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Le roi Boni 1er dépense 4,2 milliards de francs Cfa pour un avion fantôme !!!

5 décembre 2008 par La Presse du Jour 

 

boni-yayi-souritDepuis quelques semaines, la presse béninoise fait état de tractations sérieuses entre l’homme d’affaires Martin Rodriguez et le chef de l’Etat. Des négociations qui, selon nos investigations, tournent autour de l’avion offert au Bénin par le dirigeant libyen. Un acte qui fait que Boni Yayi veut à tout prix reconsidérer sa position vis-à-vis de cet opérateur économique qui, pendant les premiers mois du changement, était pourtant déclaré persona non grata au Bénin.


Boni Yayi veut à tout prix reconsidérer ses relations avec Martin Rodriguez. Cela peut paraître surprenant, mais c’est pourtant la vérité.

 

 

A l’origine de ce qu’on peut appeler un revirement de sentiment, se trouve l’avion donné au Bénin par le président  Mouhamar El-Kadhafi. Au même moment, le guide Libyen a donné au Bénin du pétrole que notre pays doit vendre, pour payer en quelque sorte le prix de cet avion. Mathieu Kérékou, compte tenu de ses relations personnelles avec Martin Rodriguez, lui a alors confié entièrement le dossier. Il se fait qu’avant son départ du pouvoir en 2006, le dossier relatif à cet appareil est resté tel. Le Bénin n’a pas pu réparer convenablement l’avion qui est resté stationné en Belgique. A l’avènement du changement, Boni Yayi se saisit du dossier et donne des instructions à son ministre d’Etat chargé de la défense nationale, afin que l’appareil soit immatriculé au nom des Forces armées béninoises.

 

L’Etat béninois, sans chercher à comprendre les réalités dans le dossier, dépense 4,2 milliards de francs Cfa sur l’appareil, avant de constater que sans Martin Rodriguez, il sera impossible de faire bouger l’avion. C’est alors que la course à la recherche de Martin Rodriguez a commencé. Entre-temps, l’opérateur économique béninois a enlevé l’avion de la Belgique pour l’Espagne. Finalement, Martin Rodriguez a été localisé. Le 18 août 2008, les négociations ont démarré à Genève entre les deux parties. La délégation béninoise est conduite par le Général Gbian. Les tentatives pour ramener l’avion au Bénin n’ont rien donné, puisque Martin Rodriguez a posé des préalables. Le premier, c’est que toutes les dettes mises à sa charge dans le dossier intrants coton, lequel avait fait l’actualité à un moment donné, soient purement et simplement annulées.

 

Ensuite, l’opérateur économique affirme avoir dépensé près de trois milliards de francs que l’Etat doit lui rembourser. Les négociations de Genève ont donc échoué. Le 20 octobre 2008, rendez-vous est pris pour Abidjan en terre ivoirienne.


Cette fois, s’ajoute à la délégation béninoise l’agent judiciaire du trésor, celle que beaucoup appellent «la dame de fer». A Abidjan, elle a été plus que catégorique, à savoir qu’elle n’entend nullement annuler quoi que ce soit comme dette de Martin Rodriguez. Une fermeté qui risque de lui coûter son poste, si jamais Boni Yayi n’a pas son avion. Les négociations d’Abidjan ont donc échoué. On annonce pourtant que le chef de l’Etat tient toujours à son avion.

 

 

Un dossier qui donne raison aux députés

 

Dans ce dossier d’avion, il y a que le gouvernement, une fois encore, donne de la matière aux députés qui continuent de déplorer la manière dont on gère l’argent des contribuables; le premier problème qui se pose est relatif aux dépenses de 4,2 milliards effectuées sur l’appareil. Quelle est la loi de finance qui a prévu ce déboursement pour réaménager un avion litigieux ? Nos députés doivent une fois de plus aider les populations à voir clair dans cette situation car, c’est pour cela qu’elles les ont élus. Ils n’ont pas seulement pour mission de voter des textes de loi. C’est d’ailleurs ce qui explique le soutien dont ces députés ont bénéficié lors du rejet du collectif budgétaire 2008. En décidant de contrôler la gestion faite de leur propre budget, ils donnent déjà le bon exemple. Mais il leur faut aller plus loin, en mettant un terme à ce qu’ils appellent eux-mêmes de l’indiscipline budgétaire.


Dans ce dossier, on ne comprend pas pourquoi l’agent judiciaire du trésor fait-elle l’objet de toutes sortes de pressions qui l’amèneraient à se plier aux exigences de Martin Rodriguez. Il y a forcément lieu de s’inquiéter pour nos cadres qui tiennent à faire leur travail dans les règles de l’art. C’est à croire que les fonds de l’Etat peuvent être dépensés n’importe comment, sans que personne ne puisse en parler. Un dossier à suivre.

 

Marie-Richard Magnidet

Tag(s) : #DOSSIERS

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