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  Célestine Zanou sur l’émission « Cartes sur table » de océan Fm : « Je suis persuadée qu’il y aura alternance en 2011 »

 

16 mars 2009 - LEMATINAL


Invitée sur l’émission « Carte sur tables » de la Radio Océan Fm 88.6, Mme Célestine Zanou ancienne directrice de cabinet du Président Mathieu Kérékou et candidate aux élections présidentielles en 2006, s’est déclarée rassurée qu’il y aurait alternance au pouvoir en 2011. Elle a également développé au cours de cette émission, sa vision de développement et de l’implication de la femme dans la gestion du pouvoir démocratique. Lire un extrait de cet entretien.

Océan Fm : Que pensez-vous de la journée du 8 mars. Vous êtes d’avis qu’un grand effort est fait par le chef de l’Etat suite aux nombreuses réclamations des femmes ?

Célestin Zanou : « Je l’avais dit depuis l’an dernier on aurait pu faire une évaluation objective pour montrer notre degré de contribution au développement de notre pays avant de nous attribuer 20 ou 30%. Et nous ne demanderions pas de postes mais nous en réclamerons de droit. C’est ce qu’il fallait faire. En tout cas, pour nous le président est libre de faire ses promesses. Mais, nous, nous sommes libres d’apprécier et de dire qu’on est pas là, pour qu’on nous fasse des promesses. Nous voulons des actes et nous attendons toujours des actes concrets.

Et si on vous consultait parmi les 30% de femmes ?

On ne m’a pas consulté, et on ne peut d’ailleurs pas le faire. Je l’ai déjà dit dans ce même studio, travailler pour son pays, ne vous oblige pas à être au gouvernement.

Pourquoi vous n’avez pas été consultée ? Est-ce par défaut de compétence ?

Oh ! dit donc, ça, je ne vous le ferais pas dire. J’ai eu le prestige d’occuper des postes de responsabilité dans ce pays. Et à l’heure où je vous parle, nulle part, ma compétence n’a pas encore été mise en cause. Même si je me réfère aux correspondances que mon ministre a adressées au président d’alors avant ma prise de service au poste de chef de cabinet à la présidence de la République. De plus, mon passage à ce poste, on le retient également. Donc ce n’est pas une question de manque de compétence. Je l’ai toujours dit, il y a des personnalités dont la proximité va poser problème.

Si entre temps vous-étiez contactée pour entrer au gouvernement, que feriez-vous ?

Mon objectif n’est pas là. Et l’objectif de ceux qui sont au pouvoir n’est pas là.

Que voulez-vous dire ?

Leur objectif n’est pas de faire appel à des gens comme nous autres. Il faut aussi valoriser les gens de leur coalition.

Quel est votre avis sur la création d’un institut pour la femme ?

Je ne comprends pas cet entêtement à particulariser la femme. L’institut de la femme, pourquoi faire ? Pourquoi des femmes aussi se plaisent à ce jeu. Un institut pour que nous portons nos beaux boubous et qu’on nous trouve encore, plus belles ? Mais non ! Nous voulons travailler. Les femmes de campagne dans les circuits de commercialisation, comme au marché Dantokpa, ailleurs et même au champ travaillent aussi. Celles qui sont sur les marchés, pour y vendre des produits également travaillent. Elles n’attendent pas d’être belles. Et souvent elles n’ont pas ce temps pour se faire belles souvent.

2011 est proche. Est-ce que vous êtes prêtes à recommencer la même expérience qu’en 2006 ?

De quelle expérience s’agit-il ?

De votre candidature à la présidence de la République en 2011

Ah ! C’est une question qui me fait sourire. Et elle me pousse d’ailleurs à demander quant est-ce que nous allons nous mettre au travail ? Vous me demandez si je vais rééditer ce que j’avais fait. Mais vous ne me demandez pas si je fais vulgariser mes idées. Quand-est-ce que nous allons enfin nous asseoir pour faire de la réflexion stratégique ? Et conduire à terme, une logique défendable devant le peuple. C’est la question que je me pose. Nous ne sommes qu’en 2009, et ma mission est de poursuivre la vulgarisation de mes idées, de ma logique politique. Ce faisant, je voudrais inviter tout le monde au travail. Dieu est là, je compte sur vos prières pour être protégée. Mais le Seigneur est là et ses œuvres sont belles. Elles ont permis que nous soyons là. Et nous y sommes. Et on se battra.

Auditeurs : 1) Quelles sont les preuves qui montrent que les contribuables sont achetés avec leur propre argent ? 2) Comme vous critiquez le gouvernement, quelle alternative vous proposez au peuple ?

L’argent des frais d’escorte, c’est de l’argent qui appartient au peuple béninois. Maintenant, quand vous avez l’argent du contribuable, vous devez le gérer selon l’orthodoxie financière. Tout simple, si vous avez 1000 F du contribuable, vous le placez pour que cela lui rapporte. Vous ne le gaspillez pas. Aujourd’hui au lieu de placer cet argent, on aurait pu le remettre aux institutions telles que Papme, Padme, ou d’autres institutions de microfinance qui sont sur le terrain. Pour ceux d’entre elles qui auraient reçu 1000 F par exemple, on leur demanderait de retourner 1200 F. Donc le contribuable sait que son argent se trouve en un lieu sûr, et il lui sera retourné avec intérêt. Mais au lieu de faire cela on le remet aux mains des gens qui ne présentent aucune garantie. On amène cet argent au même contribuable et on dit qu’on lui fait du microcrédit. C’est dans un but électoraliste. Nous sommes à la veille des élections, vous allez voir, ils vont commencer encore à s’agiter bientôt pour faire croire au contribuable qu’on lui apporte de l’argent. Le contribuable n’est même pas formé pour la gestion de ce microcrédit. Donc on prend son argent pour acheter sa conscience.

Est-ce que vous êtes sûre de l’alternance en 2011 ?

Avec ce que je viens d’entendre des auditeurs et qui reflètent l’âme profonde du peuple béninois, je suis encore plus que sûre aujourd’hui, que l’alternance aura lieu en 2011.

Auditeurs je remarque qu’il y a beaucoup de dérives actuellement, mais il faut que les gens proposent des alternatives. Qu’est-ce que l’opposition propose aujourd’hui ?

L’on a toujours fait des propositions. Si nous prenons par exemple la question du découpage territorial, des propositions ont été faites. Mais les gens n’en tiennent pas compte. Lorsque vos propositions ne sont pas prises en compte on pense que vous n’en n’avez pas faites. Mais moi, en ce qui me concerne, je continuerai toujours d’en faire.

Comment se mène le travail dans vos cellules de réflexions ?

Les cellules de réflexion, nous sommes en train de travailler dans ces structures pour partager avec le peuple nos idées, notre vision, afin d’éviter l’intoxication. Parce que désemparé, le pouvoir fait le choix de l’intox. Nous allons parler de l’original du Changement. L’un de nos crédo, c’est restaurer, porter et partager les valeurs du Bénin debout. Oui, c’est ma vision. Une vision, c’est quelque chose que vous projetez et que vous vous employez à atteindre. Dès que nous avons parlé de vision, nous avons vu des gens nous emboîter le pas. Et ils ont écrit des pages d’ouvrage. La vision c’est ce que l’on projette, et non des pages écrites, c’est pourquoi nous disons que l’original est avec nous. Regardez la vision du Président Boni Yayi, c’est des pages. Or une vision est une mission, on projette quelque chose et on veut l’atteindre. Vous voyez déjà la différence entre l’original et la copie. L’original du Changement, c’est d’abord la responsabilité à tous les niveaux. Et lorsque, je prends mon cas personnel j’ai décidé d’aller au fond parce que je me suis sentie capable. Je me suis à même d’aller dans ce que vous appelez la jungle. Donc j’ai pris personnellement la responsabilité. Je n’ai pas été suscitée par des gens qui vont rester dans l’ombre pour me manipuler. La dynamique du Changement, l’original c’est ça. Or, nous avons vu dans ce pays, comment on a tout fait pour lancer le docteur Boni Yayi et pour pouvoir rester dans l’ombre pour le manipuler. Heureusement, il a résisté. Ça au moins, pour ça, je le salue. Il a résisté à certaines manipulations. Mais, il n’a pas pu s’empêcher de s’entourer de courtisans. Des gens qui n’étaient pas avec lui au début et qui n’avaient jamais cru en lui, mais qui sont partis pour se remplir les poches. Donc aujourd’hui comme l’a dit un intervenant, la foule est là, mais le peuple est mis de côté. Et nous à la dynamique du Changement, l’original veut se mettre aux côtés du peuple. Donc la vision que nous défendons, le vrai changement, c’est de faire, la politique autrement. C’est-à-dire sous la bannière des valeurs. Il n’y a pas de changement qualitatif sans les valeurs, la responsabilité, le respect de l’autre, le respect du bien commun. Ne pas s’accommoder, de trait de transhumants, d’affamés et d’opportunistes criards. Nous, nous ne faisons pas cela. Notre comportement devait faire enlever toutes les visions négatives que comportent les hommes politiques et qui ont pour nom : prendre le peuple en otage pour se servir de ses malheurs pour arriver au pouvoir, et ne rien faire pour lui. Faires des marches de soutien pour un devoir ou une obligation qui est faite à quelqu’un et l’on commence à marcher. Nous ne ferons pas ça. Nous n’en enverrons pas des ministres, remercier, à la dynamique du changement. Cela suppose donc une démocratie directe, objective et sans esprit partisan de la décentralisation. On l’a dit dans un de vos rendez-vous de vendredi. Faire donc de l’alternance, une normalité du processus démocratique et non une exception. Ce qui suppose, le bannissement de la conception féodale du pouvoir. Une présence qui est partout et fait tout. C’est lui le chef de tout le monde. Ce n’est plus la démocratie. L’original aussi, c’est reconnaitre le caractère sacré de la chose publique et celle de son respect. Si ce n’est une religion c’est un respect.

Dites nous en quelques phrases ce qui vous proposez à l’actuel gouvernement de façon générale pour conduire à terme le pays jusqu’en 2011 ?

Que le gouvernement se mette au travail. Au lieu de faire des tournées pour que des ministres aillent dans les villages, ils n’ont qu’à travailler. Qu’ils nous présentent au moins, pour les derniers mois, qui leur reste, un programme pour que l’histoire ne retienne pas qu’il y a eu dans ce pays, un pouvoir qui s’est installé et qui n’a fait que du m’as-tu-vu et du sensationnel.

Votre mot de fin

Ce sera une petite histoire. Il était une fois, une course de grenouilles. L’objectif était d’arriver en haut d’une tour. Et les gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir. La course a commencé. Et en fait les gens ne croyaient pas que les grenouilles atteignent la cime. Et toutes les phases que l’on entendait étaient : inutile, elles n’y arriveront jamais. Les grenouilles ont commencé la course peu à peu. Il y en a qui ont commencé à se décourager sauf une, qui continuait de grimper pendant que les gens continuaient de dire ce n’est pas la peine. « Elles n’y arriveront jamais ». Les grenouilles s’avouèrent vaincues sauf donc une qui continuait envers et contre tous sa course. A la fin toutes les autres abandonnèrent sauf cette grenouille qui, seule, et au prix d’un énorme effort rejoignit la cime. Les autres stupéfaites, voulurent savoir comment elle a fait. L’une d’entre elles s’approche d’elle. Mais, elle constata qu’elle était sourde. La leçon est que pour arriver au but, il faut faire fi de tout ce qui se dit. La deuxième leçon est que la féminité ne soit plus un handicap, mais une surdité pour ne pas écouter les railleries des uns et des autres. Je suis femme, ce n’est pas pour cela que je ne contribuerai pas au développement de ce pays. Le syndrome de la castration est aujourd’hui dépassé. La jeunesse même a appris à regarder la femme par la tête par ce qu’elle a dans la tête, sa capacité, et non en dessous de sa ceinture. Donc c’est notre capacité en tant que femme qui va nous amener à avancer et à faire ce qu’on devrait faire. La vie nous donne et elle nous demande de rendre. Nous ne pourrons pas accumuler tout cela, en expérience et nous asseoir dans un salon, ou bien nous contenter seulement d’accompagner les autres. C’est ça notre mot de fin.

Propos transcrits par Ibrahim Yarou Djibril



Tag(s) : #Politique Béninoise
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