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05/06/2010

 

BARBOTAGE : De l’espoir à l’illusion des béninois de la diaspora

 

 

Ils sont environ trois voire quatre millions de compatriotes en exil volontaire ou non, appelés par euphémisme « Béninois de la diaspora ». Il existe depuis des lustres et précisément, 1997, une institution qui est la leur ou devrait l’être, le Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (Hcbe) avec un ministère de tutelle censé disposer d’un budget et d’une politique pour satisfaire à leurs desiderata. Le Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie, et des Béninois de l’extérieur. Avec la lourdeur avérée d’un tel ministère qui embrasse tout et veut tout embrasser, il est clair qu’il ne puisse avoir du temps à consacrer à ceux qui, comme on le croit souvent à tort, baignent dans l’Eldorado là où le destin a voulu qu’ils trouvassent gîte et couvert. Et une autre preuve suffisante de cette négligence vis- à -vis de ces compatriotes est celle qui a fait renvoyer comme un paria le Ministre de la santé du gouvernement 2 de Boni Yayi, Kessilé Tchalla, alors ambassadeur des Béninois de l’extérieur au Bénin, cobaye malgré lui, pour tester le terrain d’un retour au bercail, afin de servir loyalement et avec patriotisme le pays qui l’a vu naître. Mauvaise expérience que celle qu’il a vécue et qui devrait être considérée, à juste titre, comme un signe prémonitoire de l’échec patent d’une politique orientée vers les Béninois de l’extérieur. Aussi, a-t-il fallu attendre la très polémique Liste électorale permanente informatisée (Lépi) dans son volet recensement porte- à- porte, qui n’a pas encore fini de rendre son verdict , après tout ce tohu –bohu, et en dépit des trente- six raisons d’Arlequin données aux populations pour expliquer l’inexplicable , pour se convaincre de ce que l’espoir suscité hier s’amenuise et tend lentement et crescendo à une illusion collectivement partagée . Par ailleurs, il a suffi d’écouter le président et sa délégation de cette structure dite Haut conseil des Béninois de l’extérieur en séjour au Bénin, pour lire la grande déception, non pas seulement dans ses yeux mais dans toute son âme. Pendant dix (10) ans, environ trois voire quatre millions de Béninois bon teint seront exclus, de facto et de jure, du programme de développement et du devoir civique parce que n’ayant pas été recensés. Et pourtant, ‘’les experts’’ dans les querelles d’Allemand n’ont eu de cesse de nous rabâcher les oreilles avec les avantages de cet instrument qu’il fallait mettre à tout prix en application pour servir les Béninois, tous les Béninois sans exclusive et accompagner ‘’l’émergence’’ démocratique du pays. De là donc à donner toute raison à ceux qui, depuis les premières heures, parlaient de consensus, il n’y a qu’un petit pas que l’on franchirait aisément et prestissimo. Dos au mur, la parade trouvée par ceux qui maîtrisent les lettres de Cracovie, c’est à dire, déguisent le faux par le vrai et vice versa, est de dire que seuls les Béninois inscrits dans les registres consulaires seront pris en compte. Sur cette base, trois à cinq cent mille ont eu la bénédiction du sort. Ils ont été là au bon moment sans aucune sensibilisation à l’amont. Et pourtant, il aurait fallu une abondante communication -comme celle qui fut faite avec la descente « cacophonique » des ministres oisifs de Yayi à l’intérieur du pays- autour de cette activité préalable afin que l’on pût avoir le maximum de Béninois vivant à l’étranger. Toute chose qui les aurait rendus encore plus fiers d’être Béninois et subsidiairement motivés à continuer à contribuer à la marche de leur pays. Et Dieu seul sait quel est leur apport, même sans sondage ni statistiques globales, au développement économique du pays.

Voilà l’enjeu et les priorités qui devraient émoustiller les partisans d’une Lépi verte -et sans excuse les différents superviseurs de la fameuse Commission Politique de Supervision - ayant engagé une course effrénée contre la montre (mort) pour un dessein qui s’avère aujourd’hui nul et de nul effet : Les échéances de 2011. Or la Lépi ne sera plus au rendez-vous. De ce fait, le sacrifice de plus de quatre millions de Béninois de l’extérieur sans oublier ces rescapés relevés sur place - lesquels fortuitement ont bénéficié de toutes les prolongations possibles- n’est-il pas assez gros et grotesque pour mettre enfin ‘’en berne’’ la loi et aller au consensus toujours revendiqué ? A moins que l’on ne veuille formaliser le ‘’deux poids deux mesures’’ qui voudrait qu’il y eût une loi pour les résidents au pays et une autre pour ceux de la diaspora à qui est faite obligation de se faire enregistrer 06 mois avant le processus pour être pris en compte. Une option qui relève de la pure illusion au regard des difficultés rencontrées sur le plan national.

 

Toute réflexion faite, il n’y a pas que les Béninois du pays ‘’profond’’ qui sont passés de l’espoir à l’illusion, il faut également et désormais compter ceux de la diaspora. Purée de barbotage des ‘’change-menteurs’’ !

 

Le Canard de la semaine



Tag(s) : #Contribution de la Diaspora

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