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Cotonou, le 3 août 2010

 

BENIN - Affaire mise hors tension des émetteurs de RFI: Communiqué conjoint UPMB – CNPA Bénin

 

Le dimanche 1er août 2010, de 7h35mn jusqu’aux environs de 12h, puis du 2 août de 23h45mn au mardi 3 août 2010 jusqu’aux environs de 14h30mn, les émetteurs de Radio France Internationale (RFI) au Bénin ont été mis hors tension, avec pour conséquence l’impossibilité pour les auditeurs béninois d’avoir accès à l’information libre provenant de cette radio.

 

Il est utile de rappeler que ce dimanche 1er août 2010, date de la commémoration de l’indépendance du Bénin, la radio RFI a largement relayé l’information relative au fait que certains députés du Parlement béninois envisagent d’enclencher la procédure de mise en accusation du Chef de l’Etat devant la Haute Cour de justice par rapport à l’affaire ICC Services. De plus, il avait été prévu que soit diffusé sur la même radio dans la matinée de ce mardi 3 août 2010 l’émission « Appels sur l’actualité » qui devrait ouvrir l’antenne aux auditeurs, toujours sur le même sujet, pour des commentaires.

 

Certes, les avis peuvent diverger quant à l’appréciation qu’on peut faire du traitement selon les normes professionnelles d’équilibre de ce sujet par RFI surtout en ce qui concerne les diffusions du dimanche 1er août 2010, équilibre survenu par la suite dans la foulée du traitement. En effet, le Bénin était en fête nationale ce jour-là et on peut discuter à propos de l’opportunité ou non de relayer une information sur l’éventualité de la mise en accusation du Chef de l’Etat en cette occasion. Encore que la spontanéité que requiert la diffusion de l’information ne saurait être remise en cause par une festivité quelconque.

 

Quant à l’émission « Appels sur l’actualité », elle a bien eu lieu ce mardi 3 août 2010 et y sont intervenus sept auditeurs dont deux Togolais et cinq Béninois, alors que les millions d’auditeurs Béninois en ont été privés. Pourtant, l’émission fut conduite avec professionnalisme et équilibre entre partisans et détracteurs du gouvernement béninois. En somme, le péril éventuel redouté par les auteurs de la mise hors tension des émetteurs de RFI n’existait pas.

 

Qui alors a décidé de priver les auditeurs Béninois d’information libre ?

 

La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la communication (HAAC) déclare n’en être pas l’auteur. Elle n’y est mêlée, ni de près ni de loin. Pourtant, c’est elle qui a la prérogative constitutionnelle exclusive en la matière.

 

Il nous revient que c’est le gouvernement, en violation des lois de la République qui en a pris l’initiative, sans s’en référer à la HAAC.

 

Les Associations professionnelles faîtières des médias du Bénin que sont l’UPMB et le CNPA Bénin fustigent cette dérive grave qui jette une fois encore le discrédit sur la jeune démocratie béninoise en construction. Les actes attentatoires à la liberté de presse se multiplient et n’augurent pas de lendemains sereins. Si le Général Mathieu Kérékou, un militaire, a rendu à la presse la liberté d’expression, même conquise de haute lutte et l’a surtout protégée et promue lors de ses deux derniers quinquennats, il est absurde de constater que c’est un gouvernement civil et d’intellectuels qui tente de réduire à néant cette avancée démocratique.

 

Apparemment, le gouvernement tente par tous les moyens d’empêcher la presse de faire librement son travail dans la gestion de cette affaire ICC Services et consorts. On s’en rappelle encore, il y a quelques semaines, le gouvernement avait mis en garde la presse sur le même sujet, mais en vain.

L’UPMB et le CNPA Bénin protestent vigoureusement contre cette pratique digne de temps anciens et exigent qu’il n’en soit plus jamais ainsi. En tout état de cause, les acteurs des médias du Bénin restent mobilisés pour défendre les acquis de la conférence nationale, surtout la liberté de la presse.

 

L’UPMB et le CNPA Bénin, tout en exhortant les acteurs des médias à davantage de professionnalisme dans le traitement de l’information, en appellent à la vigilance de tous (médias, société civile, défenseurs des libertés, etc.) afin que le Bénin demeure un havre de paix, une démocratie qui sera le terreau du développement.

 

Non au bâillonnement de la presse !

 

Plus jamais ça !

 

Fait à Cotonou le 3 août 2010

 

Pour le CNPA Bénin:

Malik GOMINA

 

Pour l’UPMB:

Brice HOUSSOU



 
 

 

Tag(s) : #Politique Béninoise

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