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Après la passation de service à James Sagbo : Les conséquences d’un coup de force 11 janvier 2008


Le nouveau directeur des Douanes et Droits indirects, M James Sagbo est officiellement entré dans ses fonctions le mardi 08 janvier sous haute surveillance policière. Une entrée qui déjoue toutes les stratégies prévues par les deux syndicats de la douane et oblige du coup tous les grévistes à se ranger au plus tôt.
Les contestataires de la nomination de M James Sagbo à la direction des Douanes et Droits indirects semblent désormais ne plus avoir assez de marge de manœuvre pour continuer leur mouvement de grève comme ils l’auraient voulu. Simplement pour n’avoir pas su empêcher jusqu’au bout la cérémonie de passation de service. C’est le fait même d’avoir opté pour un mouvement de débrayage général sans service minimum qui a fait capoter leur stratégie. Or, pour avoir pris service dans ces conditions, le nouveau patron de la douane qui dispose de grands moyens pour sa politique, peut désormais se frotter les mains et même prendre de grandes décisions. Les règles de l’administration obligeront à suivre. Contrairement à ce qui se chante un peu partout dans le pays, James Sagbo dispose de trop d’atouts pour diriger en toute sérénité. Et pour cause. Il a le soutien et l’appui du gouvernement qui l’a nommé. Dans le cas d’espèce, c’est d’abord par la force et la puissance publique que les premières solutions seront trouvées. Et le gouvernement a tous les pouvoirs à partir du moment où l’homme a pris fonction pour faire respecter l’autorité de l’Etat. Quoi qu’il en coûte. En témoigne le fort contingent d’agents des forces de l’ordre déversé sur les lieux le mardi dernier. Il en sera certainement ainsi jusqu’à ce que les contestataires choisissent la voie du dialogue. C’est de cette manière que le pouvoir central a souvent réglé les problèmes et il suffit de se rappeler la fin des crises sur les campus universitaires pour se rendre à l’évidence. Il faut aussi faire remarquer que le corps de la douane n’est pas trop habitué aux longs mouvements de grève. Cela aurait pu être le cas des enseignants qui n’ont souvent rien à perdre que la situation aurait été tout autre. Il est bien difficile pour un simple agent encore moins un patron de se mettre indéfiniment en grève pour se sevrer aussi volontairement et facilement. Et puis, il y a l’opinion publique qui risque de se rebeller contre une grève illimitée quand le gouvernement va justifier le retard des salaires par ce mouvement. Surtout au regard du poids des recettes douanières dans l’équilibre budgétaire.

La période des grandes révélations

Selon certaines sources, c’est après la prise de fonction de James Sagbo que le gouvernement va communiquer. Et abondamment dit-on. De grandes vérités seraient bientôt sur la place publique contre bien sûr les ténors de ce mouvement de grève de 48 heures qui serait en voie d’être reconduit. Outre les résultats jugés élogieux que le pouvoir du changement serait sur le point de publier sur la gestion de James Sagbo pendant qu’il dirigeait la douane, il y a des révélations monstres en vue sur certains grands chefs de la structure. Un rapport accablant relatif à des cas de haute corruption et de maniement illégal des fonds publics serait déjà à l’Inspection générale d’Etat (Ige) contre nombre d’entre eux. Et on dit qu’il n’existe pas réellement pour l’instant celui sur qui le pouvoir peut avoir confiance à la suite du scandale qui a précipité le limogeage de l’ex-directeur Charles Adékambi et son collègue de la douane Port, Marcellin Zannou. Ainsi, la nomination de James Sagbo alors admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis bientôt deux ans a été présentée comme l’unique moyen et la transition pour voir clair dans les comportements à la douane en attendant de trouver l’oiseau rare pour diriger cette structure. Dans ces conditions, la prise de fonction de James Sagbo oblige ceux-là qui ont des dossiers sombres à l’Ige à vite rentrer dans les rangs et à même faire allégeance au nouveau directeur pour espérer se tirer d’affaire.

Des moyens politiques et stratégiques contraignants

Le mouvement actuel à la douane contre James Sagbo peut aussi être facilement récupéré avec de simples moyens politiques. Parce que plusieurs hauts gradés de la douane militent déjà dans des mouvements et partis politiques soutenant l’action du chef de l’Etat. Leurs responsables mis sous pression, peuvent facilement aussi les contraindre à reprendre rapidement service afin de mettre le mouvement de débrayage et leurs collègues jusqu’auboutistes en difficulté. Le pouvoir central a aussi la possibilité d’enclencher des discussions de façon isolée avec des douaniers et leur faire certaines promesses. L’intérêt guidant le monde, certains grévistes peuvent être amenés à changer d’avis et se désolidariser des autres pour reprendre service en catastrophe. Surtout qu’ils pourront en profiter pour gérer d’autres grands avantages personnels. Et puis, il y a la réquisition. Elle est d’ailleurs en cours et son renforcement pourrait bien faire mal car la grève deviendrait inutile pour les initiateurs et sans effet réel sur la gestion de certains grands postes douaniers du pays.

La chasse aux sorcières en question

Le nouveau patron de la Douane et des Droits indirects ne pourra pas empêcher de régler des comptes contrairement à ce qu’il a déclaré lors de sa prise de fonction. C’est en cela même qu’il pourra justifier sa crédibilité vis-à-vis du chef de l’Etat. C’est par les retenues sur salaires pour fait de grève qu’il devra inévitablement commencer sa mission. Et les affectations suivront évidemment. Mieux, les autres qui, par sursaut d’orgueil après le mouvement et les cris de guerre du vendredi dernier ne vont pas vite se ranger, le verront en face. Il devrait en être ainsi pour faire la loi et faire appliquer toutes les décisions émanant de l’autorité de tutelle qu’est le ministre des Finances.

Jean-Christophe Houngbo

Tag(s) : #Le matinal

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