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Le Change-menteur Yayi Boni n’a plus de solution, chers enseignants…

 

 

Rédigé le 26 août 2009

 

Par Arimi CHOUBADE

 

 

Faire la rentrée 2009 ou ne pas la faire ? Les enseignants ne devraient logiquement pas s’éterniser sur le sujet. Pour la première fois, le jeu traditionnel des conditionnalités d’avant-rentrée est vidé de sa substance. Pas parce que les doléances ont fondu comme neige au soleil ou que le gouvernement et les enseignants file le parfait amour. Au contraire, le divorce n’a jamais été aussi profond dans un contexte de pourrissement avancé du front social. Au point où en est le régime à la veille de la rentrée 2009, il vaut mieux circonscrire les palabres et passer directement aux résolutions. Avec une douane à la peine, le commerce au ralenti, les scandales à répétition, personne au Bénin ne peut rien pour les enseignants. Autant leur demander de décider s’ils sont prêts à enseigner les enfants les poches vides ou à faire l’impasse sur toute l’année scolaire 2009-2010.

 

Un tour d’horizon de l’ordre de priorités du docteur-président, à 18 mois de la présidentielle de 2011, laisse transparaître un intérêt très très lointain à l’école. Le protocole présidentiel a eu toutes peines du monde à aménager un pique-nique de circonstance avec quelques enseignants au palais des congrès. Une tournée nationale présidentielle pré électoraliste au cours de laquelle le chef de l’Etat a serré des mains de douaniers, de gendarmes, de policiers, d’infirmiers, de dockers, ne pouvait zapper sur les enseignants. L’absence de poses-photos en compagnie des enseignants sur des calendriers et autres gadgets à l’effigie du Changement à confectionner et à distribuer dans tous les hameaux pourrait être considérée comme un manquement grave.

 

Le carnet des priorités du palais de la Marina affiche achat de matériels militaires, réfection d’avion présidentiel, achat de machines agricoles et de locomotives. Tant qu’il s’agit d’exécution de marchés publics avec des possibilités de surfacturations, de bakchichs, de dessous de table, de gré à gré, l’argent sort en urgence. L’administration « cauris » ne se souvient de l’orthodoxie, de la norme et de la réglementation que lorsque des revendications salariales sont sur le tapis. Les agents dits communautaires qui officient dans de nombreuses écoles du pays continuent de subir leurs conditions esclavagistes faute d’être reversés dans la fonction publique comme promis par le gouvernement depuis des lustres. On ne donne par cher de ses genres de promesses pour un régime du Changement qui a été capable de revenir sur des droits acquis en rapportant des décrets accordant des avantages à des travailleurs. Impossible même d’imaginer une reprise des classes en attendant le règlement hypothétique d’arriérés dans un avenir plus ou moins proche. À voir l’état de décrépitude actuelle de la gouvernance publique, l’après 2011 promet d’être très compliqué avec ou sans le docteur-président aux commandes.

 

Les syndicats d’enseignants feraient donc mieux d’écourter la psychose des usagers des écoles en divulguant le plus tôt que possible leur état d’âme. Puisqu’ils savent et comprennent que leurs gesticulations ne serviraient qu’à faire constater qu’ils n’ont pas été satisfaits, pourquoi ne pas tirer toutes les conséquences maintenant ? Yayi les aime peut-être bien mais il aimerait encore plus se maintenir au pouvoir au-delà de 2011. Entre les meetings, les marches, les actions de propagande et les virées électoralistes d’une part et le reclassement d’enseignants mal payés d’autre part, on sait vers où penche la balance à la Marina. A preuve, le statut quo des négociations sociales n’empêche pas l’hélicoptère présidentiel de pavaner et de poursuivre son périple onéreux sur le dos du contribuable. L’insouciance des ministres de plus en plus portés vers les mondanités et la jouissance n’arrange rien à cette atmosphère de fin de règne chaotique.

Une seule alternative messieurs les enseignants, le sacrifice…

 



 

Tag(s) : #EDITORIAL
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