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Enfin le recours à l’article 68. Quelques jours après la proclamation de ce que les munitions sont terminées, le docteur-président sort son joker : une mise entre parenthèses du « dernier bastion », le parlement. Face à un sursaut d’orgueil d’anciens soumis, la dissuasion seule ne suffit plus. La prise d’ordonnance ne pouvait plus se contenter de servir d’épouvantail. Cet article 68 de la constitution rentre finalement dans l’arsenal classique du pouvoir du changement, à moins de la mi-mandat. Jamais un sans deux, Hiroshima a été suivi de Nagasaki. La modération ne fait pas partie du lexique des nouveaux princes de la Marina.

 

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tenté en vain de briser toutes les poches de résistance. Tout a été essayé. Procurations tous azimuts à l’occasion de la constitution du bureau de l’Assemblée nationale. Randonnées d’hélicoptères présidentiels terrorisant toutes les contrées qui oseraient refuser leurs suffrages à Fcbe. Prises de pouvoir à la hussarde dans certaines institutions d’espèces trébuchantes et sonnantes (douane, Papme, Padme, Fonds national de micro finance). Hold-up sur la désignation des 7 sages de la Cour constitutionnelles. Blocus de l’installation de 24 conseils communaux. Matraquage médiatique, activisme des « patriotes » marcheurs, briseurs de grèves, délateurs ou taupes au sein de l’appareil administratifs…

 

Jusqu’au 12 mars 2008 seulement, les insulteurs publics du régime considéraient l’usage de l’article 68 comme un danger pour la démocratie et un acte de dictature de haute portée. L’ancien président Nicéphore Soglo qui l’a utilisé au cours de son règne en a eu pour son grade après son essai de caricature sur le changement diffusé en boucle sur Rfi et repris par tous les blogueurs en vogue. La référence à cet usage d’ordonnance a été du chou gras aussi bien pour le porte-parole du gouvernement, Alexandre Hountondji que pour un autre célébrissime retourneur de veste, Adrien Ahanhanzo Glèlè.

 

L’adresse du chef de l’Etat à la nation après l’usage de l’arme suprême fortement inspirée des motifs de la décision de la Cour constitutionnelle sur les ajournements sine die des débats parlementaires donne la perception que les émergents ont du député béninois. Un être vil, dépourvu de conscience, de probité, de compétence, de loyauté. On lui attribue même les approximations inopérantes de la lutte contre la pauvreté. Des investisseurs s’apprêteraient à se bousculer aux portes de la marina grâce aux ordonnances du 28 juillet. Lesquels ? Certainement pas ceux, opérateurs Gsm, comparés aux pires des êtres maléfiques et dont les installations ont été mises hors exploitation durant près deux mois sans autre forme de procès. Encore moins, les nationaux accusés de financer des grèves de douaniers et dont les états d’endettement auprès du fisc sont publiés dans les médias.

 

Contre la vie chère et la crise alimentaire, les « munitions sont terminées ». L’article 68 existe cependant pour affirmer la volonté de dominance et de puissance sur les autres acteurs de la vie publique. L’urgence de la lutte contre la pauvreté n’est pas la prise des textes d’application de la loi sur le foncier rural déjà votée. L’urgence c’est la préférence aux textes relatifs à des projets de grands travaux synonymes de chantiers, de marchés publics pour « patriotes », de gré à gré autour de quantum de milliards attendus. Aucun caprice du prince ne saurait faire peser de graves menaces sur la démocratie si ce n’est que pour lui permettre d’être le plus proche possible du nerf de la guerre.

 

Y compris l’usage de l’« arme atomique ».



 

Tag(s) : #EDITORIAL

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