES). Il s’agit pour

moi de poser un acte fort de solidarité puisque c’est la première convention de financement d’un projet

Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP) que je signe avec vous ici au Bénin. Je tiens d’abord à remercier

les différents acteurs à tous les niveaux, pour le travail accompli tout au long du processus qui a

conduit de l’élaboration du projet à la cérémonie de ce jour.

Comme vous le savez, l'enseignement supérieur béninois se caractérise par une grande diversité

d’institutions, filières et programmes dans plusieurs villes du pays et qui constituent un dispositif

dynamique d’offres de formation dans pratiquement tous les domaines. A l’ère de la mondialisation, au

risque de se marginaliser, les établissements d’enseignement supérieur doivent recourir à des politiques

de convergence, notamment par la recherche de dénominateurs communs par delà les frontières,

conformément aux grands principes du système pédagogique Licence-Master-Doctorat (LMD), à

l’instar des grands principes de la Déclaration de Bologne adoptée par les pays européens.

L’implantation réussie de ce nouveau système pédagogique dans les universités nationales du Bénin,

suppose qu’un certain nombre de conditions soient réunies.

Il faut reconnaître que, du fait de la réelle crise de croissance à laquelle sont confrontées vos universités

et principalement due :

-

à une évolution trop rapide des effectifs d’étudiants,

-

au vieillissement du corps enseignant,

-

à des méthodes pédagogiques peu adaptées,

-

à l’insuffisance quantitative et qualitative des infrastructures comme

-

l’Information et de la Communication (TIC),

les préalables indispensables à l’implantation progressive du système LMD, sont encore loin d’être

atteints en dépit de notables avancées. Dans un contexte de raréfaction de ressources financières, un

appui financier concerté des Partenaires au développement et de l’état béninois, est donc indispensable

pour accompagner les universités béninoises dans l’effort de modernisation de leurs différentes

structures.

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Cependant, nous sommes tous conscients que l’adoption d’une réforme aussi complexe, avec des

enjeux importants au niveau africain et international, ne se limite pas à la recherche des ressources

financières adéquates. L’engagement résolu des universitaires et de la communauté universitaire toute

entière doit être clairement manifesté par la mise en oeuvre d’actions concrètes et d’un calendrier

réaliste. Je ne doute pas un instant que les universités aient pris la mesure des efforts considérables

qu’elles doivent fournir pour faire face à cette massification et, du fait de la mondialisation, à

l’internationalisation du système d’enseignement supérieur.

Levier incontournable du développement, elles contribuent dans une large mesure, à travers leurs

filières, à l’intégration sociale de la jeunesse béninoise issue de toutes les couches sociales. Par essence,

les universités ont vocation à être un lieu de savoir et d’excellence où se développent la recherche et la

production de connaissances qui feront que demain, le Bénin, en tant que nation émergente, aura une

place enviée au sein de la communauté internationale. Le partage du savoir est un vecteur

multiplicateur de croissance pour une nation. Devenu la clé de la production des richesses, c’est aussi

un moyen efficace de lutte contre la pauvreté.

Dans le Document Cadre Partenariat que nous avons signé en novembre 2005, nous avons fait de

l’appui à l’enseignement supérieur et à la recherche l’un des axes majeurs de notre partenariat. Pour des

raisons historiques, la coopération française a toujours marqué sa volonté d’accompagner

l’enseignement supérieur béninois dans l’effort de modernisation de ses structures et pratiques. Un

précédent projet consacré à l’Appui aux Filières Professionnelles de l’Enseignement Supérieur

(PAFPES), arrivé à son terme en août 2005, a permis d’améliorer la qualité de la formation initiale

avec une meilleure adéquation aux réalités nationales, en accroissant les capacités de trois

établissements d’enseignement professionnalisé de l’Université d’Abomey Calavi (UAC) :

à celle des équipements et des matériels didactiques, notamment les Technologies de

-

la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA),

-

l’Ecole Polytechnique d’Abomey Calavi (EPAC) et

-

en matière de formation continue, de prestation de service et d’appui au développement, et en facilitant

leur accès aux TIC.

Le projet ARHES se situe donc dans le prolongement du projet PAFPES et traduit bien la volonté de la

France de consolider ces acquis et de franchir avec vous une nouvelle étape.

Ainsi, ce nouveau projet ARHES d’un montant d’un million deux cents cinquante mille euros

(1.250.000 euros) soit 820 Millions de Francs CFA, apportera prioritairement son appui :

- au renforcement des capacités de gestion et de pilotage des universités,

- à l’implantation du système pédagogique LMD,

- à la formation continue ainsi qu’au renouvellement des enseignants-chercheurs, à travers

notamment des séjours de perfectionnement et des formations doctorales en alternance.

Cet appui sera complété en fonction des besoins par d’autres bourses en alternance, des bourses de

stage, des missions et des invitations programmées chaque année par le Service de Coopération et

d’Action Culturelle.

Le Développement du Bénin dépend, vous vous en doutez, de sa capacité non seulement à avoir une

recherche de haut niveau mais également à faire en sorte que les résultats de la recherche soient

valorisés, au bénéfice des priorités du développement. C’est pourquoi il me plaît de rappeler que ce

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nouveau projet apportera sa contribution à l’amélioration de la cohérence de la recherche, de sa

valorisation et de sa visibilité internationale.

La promotion de la recherche pourra également s’appuyer sur le projet FSP mobilisateur SIST

(Système d’Information Scientifique et Technique), qui vise à mettre en place un réseau favorisant la

mise en valeur et la diffusion des produits de la recherche scientifique universitaire. De même à l’issue

du deuxième appel d’offres du projet CORUS (Coopération pour la Recherche Universitaire et

Scientifique), et au terme d’une campagne d’information franco-béninoise exemplaire, le Bénin a été

classé premier sur plus de 20 pays candidats, avec 7 projets retenus et un financement sur trois ans de

288 millions de Francs CFA. J’espère également que le nouvel appel d’offres du nouveau projet

mobilisateur AIRES-SUD (Appuis intégrés au Renforcement des Equipes Scientifiques du Sud),

connaîtra la même issue heureuse.

Je suis donc convaincu que le Bénin par son potentiel, peut relever le défi de la fracture scientifique

Nord-Sud. Il le relèvera à coup sûr si l’ensemble des structures publiques et privées, mobilisent leurs

efforts pour une intégration réussie dans le nouvel espace international de l’enseignement surpérieur. Il

s’agira de créer, produire et promouvoir dans un contexte de mondialisation humanisée qui

correspondrait au génie profond du peuple béninois.

Je suis convaincu aussi que le Bénin, en s’appuyant sur le potentiel de ses universités peut entre autres

améliorer les conditions de lutte contre la pauvreté, stopper la dégradation de l’environnement, faire

face aux changements climatiques, aux maladies et aux besoins énergétiques.

Avant de conclure, je souhaite porter à votre connaissance que le Service de Coopération et d’Action

Culturelle de l’Ambassade de France est en train d’ouvrir trois autres chantiers qui vous associeront

étroitement . Il s’agit :

- de la constitution de pôles francophones de compétences à partir d’une vaste consultation au sein

des communautés française et béninoise,

- de la révision du système actuel des accords inter-universitaires (30 projets émanant de 21

universités françaises) qui a atteint ses limites et qui doit laisser la place à un mécanisme d’appels

internationaux à propositions plus conforme aux intérêts de la recherche au Bénin ;

- enfin, d’une réflexion conjointe à engager sans tarder sur la politique des bourses et des visas

d’études pour valoriser au mieux les capacités nationales de formation soutenues par le projet

ARHES.

Je souhaite, au nom de la France et en mon nom personnel, exprimer mon espoir et mon soutien aux

responsables des établissements d’enseignement supérieur ici présents, pour qu’ils puissent, par leur

engagement, leur dynamisme et leur performance, faire que le Bénin en prenant appui sur des

dispositifs rénovés, relève les défis du développement économique, social et culturel.

Je vous remercie.

le Centre Béninois des Langues Etrangères (CEBELAE),
Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE
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