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25 juillet 2010

  

Libre Opinion

 

  

Appel pour un nouveau mode de gouvernance au Bénin

 

Par Prince Tonassé

 

A la veille de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Bénin, il me plait de partager avec mes compatriotes, ce qui reste et demeure mon intime conviction sur l’étape ou nous sommes dans la longue marche de notre pays vers le progrès et le mieux être pour nous tous.

 

En 50 ans de souveraineté, le Bénin a connu beaucoup de péripéties dans sa quête d’un développement économique et social qui profite véritablement au peuple, le mettant définitivement à l’abri de la misère et du dénuement. Je ne referai pas l’histoire en revenant sur les différents changements politiques majeurs depuis 1960. Tous les différents régimes politiques qui se sont succédé ont leur part de responsabilité dans le retard, voire l’échec que connait le véritable décollage de notre pays. Mais aussi, ils ont su assurer vaille que vaille, le fonctionnement de l’Etat avec des fortunes diverses, le leadership de qualité ayant toujours fait défaut à quelques rares exceptions près.

 

Si à partir de 1990, le Renouveau démocratique dont l’historique conférence a servi de socle de légitimité, a jeté les bases d’une société démocratique fondée sur le respect des droits humains et les libertés individuelles, tout le monde conviendra que depuis 2006, de sérieuses menaces pèsent sur l’édifice démocratique mis en chantier avec d’énormes sacrifices faits de longs mois sans salaires, de privations de libertés, de victimes innocentes et la liste est longue.

 

Le pardon à la conférence nationale pour repartir sur de nouvelles bases ne doit jamais être assimilé à l’oubli. A moins de vouloir à nouveau «vaincre la fatalité», le peuple béninois doit se ressaisir tout de suite, se regarder et regarder ses leaders politiques de toutes tendances et de toutes sensibilités en face. Le peuple doit surtout poser les questions suivantes à ceux qui le dirigent aujourd’hui ainsi qu’à la classe politique qui aspire à exercer le pouvoir: Ou vous amenez-nous ? Quel sort préparez-vous pour nos enfants? Est-ce un avenir de corruption ? Un avenir de fuite en avant ? Un avenir de déliquescence morale ? Le peuple a le droit d’obtenir des réponses claires et précises à ces interrogations.

 

Autrement, parler de «refondation» dans une vacuité intellectuelle déconcertante est une preuve supplémentaire de perte de boussole et de repères par rapport aux valeurs qui doivent fonder une nation, valeur dont la responsabilité, l’honnêteté et la sincérité doivent figurer en bonne place.

 

Que nous arrive t-il ? qu’arrive t-il à notre pays ?

 

Je répugne à citer les nombreux scandales qui jalonnent la gouvernance de notre pays depuis plus de quatre ans maintenant. Je refuse de m’interroger sur les raisons, car il ne saurait en avoir plusieurs. Un Etat est un Etat et un Chef d’Etat est un Chef d’Etat doté de tous les moyens (politiques, financier, humain, matériel, communicationnel, sécuritaire, défense, etc) pour agir au nom du peuple et pour le peuple. Haro donc sur les manipulations grossières actuellement en cours pour cacher la vérité en donnant l’impression de s’occuper et de préoccuper des problèmes que nos dirigeants n’ont pu prévenir et tout ceci au mépris total de la Constitution qui consacre clairement la séparation des pouvoirs. Nul n’est dupe pour croire à ces gesticulations, tellement l’échec est cuisant dans la gouvernance de notre pays.

Tout le monde suit comme dans un direct à la télévision ou comme dans une vitrine, la tragi-comédie de mauvais alois, organisée au sommet de l’Etat et dont les épisodes sont loin de prendre fin. Comme dans une pièce de théâtre mal orchestrée, on assiste à des mises en scène parfois insipides à la limite révoltantes surtout quand les textes fondamentaux de la République sont piétinés pour les besoins du «show». Et les dirigeants nous laissent l’impression de se complaire dans l’océan de scandales, tel des organes dans un corps vivant.

 

A quelques jours du 1er Aout 2010, une chose est certaine pour moi. Nous avons le devoir de penser et de souhaiter en chœur: «ces choses ne resteront jamais impunies». C’est pourquoi vingt ans après l’entrée en vigueur de notre Constitution, il est important de réfléchir sur des parades en vue de mieux protéger le peuple contre ces aventures qui lui font perdre le temps, ses maigres ressources qui partent en fumée dans des poches corrompues et qui compromettent son avenir. Il est important qu’il soit pensé à des dispositions plus exigeantes visant à défier le Président de la République sur des faits graves qui portent atteinte à la sécurité économique du pays et à l’image de la patrie. Sous prétexte d’un mandat de cinq (5) ans on ne saurait laisser se jouer des drames auxquels on assiste (mort gratuite dans les hôpitaux pour fait de grève, appauvrissement continu des populations flouées, irresponsabilité notoire et caractérisée des dirigeants, etc) sans appliquer des mécanismes institutionnels consensuels qui y mettent un terme.

La lettre ouverte récemment adressée au Chef de l’Etat par plusieurs promotions de jeunes appelés du fameux «service militaire d’intérêt national» est une autre illustration de la mauvaise gouvernance dans laquelle le peuple est conduit depuis plusieurs années.

 

Il n’y a qu’en Afrique surtout qu’on continue de jouer avec le destin des peuples. Avec toutes les ressources humaines de qualité dont il regorge, le Bénin a suffisamment de moyens pour arrêter la dérive. Réfléchissons pour trouver la parade, à savoir s’organiser pour empêcher tout Président de la republique, d’abuser impunément du peuple et de ses deniers. Pionnier de la conférence nationale en Afrique et donc de la vague de démocratisations, notre pays vient de donner sur le continent, la meilleure preuve de l’intelligence politique de ses fils. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, «l’Union fait la Nation» en est une et est en passe de faire date et tâche d’huile dans l’histoire politique de notre continent.

 

Halte donc à la gabegie financière !

 

Halte à la prédation !

 

Halte à l’irresponsabilité !

 

Halte aux faits du Princequi mettent le peuple à genoux !

 

Vive la Démocratie !

 

Vive le Bénin !

 

Bonne fête à tous dans la méditation sur notre avenir commun !

 

 

Prince Tonassé

 



 
Tag(s) : #Contribution de la Diaspora

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