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09 août 2010 

Icc fait parler tout le monde…même l’Ige

Le Koussey médiatique ; un véritable homme de plateau, de micro et de caméra se révèle au grand jour à ses compatriotes, enchainant conférence de presse et prestation télévisée, grâce à Icc-Services. Selon l’Inspecteur général de l’Etat, la République a toujours été pourrie quel que soit le mandat, à l’exception notable de celui de Nicéphore Soglo. Il fallait justifier pourquoi le conseil des ministres du 03 août avait parlé de l’escroquerie des faux placements comme d’un épiphénomène ; parce qu’il y avait eu d’autres scandales avant : Titan, Sbee, Sonapra etc... Oui ! Le parcours du régime Yayi est parsemé de dépravations mais il n’en porte pas l’exclusivité. D’accord pour que le docteur-président aille devant les juges de la Haute cour de justice – son conseiller juridique lui promet d’ailleurs de reprendre sa toge d’avocat pour le défendre – mais il ne peut porter la croix tout seul. Jésus a bien été pendu mais en compagnie d’autres rebelles à l’ordre préétabli.

Ça n’arrête finalement pas de parler du côté de la mouvance autour de l’affaire Icc. Pendant ce temps, tout ce qui ne respire pas Yayi est empêché d’en faire cas. Houngbédji a échappé coup sur coup à une arrestation puis à un guet-apens à Zogbodomey, le conseil des ministres ne se lasse plus de renouveler les mises en garde aux journalistes, les victimes sont sommées de la boucler ferme, Rfi a vu ses installations piratées par de puissants inconnus. Par contre, les émergents, eux, lâchés aux quatre coins du pays, pouvaient dire toute chose et son contraire sur la même affaire, tous investis de la mission de faire admettre le nouveau credo : « tout le monde est coupable ». D’abord, les déposants dont la gloutonnerie a induit les escrocs en erreur, puis les opposants pour n’avoir pas donné l’alerte et bien après l’Etat (et non le gouvernement). Nuance qui vaut son pesant en or. Le ministre d’Etat Pascal Irénée Koukpaki va y ajouter une invention toute particulière, la responsabilité dite familiale ; le mal ne serait pas arrivé si des parents avaient joué leur rôle dissuasif vis-à-vis de leurs proches.

  

Mais c’est la parole de Halidou Koussey en pleine hystérie collective sur Icc qui détonne le plus. Dans le rôle de l’embrouilleur de piste qui envoie les esprits tantôt valser sur un domaine volé à l’Etat à Washington, tantôt dans les dédales d’un contrat entre l’Opt et l’entreprise américaine Titan, tantôt à la Sonacop, tantôt à la Sbee. Avec un besoin exceptionnel de communication. L’Inspecteur général très friand de détail et de transparence se garde néanmoins de révéler son budget de communication et ses émoluments personnels. Mais il n’y a pas que cela de curieux chez ce commis de l’Etat qui s’affale sur un plateau de télévision pour palabrer sur des rapports dont la primeur devrait être réservée à son commanditaire. A charge pour ce dernier d’en faire l’usage qui convient à ses aspirations. En dehors de cela, l’Ige ne dispose d’aucune légitimité populaire qui lui commande de s’expliquer au public sur un travail pour lequel il est payé. Une attitude assimilable à une immixtion intempestive sur le terrain de la spéculation et de la politique.

 

L’opération a tout l’air d’une anticipation malsaine sur le volet judiciaire à venir. La divulgation par avance des conclusions préalables concoure à forger une certaine opinion. Or, le rapport de l’Ige n’est qu’un document administratif qui ne lie pas la conviction du juge. L’expertise de l’Ige obéit à une démarche unilatérale susceptible d’être contredite par une contre-expertise à la demande des mis en cause. Koussey parle des dossiers comme si les coupables sont déjà connus et identifiés par un tribunal statuant contradictoirement. La pénurie de porteurs de voix crédibles au sein de la mouvance ouvre la porte à toutes sortes d’excentricités communicationnelles. Même les gardiens du couvent sont dans la rue.

 

Au pays du vaudou, c’est très préoccupant !!!

 

arimi choubadé



 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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