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France décomplexée, l’immigration blanche chasse l’immigration maculée 
05/12/2007

 

Afrikara

Le 29 octobre 2007 le quotidien Libération publiait une liste de métiers conçue par les services du ministère de l’économie et ceux de l’Immigration et de l’Identité nationale, introduisant la pratique annoncée à terme de l’instauration de quotas d’étrangers par profession. Une surprise lorsque l’on se remémore la levée de boucliers suscitée par l’évocation de quotas de minorités dans des postes d’encadrement français, solution possible au rejet flagrant et organisé du partage des places sociales prisées entre Blancs et Non-blancs français. Cette opposition avait été présentée comme principielle, bastion de la résistance héroïque de l’esprit républicain et du modèle français assiégé par les sirènes des options nord-américaines ou tiré vers le bas par le multiculturalisme lâche, poreux aux désagrégations islamisantes, africanisantes. On voulait alors ne pas voir la réalité des quotas déjà pratiqués des lustres durant, officialisés par la parité de genre ou les quotas de personnes handicapées employés dans les administrations.

 

Confirmation donc, les discours anti-quotas, les ronrons sur le citoyen unique entité reconnue par la république -et pas le national versus l’étranger, l’Africain versus le Blanc ...- ne visaient en définitive qu’à faire passer avant toute autre considération le privilège de race, la préemption des strapontins, l’homogénéité ethnique de la scène sociale visible, à quelques exceptions près (quotas implicites ?).

 

La publication des listes de métiers attribués selon les origines ethniques des migrants a été accueillie avec un silence particulièrement assourdissant, d’autant plus que les autorités timides au départ ont confirmé cette orientation. Avant tout examen des dites listes, qualitativement et quantitativement on peut se demander si, une fois établis les besoins en emplois de la France secteurs par secteurs, régions par régions, il est envisageable d’attribuer à des origines géographiques des aptitudes professionnelles aprioriques. Qu’est-ce qui expliquerait qu’une liste de métiers ouverte à l’immigration de travail assigne à tels pays tels métiers, comme une division naturelle des talents et qualifications ? Une conception racialiste sous-jacente du monde ou d’autres inavouables raisons ?

 

Dans le détail, il faut mettre en perspective à partir de 2011 la liberté de circulation des Européens dans l’espace communautaire de l’Europe des 25, ce qui est compris par tous comme l’arrivée d’une immigration de travail d’origine est-européenne, avec pour archétype médiatique le fameux plombier polonais. Cette immigration blanche, est soutenue par les immigrations blanches est-européennes antérieures et leurs représentants ou figures de proue, le président Sarkozy, les intellectuels réels ou supposés comme Finkielkraut, Hélène Carrère d’Encausse, Elisabeth Badinter, ... Cette diaspora est-européenne française s’est ainsi beaucoup employée à façonner l’opinion au caractère soi disant inassimilable des Non-blancs, préparant les conditions mentales collectives pour une substitution autoritaire des immigrés maculés.

Les listes de métiers sont le résultat de cette politique raciale à peine voilée, qui a fait le choix d’excréter la force de travail ayant soutenu la compétitivité française depuis des décennies avec ses salaires bas au profit d’une main d’œuvre blanche bon marché.

 

Comparativement aux métiers ouverts aux Européens, il y a cinq fois moins de métiers accessibles aux immigrations de pays dits tiers - Non-européens, en pratique africains-, une trentaine en nombre, concernant des emplois à diplômes supérieurs hautement qualifiés (ingénieurs, géomètres, …). Les 152 métiers non qualifiés pour beaucoup, laveurs de vitres, bûcherons, … accessibles aux migrants originaires d’Europe le sont sur l’étendue du territoire national, alors que les métiers ouverts aux migrants africains le sont sur des bases régionales. Il n’y a pas là l’ombre d’une discrimination dans le traitement des travailleurs …

 

Les quotas d’étrangers africains et "tiers" par métiers complètent la gamme des instruments d’expulsion, d’excrétion, de stigmatisation des Non-blancs les moins organisés et les moins protégés par leurs Etats d’origine et leur faculté à créer des rapports de force politiques. Malgré les rapports des Ong, des experts de l’Onu qui identifient en France un racisme pernicieux ou une dynamique raciste menée par les élites de ce pays, les communautés de victimes peinent à capitaliser sur une réalité que les institutions supranationales reconnaissent officiellement. La fabrication d’élites visibles noires au format global des attentes ou des tolérances de la majorité blanche et surtout du microcosme politique explique en partie cette apathie des victimes des politiques de quotas, du chiffre, et de l’indignité.

 

Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE
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