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BENIN - Affaire Talon: Riposte de l’ambassadeur du Bénin aux USA

  

 

Publié le jeudi 16 mai 2013

 

Écrit par La Rédaction

 

L'ambassadeur du Bénin aux Etats-Unis a riposté à Patrice Talon, l’homme d’affaires béninois accusé par les autorités de Cotonou d’être le commanditaire d’une tentative d’empoisonnement visant le président Yayi Boni, et qui a embauché l’agence Arent Fox pour dénoncer aux Etats-Unis "les dérives" de la justice béninoise.

 

Dans un communiqué de presse, l’ambassadeur Cyrille Oguin écrit que l’homme d’affaires Patrice Talon a engagé le bureau d’Arent Fox à Washington pour ternir l’image du pays et de son président, Thomas Boni Yayi.

 

Ce communiqué de presse a été rendu public moins d’un mois après qu’Arent Fox eut déposé un avis d’activité de lobbying auprès du Congrès américain, pour promouvoir «le respect de l'Etat de droit au Bénin», au nom de Patrice Talon, qui vit à Paris depuis que les autorités béninoises l’ont accusé, ainsi que trois autres personnes, d'avoir planifié l'empoisonnement du président.

 

Cyrille Oguin a invité à la retenue, faisant remarquer qu’il s’agissait d’une affaire judiciaire en cours.

 

La justice française doit livrer fin mai une décision au sujet de l’opportunité de donner suite à la demande d’extradition de Patrice Talon, formulée par les autorités béninoises.

 

"Par conséquent, toute activité parallèle destinée à nuire à la crédibilité de la justice et du Bénin porterait gravement atteinte à la procédure en cours et est considérée comme nulle et non avenue", écrit l’ambassadeur, avant d’ajouter: "Le Gouvernement de la République du Bénin invite tous ses partenaires à faire entièrement confiance à la justice béninoise dans l’organisation d‘un un procès équitable."

 

L'ancien sénateur Robert Bennett (Républicain de l‘Utah), conseiller politique principal à Arent Fox, et son partenaire de cabinet Gerard Leval, ainsi que le conseiller Brett Kappel, assurent la gestion du dossier de lobbying de Patrice Talon.

 

Le mois dernier, Bennett avait déclaré que le Bénin sous Yayi pourrait prendre la même direction que le Venezuela sous Hugo Chavez, qui avait obtenu la suppression de la limitation des mandats présidentiels et fait l’objet de critiques de la part des organisations de défense des droits de l'homme.

 

Yayi Boni, qui préside aux destinées du Bénin depuis 2006, a remporté un second mandat de cinq ans en 2011 et l’opposition béninoise redoute des manoeuvres présidentielles visant à modifier la constitution béninoise afin de lui permettre de briguer un troisième mandat à la tête de l’Etat.

 

"Ce n'est pas la direction que nous voulons voir les pays africains prendre", avait ajouté Bennett.

Patrice Talon, qui a fait fortune dans la filière coton et est un ancien soutien notoire de Yayi Boni, a rejeté les accusations portées contre lui, soutenant qu’il ne fera pas l’objet d’une mesure d’extradition de la France.

 

La justice béninoise soutient pour sa part que Patrice Talon a proposé à la nièce de Yayi Boni, Zouberath Kora-Seke, et à son médecin, Ibrahim Mama Cisse, la somme de 2 millions de dollars, pour remplacer les médicaments du président par des produits empoisonnés. L'ancien ministre béninois du commerce, Moudjaidou Soumanou, aurait servi d'intermédiaire. Une accusation démentie par ses proches dans les colonnes d’Afrika 7.

 

"Il n'y a absolument aucune preuve, rien ne confirme cette charge“, avait déclaré Patrice Talon à la presse française. "C'est de l'imagination, dela manipulation. Cela n'a aucun sens."

Le système judiciaire béninois a fait en 2012, l’objet de critiques dans un rapport du département d'Etat américain sur les droits de l‘homme

Le document dénonce les arrestations et détentions arbitraires et la détention préventive prolongée.

 

Dans sa déclaration d'enregistrement des lobbyistes pour Patrice Talon, le cabinet Arent Fox précise qu’il envisage également d’oeuvrer pour la promotion de "procédures judiciaires équitables et transparentes“ en faveur d‘un "citoyen béninois emprisonné Bénin." Selon Gerard Leval, le citoyen en question est Moudjaidou Soumanou.

 

L’ambassadeur du Bénin, Cyrille Oguin, a encore déclaré pour sa part que le Bénin répond aux normes des droits humains.

"La Constitution et les lois du Bénin interdisent l'arrestation et la détention arbitraire“, écrit-il. "Enfreindre l'une de ces dispositions ferait l’objet d’une mesure de condamnation de la Cour constitutionnelle. Le Gouvernement de la République du Bénin est reconnu sur le plan international pour son engagement en faveur de la bonne gouvernance et sa détermination à lutter contre la corruption sous toutes ses formes", précise le communiqué de l’ambassadeur.

 

AFRIKA7

 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise