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Limogeage de Soulé Mana Lawani: Le roi Boni 1er sacre 64 ministres en 3 ans 
 
DOSSIER
 
Des indiscrétions sur le limogeage de Lawani, La méthode Yayi toujours en vigueur, Calavi n’a plus que deux ministres, Le départ qui arrange Topanou, Boni Yayi dans la dynamique de l’approche genre ? Adidjatou Mathys : le couronnement d’une carrière, Que devient le FURY sans sa marraine ?
 

mercredi 10 juin 2009, par DP Le Grand Journal

 


Des indiscrétions sur le limogeage de Lawani

En absence d’un communiqué officiel du gouvernement par rapport à la disgrâce de l’ex patron des Finances, des sources généralement bien informées au Palais de la Marina ont ébruité quelques indiscrétions sur ce dossier.

 

Titus FOLLY

 

Quelles sont les raisons du départ du ministre Lawani ? Plusieurs thèses sont avancées. Dans la galerie des reproches, on évoque certains dossiers et sa façon déconcertante de répondre à des questions d’actualité au Parlement.

Par rapport à ce dernier, nos sources mettent en exergue les questions sur la gestion des fonds de l’escorte et la gratuité des soins de santé. Au sujet des fonds d’escorte, l’ex argentier national a révélé aux députés que les fonds de l’escorte ne sont pas budgétisés. Cette déclaration contredit la position du gouvernement qui par le biais du ministre du Plan, Pascal Koupaki avait dit le contraire. Cette déclaration a suscité davantage la fronde des députés qui continuent d’enquiquiner le gouvernement. Ce dernier sera bientôt confronté à une commission d’enquête parlementaire.

L’autre reproche fait au ministre sortant, c’est son propos en ce qui concerne la gratuité des soins de santé des enfants de 0 à 5 ans toujours au Parlement. Si Boni Yayi en veut à Lawani pour son franc parler alors que le gouvernement procède par langue de bois, il fait aussi les frais d’autres dossiers.

De nos recoupements, il ressort que des dossiers comme l’acompte forfaitaire, les micro finances, l’affaire de la banque AIB, les primes payées aux agents de santé en fin mai dernier « sans le consentement formel » de Boni Yayi et surtout la baisse drastique des recettes douanières ont également contribué à accélérer sa déchéance.

Nos sources, au sujet de la baisse des recettes de la Douanes parlent de motif principal. En effet, le président de la République a constaté de plus en plus l’incapacité de son argentier à engranger les recettes comme il le faut. Ce qui compromet la mobilisation des ressources financières du pays. Ne pouvant cautionner le recyclage organique du budget en dépit de la possibilité d’un collectif bidgétaire, Boni Yayi a donc décidé de renvoyer son ex collaborateur.

Le départ qui arrange Topanou

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L’éjection du gouvernement de Lawani, natif de la commune de Abomey-Calavi ne serait pas pour déplaire à son collègue Topanou, également de Abomey-Calavi. Tellement les rivalités politiques entre ces deux hommes sur leur terroir devenaient de plus en plus tranchées.

 

Romain L. KIKI

 

La commune de Abomey-Calavi comptait jusqu’au lundi dernier, trois membres au sein de l’exécutif. Cette situation a naturellement créé un conflit de leadership entre ces ministres. Principalement l’ex ministre des Finances, Soulé Mana Lawani et le ministre de la Justice, Victor Topanou sont visibles dans cette guéguerre. La bataille pour montrer au chef de l’Etat qu’on maîtrise ce vivier électoral a vicié l’atmosphère.

A côté des marches et autres parrainages de mouvements politiques organisés par Topanou, Lawani offrait des concerts musicaux. Sa femme était devenue active dans la mobilisation pour le compte de Yayi.

Le samedi 16 mai 2009, le ministre Topanou a parrainé dans la salle de conférence de la mairie d’Abomey-Calavi, la naissance de son mouvement dénommé Cercle de réflexion et de mobilisation d’Abomey-Calavi (Crm-AC). Deux choses ont retenues l’attention ce jour là : la faible mobilisation et l’absence très remarquable de ses collègues du gouvernement, des FCBE et autres officiels.

Deux semaines plus tard et précisément le samedi 30 mai 2009, Abomey-Calavi a connu une autre mobilisation, parrainée cette fois-ci par l’intendant du Palais. C’était pour mettre sur pieds le mouvement " Fury " dont Aïchatou Lawani, épouse de l’ex ministre des Finances est la présidente d’honneur. A cette manifestation, étaient présents plusieurs barrons du régime.

L’ex ministre des Finances, Lawani avec la collaboration de l’intendant du Palais, Adam Bagoudou, venait ainsi de démontrer à Yayi que dans la commue Abomey-Calavi, il a également son mot à dire. Le limogeage de Lawani une semaine après cet activisme, arrange le ministre Topanou qui pourtant est loin d’être à la hauteur des enjeux de 2011.

Toutefois, Topanou peut compter aujourd’hui moins d’adversaires politiques domestiques dans Abomey-Calavi, le ministre Kint Aguiar ne constituant aucun danger. C’est certainement conscient de cela que le ministre de la Justice a accordé une curieuse interview intitulée " Calavi est un enjeu pour tous les candidats", au quotidien La nouvelle Tribune. Quelle coincidence ?

En tout cas Topanou ne doit pas se croit en terrain conquis. Il doit désormais affronter, Bagoudou et autres FCBE qui n’ont pas encore dire leur dernier mot. Ce n’est que le début du commencement.

La méthode Yayi toujours en vigueur

Hamadou ISSA

 

Le récent limogeage du ministre des Finances et de l’économie, Mana Lawani intervenu lundi dernier, vient témoigner à ceux qui n’en croient pas encore que la méthode Yayi est belle et bien en place.

Cette méthode qui se résume au limogeage intempestif des ministres, au remaniement technique ou carrément à la formation d’un autre gouvernement conserve encore toute son mode opératoire. Il est vrai que depuis le remaniement intervenu le 22 octobre dernier, le président Boni Yayi est resté déjà huit mois sans qu’on assiste à un limogeage ou à un remaniement technique d’un membre du gouvernement encore moins à la déchéance d’un directeur de société.

De là, à affirmer que le chef de l’Etat à oublier sa méthode, il n’y a qu’un pas. Mais c’est sans compter avec la volonté du président de la République qui vient de renouer de fort belle manière avec le limogeage des ministres. Ce n’est donc qu’un repos, un répit pour mieux rebondir.

Le ministre Mana Lawani vient d’en faire ainsi les frais de la méthode Yayi avec sa dose de spécificité. Et pour cause, l’inattendu limogeage de l’argentier béninois a été fait de la plus douce des manières. Le chantre du changement n’a donc pas changé. Il tient à sa méthode qui a encore de beaux jours devant lui. Pour l’instant, c’est Adidjatou Mathys qui bénéficie des bonnes grâces de la méthode Yayi. Mais, il est évident que cette méthode n’a pas encore fini de faire des victimes. Alors à qui le tour ?

Calavi n’a plus que deux ministres

Dans le gouvernement de Boni Yayi jusqu’à avant-hier, il y avait trois ministres originaires de Calavi. Désormais, il ne reste que Topanou et Aguiar qui malheureusement n’ont pas la même aura et la même capacité de mobilisation politique que Mana Lawani.

 

Amêgny LAHAMY

 

Exit Soulé Mana Lawani. Il ne reste que ses ex collègues que sont Victor Topanou et Kint Aguiar. Ce qui fait que le grand motif de satisfaction des populations de Calavi depuis le remaniement du 22 octobre 2008 est retombé comme un soufflet.

Par cette réduction du nombre de portefeuilles pour Calavi, Boni Yayi n’a pas pu longtemps entretenir cette marque de considération politique à l’égard de cette commune stratégique du fait de sa démographie électorale enthousiaste.

En effet, au moment où certains départements n’ont eu qu’un ou deux ministres dans leur escarcelle suite au remaniement du 22 octobre dernier, Calavi en a eu trois. Dès lors, le pouvoir qui avait eu une suprématie virtuelle après l’élection du conseil communal a voulu par ce canal confirmer l’essai.

En attendant les prochaines joutes électorales, la mouvance en apparence draine les foules. Mais il se fait que Soulé Mana Lawani était l’homme orchestre de cette stratégie. Nombre de mouvements et d’associations contrairement à Topanou et Aguiar qui sont trop distants, calculateurs et réticents en matière de financement des activités politiques de la mouvance, comptaient sur Lawani pour financer leur sortie.

Ce dernier et sa femme, Aicha Lawani d’origine sénégalaise ont toujours dépensé sans compter. Avec son départ, des militants FCBE qui ne pourront pas compter sur Topanou et Aguiar vont bientôt retourner dans le giron des G et F.

Boni Yayi dans la dynamique de l’approche genre ?

Comme une décharge, la nouvelle est tombée dans la nuit d’avant-hier annonçant le départ du grand patron des finances de l’Etat. Ainsi donc, le départ du désormais ex patron du ministère des Finances et de l’économie laisse une ouverture pour une nouvelle nomination. Madame Mathys, précédemment directrice de cabinet est la toute nouvelle locataire des lieux. Cette nomination vient ainsi grossir d’une unité le nombre déjà infime de femmes au gouvernement.

 

Landry HOUETON

 

En s’inscrivant dans la dynamique de l’approche genre, toutes les Nations sérieuses ayant un plan de développement ont donné à la gente féminine une chance de participer au développement de leur Nation. Mais qu’en est-il réellement au Bénin ?

En recevant les femmes à la grande salle du peuple du Palais de la République le 9 Mars dernier, au lendemain de la célébration de la Journée internationale de la Femme 2009, Boni Yayi a dans un élan euphorique promis aux différentes associations et groupement de femmes de ramener le pourcentage des femmes à 30% au sein du gouvernement.

Quelques mois après cette promesse, voici le président Boni Yayi qui semble commencer à tenir ses promesses. A la faveur du récent remaniement ministériel technique, une femme a été nommée dans un lot de trois personnes. Adidjatou Mathys rejoint ainsi les quatre autres qui étaient déjà au gouvernement.

Ainsi donc depuis l’accession de notre pays à la souveraineté nationale, c’est pour la première fois qu’une femme prend les rênes du ministère de l’Economie et des finances après Aladji Boni Diallo au ministère des Affaires étrangères, Il ne reste que les deux autres ministères de souveraineté que sont la Défense et l’Intérieur qui n’ont pas connu un passage fût-il bref d’une femme.

A quand une femme à la tête du ministère de la Défense nationale et de l’Intérieur ?

Au-delà de tout, nous pensons que ce remaniement technique avec cinq ministres « femmes » sur un total de 30 ministres au gouvernement ne donne pas encore un pourcentage de 30%.

Adidjatou Mathys : le couronnement d’une carrière

Dans le décorum économique béninois qui bat de l’aile, Boni Yayi a dû recourir à Adidjath Mathys pour accommoder l’économie de notre pays avec un nouveau structurant. En tant que nouveau ministre des Finances, elle a donc pour mission de rompre avec le passé déconcertant de Lawani et de formuler un raisonnement qui tient compte des aspirations du peuple et du contexte de crise.

 

Titus FOLLY

 

La coupe économique réglée de Soulé Lawani n’a pas marché. Ce qui fait que le président de la République a dû recourir à Adidjath Mathys pour permettre d’évaluer avec certitude les carpes qui sont dans nos étangs financiers. Pourra t-elle porter son ombre comme une vérité inchangeable ? Si son parcours professionnel et ses qualités intrinsèques de bon gestionnaire plaident pour elle, l’épaisseur du mode opératoire du régime du changement qui se présente trop mince sera son grand défi.

En effet, la nouvelle ministre de l’Economie et des finances est un cadre émérite du sérail. Native de Porto-Novo, elle a gravi tous les postes de responsabilité d’un ministère de souveraineté aussi sensible comme celui du ministère des Finances. Dès sa rampe administrative de lancement, elle a été quelques années après, receveur des finances de l’Ouémé.

Le poste de directrice générale du trésor et de la comptabilité publique lui a échu avant qu’elle ne soit nommée directrice de cabinet du ministère des Finances le 5 mars 2008 en conseil des ministres. Tout ce parcours lui a permis de maîtriser tous les dossiers et de devenir argentier national depuis avant-hier. Au principal, c’est une économiste confirmée qui bénéficie désormais de la confiance du président de la République.

Joviale à ses heures perdues, trop rigoureuse dans le travail, cette dame à poigne ne tergiverse pas quand il s’agit des principes de l’orthodoxie financière. Si elle sait encaisser les coups de ses adversaires, c’est dans l’animosité et l’adversité qu’elle gagne souvent ces défis sans se venger et passer par l’épigramme de tout ce qui humilie. Son ex patron Lawani qui lui a déclaré la guerre et qui n’a pas suivi nos conseils vient d’en faire les frais.

Mais au Bénin, depuis 2006, les fulgurances comme celles de la nouvelle patronne des finances ne suffisent plus pour endiguer la mal gouvernance du régime du changement. C’est pour cela que ceux qui l’ont connue pour sa poigne, sa rigueur dans la gestion des deniers publics, souhaitent qu’elle garde la même perspicacité pour rompre avec la délinquance budgétaire par laquelle s’illustre l’actuel pouvoir. Si le savoir-faire macroéconomique de cette spécialiste vient de payer, il urge donc qu’elle garde sa marque de fabrique afin d’éviter de tomber dans la servitude du chemin frayé par Boni Yayi.

Que devient le FURY sans sa marraine ?

Hubert HOUNWENOU

 

Que deviendra le Front uni pour la réélection de Yayi (Fury) après le limogeage du ministre de l’Economie et des finances, Soulé Mana Lawani dont l’épouse en est la marraine ?

Cette question taraude les observateurs et lecteurs de la vie politique béninoise depuis lundi que la nouvelle de son virement du gouvernement de Boni Yayi est tombée. Le samedi 30 mai 2009 dernier.

Le Fury est né à Calavi sous la houlette de Aïchatou Lawani, épouse du ministre écarté.

On se souvient encore de l’engouement avec lequel cette dame qui prétend faire réélire l’actuel chef de la Marina parlait. Mais voilà son mari est limogé. Or, en son temps, des voix s’étaient levées pour dire que tout ce qu’elle est entrain de faire a un seul but. Maintenir son époux dans le gouvernement et jouir de la clémence du patron.

La voilà aujourd’hui laissée sur le carreau par Boni Yayi malgré ses meetings, malgré la création de Fury. Fury pourra-t-il continuer sa mission avec les ressentiments du couple Lawani ? On attend de voir son avenir.


Tag(s) : #Politique Béninoise
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