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29/09/2013

 


BENIN : A l’initiative du Groupe de Réflexion « DE LA REPUBLIQUE », le Président ABT a rencontré les avocats et juristes de la diaspora béninoise en Europe


 

Par Benoît ILLASSA

 


Certains le disaient distant, d’autres le trouvent très peu présents sur la scène nationale, d’autres disent encore ne pas connaître son plan stratégique pour conquérir le pouvoir et l’exercer au bénéfice du mieux-être de ses concitoyens. Il faut dire que le Président Abdoulaye Bio TCHANE a exercé le pouvoir d’Etat au Bénin il y a longtemps. On ne peut donc le taxer, de près ou de loin, de connivence avec les dirigeants actuels du pays. De surcroît, beaucoup de ses proches et amis politiques d’hier ont pris le large pour aller s’abreuver dans la rivière riche en poissons enivrés et corrompus du roi Boni 1er.


C’est dans ces conditions que nous avions rencontré le Président ABT hier dans la luxueuse salle des conférences du Cabinet d’Avocats BWD sis au 24, rue de Penthièvre, 75008 PARIS. Le maître des cérémonies, Me Rufino d’ALMEIDA, a vu les choses en grand pour l’illustre invité. La très haute qualité  intellectuelle des participants a contribué à un débat très instructif et au Président ABT, désormais candidat aux présidentielles de 2016, de lever un coin de voile sur un pan de sa politique de société.


 

VOLET JURIQUE ET INSTITUTIONNEL


 

Le Président ABT dira d’entrée de jeu qu’il est contre la révision de notre loi fondamentale telle que projetée par les gouvernants actuels. A ce sujet, il fera observer que toute réforme a vocation à améliorer les conditions de vie des citoyens. Si ces mêmes concitoyens ne veulent pas d’une réforme, parce qu’ils estiment qu’elle n’est pas consensuelle, alors pourquoi s’entêter ? Selon lui, la bonne gouvernance suppose que l’on prenne en compte les désirs des populations. Faire autrement serait un non-sens.


Il promet de nommer un Premier ministre pour coordonner les actions gouvernementales s’il était élu Président de la République en 2016. Pour expliquer sa décision, il fera observer que tous les pays qui entourent le Bénin ont un Premier ministre. Ceux qui n’en n’ont pas un, comme le Nigéria, ont un Vice-Président. Il dira enfin que cela permettra d’alléger les charges du Président qui n’aura plus à décider de tout, tout seul dans son coin. L’assistance  attire son attention sur le fait qu’il s’agit une décision majeure non prévue par notre Constitution. Elle l’invite , par conséquent, à procéder à une réforme constitutionnelle pour créer cette Institution qu’est le Premier ministre, sous réserves d’une instabilité politique comme celle observée sous la IV République française et celle observée actuellement en Italie. Le Président ABT a pris les remarques en considération. Il en a conclu que pour l’instauration d’un poste de Premier ministre, il fera voter une loi contre la transhumance politique dans notre pays.

Il regrette la propension des dirigeants actuels à encourager le régionalisme dont il est farouchement contre. Selon lui, cette gangrène empêche le Bénin de devenir un Etat-Nation. Prenant exemple sur son propre parcours, il dira avoir fait ses études à Covè (Région d’Agonlin) et à Porto-Novo. De surcroît, il s’exprime dans plusieurs langues nationales de notre pays.

S’il était élu, le Président ABT promet de proroger la durée de validité  de notre passeport de trois à cinq ans. En effet, il ne comprend toujours pas pour quelles raisons on continue de maintenir la durée de validité à trois ans. Pour des raisons de sécurité ou des raisons financières ? Selon lui, ce ne peut être pour des raisons sécuritaires depuis la généralisation des passeports biométriques. Ce ne peut donc être que pour des raisons financières. Mais cela pénalise les étudiants béninois de par le monde dont la validité du passeport est un préalable pour l’obtention de la carte de séjour.


Concernant l’établissement des avocats de la diaspora dans leur pays d’origine qu’est le Bénin, il ne comprend pas la résistance de leurs confrères béninois. Il promet d’y mettre fin après consultation de toutes les parties. Allant plus loin, ABT dira qu’il a en projet la création des clercs de notaire dans toutes les études notariales et des assistants dans les cabinets d’avocats. Pour sécuriser l’argent des clients, il fera créer, à l’image de la France, l’équivalent de la CARPA pour les avocats et obligation sera faite aux notaires de déposer les fonds sur un compte ouvert au Trésor Public.


Enfin, il invite tous les béninois de la diaspora à faire pression sur le gouvernement actuel pour faire aboutir leurs doléances.


 

VOLET ECONOMIQUE ET SOCIAL


 

Le Président ABT dira que la création d’une Cour des comptes au Bénin est un écran de fumée car, selon lui, personne au Bénin ne veut réellement la reddition des comptes, ni le contrôle des comptes, à commencer par les gouvernants actuels. Il en veut, par exemple, le fait que le gouvernement béninois demande aux Institutions comme le FMI de ne publier que seuls les chiffres officiels communiqués par celui-ci. Ce qui est antiéconomique et fausse les statistiques sur l’état de l’économie réelle de la nation.


Concernant le coton, il va reformer toute la filière qui aujourd’hui est délaissée par les paysans. Il affirme que le résultat de la dernière campagne s’est soldé par un échec cuisant et un appauvrissement sans précédent des paysans. Beaucoup de ceux-ci lui ont dit dernièrement, à Banikoara, qu’ils se sont retrouvés endettés après la dernière campagne cotonnière. Ils expliquent cette situation par le fait que les prix des intrants se sont envolés, l’Etat ayant eu du mal à s’en procurer.


Concernant l’énergie électrique, ABT dira que c’est une aberration de demander au Nigéria de secourir le Bénin. Il est de notoriété publique que le Nigéria peine à satisfaire sa demande intérieure en énergie. Et cette situation perdurera encore pendant quarante ans au moins.

Par conséquent, lui Président, il fera en sorte que le Bénin soit autonome en énergie et devienne vendeur d’énergie au Nigéria pour remplir les caisses du Trésor Public. Car dira-t-il, tant que le Bénin ne sera pas autonome en énergie,  aucune industrie lourde ne viendra s’y implanter. Et cela un handicap majeur pour l’emploi des jeunes. A ce sujet, ABT fera remarquer que, sur cent jeunes diplômés qui se retrouvent sur le marché du travail chaque année, 10 % sont recrutés par la fonction publique, 10 % par le secteur privé et les 80 % restants se retrouvent sur le carreau. Sans le système « D » (informel), cette situation conduirait à une implosion dans n’importe quel pays du globe.


Le Président ABT a encouragé la diaspora à s’impliquer d’avantage dans les affaires politiques de leur pays d’origine comme certains le font déjà. Il salue la contribution de la diaspora au budget national. Cet effort dira-t-il atteint le double de l’aide au développement en ce qui concerne le Bénin. Il racontera avoir été surpris de constater, au Nigéria voisin, que la majorité des cuisiniers des palaces de ce pays sont des béninois.


ABT fera de la décentralisation l’un des points forts de sa politique gouvernementale. Cela permettra un transfert des charges et une dotation budgétaire conséquente et favorisera la création des emplois et la satisfaction des besoins des populations à la base.

Pour ne pas faire des jaloux, le Président ABT a promis revenir en France et dans les autres pays européens pour rencontrer toutes les différentes compositions de la diaspora et recueillir leurs doléances.


La rencontre s’est terminée dans la fraternité autour des agapes, tard dans la nuit parisienne, où chacun des participants a eu le loisir de s’entretenir en aparté avec l’illustre homme du jour.

 

 

IB

 

 

Tag(s) : #Politique Béninoise