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11 juin 2010


BENIN: 50 députés refusent l’appui à la microfinance


 

Au cours de la plénière de ce jeudi 10 juin 2010 au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, une majorité de 50 élus du peuple s’est dégagée pour rejeter deux nouvelles demandes d’accords de prêts du gouvernement pour l’appui à la microfinance en République du Bénin. L’initiative n’est pas dirigée contre la ministre de tutelle Réckya Madougou dont les mérites ont été reconnus par les députés.

 

Et de deux. Les députés de l’opposition poursuivent leur mot d’ordre de rejet, de demande d’autorisation d’accords de prêts. Ainsi, quelques semaines après avoir refusé au gouvernement Yayi Boni de profiter de crédits, les mêmes députés qui ont eu hier du renfort avec 50 voix pour le premier et 49 pour le second rejettent le dossier relatif à l’accord de prêt entre le Bénin et la Banque islamique de développement (Bid) et celui avec la Banque de développement économique en Afrique (Badea) pour l’appui à la microfinance. C’est en tout plus de onze milliards de Fcfa que l’opposition refuse de donner au gouvernement. Pourtant, les députés, toutes tendances confondues, ont manifesté un intérêt particulier pour les deux dossiers. Du côté de l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ et alliés, on a félicité le ministre Réckyath Madougou et son équipe pour le travail qui se fait en vue de sortir les couches vulnérables de la grande pauvreté. C’est la présidente de la Renaissance du Bénin Mme Rosine Vieyra Soglo qui a commencé et ne trouve rien à reprocher de fondamental à la plus jeune ministre du gouvernement de Yayi Boni. Elle a été soutenue dans sa démarche par tous ses autres collègues dont l’honorable Yacoubou Malêhossou. Unanimement, ils ont exprimée leur volonté d’encourager les micro crédits.

Puisqu’ils ont constaté les efforts faits par l’équipe de Réckyath Madougou pour corriger les erreurs et autres dysfonctionnements observés au début de l’application du programme. Cependant, les députés ont rejeté les deux dossiers. Par ailleurs, les membres de la commission de l’Economie et des finances de l’Assemblée nationale n’apprécient pas les dispositions prises pour assurer un renforcement effectif des capacités du Fond national de la microfinance et des institutions alliées. Et à la suite de ses préoccupations, ils pensent à la nécessité d’un état de veille pour une gestion rigoureuse du programme. Dans leurs explications de vote, les députés de l’opposition fustigent le filtrage dans la sélection des femmes bénéficiaires des 30 000 f cfa de crédit. Selon eux, ce sont seulement les femmes qui s’engagent pour la cause du président Yayi Boni qui ont droit à ces crédits considérés comme des faveurs que le pouvoir accorde aux citoyens. En face, leurs collègues de la mouvance estiment que le rejet des deux demandes d’autorisation d’accords de prêt est un crime contre les populations. Mais au-delà des dernières préoccupations, les représentants du gouvernement présents hier dans l’hémicycle s’engagent à tenir compte des critiques de l’opposition. Et après ces remarques, on croyait que le dossier allait passer comme une lettre à la poste. Erreur. Les deux dossiers ont été rejetés en bloc. Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, on affirme que le groupe de Rosine Vieyra Soglo est toujours dans sa logique. La présidente de la Renaissance du Bénin ne l’a d’ailleurs pas caché à ses vis-à-vis. Au cours du débat général, elle confirme qu’elle est dans un groupe qui a fait des options et veut aller jusqu’au bout. En clair, le rejet des deux dossiers est politique. On se demande ce qui se passera ce jour lors de l’examen du dossier d’accord de prêt de quatre milliards signé entre la mairie de Porto-Novo et la Banque ouest africaine de développement (Boad) en vue du financement des travaux de pavage et d’assainissement dans la Capitale. De tous les points de vue, l’Union fait la nation pourrait laisser passer ce dossier. Même si elle sait que les dépenses seront effectuées dans le cadre du prêt par le gouvernement au profit de la ville de Porto-Novo. La situation constitue également un piège pour le gouvernement qui pourrait être tenté de ne pas promulguer la loi du simple fait que les dossiers qui arrangent l’Exécutif resteront bloqués pour des mois encore. De toutes les façons, c’est grâce à sa majorité qui se renforce au fur et à mesure qu’on s’approche de 2011 que l’opposition marque son hégémonie au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo.

 

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)



Tag(s) : #Politique Béninoise