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Pierre Osho : « Je souhaite pour le Bénin en 2011, un homme d’expérience »

 

25 août 2009 par La Presse du Jour 

 

oshoPierre Osho sera-t-il du rendez-vous de 2011 ? Il n’y a plus d’ombre d’un doute même si pour le moment, l’homme affirme être à l’étape de prise de contacts, de consultations. Certains diront qu’il ne s’agit là pas d’une surprise et qu’ils s’attendaient à le voir dans la course pour 2011. Ils n’ont peut être pas tort même si rien n’était non plus évident. En 2006, on attendait Pierre Osho qui n’a pourtant pas répondu à l’appel pour des raisons que nous connaissons. Une constante demeure tout de même : Pierre Osho, quatre années après son départ du gouvernement du Général Mathieu reste l’homme qui voue un respect total à celui qu’il a du plaisir à appeler son chef. Pour lui, le chef doit être un chef qui assume. C’est pourquoi pour 2011, il ne souhaite pour le Bénin qu’un homme d’expérience, un vrai patriote et un vrai démocrate.


On vous annonce pour le rendez-vous présidentiel de 2011. De larges consultations ont d’ailleurs commencé. Et sur le terrain, des actions sont tangibles. Pourquoi 2011 et non de 2006 ?

A travers votre question, je comprends que vous me demandez de revenir aujourd’hui et une fois encore sur les raisons de mon abstention en 2006. Je ne vais pas me dérober à cet exercice. En 2006, j’ai été amené à démissionner du gouvernement du président Mathieu Kérékou,  et je rappelle qu’à l’époque, ma lettre de démission en date du 11 janvier a été rendue publique par la presse. Aujourd’hui, plutôt que de répéter les mêmes choses, je préfère vous en donner une copie pour que vous voyiez les termes exacts dans lesquels j’ai justifié ma démission lorsque je me suis adressé à mon Chef. J’avais expliqué en son temps que face à la conjoncture qui prévalait, « je n’avais pas d’autres choix que de prendre mes distances à l’égard d’une équipe gouvernementale dont les incohérences et les agissements attentatoires à la légalité constitutionnelle de certains de ses membres, ont gravement compromis la gestion rigoureuse, responsable et transparente du dossier électoral de l’échéance de mars 2006 en contradiction flagrante des assurances formelles et des engagements solennels de votre Haute autorité ». Voilà ce que j’avais dis. Mais ce qui est une vérité aussi puisque vous venez de l’évoquer, c’est que, au cours du 2è semestre de l’année 2005, des manifestations avaient été initiées par des personnalités de la société civile, des partis politiques, mouvements et organisations proches de la mouvance au pouvoir pour susciter ma candidature. Je ne jouerai  pas l’hypocrite en vous faisant croire  que j’ignorais à l’époque que la question de ma candidature était posée. Des meetings populaires géants ont été organisés à Kandi, à Natitingou, à Lokossa, à Abomey, à Malanville, à Savalou …pour susciter ma candidature. Il se trouve que, alors que ma candidature était envisagée, j’ai démissionné à la surprise générale le 11 janvier 2006. Les termes de ma lettre de démission que je viens de vous citer indiquent les motifs que j’ai invoqués à l’appui de ma décision. Mais il y a des éléments sur lesquels je n’avais jamais fait de déclarations publiques et qui sans doute aujourd’hui, méritent d’être portées à l’attention de l’opinion publique, sinon, la compréhension ne sera pas complète. Lorsque je parle d’agissements attentatoires à la légalité constitutionnelle, et que je dis que certains des membres de l’équipe gouvernementale se rendaient coupables de tels agissements, de quoi s’agit-il. La situation réelle dans laquelle je me suis trouvé, c’est que, au sein du gouvernement, entre septembre et décembre 2005, certains membres du gouvernement et certains éléments du cabinet présidentiel étaient en concertation, et organisaient des dispositions préparatoires dans le sens de la mise en œuvre d’une stratégie consistant à ne pas tenir les élections de mars 2006, et à prolonger le mandat du Chef de l’Etat de deux ou trois ans, sur la base d’une disposition constitutionnelle transitoire que l’on ferait adopter à l’Assemblée Nationale dont certains députés, d’après mes informations, avaient été acquis à ce schéma. Ainsi, en 2008, ou en 2009, on procèderait au couplage des élections sous la forme d’élections générales, c’est-à-dire présidentielles et législatives en une seule fois, dans un souci d’économie d’argent et de moyens pour l’Etat A cet égard, à l’époque, souvenez vous et n’oubliez jamais que le ministre des finances Cosme Sèhlin déclarait qu’l n’y avait pas d’argent pour exécuter le premier décaissement de 1 milliard de F Cfa prévu dans le collectif budgétaire de 2005, pour permettre à la Cena déjà constituée le 30 septembre de se mettre au travail, en attendant la mise en exécution  du budget de 2006 en janvier. La situation dans laquelle je me suis trouvé, c’est que dans le gouvernement et autour de notre Chef, j’observais les manœuvres et des conciliabules dont l’objectif était de déroger à la Constitution et à mettre en exécution un schéma politique électoral contraire aux dispositions de la Constitution. Naturellement je me demandais par quel tour de force les 4/5 requis à l’Assemblée nationale pour voter une modification de la Constitution seraient obtenus pour permettre l’application ou la faisabilité  d’un tel schéma. Comme vous vous en doutez, en raison de  mon attachement à la légalité constitutionnelle et au respect scrupuleux des lois de la République, j’ai tenté, de plusieurs manières de prendre contact avec notre Chef pour l’amener à désavouer publiquement et formellement le schéma qui était en train de se concocter dans son dos, mais en son nom et à son profit. Je vous rappelle qu’à l’époque, le Général avait été d’une clarté lumineuse en déclarant à plusieurs reprises que les élections auront lieu à bonne date.

Surtout son discours depuis l’Elysée qui a été relayé ici au Bénin. Vous mesurez à quel point, j’étais perplexe face aux assurances du Président auxquelles s’opposait le blocage du ministre des finances. Mais ayant pris la mesure éminemment inquiétante des grenouillages anticonstitutionnels d’un groupuscule de ministres et de conseillers techniques très proches du Chef de l’Etat, je me suis dis – c’est peut-être là une insuffisance de jugement de ma part – n’ayant pas réussi à rencontrer mon Chef au cours de ces dernières semaines de l’année 2005, pour m’entretenir franchement avec lui afin d’arrêter la préparation d’un tel complot anticonstitutionnel contre et faire injonction au ministre des finances de s’exécuter, n’ayant pas réussi cela, j’ai estimé que je ne pouvais pas continuer d’être membre du gouvernement et maintenir le principe de ma candidature. Il était clair à mes yeux :

 

premièrement que tout se préparait pour que les élections n’aient pas lieu ; et deuxièmement dans l’hypothèse où cela aurait lieu, je me trouverais en porte à faux par rapport à la frange de la mouvance qui  travaille prétendument au nom de mon Chef, au profit de mon Chef ; et par conséquent, je ne voulais pas me retrouver en affrontement direct avec mon Chef. Tels sont les motifs qui m’ont amené à me retirer de la course à la présidentielle de 2006 : je ne pouvais que me retirer pour ne pas avoir à affronter mon Chef. C’est ma conception du loyalisme républicain. On n’a pas le droit d’affronter son Chef, d’être l’adversaire frontal de son Chef. Telle est ma conception de la collaboration avec son Chef. A l’époque, lorsque j’ai démissionné et que ma lettre a été rendue publique, j’ai réuni les représentants des organisations et des mouvements qui suscitaient ma candidature. Je les avais réunis pour leur expliquer que je ne pouvais pas maintenir ma candidature, mais sans aller jusqu’à dévoiler ce que je ne pouvais pas dire et qui relevait en quelque sorte du secret interne, des contradictions internes du gouvernement. Ce fut une séance longue et difficile. Beaucoup n’ont pas approuvé ma décision, mais je l’ai maintenu et je n’ai plus été candidat. Mais comme je tiens à assurer la pérennité et la réalité des faits historique, j’ai mis par écrit sous la forme d’une «Lettre ouverte à mes Sympathisants», les convictions qui étaient les miennes. Certains passages de cette lettre ouverte ont un caractère prémonitoire. Je pense que cela vous sera utile pour éclairer l’opinion nationale et internationale, pour qu’on en finisse avec cette question récurrente liée à mon désistement en 2006.

 

Seriez-vous au rendez-vous de 2011 ?

 

Le 1er février 2006, dans ma lettre ouverte dont je vous laisse copie sous sa présentation originale, je demandais à mes sympathisants d’être sereins, confiants et patients. J’écrivais ce qui suit : «Quand viendra la prochaine échéance, déjà programmée au calendrier de notre vie constitutionnelle nationale, il sera encore temps de nous retrouver, de nous mettre ensemble, et de conjuguer nos forces, pour infléchir le cours des choses dans le sens de l’édification d’un Bénin démocratique, moderne et prospère». Les années se sont écoulées, et nous nous approchons de cette échéance fatidique. 2011 sera différent de 2006. L’histoire ne se répète jamais, elle bégaie. En 2006, nous avons fait l’expérience d’un mode d’accession à la magistrature suprême qui a consisté à utiliser le tremplin d’une grande organisation africaine sous régionale. La question est de savoir si les Béninois, aujourd’hui en appréciant les résultats obtenus vont rééditer la même expérience en 2011, au regard des informations qui circulent déjà sur de potentielles ou probables candidatures. Pour ma part, je dirai que 2011 sera différent de 2006 parce que le défi crucial que pose cette échéance à l’ensemble de la classe politique béninoise, toutes tendances confondues, à la société civile, aux organisations syndicales, aux personnalités politiques de diverses sensibilités, aux mouvements et associations de toutes catégories, au sages et notables de nos villes et de nos campagnes, en un mot, à tout le peuple béninois, c’est de savoir si nous pouvons nous mobiliser et nous organiser efficacement et massivement pour mettre fin à l’imposture politique qui, par ses dérives multiples, met en péril les précieux acquis de la Conférence nationale et, compromet le consensus national, la cohésion et la paix sociales, si nous pouvons écarter les graves menaces qui planent sur le Renouveau démocratique. C’est cela le défi majeur que tous les patriotes, tous les démocrates dignes de ce nom doivent relever. Je considère personnellement que c’est la responsabilité de tous les patriotes et de tous les démocrates béninois de rechercher les voies et moyens d’une saine et sainte alliance patriotique pour sauver l’héritage politique légué par les Présidents Kérékou et Soglo, pour restaurer l’espoir et rétablir le Renouveau démocratique dans la pureté et la plénitude du sens qu’en ont donné leurs illustres initiateurs. Œuvrer à l’avènement d’une vraie alternative en 2011, c’est ma conviction et c’est le sens particulier que revêtira, mon engagement personnel pour l’échéance de 2011.

 

Quel Président souhaiteriez-vous pour le Bénin en 2011 ?

 

Je souhaite pour mon pays en 2011, un vrai patriote connu et apprécié des larges masses populaires ; un homme d’expérience, rompu et chevronné en matière de gestion des affaires d’Etat, et qui donne les meilleurs gages sur sa capacité à incarner les aspirations profondes et légitimes du peuple béninois, à assumer dans la cohésion,  et la paix sociale, la plénitude de son grand destin national et panafricain.


Je souhaite pour mon pays, un vrai démocrate soucieux de préserver le précieux héritage hérité de la Conférence Nationale, et du régime de transition remarquablement conduit par le mémorable triumvirat Mathieu Kérékou, Monseigneur Isidore De Souza et Nicéphore D. Soglo. Donc, un homme de foi et de conviction, capable d’imprimer une dynamique nouvelle au processus du Renouveau démocratique, et de faire rayonner notre pays, le Bénin, au firmament de la démocratie africaine.


Je souhaite pour mon pays, une personnalité marquante dont l’expérience, la probité et la force de caractère augurent de sa détermination inébranlable à mettre en œuvre une éthique nouvelle de la gouvernance  politique dans notre pays, qui redonne espoir et confiance au peuple. Notamment, grâce à un certain nombre d’engagements déterminants.

 

Premièrement, le respect scrupuleux en tout temps de la légalité constitutionnelle et de l’application rigoureuse des lois de la République. Le Chef de l’Etat ne devant faire prévaloir, en aucune circonstance, ses visées et stratégies politiciennes et partisanes propres sur les dispositions légales en vigueur dans le pays. Dans cet esprit, le Président, le Chef de l’Etat que je souhaite pour mon pays doit être un homme de caractère et de hauteur capable, par ses propres comportements et les actes qu’il pose, de donner des gages du respect des règles du jeu démocratique en s’interdisant lui-même de s’adonner aux jeux de la politique.


Deuxièmement, je souhaite à la tête de l’Etat  un homme capable de promouvoir de façon active et résolue, sans a priori, sans préjugés et sans parti pris, un dialogue franc et sincère dans un esprit de conciliation et de compromis, pour consolider la cohésion et la paix sociale, la stabilité politique et le consensus national. Tels doivent être l’esprit et la finalité du dialogue interinstitutionnel, du dialogue avec les organisations sociales, les organisations syndicales et la société civile. Cette personnalité forte et intègre doit être résolue à imprimer une réorientation sélective et mieux ciblée de la lutte contre la corruption et l’impunité, au sommet de l’Etat et au niveau de la sphère dirigeante de l’administration publique. C’est à ce niveau suprême, que l’exemple doit être donné au quotidien.


A cet égard, et à titre d’exemple, je rappelle, que la loi 86-013 en vigueur depuis plus de 20 ans  et d’autres lois de différentes corporations socioprofessionnelles, prévoient des sanctions et des peines infâmantes, qui, à ma connaissance n’ont jamais été appliquées dans notre pays, pour sanctionner les faits de corruption, par la révocation pure et simple, la rétrogradation  d’échelle ou d’échelons, la déchéance politique ou la déclaration d’inéligibilité politique, soit pour un mandat exécutif, soit pour un mandat électif ou un mandat judiciaire. Si de telles sanctions sont appliquées, beaucoup de hauts responsables y regarderaient par deux fois avant de se laisser aller à des actes de corruption. A ce sujet, je crois savoir qu’un projet de loi contre la corruption est en instance à l’Assemblée Nationale : c’est le moment plus que jamais d’accélérer la procédure de son adoption, en y incluant si possible, une disposition relative à l’autosaisine du Procureur de la République ou du Procureur général.
Ce que je souhaite du prochain premier magistrat de la Nation, c’est que par sa gouvernance à la tête du pays, il imprime une revalorisation de la discipline, de la rigueur et de la productivité du travail, pour redonner à notre administration, son caractère authentiquement républicain au service de la nation, et non à la solde du pouvoir. C’est-à-dire une administration ayant le culte  de notre devise national «Fraternité, justice, travail».

 

L’administration ne doit pas être au service du pouvoir et de la mouvance présidentielle. La fonction de l’administration, c’est d’animer le service public au bénéfice de la nation et des citoyens. L’administration préexiste et doit survivre au pouvoir qui se renouvelle à la tête de l’Etat. C’est cela une administration moderne et républicaine.


C’est au pouvoir qu’il revient de donner par lui-même l’exemple, en privilégiant la compétence,  l’efficacité, l’expérience et le dévouement des cadres qui sont nommés sans tenir nul compte de leur sensibilité politique, de leurs opinions politiques…L’opinion d’un Directeur ne doit pas être le critère décisif des nominations. L’essentiel est qu’il présente le profil de compétence et le loyalisme républicain garantissant que la feuille de route qui lui a été donnée, la lettre de mission qui lui a été prescrite, soit exécutée au mieux des résultats attendus, et pour lesquels il est payé.
Je souhaite un homme crédible et rassembleur qui dit ce qu’il est fait ce qu’il dit. Et là se pose la problématique non négligeable du discours du chef. Le discours du Chef, voyez-vous, a des effets déterminants dans le psychisme collectif, dans ce qu’on appelle l’opinion publique. Ce que dit le Président de la République, le discours qu’il tient, les convictions qu’il exprime et la manière dont il les formule ont un impact incommensurables : notre peuple désormais mûr est en droit d’attendre de son chef, un discours clair, simple, précis et circonscrit, débarrassé des lamentos  et trémolos qui  semblent inspirer d’un élan de contrition ou de repentance qui, de mon point de vue, sont  totalement inappropriés pour la Haute Autorité investie de la légitimité populaire.
Le Président de la République ayant déjà prêté serment sur la Constitution devant le peuple, devant Dieu et les mânes de nos ancêtres, point n’est besoin pour lui de jurer sans cesse, au gré des déclarations circonstancielles et autres points de presse.


Une autre considération essentielle à ne pas négliger dans notre pays, voyez-vous, c’est que le Président de la République est le chef du gouvernement. Tous les scandales dont se rendent coupables, les membres de son gouvernement, posent inéluctablement la question de sa propre responsabilité, parce qu’il est le chef du gouvernement. Et il ne suffit pas de dire qu’il n’a pas eu à présider le conseil des ministres, que telle ou telle situation  lui a échappé. Il m’est arrivé de présider sur instruction du Président de la République le conseil des ministres. Mais le fonctionnement interne du gouvernement auquel j’ai appartenu m’imposait de faire le compte rendu exhaustif permettant au Chef de l’Etat d’assumer la plénitude de sa prérogative exclusive de Chef de Gouvernement. Donc, la responsabilité du chef du gouvernement ne peut pas être évacuée de cette manière. Et il ne suffit pas de dire qu’on n’est responsable mais pas coupable.  D’ailleurs à ma connaissance, personne n’a le pouvoir de mettre en accusation le Chef de l’Etat en dehors de la Haute Cour de Justice. Personne ne l’a déclaré coupable.   Mais si lui-même se déclare responsable mais pas coupable, je ne peux qu’en prendre acte, en constatant qu’il fait son mea culpa sur la poitrine de ses ministres indélicats ou défaillants.


Je souhaite de tout cœur pour notre pays en 2011, un Président qui va rétablir un principe de gouvernance élémentaire,   basique et incontournable, auquel le peuple béninois est habitué depuis les présidences de Kérékou et Soglo : celui de l’élaboration, et de la mise en œuvre correcte d’un Programme d’action gouvernementale. Un PAG qui intègre dans une vision prospective cohérente, à la fois réaliste et ambitieuse, les objectifs quantitatifs et qualitatifs de développement national, dans les différents secteurs d’activité, permettant de placer le Bénin sur les rails du progrès et de la modernité, dans l’optique consensuel-lement  déterminée par les Etudes nationales de perspectives à long terme, (Bénin Alafia 2025). Le peuple béninois a déjà dit ce qu’il veut. Le rôle de nos gouvernements, les uns après les autres, c’est d’élaborer des programmes qui s’inscrivent dans la mise en œuvre de cette volonté déjà exprimée, en matière d’éducation, d’hydraulique villageoise, de santé, d’infrastructures, d’agriculture, de gouvernance locale…


Je souhaite pour mon pays, un Président dont le style de travail et les méthodes de direction favorisent une réelle participation de toutes les composantes de la Nation à la gestion des affaires publiques, sans exclusive et sans velléités de monopoles, et ce, dans le respect de la diversité des sensibilités politiques, conformément au principe du multipartisme intégral qui est une disposition formelle de la Constitution, dans le respect de l’équilibre inter régional. Le pouvoir ne doit pas chercher à contrôler majoritairement, chacune des institutions de la République parce que si telle est sa motivation, il limite jusqu’à la rendre nulle la possibilité pour les autres sensibilités du pays, d’avoir un espace de participation à la gestion de la vie sociopolitique. Ce qui n’est pas bon pour le renforcement de la cohésion nationale.


Je souhaite un Président qui placera son mandat sous le signe d’une accélération du processus de décentralisation qui aujourd’hui marque le pas. Car mon intime conviction, c’est que l’approfondissement et le bond qualitatif de la démocratie béninoise résulteront de l’application rigoureuse et sans faille des lois de la décentralisation, grâce au transfert réel des compétences, grâce à l’organisation et à l’émergence du pouvoir démocratique au niveau local, grâce à la mise en place de conseils communaux qui organisent et planifient le développement de nos collectivités à la base, selon la volonté, et les aspirations des populations locales ; grâce aussi à la réalisation de plans de développement régionaux en partenariat étroit avec l’Etat.    C’est la décentralisation qui va insuffler une nouvelle dynamique ascendante à la démocratie béninoise. Tant que les conseils communaux, le pouvoir local ne deviendront pas réalité, nos populations au niveau local ne se sentiront pas concernées par l’organisation des activités, les choix stratégiques qu’implique l’œuvre de construction nationale. Le gouvernement du Président Kérékou a eu le mérite de démarrer la décentralisation avec les élections de 2003. Cela ne fut pas simple parce que c’était une innovation. Il faut continuer, parce que les lois de la décentralisation doivent être appliquées. Les transferts de compétences doivent être opérés, et l’Etat doit convenir de programme de partenariat avec les communes à qui il revient de déterminer de manière autonome et souveraine, leurs priorités et leurs objectifs dans les différents secteurs, à charge pour l’Etat de les aider à les formaliser de manière cohérente et opératoire. La mise en œuvre de la fiscalité locale, de l’exploitation des ressources locales, doit permettre à ses communes d’avoir un minimum qui nécessairement demandera à être complété par un apport du gouvernement central. Ce partenariat doit  permettre avec le complément qui est mobilisé au niveau de l’aide extérieure de mettre en œuvre de réels grands chantiers dans nos communes, sous le regard de planification d’ensemble du ministre qui sera chargé du plan et de l’aménagement du territoire en liaison avec le ministre de la décentralisation. Mais aujourd’hui qu’est ce que nous observons ?  Je vous donne un exemple. Les stations d’essence que vous voyez partout et qui se sont multipliées dans les VONS, personnellement, je trouve que c’est une bonne chose, parce qu’il y en a une derrière l’Eglise Sainte Hélène, à deux cent mètre de ma maison. Mais cela a été installé par le ministère du commerce. Ce n’est pas l’initiative de la Mairie de Cotonou. Or de telle disposition doit impliquer la Mairie de Cotonou. Il y a  ainsi des choses qui induisent une collaboration nécessaire  étroite et permanente entre le pouvoir central et nos collectivités territoriales décentralisées.

 

Est-ce le programme d’action que vous comptez défendre en 2011 ?

 

Pour l’heure, je m’emploie à multiplier les contacts, à faire de larges consultations pour amener toutes les personnalités, les forces qui avaient collaboré avec mon chef, le Président Kérékou, à prendre la mesure de la situation préoccupante qui prévaut dans le pays, parce que je considère que le devoir incombe à nous, anciens collaborateurs du président Kérékou, anciens ministres et collaborateurs à divers niveaux, nous qui avons collaboré avec ce grand homme, et qui,  à ses côtés, avons acquis une certaine expérience dans la manière de gérer le pays, dans la manière de gouverner le pays, dans la manière d’administrer le pays,  dans la manière de gérer les contradictions nationales, dans la manière d’‘organiser l’ouverture avec toutes les forces qui participent à la gestion du pouvoir dans l’intérêt supérieur de la nation, nous qui avons appris  à ses côtés comment on surmonte les tensions sociales, nous qui avons appris à ses côtés comment on organise le dialogue social, le dialogue national, comment on a pu réussir à opérer le changement pacifique, sans violence et sans heurt d’un régime de parti unique au multipartisme, nous avons acquis un capital d’expérience qui peut et doit servir la cause du peuple. Notre Chef a laissé un capital précieux de réalisations. Il y a très peu de choses dans le pays qui ne portent pas la signature du Président Kérékou. A l’exception du vieux pont de Cotonou et de celui de Porto-Novo, tous les autres ponts ont été construits par le Président Kérékou. Le Président Kérékou a réalisé des milliers de routes bitumées.

 

 L’autoroute Sèmè-Kraké, c’est son œuvre. Tant de routes bitumées et pavés on a faites dans tous les départements. Les statistiques existent. La propagande du régime actuel est  tellement  frénétique, il y a  tant de matraquage que cela induit une sorte d’amnésie involontaire dans la mémoire des Béninoises et des Béninois. La vérité aussi, c’est qu’il n’y a pas de comparaison entre ce qui se fait aujourd’hui et ce que le Président Soglo avait réalisé pendant son mandat. Au total, j’estime que nous autres qui sommes les élèves, les disciples et collaborateurs de Kérékou, n’avons pas le droit de continuer  d’assister, indifférents ou passifs au spectacle de gâchis et de sabordage de l’œuvre immense réalisée par notre chef. Nous devons intervenir dans le débat national, organiser nos forces autour du profil qui  paraît aux yeux de la majorité, le plus apte à assurer la relève et la continuité, et nous lancer dans la compétition,  animés de la seule et saine ambition de gérer le pays comme nous avons appris à le faire, dans l’intérêt supérieur de la Nation.

 

Je suis en train de faire des consultations dans ce sens. Des mouvements, et des initiatives s’organisent dans les différentes régions, dans les différents départements ; vous en avez eu des échos. D’autres actions sont en cours. Cela  participe d’une stratégie de concertation et d’ouverture. Dans cette entreprise, il faut une politique d’ouverture la plus large possible, qui doit inclure bon nombre de nos concitoyens qui sont aujourd’hui  dans la mouvance, et qui, désorientés et perplexes sont en quête légitime de nouveaux repères face à l’imminence de l’enjeu, et à l’inéluctabilité de l’alternance qui s’annonce. Nous sommes ouverts à toutes les forces. Ce qui va l’emporter demain, ce n’est pas l’esprit partisan, mais l’esprit patriotique. Et l’histoire de notre pays a montré que jamais un parti politique n’a réussi à accéder à la magistrature suprême seul. Les enseignements de l’histoire constituent la meilleure source d’inspiration et d’action, pour avancer avec assurance et confiance vers 2011 qui marquera, j’en suis convaincu, l’avènement d’un nouveau chapitre de l’ère du Renouveau démocratique, dans notre cher et beau pays, le Bénin.       

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Réalisation : Affissou Anonrin et Herbert Houngnibo

  
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