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A l’appel du génie béninois

  

 

 

Date: Lundi 28 février 2011 


 

Décisive semaine que celle qui commence. Elle devrait faire entendre une voix entre toutes, la voix du chef de l’Etat, la voix de Boni Yayi. C’est, en effet, au Président qu’il revient de faire baisser la fièvre préélectorale. A lui le privilège et l’avantage de faire tomber sur la terre de notre pays assoiffée de paix une pluie bienfaisante d’espérance.

Le philosophe et écrivain français Albert Camus a écrit (Citation) : « La grandeur de l’homme est dans sa     décision d’être plus fort que sa condition » (Fin de citation).



Et la grandeur de Boni Yayi, c’est moins de verser son sang pour nos étudiants, tel qu’il l’a insinué, il y a quelques années, que d’entrer vivant dans l’histoire, après qu’il aura décidé, du haut de ses prérogatives présidentielles, d’arrêter la dérive vers laquelle coure notre pays.
Car à l’allure où vont les choses, à la veille du scrutin présidentiel qui focalise notre attention à tous, ce sont de bien funestes lendemains que nous nous préparons. Avec une Liste électorale permanente informatisée (Lépi) qui bégaye au point d’être inaudible, donc incompréhensible. Cette Lépi, dans les limites de ses insuffisances et de ses lacunes actuelles, doit être tenue pour la Lépi de tous les dangers.
C’est dire que nous jouons gros sur les plateaux de  notre présent et de notre avenir. A ce tournant décisif de notre histoire, la lecture que fera le Président Boni Yayi de cette Lépi et la décision qui la sanctionnera, nous placerait devant une alternative cruciale : sauver le pays ou le  précipiter dans les profondeurs de la déchéance.  Le choix du chaos nous renverrait à Jean-Paul Sartre qui écrivait à juste raison  (Citation) : « La violence n’est pas un moyen parmi d’autres d’atteindre la fin, mais le choix délibéré d’atteindre la fin par n’importe quel moyen ». (Fin de citation)
Mathieu Kérékou, en février 1990, à la conférence des forces vives de la nation, a eu la sagesse d’effacer de sa vue le calice de sang que lui tendaient les va-t-en guerre de sa suite. Ce fut un geste hautement méritoire. Il fit lever sur son pays le soleil du renouveau démocratique. Le peuple ne l’a jamais oublié. Il lui en sut gré et le gratifia d’un come-back aussi étonnant que surprenant.
Le Président Boni Yayi se trouve, aujourd’hui, sur le même promontoire de responsabilité. Il doit prendre une décision dont nous mesurons toute la gravité. Une décision qu’il doit assumer seul. Sans ses conseillers. Loin de ses collaborateurs. Parce qu’il est des pages d’histoire sur lesquelles l’on ne pose son paraphe qu’à la première personne du singulier. Et l’encre pour ce faire sert soit à exalter l’éclat des grandeurs, soit à s’enterrer sous les décombres de l’ignominie.


De manière concrète et précise, que doit dire et que doit faire le Président ?


1-    Le Président doit  écouter ce que dit notre peuple. Celui-ci ne comprend pas et ne comprendra jamais que certains de ses membres, du fait d’une Lépi qui est à parfaire, soient victimes d’un déni de citoyenneté.  Qu’ont-ils fait ces milliers de Béninois pour mériter d’être exclus de la communauté nationale ? De quel crime les soupçonne-t-on pour qu’ils soient  privés de l’un de leurs droits majeurs, le droit de vote ?


2-    Le Président doit s’engager à faire corriger ce qui mérite d’être corrigé. C’est une question de justice. Par rapport à quoi, les délais constitutionnels invoqués ne sont que de pâles et de bien fallacieux arguments. Le Président connaît la noblesse de la fonction présidentielle. Il ne devrait accepter le moindre  décalage entre l’éminence de cette fonction et les conditions  pour y accéder. Celui que le suffrage populaire hisse au faîte de la pyramide de l’Etat devrait pouvoir se mirer sans réserve dans son miroir.


3- Le Président doit appeler à une pause dans le processus en cours. L’heure est à la mobilisation et à la mutualisation de nos intelligences. Et nous inventerons l’avenir, si nous savons être ensemble, en donnant  sa pleine expression  au génie béninois en faveur de la paix. La paix que l’on dit être l’autre nom du développement.

Jérôme Carlos
La chronique du jour du 27 février 2011

 



 
Tag(s) : #EDITORIAL

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