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11 octobre 2013



BENIN - Blaise Ahanhanzo-Glèlè: Le prix de la félonie et de la traîtrise



« Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux, le traître avant qu’il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l’anus d’une hyène ». Ahmadou Kourouma


Blaise Ahanhanzo-Glèlè a, selon un internaute béninois, « fait preuve d’ingratitude. Personne ne le connaissait à Abomey avant 2003. Il a été élu Maire à cause de la Renaissance du Bénin (Rb), puis député, ministre grâce au parti. Qu’il cesse de se ridiculiser et qu’il ne confonde pas foule mobilisée à coup d’argent avec les militants… »

 

J’ajouterai que, c’est Léhady Soglo qui lui a offert le poste de Vice-président de la RB, signe de la confiance et de l’appréciation du Président du parti politique auquel il a choisi librement d’adhérer.


Cinq jours seulement après avoir quitté son poste ministériel au profit d’un autre représentant de la Renaissance du Bénin, son parti politique, Blaise Ahanhanzo-Glèlè déclara que si la Rb l’a rejeté, ce n’est pas le cas de sa base à Abomey. Une déclaration qui fait penser à Romulus qui, en tuant son frère Remus, fait acte de fondation de Rome. Malheureusement pour notre aigri du jour, Abomey fut créé avant sa naissance. Autrefois, un renégat, ça se lynchait. Eh bien, aujourd’hui, ça se lèche !!!


Faut-il rappeler que c’est Léhady Soglo qui lui a donné la chance d’être nommé ministre de l’Environnement, de l’habitat et de l’Urbanisme en le proposant au Président de la République ? Il a donc profité des bienfaits du parti qu’il fustige aujourd’hui pendant plus de deux ans au gouvernement. Au firmament d’un parcours assez cossu et parsemé de gloriettes, le verdict de la morale finale pourrait être tout autre pour notre ancien ministre. Non seulement les trahisons de Blaise Ahanhanzo-Glèlè sont viles et lâches, mais leur retentissement n’augure aucun avenir politique pour lui. « Il faut en avoir dans le calbar pour trahir avec un tel aplomb en gardant la tête si haute », aurait dit le mari de Bernie.


François Mitterrand avait raison, en 1977, lorsqu’il vilipendait « l’argent qui corrompt, l’argent qui tue, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui ruine, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ». Dans les sociétés africaines, le traître est considéré comme une personne maléfique et il est perçu comme l’incarnation du diable. C’est ainsi que, dans les temps anciens, on coupait la langue du menteur, on coupait la main du voleur et on pendait le faux témoin ou le lâche, car le lâche, c’est celui qui renie sa propre parole et manque à son devoir d’Homme. Même dans les sociétés occidentales, Judas est considéré comme l’incarnation du mal pour avoir trahi Jésus. En tant que tel, Blaise Ahanhanzo-Glèlè a décidé de briser l’ordre moral et social à Abomey pour mieux pervertir les solidarités dans cette cité royale.


L’histoire humaine est aussi une science dans laquelle rien n’est écrit à l’avance. Moïse Tshombe ne savait pas qu’il allait finir sa vie dans une prison en Algérie. Mobutu ne savait pas qu’il allait être chassé du Zaïre pour aller mourir au Maroc. Ahmadou Ahidjo n’imaginait sans doute pas mourir en exil et être enterré au Sénégal, en dehors de son Cameroun natal. Le Président de l’Unita, Jonas Savimbi n’imaginait pas, une seule seconde, que la reconstruction de l’Angola allait se faire sans lui. Tous ces gens ont vu leur certitude vaciller sous leurs pieds avant de mourir. La félonie a toujours un prix. On ne trahit jamais sans conséquence, c’est une simple leçon de la vie humaine.


Avant de jeter le voile, Blaise Ahanhanzo-Glèlè, notre Ganelon national, a fait alliance avec son nouveau mentor, Yayi Boni, pour soutenir la révision de la Constitution sans demander l’avis de son parti dont il est pourtant le Vice-président. Et ce n’est pas tout pour notre Vlassov de la cité royale. Il est mis en examen pour détournement des deniers publics dans l’affaire scabreuse de la construction du siège de l’Assemblée nationale du Bénin. Ce nouveau bâtiment dont la construction a débuté en 2009 à Porto-Novo devrait être achevé depuis mars 2011. Alors que 14 milliards de FCfa (un peu plus de la moitié du budget total de l’édifice) ont déjà été engloutis, l’éléphant blanc est laissé à l’abandon. Le pachyderme attend toujours le coup de grâce de ses braconniers en col blanc.


« Le criminel croit que son crime est son complice ; erreur ; son crime est son punisseur ; toujours l’assassin se coupe à son couteau ; toujours la trahison trahit le traître ; les délinquants, sans qu’ils s’en doutent, sont tenus au collet par leur forfait, spectre invisible ; jamais une mauvaise action ne vous lâche ; et fatalement, par un itinéraire inexorable, aboutissant aux cloaques de sang pour la gloire et aux abîmes de boue pour la honte, sans rémission pour les coupables ». Victor Hugo


Au cours de l’enquête sur notre pachyderme destiné à abriter les « honorables » on a découvert que Blaise Ahanhanzo-Glèlè aurait fait annuler un marché de 1,7 milliards de Fcfa pour l’attribuer, de gré à gré, à 03 milliards de FCfa. Pas bête la bête !!! Mis au frais le mardi 22 janvier 2013 par les limiers de la Brigade économique et financière (Bef), il y passera six jours. Libéré puis mis en examen, le félon s’est accroché ostensiblement à son maroquin ministériel jusqu’à son limogeage par le Président de la République

 


IB


Source: Le Matinal



 
 
  
  
Tag(s) : #Politique Béninoise