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Note de lecture

Pris de remords au soir de sa vie, le redoutable canidé rusé fait une aile de pigeon à celui qu'il a ramené au pouvoir dans un emballage tout neuf. Comme tous les cadeaux non désirés, l'emballage cachait la misère noire pour tous les récipiendaires. Au lieu de changer le produit, on changea donc l'emballage désormais appelé refondation. Aveu d'impuissance !!!

 

(1) "Dans ce qui habite aujourd'hui l'air du temps, quelque chose sonne faux. Faut-il nous résigner à la fin des pensées cohérentes, au règne versatile de la démocratie d'opinion, aux pesanteurs du marché ? Derrière ce bric-à-brac, nous devinons des formes nouvelles de domination, des inégalités accentuées, un principe d'humanité qui fait naufrage."

 

(1) Jean-Claude Guillebaud

 

IB

 


BENIN: Ça va mal au pays, dixit le renard de Djrègbé !

 

 

 

24 février 2012 par

 

La commémoration cette année de l’anniversaire de la conférence des forces vives de la nation de février 1990, n’a pas retenu assez d’attention. La communication multipolaire sur le Programme de Vérification des Importations (PVI) Nouvelle Génération, n’a pas permis à l’opinion nationale de se concentrer sur ce souvenir essentiel pour notre voûte démocratique. La presse a tenté, dans un élan de lucidité évasive, d’en rappeler les moments forts et de tendre le micro à quelques acteurs majeurs. Au nombre de ceux-ci, il y avait le rapporteur général de la conférence nationale, le professeur Albert Tévoédjrè. Le renard de Djrègbé, comme on le surnomme, a eu une appréciation critique vis-à-vis de la nouvelle vie républicaine. Pour Tévoédjrè, les maux dont souffrait le Bénin en 1989, sont encore d’actualité. Il souhaite l’organisation d’une nouvelle conférence des forces vives de la nation. Venant de lui, il faudra bien se rendre à l’évidence. Le tableau moral est sombre. L’argent a tué le sens des valeurs. La jeunesse est malade du manque d’éducation. Les intellectuels ont démissionné, laissant l’animation du débat national aux déscolarisés et autres repris de justice. L’argent introduit dans la vie politique est devenu une règle. Le médiateur de la République est inquiet.

 

L’animation de la vie politique n’est plus comme on l’a connue aux lendemains de la conférence des forces vives de la nation. C’est un recul assourdissant. Chaque classe politique secrète son opinion publique. Autrement dit, plus la classe politique est de qualité, plus l’opinion publique est aussi dans la même dynamique. Le constat actuel est désolant. Et pour cause, ceux qui font maintenant la politique n’inspirent pas grand-chose. On les appelle des » patriotes « . Ceux-ci marchent pour un rien. Ils ont été pour la plupart mis en examen par le passé. Les plus éveillés de la majorité refusent le débat. Le terrorisme intellectuel est de mise. Quant à l’opposition, elle est prisonnière de ses querelles historiques.

 

Le bilan économique de la décennie écoulée n’est pas très reluisant. Ce qui est en cause, c’est la dette exponentielle. Le coton n’est pas toujours relevé. La promotion des filières agricoles n’est pas une réalité tangible. Au plan culturel, il est à noter que la paresse a pris le dessus sur tout. Le goût de l’effort a disparu. La fatalité a gagné les esprits. La fracture sociale est nette. Les riches s’enrichissent à l’infini. Les pauvres cultivent la pauvreté. Le pouvoir d’achat est assez faible. L’idée d’une nouvelle conférence nationale vient à pic. Le pacte républicain est en danger. Il faudrait renforcer avec plus d’élan l’unité nationale sans laquelle, il n’est pas possible de construire une nation. Cela apparaît comme une condition indispensable pour accompagner toute vision de développement.

 

La corruption est tentaculaire. Sans vouloir instaurer un gouvernement des juges, il est nécessaire de redonner à la justice ses lettres de noblesse. La justice doit sanctionner les violations de la loi. Quand la politique est enrhumée, l’économie tousse. Le juge constitutionnel continue-t-il de susciter de la crainte et du respect auprès de tous les acteurs politiques ? Chacun se fait une opinion de la situation. Le plus important, c’est de constater qu’il y a un malaise profond. Le pays n’est plus sur l’orbite tracée par la conférence des forces vives de la Nation. D’ailleurs, le fonctionnaire international, Abdoulaye Bio Tchané a suggéré une conférence nationale sur les réformes. C’est plus que nécessaire. Toute réforme qui ne mobilise pas les acteurs est difficile à appliquer.

 

Herbert Hougnibo

La Presse du Jour

 
 
 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise

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