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13 juillet 2010


Arrestation de Zinzindohoué: Boni Yayi - Aboumon (alias BYA) viole la loi


 

L’ex-ministre de l’Intérieur cité dans le dossier Icc-Services a été arrêté hier soir avec l’ancien Procureur général près la Cour d’Appel de Cotonou. Avant même son renvoi en prison, on dit déjà que la procédure de l’arrestation d’Armand Zinzindohoué viole les dispositions légales en vigueur au Bénin et peut-être à tout moment attaquée devant les hautes juridictions du pays.

 

C’est grâce aux avantages que lui offrent les hautes fonctions de ministre de la République qu’Armand Zinzindohoué a pu être impliqué dans l’affaire Icc Services. A partir de ce moment, il ne peut être interpellé, ni gardé à vue encore moins jeté en prison sans une longue procédure qui passe par l’Assemblée nationale avant la mise en accusation décidée par la Cour d’Appel. C’est pourtant ce qui vient d’être fait et il faut s’attendre à des réactions dans le monde judiciaire. L’intéressé même peut saisir la Cour constitutionnelle pour se tirer d’affaire. Dans le cas d’espèce, il suffit simplement à l’ancien ministre Armand Zinzindohoué de montrer qu’il a agi en tant que membre du gouvernement pour contourner ses adversaires. Parce qu’en marge des faiblesses des textes fondamentaux du Bénin qui ne permettent encore une mise en examen d’un membre du gouvernement, le chef de l’Etat pouvait tout au moins saisir l’Assemblée nationale sur le cas Armand Zinzindohoué et contraindre la majorité actuelle qui n’est pas en sa faveur à régler le problème. Une façon de confier son dossier à la Haute cour de justice qui est la seule juridiction compétente pour connaître de son cas. Surtout que le contexte politique actuel paraît beaucoup plus favorable pour y parvenir. Déjà, une question d’actualité circule sur le sujet à l’Assemblée nationale et le groupe parlementaire Sursaut patriotique a profité d’une plénière pour fustiger la façon dont le dossier était conduit. Autant de moyens qui auraient pu être mis à profit en lieu et place d’une procédure bancale facilement attaquable devant la Cour constitutionnelle. Et à l’allure où vont les choses, on est tenté de croire que cette façon de gérer vise simplement à faire échouer le processus. Car, c’est la même chose qui s’est passée avec le dossier de la vente d’un domaine du pays aux Etats-Unis d’Amérique dans lequel des membres du gouvernement du Général Mathieu Kérékou étaient fortement impliqués. A un moment donné, le ministre Rogatien Biaou alors Secrétaire général du ministère des affaires étrangères a été arrêté dans les mêmes conditions. Il a été oublié un instant en prison puis libéré. Et après le dossier a été visiblement classé. Et si le cas Alain François Adihou n’a pas vraiment évolué comme certains citoyens auraient souhaité dans le dossier Lepi malgré l’intervention de l’Assemblée nationale, ce n’est pas d’une arrestation abusive qu’il faut espérer une justice au peuple béninois.

 

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)



Tag(s) : #Politique Béninoise