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30.000 f Cfa pour solde du chômage de vos enfants…

 

Rédigé le 26 avril 2010

 

Le gouvernement le plus social au Bénin distribuant à tour de bras la magique somme de 30.000 f Cfa et des primes de bonifications aux fonctionnaires. Ces femmes dites les plus pauvres pensaient à leur bonne étoile jusqu’au moment où elles se rendent compte que plus personne ne parvient à décrocher la moindre embauche autour d’elles depuis avril 2006. Ni les maris ni les progénitures. Au contraire, plusieurs de ces femmes candidates aux micro-crédits gouvernementaux en sont arrivées à cette extrémité parce que victimes collatérales des centaines de jeunes chassés de l’escorte des véhicules d’occasion pour cause du retour de l’activité à la douane soi-disant. En clair, les mecs ont cédé leur statut de salarié au profit de la posture dégradante de leurs épouses bénéficiaires de minuscules crédits de 30.000 f Cfa avec toutes les contraintes afférentes : allégeance au docteur-président, promesse de voter Changement en 2011, figuration lors des marches, des meetings et des séances de prières à la gloire du régime, consentement tacite à la fraude sur la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), à la merci enfin des intermédiaires et autres rabatteurs d’électrices en vue du rempilage.

 

Dans tout pays acquis à l’économie de marché, le social passe obligatoirement par l’emploi avant même le panier de la ménagère. Un domaine sur lequel Yayi s’est rarement mis en exergue. On l’a vu se démener autour d’accord de prêt, de projet de collectif budgétaire, de projet de budget, de Lépi – des combats législatifs aux relents sonnants et trébuchants – mais presque jamais au sujet d’une loi sur l’emploi. La propagande s’est trouvée son alibi en béton à travers les processus de reversement de contractuels dans la fonction publique ainsi que des concours dans cette même fonction publique. Or on sait bien que l’administration publique béninoise ne produit pas de richesse. Son caractère exclusivement fiscal le contraint à vivre aux dépends des quelques rares qui osent entreprendre. Le régime des banquiers savait qu’il n’y avait aucun salut pour l’économie béninoise par le fonctionnariat public. Très étonnant que la fine fleur du capitalisme, du profit et de la libre entreprise se rabatte sur des pratiques de bolchevistes avec l’Etat en entreprise après une transition directe de la banque à la magistrature suprême.

 

Voyez ce que fait le banquier à son arrivée au pouvoir. Dans un dessein de liquidation de la bourgeoisie locale. Quelques mois après le quartier général pris à la Marina , l’entreprenariat privé se prend en pleine gueule une impitoyable vindicte populaire déclenchée par le gouvernement lui-même. A coups de communiqués, de débats, de tournées ministérielles voire présidentielles, des noms de sociétés et d’opérateurs économiques sont jetés en pâture dans les médias pour raison de dettes fiscales. Indignité suprême pour tout débiteur de l’Etat pendant que ce même Etat traîne des arriérés de dettes intérieures évaluées à des milliards de francs. Les nouveaux chasseurs de sorciers ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Tour à tour, les plus grosses fortunes : Rodriguez, Salé, Fagbohoun, Adjavon, Agoua, Adjovi, Lawal, Tchanvoédo, Talon etc… ont connu persécution, invective, dénigrement, menace voire emprisonnement. Tous des voleurs de la République. Les parrains de l’argent sale comme se plait à justifier la propagande. La grande Amérique puritaine et libérale jusqu’à l’âme a puisé dans son trésor public pour soutenir les grandes entreprises privées en faillite, toujours pour sauver des emplois. En contre partie du déclin de tout ce beau monde, le docteur-président sort les micro-crédits aux plus pauvres, 30.000 f Cfa à chaque bénéficiaire. Vraiment magique, non ?

Prêt de consolation pour femmes et mères de chômeurs…

 

arimi choubadé



Tag(s) : #EDITORIAL
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