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25 décembre 2008

Idéogramme 90 : Haïti/Guinée, la Franche Malédiction

Mon Idéo Va, Court, Vole et Tombe sur…

 

Du Noir qui Ose Dire "Non" au Blanc

 

Ideog1 On ne peut pas ne pas faire le rapprochement entre Haïti et la Guinée. Deux pays qui subissent à leur corps défendant la punition de l’affront infligé à la France.

En 1804 Haïti conquiert par les armes son indépendance sous la houlette initiale de Toussaint Louverture, un type bien de chez nous, soit dit en passant. C’est la première nation nègre à arracher son indépendance dans l’histoire de la domination blanche ; c’est la première et l’une des rares dans l’histoire de la colonisation française à l’avoir conquise par les armes. Depuis cette indépendance, Haïti est frappé de malédiction. La malé-diction du rejet de la France par un pays de Noir ; la malédiction de l’affront du Noir au Blanc. Le feu du désordre politique à force d’être subtilement allumé, puis attisé par le colonisateur et l’occupant américain, pour lequel l’exemple haïtien était angoissant, ce feu a fini par embrasser les esprits, les cœurs, le tissu sociopolitique, les mœurs et les mentalités. Il a fait de Haïti ce qu’il est maintenant, l’un des pays les plus pauvres du Monde, l’enfant malade des Caraïbes, assisté, oublié, délaissé...

Et que dire de la Guinée, l’un des pays les plus riches de l’Afri-que (bauxite, fer, cobalt, uranium, or, diamants, pétrole, ressources hydrauliques abondantes) mais dont le peuple, à l’instar du peuple haïtien, compte parmi les plus pauvres du Monde ?

En 1958, Sékou Touré rejette la proposition de référendum d’union avec la France-mère et choisit l’indépendance. Mal lui en prit. L’indépendance lui fut jetée en pleine figure par le Général De Gaule. Son pays sera isolé comme un pestiféré de la Françafrique, son régime combattu par le colonisateur blessé dans sa fierté paternaliste. A force d’être harcelé, confronté à une opposition plus ou moins manipulée, objet de tentatives répétées de déstabilisation et de coups d’Etat, le libérateur africain intelligent devient un sombre dictateur sanguinaire, l’antithèse néocolonial d’un Houphouët Boigny, toutou idéal de la France à qui tout réussissait. Le néo-colonisateur français pouvait jubiler en douce : il avait réussi sa démonstration a posteriori. La pauvreté va de pair avec la terreur. Trop possédés par la paranoïa et occupés à sévir contre ses ennemis réels ou imaginaires, Sékou Touré et son régime ont laissé la Guinée sombrer dans la pauvreté, la misère. Le pays s’est ratatiné économiquement, en dépit de ses immenses potentialités.

Après le Dictateur le vrai, celui qui dicte sa propre loi, fût-elle contre son propre peuple, alors que le colonisateur qui avait jusque-là joué les harceleurs avait l’occasion d’encourager l’installation d’un régime démocratique épris de développement économique et social, il n’a pas été étranger à l’intronisation d’un con, comme il aime et sait le faire mieux que quiconque pour défendre ses intérêts matériels ou symboliques ; en tout cas il n’a pas vraiment combattu le con avec la même vigueur qu’il avait combattu le vrai dictateur ; le con dont le rôle est de tenir le pays sous la chape punitive de la misère, du désordre, de la bêtise, de la déconfiture, s’est enraciné ; et avec lui le désastre pour les Guinéens, Grand peuple d’Afrique qui méritait mieux !

De quoi illustrer après Haïti, le mythe de la malédiction du Noir qui ose dire « Non » au Blanc. Ce qu'il en coûte de s'affranchir...

Eloi Goutchili

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Copyright, Blaise APLOGAN, 2008, © Bienvenu sur Babilown



Tag(s) : #Politique Internationale

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