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BENIN : « Amos Elègbè est un vagabond politique » qui n’a de leçon à donner à « personne comme il le fait aux côtés du président Boni Yayi ».

 

 

LA DECULOTTEE DE JACQUES MIGAN A AMOS ELEGBE

 

 

29 sept, 2011 | Par Hubert | Rubrique : A la une


 

Suite aux nombreux commentaires faits par voie de presse ou non après son intervention sur les 100 jours du gouvernement de Boni Yayi, Jacques Migan par un point de presse qui a eu lieu à Porto-Novo le mercredi 28 septembre 2011, a réaffirmé son point de vue par rapport à la révision de la constitution. Aussi a-t-il mis en garde certains politiciens.
Lire son exposé.

 

J’ai lu comme la plupart de mes compatriotes, dans certains quotidiens, les observations faites par Monsieur Amos ELEGBE en réaction à mon opinion, mes analyses, mes critiques sur les 100 jours et plus du premier gouvernement du second quinquennat du Chef de l’Etat.

Je me réjouis de l’opportunité qui m’est offerte en vertu de mon droit de réponse pour dire à mes compatriotes, qu’en guise de réplique à mes préoccupations qui sont également les préoccupations de chaque béninoise et de chaque béninois, Monsieur Amos ELEGBE a répondu soit par des invectives, soit pour rappeler que le Président Boni YAYI n’irait pas à révision de la constitution pour se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat en 2016.

Dans ce pays, il n’est donc plus permis d’avoir un autre point de vue que celui des chantres du Docteur Boni Yayi, expression dont le ridicule est proclamé ouvertement aux portes de ce pays  (cf. jeune Afrique  n° 2645 du 18 au 24 septembre 2011 page 130 chronique de Tshitenge Lubabu M.K.)

Je ne répondrai pas aux invectives de Monsieur Amos ELEGBE qui se définit lui-même comme «un mauvais politicien»  dans cette  note du 07/04/03 qu’il m’a adressée relativement à son implication dans la gestion d’un dossier d’Etat qui relevait de ses prérogatives alors qu’il était Ministre chargé du Tourisme, de la Culture et de l’Artisanat dans le gouvernement du Général Mathieu Kérékou.

Comment comprendre  que  Monsieur Amos Elègbè qui se définit comme un « mauvais politicien » accepte aujourd’hui le poste hautement stratégique de conseiller spécial en charge de la politique? Se renie t-il ? Pauvre Bénin !

Pour se faire une idée suffisante de Monsieur Amos ELEGBE, je renvoie aux    commentaires faits par la rédaction du quotidien La Nouvelle Tribune du 27/08/09 suite aux propos de Monsieur Pierre OSHO  lors d’une interview que celui-ci a accordée au journaliste de la Presse du Jour Monsieur Afissou ANONRIN, à savoir :

« « Amos Elègbè est un vagabond politique, qui n’a de leçon à donner à « personne comme il le fait aux côtés du président Boni Yayi.

« Amos Elègbè, conseiller politique du chef de l’Etat dont le parcours est « tout sauf exemplaire. En effet pour Pierre Osho, on ne peut rien dire de « pertinent sur le cursus de Amos Elègbè qui est aujourd’hui un « «zélateur » du nouveau régime. Alors que sous le régime « révolutionnaire, il a été un grand cadre du Parti de la révolution « populaire du Bénin (Prpb) ayant occupé le poste de directeur de l’Office « national de l’hôtellerie et du tourisme (Onatho), il deviendra très virulent « contre son ex-bienfaiteur, le Général Mathieu Kérékou, sous le mandat « de Nicéphore Dieudonné Soglo. Mais une fois que le président Kérékou « est revenu aux affaires en 1996, rappelle Pierre Osho, Monsieur Amos « Elègbè, a opéré un nouveau revirement. Ce qui lui a valu de se faire « nommer conseiller ou chargé de mission avant de connaître la « consécration comme ministre du commerce. Ce n’est donc pas une « surprise pour Monsieur Osho Pierre, qu’Amos Elègbè soit aujourd’hui « l’un des thuriféraires du régime en place. Monsieur Osho Pierre estime « qu’on ne peut rien tirer de positif de Amos Elègbè qui se prend pour un « expert politique et tout le temps, reste à disserter et à gloser. « Je ne « sais en quoi peut être positif ou contributif un tel personnage qui n’est « pas constant dans ses opinions, qui n’est pas constant dans ses prises « de position, qui n’est pas constant et rigoureux dans ses choix « politiques », conclut Monsieur Osho Pierre.

S’agissant de l’insistance selon laquelle le Président Boni YAYI n’irait pas à la révision de la constitution pour se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat en 2016, permettez que je ne rentre pas dans ce débat malsain  et ces assurances qui n’engagent que ceux qui y croient.

J’affirme que lorsqu’on ouvrira la boite de pandore, en l’état actuel de déliquescence de notre pays, de la médiocrité des débats politiques, personne ne sait ce qu’il nous en coûtera.

J’affirme, et mon propos est simple et clair, que la constitution elle-même a prévu les conditions de sa révision à travers des articles précis. Lorsque la nécessité d’une révision s’imposera,  elle se fera presque à l’unanimité.

J’affirme également que la révision de la constitution est permise mais elle  n’est  ni la priorité du moment ni la chose la plus indispensable aujourd’hui pour ce pays. Et je m’en explique :

Nous sommes allés aux élections avec un outil électoral qui a écarté des milliers de nos concitoyens : la LEPI. Le responsable de cette exclusion  est le Chef de l’Etat lui-même. Et cette responsabilité, il l’a reconnue à la face du monde dans un pardon qu’il décline à longueur de discours et de voyages officiels en promettant de ne pas se représenter à la fin du mandat en cours. C’est de toute évidence un effort désespéré pour retrouver un crédit démocratique ou une confiance politique nationale et internationale  perdues. Les promesses, les mots  du chef de l’Etat n’ont plus aujourd’hui aucun pouvoir de conviction sur le peuple. Il doit travailler à réhabiliter son autorité morale, à obtenir le pardon du peuple béninois, à recréer le dialogue politique, le débat d’idées, à restaurer la concurrence démocratique loyale. Que  faire à cette fin, sinon amender la LEPI  qui a été la source de la discorde.  Cette solution que l’on peut dire inintelligente, ou cette intelligence de la situation que l’on pourra qualifier de bas étage,  je la revendique au nom de tous mes compatriotes.  Je la revendique au nom de ce pays, des mânes de nos ancêtres, de tous ceux qui ont versé leur sang et des larmes pour ce pays afin qu’advienne la démocratie. Car je le crois, autant il ne peut y avoir de démocratie sans véritable alternance au pouvoir, autant il ne peut y avoir de démocratie sans consultation libre et loyale,  une expression sincère des suffrages de toute la population, sans exclusion volontaire ou préméditée. Comme l’ont souligné les membres de la commission de relecture de la constitution présidée par le professeur Maurice AHANHANZO GLELE, une large concertation s’impose avant toute révision. Tel  n’est pas le cas aujourd’hui.

Aux lendemains des élections de mars-Avril 2011 qui ont détruit le dialogue politique, affaibli l’autorité du Chef de l’Etat, la priorité des priorités devrait être d’amender la LEPI. Aucune consultation, aucune expression sincère et véritable de la volonté de ce peuple, n’est possible avec cet instrument dans sa conception actuelle. Et toute révision de la constitution sans la révision de la LEPI sera un coup sérieux et grave porté à la paix, à l’unité nationale, à la démocratie et au développement.

Ce qui préoccupe nos gouvernants, c’est la révision de la constitution en passant par la consultation du peuple sur la base d’une loi référendaire dont le projet serait dans les couloirs du parlement. La Liste Electorale Informatisée (LEPI) que le pouvoir actuel ne se presse pas d’auditer, de corriger, d’améliorer servira pour la consultation. Je rappelle que la Lépi dans son état actuel est tronquée et truquée. Je rappelle ensuite que la Lepi ne peut et  ne doit pas être utilisée pour les prochaines élections en sa conception actuelle où elle exclut des milliers de béninoises et de béninois de son champ d’action. Je rappelle enfin que la Lépi avant d’être utilisée pour les futures élections doit être auditée, revue, améliorée. Son amélioration doit se faire de manière consensuelle avec une approche participative pour garantir la transparence gage de toute démocratie apaisée. Ce qui suppose l’implication de toutes les béninoises et de tous les béninois à travers leurs représentants.

D’où venons-nous, comment nous portons nous et où allons-nous ?

La réponse à cette question doit préoccuper Monsieur Amos Elègbè. A-t-il déjà oublié les fondamentaux du kérékouisme qui ont prévalu, après la brillante organisation de la conférence des forces vives de la Nation de 1990 et celle de la conférence économique nationale de 1997 d’où le PAG tire ses sources et ressources ? La mémoire de cette œuvre inédite de développement est toujours là et Monsieur Amos Elègbè pourra toujours la consulter dès lors qu’il se départira de son moi, de son égocentrisme pour se donner un minimum de repère et d’idéal.

En effet, de mon point de vue, l’enjeu national aujourd’hui n’est pas d’ordre politique. Il est d’ordre socio-économique.

Dans les marchés, dans les ménages, le mécontentement est général, le moral complètement bas. Tout coûte cher. Le tiers de la population n’est plus en mesure de satisfaire ses besoins fondamentaux. Les temps sont durs, trop durs. Le peuple s’est simplement appauvri.

Tels sont les propos qui me valent en cœur et de concert la sortie piteuse et les foudres des thuriféraires du Président Boni Yayi dont Monsieur Amos Elègbè.

Cependant, je voudrais saisir cette heureuse opportunité qu’il m’offre pour amicalement lui demander de savoir marquer un arrêt pour s’auto-évaluer. Dans cet exercice, je voudrais qu’il ait constamment à l’esprit cette exigence de la prévision tirée de la sagesse antique que nous rappelait souvent notre Patron commun, le Grand stratège Mathieu Kérékou, à savoir : « il n’est pas de vent favorable pour le marin qui ne sait où il va … »

Je voudrais enfin inviter toutes les béninoises et tous les béninois à faire la veille citoyenne pour exiger les corrections préalable de la LEPI, avant toute consultation du peuple, avant toute révision de la constitution afin que celle-ci soit un instrument porteur de paix, de démocratie et de développement.

 

 

 

 
 
  
  
Tag(s) : #Politique Béninoise

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