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mardi 25 août 2009, par dp 24 H
Crise politique nationale
 
Amos Elègbè sert-il vraiment Boni Yayi ?

 
En ce moment de crise politique sous le régime du Changement, la question se pose sur le rôle que joue le conseiller spécial aux affaires politiques du chef de l’Etat, Amos Elègbè. Il est en train de perdre sa crédibilité face à ses anciens compagnons de lutte. Il est même aujourd’hui décrié par ses nouveaux alliés.

Amos Elègbè est-il l’homme de tous les systèmes politiques ? Les observateurs avertis de la vie politique nationale répondent à cette interrogation par l’affirmative. Bon stratège politique, il a su trouver le moment qu’il fallait pour séduire le président de la République. Il venait régulièrement à la télévision nationale pour fustiger les opposants. En difficulté face à la classe politique de son pays, le chef de l’Etat le nomme conseiller spécial aux affaires politiques, pensant qu’il avait trouvé l’homme qu’il faut pour remédier à la crise politique. Depuis plusieurs mois que le natif du département des Collines est au poste, la situation s’empire, au point que l’on se demande s’il joue son rôle aux côtés du chef de l’Etat. Actuellement, les positions se radicalisent contre le régime du Changement. Les partis politiques, les centrales syndicales, la Société civile et le peuple se liguent contre le président Boni Yayi et ses partisans. La violation de la Constitution, le non-respect des règles élémentaires de l’administration et les actes anti-démocratiques se multiplient, alors qu’il y a un conseiller aux affaires politiques à la présidence de la République. M. Elègbè n’a pas su mettre son expérience au service du Changement. Dès lors, deux questions se posent. Est-ce le chef de l’Etat qui n’écoute pas le doyen Elègbè ? Il est possible que ce soit le président de la République qui bafoue son conseiller. Selon les personnes très proches du pouvoir en place, le président Boni Yayi accorde plus d’importance à ceux qui chantent ses louanges. Dans ces conditions, Amos Elègbè risque de ne pas être écouté. Un autre schéma peut mettre en doute la capacité dudit conseiller, c’est-à-dire qu’il donne de mauvais conseils au chef de l’Etat pour se faire plaire. A ce niveau, la probabilité est forte pour que cette dernière hypothèse soit vraie. Il est courtisan de renom. Ainsi, dire ce qui plaît au prince serait le bon chemin pour sauvegarder ses propres intérêts. Pour preuve, il défend souvent l’indéfendable, pensant que les Béninois sont dupes.

 

 L’essentiel pour lui est qu’il soit dans le système. En conséquence, le Changement est décrié par tous.

 

Critiques

 

Dans un entretien accordé à un journal de la place, l’ancien ministre de la Défense, Pierre Osho, n’a pas fait de cadeau à Amos Elègbè. Ce dernier a été traité de transhumant. M. Osho a été plus loin en disant que le conseiller aux affaires politiques du président Boni Yayi est un homme sans conviction. Pour mémoire des Béninois, il faut noter que M. Elègbè est un ancien révolutionnaire. Il faisait partie des caciques du marxisme léniniste. Après le départ du président Mathieu Kérékou, il a changé rapidement sa veste. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé dans le système Soglo de 1991 à 1996. Bon transhumant, il a rejoint le général Kérékou, revenu au pouvoir en 1996. Le natif des Collines a été ministre de la Culture. Aux élections de 2006, il a soutenu le candidat du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), Kolawolé Idji, contre Boni Yayi. « Il n’y a pas de générations spontanées en politique », disait-il pendant la campagne électorale contre celui qu’il sert aujourd’hui. A l’ère du Changement, il a viré du côté du pouvoir. Il s’aperçoit clairement qu’Amos Elègbè court à l’abri à l’avènement de tout régime. C’est au chef de l’Etat de tirer les conclusions qui s’imposent.

Wilfrid Babatoundé

Tag(s) : #Les TCHABE : le dynamisme
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