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Revue de la presse béninoise : 13 mars 2008

Déclaration politique commune de la RB, du PRD, du PSD et du MADEP

Réunis mercredi 12 mars au palais des Sports de Kouhounou sous le slogan « oui à la démocratie, non à la dictature », les leaders de la RB (Renaissance du Bénin), du PSD (Parti Social Démocrate ), du PRD (Parti du Renouveau Démocratique) et du MADEP (Mouvement Africain pour le Développement et le Progrès) ont prononcé une « déclaration sur la situation nationale » et constitué selon la Nouvelle Tribune une « Union sacrée contre Yayi ». Rosine Vieyra-Soglo (RB), Bruno Amoussou (PSD), Antoine Kolawolé Idji (MADEP) et Adrien Houngbédji (PRD) ont signé cette déclaration et reçu le « soutien de la ‘Dynamique du changement’ [NdR : représenté par Célestine Zanou, ancienne candidate aux élections présidentielles], du G13 et de Force Clé ».

Cette déclaration est publiée par Le Matinal, La Nouvelle Tribune, L’Autre Quotidien, Fraternité et L’Informateur. Elle constitue une critique de la politique du gouvernement actuel, en trois parties : 1) les entraves à la consolidation de la démocratie 2) la bonne Gouvernance et l’assainissement des ressources publiques et 3) la gestion des grands dossiers de l’Etat.

Les entraves à la démocratie citées sont les suivantes : violations de la Constitution (non respect des décisions de la Cour Constitutionnelle sur les nominations à la tête des médias publics, et l’attribution des fréquences par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication), menaces pesant sur le pluralisme politique instauré par la Conférence nationale de 1990 (« insolence des préfets », « instructions aux ministres »), rapports entre le Parlement et le Gouvernement (« tendance au bâillonnement » de l’Assemblée), détérioration du climat entre acteurs politiques et acteurs sociaux (qui n’est pas en faveur de la « gouvernance concertée »), restriction de la liberté de la presse et la liberté syndicale, application incomplète des lois sur la décentralisation, non application de la loi sur le statut de l’opposition, menaces sur l’unité nationale et la cohésion sociale (par des « appels au fils du terroir » aux « relents régionalistes ») et menaces sur la laïcité de l’Etat (« immixtion intempestive (...) d’individus et de groupes proches des milieux évangélistes »).

La seconde partie de la déclaration est consacrée à la bonne gouvernance et l’assainissement des ressources publiques. Elle évoque la lutte contre la corruption, qui est « un programme admirable auquel aucun Béninois ne peut s’opposer » mais qui garde un « caractère incantatoire ». Elle regrette la « violations des règles de finances publiques » au sujet des recettes douanières et la gestion des ressources humaines de l’Etat.

La troisième partie traite des « cafouillages » observés dans la gestion de grands dossiers l’Etat (attribution des licences aux opérateurs GSM et report de la privatisation de la SONAPRA, la société cotonnière nationale).

Selon Le Matinal, cet accord aura « besoin d’être pérennisé pour ne pas ressembler aux précédents » et servir de base à une force d’opposition. Pour l’ancien président Nicéphore Soglo, c’est d’ailleurs un « miracle béninois qui a conduit toutes ces forces qui se combattaient hier démocratiquement à une telle union » (La Nouvelle Tribune). Dans son discours, Nicéphore Soglo a également loué les « qualités de démocrate » du président Mathieu Kérékou, acceptant le jeu de l’alternance démocratique après la Conférence nationale de 1990.

Quelques journaux s’interrogent sur les conséquences de cette « union » : celle-ci « gêne le président de la République » à la veille des élections locales dans la mesure où, suivant l’élection présidentielle de 2006, « les quatre partis réunis représentent un peu moins de la moitié des suffrages (...) contre 35% pour les FCBE (Forces Cauris pour un Bénin Emergent) » (Le Matinal). Selon Fraternité, il y a une « recomposition du paysage politique béninois » : ce journal place la FCBE à droite, le regroupement des quatre partis à gauche, et le G13 au centre.

Finalement, cette déclaration a provoqué la « réaction de la FCBE » (Le Matinal) par la voix du député Benoît Dègla, selon lequel « le masque est enfin tombé ». Il estime que « le peuple béninois attend (...) moins de slogans creux et abêtissants (mais veut) un projet de société alternatif » et termine sa déclaration par les formules suivantes : « Non aux pilleurs ! Non au retour de la vieille classe politique ! »

Déclaration du Cadre de Concertation des Confessions Religieuses au Bénin

La direction nationale de ce cadre de concertation s’est réunie hier à la Maison de la société civile à Cotonou et a fait une déclaration sur la situation nationale, dans laquelle « elle a déploré, au plan social, les mouvements de grèves répétés (...) qui ne sont pas de nature à entretenir le climat de paix » Sur le plan politique, elle évoque la « crise latente (...) au niveau de certaines institutions ». En conclusion, elle « a exhorté et encouragé le gouvernement à poursuivre ses efforts d’assainissement des finances publiques ».

Coopération entre la Suisse et le Bénin

Roger Gbégnonvi, Ministre de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, va signer avec la coopération suisse un accord d’un montant de 400 millions de F CFA (soit 610 000 euros).

Selon Fraternité, cette aide « vise non seulement à appuyer le programme de développement de ce secteur mais aussi va permettre (...) de mettre en exécution ses plans de travail ». D’après La Nouvelle Tribune, « ce fonds permettra au ministère de ne pas trop dépendre de celui des Finances et de l’Economie ».

En bref

La Nation rapporte que dans le cadre du 7ème Congrès panafricain de sécurité et de santé au travail, qui s’est déroulé du 3 au 5 mars à Cotonou, « des professeurs, formateurs de Strasbourg » ont rendu visite à la Société Béninoise d’Energie Electrique, « pour s’enquérir de ce que leurs anciens étudiants font sur le terrain après leur formation ».

La Nation évoque également les travaux d’un « atelier d’échange et d’opérationnalisation des partenariats » autour du Projet d’Appui au Développement des Alternatives Educatives (PADAE), qui a lieu du 12 au 14 mars à Ouidah. L’ONG « Aide et Action » se propose d’aller « au secours des exclus du système éducatif béninois » dans ce cadre.


Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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