Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

BENIN: Après avoir utilisé les rois, Yayi veut mettre de l’ordre dans les royaumes

 

 

16 septembre 2011 par  

 

 

Plus rien ne sera comme avant. La création tous azimuts de royaumes modernes dans le Bénin démocratique pour prétendre aux avantages politiques a inspiré le législateur. L’honorable Karimou Chabi Sika, l’un des cerveaux pensant du régime Yayi II propose une loi sur la chefferie traditionnelle.

 

« Une Chefferie Traditionnelle  qui n’a pas existé avant le 1er Août 1960 ne peut pas être reconnue selon la présente loi ». Voila ce que dit la proposition de loi sur la chefferie traditionnelle en son article 3. Cette loi vise à organiser la société traditionnelle et renforcer le pouvoir des gardiens du peuple béninois contre les aventuriers et les commerçants politiques en mal d’inspiration. Les royaumes fusent de partout au Bénin. Chaque collectivité veut désormais avoir son roi et non son chef hiérarchique, à ne pas confondre avec le roi. Des royaumes se sont créés en pleine 21è siècle au Bénin. Personne ne dit mot. Les conflits entre  dignes et légitimes  princes  se multiplient. Les guerres de succession font rage. Pour se mettre à l’abri de la destitution ou pour bénéficier du soutien du régime, certaines têtes couronnées n’hésitent pas à faire allégeance au pouvoir en place même au risque de sacrilèges. La proposition de loi met fin à la politisation des cours royales. L’article 29 de ladite loi en dit long « Il est interdit aux Chefs traditionnels de mener des activités politiques. Lorsque le chef traditionnel manque à ses obligations morales, éthiques, déontologiques ou  administratives et de réserve politique, les sanctions suivantes peuvent être prononcées en son encontre, en fonction de la gravité du manquement : l’avertissement ; la suspension et le retrait de l’acte de reconnaissance. Dans le même temps la loi octroie l’immunité aux chefs traditionnels. En son article 27 : « Le chef traditionnel est protégé par les lois et règlements en vigueur contre les agressions physiques, menaces, outrages, injures ou diffamations dont il peut être l’objet. Le chef traditionnel jouit d’une immunité. Il ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ni jugé. Toutefois, en cas de flagrant délit ou des délits passibles de prison ou des infractions criminelles, cette immunité est levée par le ministre chargé de l’administration territoriale, à la demande de la justice ». Voila quelques avantages de la proposition loi déposée sur la table des députés.

 

Tobi Ahlonsou

La Presse du Jour



 
  
 
Tag(s) : #Politique Béninoise