Polémique autour du vote du budget 2009: Réunion de clarification du G 4 chez Soglo
6 janvier 2009 - LEMATINAL
Le vote du Budget 2009 à l’unanimité n’en finit pas d’alimenter les débats et de surprendre le commun des Béninois. Les responsables de la Renaissance du Bénin accusés
de faire le jeu du pouvoir et de contraindre l’opposition à adopter la même position qu’eux, ont accueilli le dimanche dernier une rencontre de clarification des leaders du G4 pour dissiper les
inquiétudes de leurs alliés et de l’opinion publique hostile au régime du changement.
Le vote de sauvetage qui a obligé tous les députés du G 4, du G 13 et de Force Clé à se ranger contre leur gré du côté de la présidente de la Renaissance du Bénin Mme Rosine Vieyra Soglo a fait naître des suspicions. Après avoir accepté de suivre tête baissée les recommandations du président du Parti social démocrate (Psd) Ange Marie Bruno Amoussou à la suite de la position tranchée de Mme Rosine Vieyra Soglo qui a tout mis en œuvre pour concilier les positions de la mouvance et de l’opposition non déclarée dont elle était pourtant un noyau dur jusque-là, ses autres collègues se sont fait un devoir de se trouver dimanche dernier pour débattre de la question et trouver une porte de sortie. C’est dans la soirée du dimanche dernier en effet, que les leaders du G 4 se sont réunis chez les Soglo pour se dire certaines vérités et recentrer le débat. Mais selon certaines sources crédibles, ce sont surtout les pressions venant du plateau d’Abomey et de certains milieux politiques favorables à la Renaissance du Bénin qui auraient obligé l’ancien président de la République , Nicéphore Dieudonné Soglo qui n’était pas du même point de vue que son épouse, quelques uns de ses députés et le ministre Galiou Soglo à vite prendre leurs responsabilités. Mais, il lui a été difficile de réunir tout le monde. La confusion que la position de Mme Rosine Vieyra Soglo a créé dans les esprits a été renforcée par l’information selon laquelle certains députés de Soglo ont été approchés et l’argent a beaucoup circulé. Alors qu’il a été retenu à Abomey et Bohicon qu’il n’y aura plus de rencontres isolées et toutes les fois que quelqu’un sera approché, il doit le faire savoir à ses alliés. Ce qui n’a pas été le cas et un groupe de députés de la Renaissance du Bénin a tenté de mettre en difficulté l’alliance G 4, G 13 et Force Clé contre des intérêts de la coalition. Une première réunion convoquée expressément par le président Nicéphore Dieudonné pour juguler la crise n’a pas pu se tenir le vendredi passé à cause de l’absence de certains ténors du G 4. Il était également impossible de reporter la séance au lendemain, c’est-à-dire le samedi pour ne pas choquer certains. Les mêmes sources précisent que le leader du Psd Ange Marie Bruno Amoussou était l’un des grands absents à la première rencontre. Joint plus tard au téléphone après le départ de ses autres collègues du G 4, il aurait expliqué avoir été bloqué pendant des heures par un embouteillage. D’autres sources annoncent plutôt que c’est parce que le « Renard de Djakotomey » ne s’était pas encore totalement remis de sa déception de la nuit du vote du budget général de l’Etat gestion 2009 à l’Assemblée nationale qu’il évité de se présenter chez les Soglo pour ne pas en rajouter à la crise. Du côté du Parti du renouveau démocratique (Prd), on a préféré ne pas alimenter la polémique autour du dossier en vue de donner une chance au groupe de rebondir. C’est ce qui aurait expliqué les déclarations chez Me Adrien Houngbédji le samedi dernier quand il s’est retrouvé parmi les siens pour les habituelles occasions annuelles de présentation des vœux. Au niveau du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), on a joué également à une certaine diplomatie pour voiler la face. Les mécontentements qui ont gagné tout le monde avait obligé les députés Nassirou Bako Ari Fari du G 13 et Eric Houndété de l’alliance Force Clé à réagir violemment le jour du vote de ce budget 2009. Au sein du bureau politique national de la Renaissance du Bénin d’où le mal est venu, deux camps antagonistes s’affrontent sur le sujet. Il y a d’un côté le premier adjoint au maire de Cotonou Léhady Soglo, quelques députés de leur parti et le président Nicéphore Dieudonné Soglo qui étaient contre l’autre camp composé de la présidente Rosine Vieyra Soglo, les députés Epiphane Quenum, Yacoubou Malèhossou et Justine Chodaton en plus du ministre Galiou Soglo. Pourtant en dehors du couple Soglo Léhady, était le seul à la rencontre du dimanche avec les alliés. Les messages de désolation et de critique qui fuisaient de plusieurs instances de base du parti pour fustiger le comportement de Mme Rosine Vieyra Soglo et de certains de ses hommes de main à l’Assemblée nationale sont venus conforter les rebelles dans leur position. Face à cela le président Nicéphore Dieudonné Soglo a vite enclenché une manœuvre de sapeur pompier pour calmer d’abord la tension dans son parti et pour finir par remettre en confiance ses alliés du G 4, ensuite les autres du G 13 et de Force Clé. Ils seront pourtant les plus précis dans les prises de position, les déclarations dans l’hémicycle, les rencontres secrètes et dans les engagements politiques et stratégiques.
Après moult atermoiements, le président Nicéphore Dieudonné Soglo a réussi à avoir sous son toit le dimanche dernier tous ses collègues du G 4. Le Psd a été représenté par son président Ange Marie Bruno Amoussou, le Prd par Me Adrien Houngbédji, le Madep par son vice président Antoine Kolawolé Idji. Pour la Renaissance du Bénin, il y avait, outre le père Nicéphore Dieudonné Soglo qui a conduit la réunion, le premier adjoint de la mairie de Cotonou et bien sûr la présidente du parti Mme Rosine Vieyra Soglo. En dehors de Léhady Soglo, les autres participants à la rencontre se retrouvaient déjà depuis des mois dans le cadre des structures créées au sein du G 4 pour harmoniser les points de vue. C’est le président Nicéphore Dieudonné Soglo qui a commencé et a invité les uns et les autres à la patience pour gérer à bien cette malencontreuse situation qui intervient à un moment important de leur alliance. Il aurait montré sa bonne foi à trouver une solution à tous les problèmes qui se sont posés, en tant que bon père de famille et la cheville ouvrière de cette alliance du G 4. (Rosine Soglo accuse Quenum) Quand la parole a été donnée à la présidente de la Renaissance du Bénin, elle a dit de façon très franche qu’elle a été induite en erreur par son collègue Epiphane Quenum dont elle ignore jusqu’à ce jour les réelles motivations. Mme Rosine Vieyra Soglo regrette sa position qui pouvait précipiter l’éclatement du G 4, du G 13 et de Force Clé pour lesquels elle s’est pourtant bien battue jusqu’à sa maladie et son évacuation en Afrique du Sud dans des conditions bien difficiles. Mme Rosine Vieyra Soglo prend l’engagement de reprendre le combat au sein du groupe pour redorer le blason de l’opposition non déclarée. Les présidents du Psd et du Prd n’ont plus cherché à tirer sur la ficelle. Cependant, ils ont rappelé la liesse populaire qui a accompagné les concertations, les multiples déclarations conjointes depuis l’avènement du 12 mars 2008 jusqu’au rendez-vous historique d’Abomey et de Bohicon. Ange Marie Bruno Amoussou invite ses collègues à ne pas oublier les propos tenus par les populations à l’ouverture de la concertation à Goho. Il finit par faire remarquer que l’échec et la cassure de l’alliance G 4, G 13 et Force Clé ne seront pas seulement une honte pour eux, mais une démission face aux errements des leaders politiques du régime du changement. Un avis partagé par Me Adrien Houngbédji qui indique que leur groupe constitue une chance pour les populations désabusées par les slogans politiques actuels. Le président du Parti du renouveau démocratique Me Adrien Houngbédji pense que le noyau G 4 devrait servir de repère pour les jeunes de Force Clé et du G 13 et invite à un nouveau départ en vue d’aider à mettre fin aux dérives au sommet de l’Etat. Après la rencontre, Me Adrien Houngbédji s’est envolé pour Paris. Il a été accompagné à l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin par le premier-adjoint au maire de Cotonou Léhady Soglo. A bord du même véhicule, les deux leaders ont continué à échanger. D’autres rencontres sont en vue pour continuer à baliser le terrain pour mettre fin aux rancœurs. Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)