jeudi 9 juillet 2009, par DP Le Grand Journal
La polémique autour de la privatisation de Bénin Télécom Sa ces derniers jours a permis de comprendre beaucoup de choses quant à la gestion scabreuse, calamiteuse et
scandaleuse dont a été victime cette société d’Etat sous le changement. En moins de trois ans, ses responsables lui ont occasionné une dette de plus de 23 milliards de francs
CFA.
Hubert HOUNWENOU
Le régime en place qui se prenait à son avènement pour le bon exemple en matière de gestion de la Cité ne cesse de décevoir et de s’enliser dans la turpitude à travers sa gestion désastreuse et fumeuse des entreprises d’Etat. Celle qui vient de s’inscrire sur la longue liste des victimes des vraies limites de ce pouvoir, c’est Bénin Télécom Sa avec plus de 23 milliards de dette en moins de trois ans.
Il aura fallu la sortie médiatique des quatre syndicats de la maison au début du week-end dernier pour que le monde se rende compte des scandales commis sous l’actuel ministre en charge des Télécommunications, premier directeur de la société sous le régime Yayi d’une part, et de l’autre, ceux causés sous la férule de son actuel responsable, Patrick Bénon.
En effet, c’est le secrétaire général du syndicat national des télécommunications (Synatel), Hospice Tokpanou qui a déclaré lors de la rencontre avec les hommes des médias que : « A l’avènement du gouvernement du change-menteur, on nous a présentés une ardoise de Bénin Télécom Sa qui avoisine 177 milliards. A la veille du processus de recapitalisation, la dette de l’entreprise est passée à 200 milliards ». Cette dénonciation est soutenue par des preuves.
En effet, le 30 novembre 2006, à cause des 177 milliards de dettes contractées par l’entreprise, le gouvernement a adopté la communication N°1486/06 du relevé N°48/PR/SGG/Rel. Elle est relative au plan de redressement de la société. Mais depuis cette date qui relève de moins de trois ans, la situation s’est empirée. Et pourtant, ce plan de redressement était basé sur un financement extérieur d’environ 14 milliards. Tout cela se passait sous celui qui se dit plus expert du domaine des télécommunications au Bénin, Désiré Adadja. Cette situation montre bien qu’il a lui aussi sa part de responsabilité engagée dans cette affaire de banqueroute.
Pourquoi plus de 23 milliards de dette en moins de trois ans malgré la gestion du « grand technicien » des télécommunications Adadja qui lui a permis de prendre en main le ministère des Télécommunications ? Cela montre qu’en réalité le gouvernement et ses cadres trompent les populations et le ministre Adadja et l’actuel directeur Bénon devaient démissionner s’ils sont sincères envers eux-mêmes.